VACCINATION CONTRE LA MALADIE DE NEWCASTLE

Typologies en fonction des modes d’élevages

  En générale, à Madagascar, la production de volailles évolue dans trois types d’élevages : l’élevage traditionnel ou extensif, l’élevage semi-intensif ou amélioré et l’élevage industriel ou intensif . L’élevage traditionnel est constitué par l’aviculture villageoise de type familial. Il est caractérisé par l’utilisation des volailles de races locales qui sont connues pour leur rusticité [18]. Les animaux sont laissés en liberté le jour et sont logés dans un abri sommaire ou dans la maison du propriétaire la nuit [18]. Selon les moyens des éleveurs, des compléments alimentaires sont distribués aux animaux. En général, les animaux ne reçoivent aucune surveillance sanitaire [18]. L’élevage est destiné essentiellement à l’autoconsommation.L’élevage moderne comprend les élevages artisanaux et les élevages semiindustriels qui utilisent notamment des volailles de races exotiques ou de races améliorées [18]. Pour ce type d’élevage les animaux sont gardés en claustration et reçoivent des surveillances sanitaires : vaccination, déparasitage et traitements diverses. Il comprend l’élevage de poulet de chair, de poules pondeuses, de canards gras et de coqs de combat [2,18]. L’élevage industriel est représenté principalement par les accouveurs et intègrent la fabrication et la vente d’aliments, la vente de poussins et de poulets adultes [2]. Ce type d’exploitation nécessite un effectif important de volailles. Il utilise des matériels d’élevages plus sophistiqués. Dans ce cas, les mesures de biosécurité et les surveillances sanitaires des animaux sont très importants [18, 22]. A Madagascar, peu d’élevage évolue dans ce secteur.

Typologies des élevages en fonction de leur exposition à la MN

  Par rapport aux principaux facteurs de risques de transmission intravillage et intervillage de la MN, les élevages de volailles à Madagascar peuvent être classés en plusieurs types [23]. En fonction des facteurs de transmission intravillage de la MN, on distingue :
Les fermes à faible niveau de biosécurité Caractérisées par la promiscuité des espèces de volailles et le contact avec d’autres animaux d’élevage (porcs). Le non adoption de la vaccination ou vaccination irrégulière. En plus les animaux ont accès aux rivières et/ou rizières. Le renouvellement du troupeau se fait auprès des autres exploitations du village.
Les fermes à moyen niveau de biosécurité Caractérisées par l’élevage d’un nombre moyen de volailles à élever. L’élevage est clôturé et possède un plan de vaccination et de désinfection irrégulière. Il y a l’utilisation de litières. Les animaux ont parfois accès aux rizières et le village accueille souvent des combats de coq. De même, l’élevage embauche parfois des travailleurs venant de l’extérieur de l’exploitation.
Les fermes à niveau de biosécurité élevé Caractérisées par des élevages plus organisés : bâtiment sophistiqué, système de désinfection, vaccination et mise en place du technique « all-in all-out ». Les animaux n’ont pas accès à l’extérieur mais le contact entre les deux milieux se fait par l’intermédiaire des ouvriers et des équipements. Les fermes utilisent des litières.En fonction des facteurs de risque de transmission entre village de la MN, il existe également trois types d’élevages avicoles :
Les élevages en contact avec des grands marchés de volailles : achat et vente de volailles au marché, fréquentation de plusieurs marchés sans contact avec des collecteurs et/ou des intermédiaires. L’élevage a peu de contact avec les agents de la santé animale.
Les élevages en contact avec plusieurs collecteurs et de combat de coq : vente des volailles aux collecteurs et aux intermédiaires, participation aux combats de coq hors du village. L’exploitation n’est pas en contact avec les agents de la santé animale
Les élevages qui entretiennent des multiples interactions externes : fréquentation de plusieurs marchés, contact avec des intermédiaires et des collecteurs.

Contraintes pathologiques

  Malgré le fait que Madagascar soit une île, ce pays n’est pas épargné par les principales pathologies aviaires. Les élevages avicoles malgaches font face à une forte pression d’infection au sein de ses cheptels. Cette situation s’explique notamment par le manque des moyens financiers et le dysfonctionnement dans la coordination des activités sanitaires. De même, il y a l’ubiquité de certains virus dans la population aviaire divagante [18]. L’importation d’oiseaux vivants constitue aussi un facteur supplémentaire d’introduction et d’installation des souches virales dans les élevages [24]. Par conséquent, le cheptel avicole malgache affronte des contraintes sanitaires inévitables surtout en élevage traditionnel. Ces contraintes sont principalement d’origine parasitaire et infectieuse [24, 25]. Parmi les maladies parasitaires, les plus redoutables sont les coccidioses et les ascaridioses aviaires qui constituent les premiers facteurs de mortalité chez les poussins. Pour les maladies bactériennes, il y a le choléra aviaire, les colibacilloses, les mycoplasmoses et les salmonelloses. Les pathologies virales sont constituées par la maladie de Gumboro, la maladie de Marek, la variole aviaire, les infections à adénovirus, la maladie respiratoire chronique, la maladie à influenza aviaire faiblement pathogène et surtout la MN qui constitue la première contrainte sanitaire dans les élevages villageois [24,25].

Importance économique de la maladie de Newcastle

  La MN entraine des pertes économiques considérables. Ces pertes sont dues à la mortalité, la diminution de production, les prises en charges prophylactiques, les abattages et les mesures restrictives (problème d’exportation) que la maladie peut engendrer .Par exemple, en 2013, une étude a montré qu’à Madagascar le coût de mortalité lié à la MN était de 15 372 420 000 Ariary [37]. Pour la Californie, la prise en charge de l’épizootie de 2002-2003 s’élevait à plus de 162 millions de dollars [38]. Aux Etats- Unis, l’épizootie de MN en 1971 conduisait à l’abattage de plus de 12 millions de poulets qui coûtaient 56 millions de dollars au total [39].

Symptômes

  Les signes cliniques de la MN sont très variables selon la virulence et le tropisme du virus en cause, l’espèce touchée, l’âge et le statut immunitaire de l’hôte et les conditions environnementales . Par conséquent, le temps d’incubation varie de 3 à 21 jours avec une moyenne de 5 à 7 jours .En fonction de la virulence de la souche de NDV impliquée, plusieurs formes de maladie de Newcastle peuvent avoir lieu  : Forme suraigüe : existence de signes généraux comme abattement, inappétence, plumes ébouriffées puis la mortalité survient en 24 à 48 heures. Forme aigüe : causée surtout par des souches vélogènes. Elles débutent par une atteinte de l’état général rapidement associée à des signes digestifs (diarrhée), respiratoires (catarrhe oculonasal, dyspnée, éternuements), nerveux (convulsions, troubles de l’équilibre, torticolis, paralysie diverses) et cutanées (congestion ou œdème de la crête et des barbillons, hémorragies) (Figure 3 et 4). Ces signes sont diversement associés à une chute de ponte. Les signes s’aggravent et la mort surgi en 3 à 4 jours, sinon, la guérison est possible mais avec des séquelles fréquentes telles que la paralysie et les anomalies de ponte.Formes subaigüe et chronique : dues aux souches mésogènes. Elles évoluent de façon prolongée avec des signes généraux discrets et des symptômes locaux (essentiellement respiratoires) associés à une chute de ponte avec des œufs plus petits, blanchâtres et des hémorragies vitellines. Formes asymptomatiques : elles sont fréquentes. Il est à noter qu’aucun de ces signes ne peut être considéré comme spécifique à la maladie de Newcastle .

Les vaccins disponibles

  Pour contrôler cette maladie plusieurs vaccins sont disponibles et commercialisés dans le pays. Ils sont essentiellement obtenus à partir de trois souches : Hitchner B1, La Sota et Mukteswar. Les deux premières souches sont surtout utilisées chez les élevages de type commercial tandis que la souche Mukteswar est généralement utilisée par les éleveurs villageois [47]. Ces types de vaccins commercialisés à Madagascar sont récapitulés dans l’annexe 1

CONCLUSION

  Cette recherche effectuée dans la zone du lac Alaotra a permis d’identifier les facteurs qui influencent la décision des éleveurs sur l’adoption ou non de la vaccination de volailles contre la MN.Les éleveurs ne font pas vacciner leurs volailles s’ils ont un atelier avicole de petite taille. Ils ne connaissent pas et/ou n’ont pas confiance à l’efficacité du vaccin. En générale, les personnes âgées, les femmes et les éleveurs ayant un niveau d’étude basique et/ou les non instruits n’ont pas adopté la vaccination. Par contre, le coût du vaccin n’a pas constitué un obstacle à la vaccination. Les gens qui ne font pas vacciner leurs volailles ne s’intéressent même pas à connaitre ce prix.Ces résultats montrent que les raisons de non vaccination concernent surtout le manque de connaissance des éleveurs, leur désintérêt à la vaccination et la sousestimation de leurs exploitations avicoles. La connaissance de ces facteurs constitue une étape fondamentale à franchir avant de pouvoir améliorer le taux de vaccination dans la zone d’étude mais aussi dans la totalité du pays. La sensibilisation des éleveurs sur l’intérêt et l’efficacité du vaccin constituerait un moyen de lever les freins à l’adoption de la vaccination. En plus de cela il est envisageable de mettre en place une campagne de vaccination obligatoire juste avant les périodes épidémiques de la maladie.Pourtant il faut noter que la vaccination est un moyen efficace pour lutter contre la MN mais elle n’est pas suffisante pour contrôler tous les facteurs de risque de cette maladie. En effet, des mesures de biosécurité et d’autres stratégies de prévention (évitement de mélange gallinacées – palmipèdes, prendre garde au contact avec les collecteurs, …) doivent l’accompagner. Donc il est nécessaire d’encourager les éleveurs à adopter ces mesures.

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Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE (RAPPELS)
I.GENERALITES SUR L’AVICULTURE A MADAGASCAR 
I.1 Utilité et importance de l’aviculture
I.2 Typologies des élevages
I.2.1 Typologies en fonction des modes d’élevages
I.2.2 Typologies des élevages en fonction de leur exposition à la MN
I.3 Contraintes de l’aviculture malgache
I.3.1 Contraintes zootecniques et nutritionnelles
I.3.2 Contraintes technico-économiques
I.3.3 Contraintes pathologiques
II. RAPPELS THEORIQUE SUR LA MALADIE DE NEWCASTLE 
II. 1 Historique
II. 2 Importance économique de la maladie de Newcastle
II. 3 Etiologie .
II.3.1 Classification selon les génotypes
II.3.2 Classification selon la pathogénicité
II. 4 Epidemiologie
II.4.1 Distribution géographique et allure épidémiologique
II.4.2 Espèces affectées et facteurs de réceptivité
II.4.3 Sources de germes et matières virulentes
II.4.4 Résistance du virus
II.4.5 Voies de contamination et modes de transmission
II. 5 Symptômes
II. 6 Lésions
II. 7 Les moyens de lutte contre la maladie de Newcastle

II.7.1 Lutte sanitaire
II.7.2 Lutte médicale
III.LA MALADIE DE NEWCASTLE A MADAGASCAR 
III.1 Importance épidémiologique
III.2 Importance économique
III.3 Facteurs de risque
III.4 Les vaccins disponibles
III.5 Perception de la vaccination
DEUXIEME PARTIE : METHODES ET RESULTATS
I. METHODES
I.1 Site d’étude
I.2 Type d’étude
I.3 Période et durée de l’étude
I.4 Population d’étude
I.5 Critères d’inclusion et d’exclusion
I.6 Echantillonnage
I.6.2 Taille d’échantillon
I.6.2 Type d’échantillonnage et plan de sondage
I.7 Paramètres à étudier
I.8 Collecte des données
I.9 Traitement et analyse des données
I.9.1 Stockage et manipulation
I.9.2 Tris à plat
I.9.3 Calcul des “valeurs tests”
I.9.4 Calcul de l’Odds-Ratio
II. RESULTATS 
II. 1 Description de l’échantillon
II. 2 Importance socio-économique de l’aviculture 

II.2.1 Taille de l’atelier avicole
II.2.2 Place de l’aviculture par rapport aux autres activités agricole de l’éleveur
II. 3 Accessibilité des vaccins 
II.3.1 Distance élevage-vaccin
II.3.2 Coûts des vaccins
II. 4 Efficacité du vaccin
II. 5 Stratégies de mitigation de la maladie de Newcastle
II. 6 Profils des éleveurs
II.7 Quantification des facteurs socio-économiques de la pratique ou non de la vaccination de volailles
TROISIEME PARTIE : DISCUSSION 
CONCLUSION
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXES

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