Utilisation des écrans : état des lieux et statistiques actuelles

Utilisation des écrans : état des lieux et statistiques actuelles

Contexte 

Omniprésence du numérique
« Jamais l’homme n’a disposé d’autant d’écrans, non seulement pour regarder le monde, mais pour vivre sa propre vie » (Lipovetsky & Serroy, 2007). Aujourd’hui, le numérique est partout. D’après une étude du Journal of Social and Clinical Psychology, 30 minutes est le temps d’exposition quotidien aux écrans (réseaux sociaux et consommation d’Internet) au-delà duquel existe un danger pour la santé mentale. Or en 2019, les Français de plus de 18 ans ont passé en moyenne 4 heures et 30 minutes par jour devant leurs écrans soit 8 minutes de plus que l’année précédente (Fondation APRIL, Institut BVA, 2019), (Fondation APRIL, Institut BVA, 2018). On compte plus de 5 écrans par foyer et 45,7 millions d’internautes en France (IEMP, 2018). En 2019, 88% des Français possèdent un smartphone, contre 80% en 2018. Ce ne sont pas les seuls écrans de notre quotidien, le taux d’équipement est sensiblement le même pour les ordinateurs et près de la moitié possède aussi une tablette (Ministère de l’Économie et des Finances, 2018).

Différents supports et usages
On se connecte pour des raisons professionnelles mais aussi personnelles : pour s’informer, faire des achats, se divertir, et bien plus encore. Désormais, l’utilisation des écrans devient même un atout pour mieux gérer sa santé. Il faut cependant veiller à ce qu’ils n’aient pas, à l’inverse, une action néfaste sur celle-ci (Ministère de l’Économie et des Finances, 2018). D’après le dictionnaire Larousse, un écran est un « dispositif d’affichage électronique d’images ou de données ». De plus en plus d’outils connectés font leur apparition : montres, enceintes, smartphones toujours plus performants, etc. L’outil connecté le plus possédé par les français âgés de plus de 18 ans demeure le smartphone. Il devient même un « objetdoudou » pour 80% d’entre eux (Fondation APRIL, Institut BVA, 2018).

Depuis 2016, le temps passé devant la télévision a diminué, passant ainsi à 18 heures par semaine. En revanche, le temps consacré au visionnage de vidéos sur l’Internet progresse. Enfin, l’accès à l’Internet est omniprésent, notamment grâce au développement important des réseaux mobiles ces dernières années (Ministère de l’Économie et des Finances, 2018).

Vers une prise de conscience ?
Malgré cette omniprésence des écrans, des préoccupations liées aux usages du numérique deviennent des sujets d’actualité. On peut citer la protection des données personnelles qui est le principal frein à l’utilisation d’Internet pour les internautes qui ont peur de voir des informations personnelles confisquées et utilisées par des entreprises ou mêmes des pirates informatiques. Ceux qui ne le sont pas encore sont freinés par la complexité d’utilisation des outils numériques (Ministère de l’Économie et des Finances, 2018).

Finalement, les préoccupations concernent plus l’utilisation que les effets sur la santé qui sont largement sous-estimés. La moitié des Français pense que l’exposition aux écrans peut avoir un impact négatif, notamment sur la vision, l’activité physique, le sommeil, la santé en général et la quantité de temps libre et de loisirs. La situation est donc paradoxale puisque la grande majorité des Français pense qu’il serait bénéfique pour leur santé de diminuer leur temps d’exposition aux écrans. Or parmi eux, 7 sur 10 se sentent incapables de se séparer de leurs outils connectés pendant une journée. Ce temps d’exposition en moins pourrait pourtant leur permettre de lire, de se promener, passer du temps avec leurs proches, faire du sport, se détendre ou encore se reposer, soit toutes les activités nécessaires à une bonne santé et permettant d’établir le lien social ! (Fondation APRIL, Institut BVA, 2018). Cette même étude a révélé qu’un tiers des sondés pense manquer d’informations à propos des conséquences des écrans sur leur santé, tandis que la moitié considère que les écrans n’ont aucun impact sur la santé en général. L’accès à une information claire sur les risques engendrés par une utilisation excessive des écrans nous apparaît donc comme une grande nécessité.

Des disparités selon l’âge 

Pour l’adolescent

Les adolescents français âgés de 11 ans passent 5 heures par jour devant les écrans. C’est plus de 8 heures pour les jeunes âgés de 15 ans (Observatoire français des drogues et des toxicomanies, 2016). Autre fait marquant, dans notre pays, les adolescents passent plus de temps devant leur télévision qu’avec leurs enseignants (Harlé & Desmurget, 2012). Une nouvelle loi est entrée en vigueur à la rentrée 2018, visant l’interdiction de l’utilisation des téléphones mobiles au sein des écoles et collèges (Loi n°2018-698, 3 août 2018). D’après le site du Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunessea , cette loi se justifie par le fait que l’utilisation des smartphones interfère avec les activités d’enseignement en impactant négativement la qualité d’écoute et de concentration de l’élève. De plus, ils sont souvent l’objet de convoitise, entraînant racket ou vol. Le cadre juridique de ce texte évoque également le fait que les téléphones portables peuvent être vecteurs de cyberharcèlement et rendent accessibles aux plus jeunes des images violentes, notamment pornographiques, via Internet. Cette mesure met bien en lumière le fait que les téléphones portables peuvent être dangereux dans leur utilisation. Des exceptions sont toutefois possibles, notamment pour les élèves atteints de handicap ou d’un trouble de santé invalidant pour lesquels cet outil peut, par exemple, être indispensable à la communication.

D’après le baromètre du numérique, 90% des 12-17 ans possèdent un téléphone mobile et une intensification de son usage pour tous ses services s’observe : surfer sur Internet, envoyer des SMS ou encore passer des appels (Ministère de l’Économie et des Finances, 2018). De manière générale, l’usage d’Internet s’est intensifié durant les dix dernières années : 83% des plus de 16 ans naviguent quotidiennement sur Internet contre 23% seulement il y a dix ans (IEMP, 2018). Cependant, contrairement aux idées reçues, la fréquentation des réseaux sociaux chez les 12-17 ans est en baisse de 8 points entre 2017 et 2018 (Ministère de l’Économie et des Finances, 2018).

Pour l’adulte 

Les sondages présentés dans le baromètre du numérique révèlent que 100% des 18-24 ans possèdent un téléphone mobile et 98% des 25-39 ans.

D’après le dossier de presse de la fondation APRIL et de l’institut BVA, 67% des adultes français affirment être dépendants de leurs outils connectés, parmi lesquels 29% le sont complètement. Cette « addiction totale » est ressentie par plus de la moitié des adultes entre 18 et 34 ans. Ces derniers appartiennent à cette nouvelle catégorie nommée les « Digital Natives », littéralement les « enfants du numérique »: ceux qui sont nés avec tous ces outils. Les Digital Natives passent en moyenne 6 heures et 28 minutes par jour devant leurs écrans. Une majorité de ce temps est utilisé pour une consommation personnelle. Plus largement, nombreux sont les cadres qui utilisent les outils numériques pour des raisons professionnelles et ils y consacrent en moyenne 7 heures et 13 minutes par jour. Ils représentent une exception car ce sont les seuls à utiliser davantage les écrans pour des raisons professionnelles que personnelles (Fondation APRIL, Institut BVA, 2019). Un texte de loi concernant la déconnexion dans le cadre professionnel a récemment vu le jour dans les entreprises de plus de 50 salariés (Article L. 2242-8, 2017). Toutefois, les Français sont assez réfractaires à la déconnexion forcée : 92% d’entre eux s’opposent à l’idée de mettre en place des journées sans courriels au travail (Fondation APRIL, Institut BVA, 2018).

De manière générale, les adultes sont plus favorables à appliquer la limitation de l’utilisation des écrans pour leurs enfants que pour eux-mêmes. Effectivement, 9 français sur 10 ont affirmé être d’accord avec la loi interdisant les téléphones mobiles dans les écoles et collèges mais ils s’opposent globalement aux mesures les concernant directement (Fondation APRIL, Institut BVA, 2018).

Pour la personne plus âgée

Ces dernières années, les séniors sont parvenus à surmonter leurs appréhensions liées aux nouvelles technologies. En effet, le fossé creusé entre les nouvelles générations et les anciennes face aux nouvelles technologies tend à se résorber. Cet attrait pour les outils numériques désamorce certains stéréotypes et permet aux séniors de se sentir « jeunes ». Cependant, on constate qu’ils demeurent la catégorie la moins équipée en termes d’écrans (IEMP, 2018), (Fondation APRIL, Institut BVA, 2018). Le téléphone portable se popularise auprès des plus de 70 ans. En effet, entre 2013 et 2018, le taux d’équipement dans cette population a augmenté de 23 points. Bien que les personnes âgées soient moins équipées que leurs cadets, on compte toutefois 82% de détenteurs de téléphone portable et 57% d’ordinateur chez les 70 ans et plus. Ces derniers utilisent moins souvent Internet que les plus jeunes. Toutefois, ils sont de plus en plus nombreux à devenir internautes : en 2018, 60% d’entre eux surfent sur le Net. Ces chiffres ont augmenté de manière considérable au cours de ces dernières années (Ministère de l’Économie et des Finances, 2018). On constate même que 89% des 55-75 ans déclarent se sentir à l’aise sur Internet (Fondation APRIL, Institut BVA, 2018). Les séniors naviguent sur la toile, vont sur les réseaux sociaux et regardent aussi la télévision (Fondation APRIL, Institut BVA, 2018). Toutefois, avec les foyers défavorisés, les séniors appartiennent aux catégories de Français les moins connectés. En effet, les séniors sont parfois freinés par la complexité des outils numériques. Ceux n’ayant pas eu l’opportunité d’utiliser les outils informatiques durant leur carrière rencontrent encore plus de difficultés pour les adopter (Délégation aux Usages de l’Internet, 2010-2011). Des associations ont vu le jour comme l’association « e-seniors ». Leurs buts sont notamment de diminuer la fracture numérique entre les anciennes et les nouvelles générations, de sortir les séniors de leur situation d’isolement et de faciliter la formation et l’information des séniors concernant les nouvelles technologies (Délégation aux Usages de l’Internet, 2010-2011).

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Table des matières

Introduction
1. Partie théorique
1.1. Utilisation des écrans : état des lieux et statistiques actuelles
1.1.1. Contexte
1.1.1.1. Omniprésence du numérique
1.1.1.2. Différents supports et usages
1.1.1.3. Vers une prise de conscience ?
1.1.2. Des disparités selon l’âge
1.1.2.1. Pour l’adolescent
1.1.2.2. Pour l’adulte
1.1.2.3. Pour la personne plus âgée
1.2. Utilisation des écrans : effets et conséquences de l’utilisation des écrans
1.2.1. Utilisation des écrans : du normal au « pathologique »
1.2.2. Effets et conséquences des écrans : données générales
1.2.3. Effets et conséquences des écrans par âge
1.2.3.1. Chez l’adolescent
1.2.3.2. Chez l’adulte
1.2.3.3. Chez la personne plus âgée
1.3. Utilisation des écrans : lien avec l’orthophonie
1.4. Prévention : définitions générales
1.4.1. Définitions de la prévention
1.4.2. Différents types de prévention
1.4.2.1. OMS : une classification selon le stage de la maladie
1.4.2.2. R.S. Gordon (1982) : une classification selon la population cible
1.4.2.3. Traité de Santé Publique : prévention de protection vs prévention positive
1.4.3. La prévention en orthophonie
1.5. À propos des écrans : état des lieux des actions déjà menées sur le sujet
1.5.1. Le bon usage des écrans par l’IEMP
1.5.2. Association e-enfance
1.5.3. Numéro téléphonique Net Écoute
1.5.4. Bien vivre le digital par Orange
1.5.5. Autres ressources
2. Matériel et méthode : outils de prévention élaborés
2.1. Élaboration et justification des choix : matériel et méthode
2.1.1. Élaboration des affiches
2.1.1.1. Affiche adolescents : 9 secondes
2.1.1.2. Affiche adultes : 4h30
2.1.1.3. Affiche séniors : maladie d’Alzheimer et mémoire verbale
2.1.2. Élaboration du questionnaire
2.1.2.1. Première section : constats de terrain
2.1.2.2. Deuxième section : affiches de prévention
2.1.2.3. Troisième section : informations sur les orthophonistes répondant au questionnaire
2.1.3. Hypothèses
2.1.3.1. Première section : constats de terrain
2.1.3.2. Deuxième section : affiches de prévention
2.1.3.3. Troisième section : informations sur les orthophonistes répondant au questionnaire
2.1.4. Diffusion des affiches et du questionnaire
3. Résultats
3.1. Constats de terrain
3.1.1. Estimez-vous que la consommation d’écrans de vos patients a un impact sur vos prises en charge ?
3.1.2. Pourquoi ?
3.1.3. Si oui, plutôt chez : adolescents et/ou adultes et/ou séniors ?
3.1.4. La question de la consommation d’écrans entre t-elle dans votre anamnèse ?
3.1.5. Si non, pourquoi ?
3.1.6. Avez-vous déjà, en tant qu’orthophoniste, fait de la prévention concernant l’utilisation des écrans chez l’adolescent, l’adulte et/ou le sénior ?
3.1.7. Si oui, sous quelle forme ?
3.2. Affiches de prévention
3.2.1. Pensez-vous que ces affiches informent clairement sur l’impact des écrans ?
3.2.2. Pourquoi ?
3.2.3. Selon vous, ces affiches permettent-elles de prendre conscience de la nécessité de réduire sa consommation d’écrans ?
3.2.4. Allez-vous les afficher sur votre lieu de travail ?
3.3. Informations sur les orthophonistes répondant au questionnaire
3.3.1. En quelle année avez-vous obtenu votre Certificat de Capacité d’Orthophonie?
3.3.2. Dans quel centre de formation avez-vous fait vos études ?
3.3.3. Quel est votre mode d’exercice aujourd’hui ?
3.3.4. Quelle est votre ville d’exercice aujourd’hui ?
3.3.5. Voulez-vous recevoir par mail les affiches et/ou le mémoire rédigé ?
4. Discussion
4.1. Méthodologie employée
4.1.1. Élaboration du questionnaire
4.1.2. Diffusion du questionnaire
4.1.3. Population
4.1.4. Exploitation des résultats
4.2. Confrontation des résultats aux hypothèses
4.2.1. Rappel des hypothèses
4.2.2. Constats de terrain
4.2.3. Affiches de prévention
4.2.4. Informations sur les orthophonistes répondant au questionnaire
Conclusion

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