Commercialisation du riz, entre une filière de production locale et un circuit d’importation

Production et consommation mondiale

   Le riz peut-être de plateau ou de montagne, inondé, irrigué, bas-fond ou de montagne. Les céréales les plus cultivées dans le monde sont dans l’ordre : le maïs, le riz, le blé, l’orge et le sorgho. Le riz est la 2ème céréale produite dans le monde, cependant elle reste et demeure la céréale de l’humanité. Les rendements mondiaux sont en nette évolution, les seuils suivants sont observés. Le rendement moyen mondial est de 3,9 tonnes à l’hectare. Par pays le maximum est obtenu en Australie avec 9,5 tonnes, et le minimum on le trouve en République Démocratique du Congo avec moins d’une tonne, soit 750 kilogrammes à l’hectare. La consommation mondiale de riz a augmenté de 40% environ au cours des quarante dernières années, passant ainsi de 61,5kg en 1961 à 85,9kg en 2002 (riz usiné) par tête. 3 grands modèles de consommation de riz peuvent être distingués :
• le modèle asiatique avec une consommation moyenne dépassant les 80kg/habitant par an (Chine 90kg, Indonésie 150kg, le record étant détenu par le Myanmar avec plus de 200kg),2FAO
• le modèle “PVD subtropical”, consommation moyenne entre 30 et 60kg/habitant par an (Colombie : 40kg, Brésil : 45kg, Côte d’Ivoire : 60kg),
• le modèle occidental, consommation moyenne inférieure à 10kg/habitant par an (France : 4kg, Etats-Unis : 9kg).
Les bilans régionaux des disponibilités en riz par rapport à la demande montrent des écarts considérables. Certains pays pour satisfaire leurs besoins en riz recourent à des importations. Le commerce du riz sur le marché mondial est particulier, dans la mesure où bien qu’étant la denrée la plus consommée par les hommes, il occupe l’un des plus petits segments dans le commerce des céréales.

Les variétés et les types de riz en vente

   Il n’y a pas un mais des marchés de riz, du fait des différenciations selon :
1°) les variétés (indica, japonica, …)
2°) Le niveau de transformation (paddy, cargo, usiné, étuvé, …)
3°) La qualité : riz spécifique (parfumé, basmati), riz entier, riz à différents taux de brisures.
Par ailleurs, du fait de l’étroitesse du commerce international de riz (moins de 6% de la production mondiale) et du caractère résiduel des échanges (les pays producteurs produisent avant tout pour leur consommation interne), les prix internationaux sont soumis à de fortes fluctuations. Dès lors bien qu’il existe un contrat à terme sur le riz négocié à la Bourse de Chicago, aucun cours n’est utilisé en référence internationale. Il n’y a pas ou peu de publications régulières qui indiqueraient les niveaux de prix pratiqués. Il est cependant à noter une faible corrélation entre les marchés de riz de qualité supérieure et ceux de basse qualité. S’ils varient souvent dans le même sens avec par exemple une baisse en 2000, le fléchissement a été plus fort pour les dernières que pour les premières. L’amplitude des mouvements varie d’une catégorie à l’autre en fonction de la demande spécifique pour chacune d’entre elles. Dans beaucoup de pays, les prix disponibles ne concernent que les marchés domestiques et indiquent les niveaux auxquels les négociants acceptent d’acheter aux agriculteurs. Au niveau des cours à l’exportation, la corrélation entre les différentes origines est relativement élevée pour les pays ne réglementant pas ou n’intervenant pas sur les prix. La baisse tendancielle des prix depuis le début des années 1980 se poursuit au lendemain du nouveau millénaire. La surabondance des excédents exportables et la faiblesse de la demande conduite par les pays asiatiques expliquent en grande partie cette situation. L’instabilité des cours du riz est renforcée par le fait que certains pays peuvent être à la fois exportateurs et importateurs de riz. En effet selon des années, étant à la limite de l’autosuffisance, certains gros producteurs peuvent se retrouver exportateurs ou importateurs ou les deux simultanément avec des changements importants dans les volumes commercialisés. D’autres facteurs jouent également un rôle à cet égard, en particulier :
• le fait que le riz soit une culture sensible aux aléas climatiques (irrégularités des moussons en Asie),
• l’existence d’une dichotomie entre la récolte (qui est ponctuelle, 2 à 3 fois par an) et la consommation (qui s’étale sur l’année),
• les changements de politiques commerciales, eu égard au soutien des filières rizicoles dans les pays producteurs,
• les caractéristiques du marché international souvent considéré comme relativement étroit,
• les fluctuations des taux de change,
• les cours du pétrole principal source de recettes d’exportation pour de nombreux pays producteurs de riz ;
• les mesures de politique interne : politique agricole, politique de libéralisation, politique de stockage et de déstockage ;
• les mesures de politique extérieure : soutien aux exportations, aides alimentaires,
• événement géopolitique : troubles intérieures, guerres civiles.
Cette instabilité de l’offre et de la demande se traduit par une très forte fluctuation des prix, même si jusqu’à une époque récente on observait une baisse tendancielle des prix mondiaux du riz. De plus l’absence d’un marché à terme et les échecs de quelques tentatives rendent ce marché très risqué pour les opérateurs qui en revanche peuvent être tentés de « faire des coups » Sur plus de 120.000 variétés répertoriées, 8.000 sont comestibles. Une recherche permanente est menée sur le riz. Ce qui rendrait difficile une classification, ce qui nous pousse à nous intéresser davantage à ce qui est le plus commercialisé. Il y a le grain long, medium, rond, le riz étuvé, complet, parfumé (dont le basmati) et glutineux. La vente de ces différents types et variétés varient selon le cours sur le marché des céréales, la disponibilité des stocks et les habitudes de consommation. En guise d’illustration en Afrique on apprécie davantage le riz médium et les brisures, or en Asie les habitudes de consommation se tournent plutôt sur le riz long ou rond.

Les sous-produits de la commercialisation du riz local

   C’est l’ensemble des produits qui ne constituent pas l’essentiel de l’activité commerciale sur la filière riz au Sénégal, mais leur vente procure des ressources non négligeables pour les acteurs.
 La balle : La balle de riz est un sous produit de la transformation dont le poids représente moins de 20% du paddy, elle a peu de valeur commerciale. Cette balle est de faible densité, des recherches en vue d’une valorisation énergétique de ce sous produit devraient permettre, à terme de proposer une solution alternative en vue de produire un gaz certes pauvre, mais susceptible d’être utilisé comme combustible dans les groupes électrogènes.
 Le son de riz : Il est commercialisé comme aliment de bétail. Le son de riz constitue un bon aliment pour les animaux (volaille, bétail.) en raison de la demande croissante de produis d’élevage.
 La paille : Dans les zones de production, elle est prépondérante dans la nourriture du bétail et sert également à la préparation de composts. Elle est également commercialisée pour fabriquer des nattes et la couverture des toits. Des pistes de commercialisation existent : en effet elle renferme deux, à deux fois plus de fibres de feuille que les autres pailles de céréales et elle peut en outre se prêter également à la fabrication du papier. Pour chacun de ces sous-produits les opportunités sont réelles, autant pour le marché local, que pour l’exportation. Par conséquent, il serait nécessaire d’impliquer les acteurs, et à tous les niveaux.

La lettre de change

   La lettre de change (appelée également traite) est un effet de commerce transmissible par lequel l’exportateur (le tireur) donne l’ordre à l’importateur (le tiré) ou à son représentant (son banquier) de lui payer une certaine somme, à une date déterminée. L’exportateur expédie la traite à l’importateur pour que celui-ci la lui retourne acceptée, c’est-à-dire signée. Au travers de la traite, l’exportateur octroie à son client un délai de paiement plus ou moins long. Il peut lui-même mobiliser ce crédit auprès de la banque en lui demandant l’escompte de cette traite. Le titulaire d’une traite peut également la conserver et l’encaisser à l’échéance ou encore la remettre en règlement à un créancier par voie d’endossement. L’aval d’un banquier de premier ordre assure le paiement à l’échéance. Il s’agit d’un engagement par lequel un tiers ou un signataire de la lettre de change se porte garant en vertu de la lettre de change. L’aval peut être donné pour le montant total de la lettre de change ou pour une partie seulement. Sur la base de ce mécanisme, il est recommandé de demander à l’acheteur dès la signature du contrat une promesse d’aval émanant de sa banque. La lettre de change dispose de nombreux avantages qui en font un instrument de paiement assez fréquemment utilisé en commerce international, notamment dans le cadre du crédit documentaire :
 il matérialise une créance qui peut être négociée (escomptée) auprès d’une banque ;
 l’exportateur peut être assuré du paiement de sa créance en demandant l’aval de la banque de l’importateur (il n’est cependant pas protégé du risque bancaire dans ce cas). Cette garantie bancaire n’est évidemment pas donnée automatiquement et gratuitement ;
 la lettre de change peut être transmise par endossement pour régler une dette ;
 l’effet est émis à l’initiative du vendeur et non de l’acheteur, ce qui est toujours plus intéressant pour ce premier ;
 la traite détermine précisément la date de paiement.
La lettre de change présente néanmoins les inconvénients suivants:
elle ne supprime pas les risques d’impayés (sauf si elle bénéficie de l’aval d’une banque), de perte et de vol ;
son recouvrement peut être long car elle est soumise à l’acceptation de l’importateur, transmise par voie postale et fait intervenir plusieurs établissements financiers ;
l’émission d’une traite peut être accompagnée dans certains pays de mesures légales particulières (prix, langue, …). Il convient donc de se renseigner à ce sujet avant de l’utiliser.
La lettre de change coûte plus chère que le chèque, car elle doit généralement être présentée deux fois (pour acceptation et pour paiement, et parfois une troisième fois pour aval). Des frais de virement sont également imputés au moment de l’encaissement.

L’enlèvement et la distribution du riz

   Après les formalités douanières, débutent le processus d’enlèvement, du transport, de la distribution ou du stockage de la marchandise. C’est un cheminement complexe faisant intervenir de nombreux acteurs et beaucoup de charges. Il faut d’abord payer la facture due à la compagnie de consignation du navire convoyeur de la cargaison qui perçoit pour le compte du port de Dakar la taxe portuaire. A ce niveau avec les 2 000 tonnes de riz il faut débourser 40 000 000 de francs CFA. A la fin des opérations d’enlèvement il faut s’acquitter de la location des engins de levage, d’ensachage, le passage au pont bascule, l’expertise et la contre-expertise maritime, à ce niveau il faut payer 15 000 000 de francs CFA. A partir de ce moment le riz est mis en sac de 50 kilogrammes chaque, soit 40 000 sacs de brisures de riz. Ensuite arrive la phase de transport et la distribution vers les dépôts, les magasins clients, il faut compter en moyenne 15 tonnes/camions. Pour transporter l’ensemble de la cargaison, le décompte des rotations est de 134 voyages, soit 12 000 000 de francs CFA. L’essentiel de la cargaison est mise à la disposition des semi-grossistes, le reste est mis en entrepôt. La location des entrepôts de 1000m² est à 700 000 francs CFA en moyenne par mois en dehors du centre-ville, le CICES (Centre International du Commerce Extérieur du Sénégal) offre des espaces de stockage pour les opérateurs économiques. Le dernier jalon de ce transport, concernant le segment entre l’entrepôt , les commerçants semi-grossistes et les détaillants, tourne autour de 200francs/le sac, et ne concerne qu’une petite part de la cargaison soit au maximum 20%. Ce qui nous fait 1 600 000 francs CFA. La succession des acteurs des pays d’exportation jusqu’à l’étal du détaillant fait que le prix du revient du riz importé est relativement cher Le premier aspect qui apparaît montre que l’essentiel du coût du riz à l’import survient à l’achat de cette denrée, ensuite on a le fret avec une proportion moins considérable. Ces deux secteurs à eux seuls représentent plus de deux tiers des charges dans ces opérations. Cela prouve qu’à l’international le marché est très coûteux, ce qui peut s’expliquer par la hausse du prix du carburant, mais également par l’intrusion de nouveaux acteurs dans le commerce international les « traders » qui proposent les céréales, à la place des pays exportateurs qui deviennent de moins en moins décideurs. Au niveau local, c’est le circuit en douane qui occasionne le plus de dépense, d’où la nécessité pour l’état de revoir sa politique en matière d’importation ou de réduire les droits de douane, puisque l’objectif est de trouver les céréales pour alimenter les populations. Dans ce contexte c’est le consommateur qui est au bout de la chaîne qui en pâtit le plus.

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Table des matières

INTRODUCTION
Chapitre 1 : Les origines et la culture
Chapitre 2 : Les principales zones de production
Chapitre 3 : Un marché résiduel, exigu et très concentré
Chapitre 4 : Les variétés et les types de riz en vente
Chapitre 5 : Les politiques de commercialisation du riz
Chapitre 1 : Les produits mis en vente
Chapitre 2 : La rentabilité du riz local
Chapitre 3 : Les acteurs dans la commercialisation du riz de la vallée
Chapitre 4 : Les systèmes de commercialisation
Chapitre 5 : L’élaboration de stratégies de vente optimale
Chapitre 6 : L’implication de l’État dans la commercialisation
Chapitre 7 : Le rôle des institutions financières
Première Partie : LE RIZ : UNE CÉRÉALE, DES POLITIQUES COMMERCIALES
Seconde Partie : LE RIZ LOCAL ; UNE SPÉCULATION COMPÉTITIVE EN MANQUE DE VULGARISATION
Chapitre 1 : Les différents types de riz et leurs modes d’importation
Chapitre 2 : L’option riz importé au Sénégal
Chapitre 3 : Le Commerce international du riz à l’importation
Chapitre 4 : La Commercialisation du riz importé ou le règne d’un oligopole
Chapitre 5 : Le coût de revient du riz importé
Chapitre 1 : Les problèmes relatifs à la question alimentaires au Sénégal
Chapitre 2 : Les cibles à court terme
Chapitre 3 : Les priorités à long terme
CONCLUSION
Bibligraphie

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