Biologie et cycle de développement des mouches des fruits

Biologie et cycle de développement des mouches des fruits

Biologie des mouches des fruits

Les mouches des fruits sont des insectes holométaboles. Les femelles et les mâles des mouches des fruits possèdent respectivement une paire d’ovaires et de testicules (WILLIAMSON, 1989). Selon GOMINA (2015), la femelle de B. dorsalis a 41 ovarioles par ovaire. En général, les Dacinée (Tephritidae) polyphages ont un nombre d’ovarioles compris entre 35 et 40 et supérieur à celui des oligophages et monophages dont le nombre d’ovarioles varie entre 8 et 25 (FITT, 1990). Le nombre d’œufs pondus fluctue avec l’âge. La période de ponte maximale de B. dorsalis (17 œufs par jour) se situe entre le 11ème et le 28ème jour de leur émergence. Ces femelles peuvent pondre 770 œufs avec un taux de fertilité pouvant atteindre 96% (GOMINA, 2015).

Cycle de développement des mouches des fruits

Le cycle de développement des Tephritidae se déroule en plusieurs étapes (Figure 1). La durée de ces étapes diffère suivant les espèces, les conditions climatiques et le fruit-hôte (OUEDRAOGO, 2011 ; HASFI et al., 2016). Selon VAYSSIERES et al. (2010), à 25°C de température et 75% d’humidité relative, le cycle biologique des Tephritidae se déroule comme suit : les femelles pondent leurs œufs dans les fruits. Ces œufs éclos, au bout de 2 à 3 jours, pour donner des larves (asticots). Ensuite, trois stades larvaires se succèdent pendant 5 à 15 jours. Une fois le troisième stade larvaire terminé, la larve migre dans le sol pour s’y nymphoser. Le stade nymphal dure 8 à 12 jours. Lorsque l’adulte est prêt à émerger, il perfore la cuticule de la chrysalide pour s’échapper. Les mouches nouvellement émergées sont sexuellement immatures. Les mâles acquièrent leur activité sexuelle environ 3–4 jours après émergence et les femelles environ 6–8 jours après. Les mâles matures sont attirés par la phéromone émise par les femelles. La femelle s’accouple une seule fois dans sa vie. L’accouplement a lieu essentiellement la nuit (entre 18h et 6h) et permet le développement des ovocytes chez la femelle après fécondation avec un spermatozoïde (GOMINA, 2015). En fonction des hôtes, l’expérience de vie des adultes varie entre 40 et 90 jours (EKESI et BILLAH, 2006).

Ecologie et distribution des mouches des fruits

Les climats chauds et secs sont favorables au développement de la tribu des cératites. Les cératites ont en général une population maximale pendant la saison sèche. Par contre leur effectif chute avec la hausse de l’humidité relative induite par la pluie (OUEDRAOGO, 2011). En revanche, certains genres de mouches des fruits sont peu abondants en saison sèche dans la zone soudanienne. La combinaison de l’humidité relative élevée et de basse température offre des conditions favorables au développement des genres Bactrocera et Dacus. Cependant, le développement de B. dorsalis est compromis à des températures inférieures à 13°C (VAYSSIERES et al., 2006). Selon les mêmes auteurs, la baisse de l’humidité de l’air couplée à la hausse de la température entraine la diminution des populations des espèces du genre Bactrocera et Dacus. Les mouches des fruits sont présentes partout dans le monde à l’exception des régions polaires (HANCOCK, 2008 ; MILLE et HANCOCK, 2009). Leur répartition n’est pas homogène ni régulière dans l’espace et dans le temps. Elle est régie par des facteurs biotiques et abiotiques. La distribution des mouches des fruits est influencée par la température, l’humidité relative de l’air (KONTA et al., 2015), l’environnement floristique (OUEDRAOGO, 2011), la présence ou l’absence de fruits-hôtes, de parasitoïdes et de prédateurs (KONTA et al., 2015), et l’altitude du milieu (DEGUINE et al., 2012).

Ennemis naturels des mouches des fruits

Tous les stades de développement des mouches des fruits sont sujets à des agressions d’autres organismes. Ces organismes sont des prédateurs, des parasites et des entomopathogènes. Parmi les prédateurs, on peut citer les fourmis du genre Oecophylla qui sont remarquables par leur agressivité envers d’autres insectes. Cette agressivité fait du genre Oecophylla l’un des genres de fourmis les plus efficaces en lutte biologique (WAY et KHOO, 1992). En effet, ces fourmis s’attaquent aux larves ainsi qu’aux imagos des mouches des fruits. Aussi de par leur odeur laissée sur les fruits, les fourmis rouges repoussent-elles les femelles des mouches des fruits (ADANDONON et al., 2015). L’espèce Oecophylla loginoda Latreille influence l’abondance de C. cosyra et de B. dorsalis dans les vergers (VAN et al., 2009). Les mouches des fruits sont aussi des proies pour des prédateurs tels que les perce-oreilles, certains carabes et araignées (DE GIUDICI, 2014). Les principaux parasites sont: Fopius arisanus Sonan, Psyttalia fletcheri Silvestri, Opius humilis Silvestri, Diachasma tryoni Cameron et Dirhinus giffardii Silvestri (LAFARGUE, 2015). On note aussi la présence de parasitoïdes indigènes au Togo (GOMINA, 2015). Ces parasitoïdes parasitent les stades pré-imagos des mouches des fruits. Ceci conduit à une perturbation de la physiologie de la mouche parasitée puis à sa mort (DE GIUDICI, 2014).

Incidence économique des mouches des fruits

Les femelles des mouches des fruits sont responsables des dégâts en pondant leurs œufs dans les fruits. Les larves issues de ces œufs se nourrissent de la pulpe et accélèrent la maturation des fruits. Celles-ci entrainent la pourriture puis la chute prématurée des fruits qui deviennent impropres à la consommation. Les trous de ponte des mouches des fruits favorisent l’entrée d’autres organismes (bactéries, champignons…) dans les fruits. Ces organismes accélèrent la putréfaction des fruits en stockage (DEGUINE et al., 2013). Il en résulte des conséquences socio économiques néfastes dont la baisse des apports nutritionnels aux populations, la baisse des revenus des producteurs et commerçants ainsi que la chute des recettes d’exportation des pays touchés. Les mouches des fruits induisent aussi une augmentation des coûts de production. En effet, l’Australie dépense annuellement plus de 20 millions USD pour le traitement des cultures afin de lutter contre les mouches des fruits (COLEACP, 2008). Aussi le coût des traitements de mangues à l’eau chaude dépasse annuellement US$ 1 million (ANEM, 2010). Les mesures de prévention d’introduction des mouches des fruits entrainent des dépenses dans les pays importateurs des fruits. En Nouvelle-Zélande, les budgets de mise en quarantaine atteignaient 4,8 millions USD en 1995. La détection d’un seul fruit infesté à l’arrivée, entraine le renvoi du lot entier dans le pays d’origine ou l’incinération de ce lot aux frais de l’expéditeur. Si le nombre de saisies est important, le pays peut être mis sous embargo (EPPO A1 List 2013). Ainsi, les mouches de fruits causent des pertes chez l’exportateur. Cela peut conduire à la perte de marché d’exportation du pays producteur.

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Table des matières

INTRODUCTION
CHAPITRE I : BIO-ECOLOGIE DES MOUCHES DES FRUITS ET DE LEURS PARASITOÏDES
1.1 Mouches des fruits
1.1.1 Systématique des mouches des fruits
1.1.2 Biologie et cycle de développement des mouches des fruits
1.1.2.1 Biologie des mouches des fruits
1.1.2.2 Cycle de développement des mouches des fruits
1.1.3 Ecologie et distribution des mouches des fruits
1.1.4 Ennemis naturels des mouches des fruits
1.1.5 Incidence économique des mouches des fruits
1.1. 6 Stratégies de lutte contre les mouches des fruits
1.1.6.1 Lutte préventive
1.1.6.2 Lutte curative
1.2 Plantes-hôtes des mouches des fruits
1.2.1 Description
1.2.2 Relation entre les Tephritidae et leurs plantes-hôtes
1.3 Parasitoïdes des mouches des fruits
1.3.1 Systématique
1.3.2 Bio-écologie des parasitoïdes des Tephritidae
1.3.2.1 Biologie et cycle de développement des parasitoïdes des Tephritidae
1.3.2.2 Ecologie des parasitoïdes
1.3.3 Éthologie des parasitoïdes
1.3.4 Relation entre les parasitoïdes et les mouches des fruits
1.3.5 Importance des parasitoïdes dans le contrôle des mouches des fruits
1.4 Zones de refuges des mouches des fruits
1.4.1 Définition d’une zone de refuge
1.4.2 Caractéristiques d’une zone de refuge des mouches des fruits
CHAPITRE II : MATÉRIEL ET MÉTHODES
3.1 Présentation de la zone et des biotopes d’étude
3.1.1 Localisation des biotopes d’étude
3.1.5 Caractéristiques pluviométriques des provinces d’étude
3.1.5.1 Province de la Comoé
3.1.5.2 Province du Houet
3.1.5.3 Province du Kénédougou
3.1.2 Choix des biotopes d’étude
3.1.3 Caractéristiques des vergers sélectionnés
3.1.4 Caractéristiques des formations végétales sélectionnées
3.2 Matériel
3.2.1 Matériel végétal
3.2.2 Matériel animal
3.2.3 Matériel de piégeage
3.3 Méthodes d’étude
3.3.1 Recensement des espèces végétales présentes dans les biotopes d’étude
3.3.2 Inventaire des plantes hôtes, des espèces de Tephritidae et de leurs parasitoïdes
3.3.2.1 Echantillonnage et mise en incubation des fruits
3.3.2.1.1 Echantillonnage des fruits
3.3.2.1.2 Mise en incubation des fruits
3.3.2.1.3 Suivi des incubations au laboratoire
3.3.2.2 Piégeage de détection des mouches des fruits
3.3.2.2.1 Mise en place des pièges de détection des mouches des fruits
3.3.2.2.2 Collecte des mouches des fruits capturées dans les pièges
3.3.3 Identification des mouches de fruits et de leurs parasitoïdes
3.4 Traitement et analyse de données
3.4.1 Logiciels utilisés
3.4.2 Traitements des données et tests statistiques
3.4.2.1 Fluctuation des populations des espèces de mouches des fruits dans la zone d’étude
3.4.2.2 Calcul du taux d’infestation des fruits (Ti)
3.4.2.3 Calcul du taux d’émergence (Te)
CHAPITRE III : RESULTATS ET DISCUSSION
4.1 Résultats
4.1.1 Plantes hôtes des mouches de fruits
4.1.1.1 Niveaux d’infestation spatio-temporelle des fruits-hôtes (toutes dates et toutes localités confondues)
4.1.1.2 Impact de l’espèce de la plante hôte sur le taux d’émergence des mouches de fruits (toutes localités et toutes dates confondues)
4.1.2 Tephritidae responsables des attaques des fruits
4.1.2.1 Espèces des mouches de fruits et diversité de leurs plantes-hôtes (tous sites confondus)
4.1.2.2 Abondance et distribution spatio-temporelle des différentes espèces de Tephritidae dans les fruits (toutes espèces de fruits, toutes localités et dates confondues)
4.1.2.3 Relation entre espèce de plante hôte et espèce de mouches des fruits
4.1.2.4 Distribution spatiale des populations de Bactrocera dorsalis, Ceratitis cosyra et Zeugodacus cucurbitae dans les différents fruits (toutes dates et toutes espèces de fruits confondues)
4.1.2.5 Evolution temporelle de la population de Bactrocera dorsalis, Ceratitis cosyra et Zeugodacus cucurbitae dans les fruits (toutes localités confondues)
4.1.3 Parasitoïdes indigènes des mouches de fruits
4.1.3.1 Nombre moyen des parasitoïdes en fonction des plantes-hôtes (toutes dates et toutes localités confondues)
4.1.3.2 Diversité des parasitoïdes indigènes associés aux mouches des fruits
4.1.3.3 Evolution temporelle du nombre de parasitoïdes (toutes localités et toutes espèces de fruits confondues)
4.1.3.4 Relation entre les espèces de parasitoïdes et les espèces de mouches de fruits
4.1.4 Diversité des mouches de fruits capturées
4.1.5 Fluctuation des populations des principales espèces de Tephritidae capturées (tous biotopes et toutes localités confondus)
4.1.5.1 Fluctuation des populations de Bactrocera dorsalis
4.1.5.2 Fluctuation des populations de Ceratitis cosyra
4.1.5.3 Fluctuation des populations de Zeugodacus cucurbitae
4.1.6 Importance des populations des principales espèces des mouches de fruits par localité (tous biotopes et dates confondus).
4.1.6.1 Importance des populations de Bactrocera dorsalis dans les localités
4.1.6.2 Importance des populations de Ceratitis cosyra dans les localités
4.1.6.3 Importance des populations de Zeugodacus cucurbitae dans les localités
4.1.7 Effet du biotope sur la répartition des différentes espèces de mouches de fruits par localité
4.1.7.1 Effet du biotope sur la répartition des différentes espèces de mouches de fruits à Badara
4.1.7.2 Effet du biotope sur la répartition des différentes espèces de mouches de fruits à Bama
4.1.7.3 Effet du biotope sur la répartition des différentes espèces de mouches de fruits à Bandougou
4.1.7.4 Effet du biotope sur la répartition des différentes espèces de mouches de fruits à Banfora
4.1.7.5 Effet du biotope sur la répartition des différentes espèces de mouches de fruits à Bérégadougou
4.1.7.6 Effet du biotope sur la répartition des différentes espèces de mouches de fruits à Dinderesso
4.1.7.7 Effet du biotope sur la répartition des différentes espèces de mouches de fruits à Kourignon
4.1.7.8 Effet du biotope sur la répartition des différentes espèces de mouches de fruits à Toussiana
4.2. Discussion
4.2.1 Importance des espèces de plantes-hôtes dans la reproduction des Tephritidae
4.2.2 Diversité des parasitoïdes indigènes des mouches de fruits
4.2.3 Gamme des mouches de fruits présentes dans l’ouest du Burkina Faso
4.2.4 Effet du biotope sur la distribution spatiale des mouches de fruits
4.2.5 Effet des plantes-hôtes sur la fluctuation des mouches de fruits
CONCLUSION

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