Une politique arbitraire d’exclusion et discriminatoire du régime de Vichy : de la théorie

La résistance dans l’expérience de l’internement : élaboration d’un corpus de sources de natures différentes

L’étude des camps d’internement comme lieux d’expérience résistante, demande de disposer d’archives produites par l’administration française et par les internés. En effet, la majorité des archives dont je dispose sont les rapports mensuels des camps, les correspondances entre l’administration des camps et les dirigeants de Vichy, des notes de service. Les archives écrites peuvent aussi être produites par les internés notamment lorsque je m’intéresse aux courriers retenus par les services de censure des deux camps étudiés. Les lettres sont un outil pour faire connaitre ses convictions et son mécontentement à l’extérieur du camp. Nous verrons plus en détail que dans le Tarn, les femmes internées à Brens, notamment les politiques, s’illustrent dans ce domaine. En ce qui concerne les archives produites par les services officiels rattachés au régime de Vichy, il m’a fallu me rendre aux Archives nationales situées à Pierrefitte-sur-Seine. Elles détiennent le fonds F/7, qui regroupe des archives émanant du ministère de l’Intérieur et de la Police Générale. Le ministère de l’Intérieur est chargé par le gouvernement de Vichy de diriger la question des camps d’internement français ; les internés, le recrutement du personnel, la mise en place des règlements au sein des camps d’internement. On trouve également, dans ce fonds, des archives produites par d’autres acteurs : le Secrétariat à la police générale, la Direction générale de la sureté nationale, les Préfets ou bien encore l’inspecteur général des camps. Le fonds F/7 permet de consulter différents types d’archives révélant donc des informations de natures diverses. Par exemple, on peut y consulter les rapports d’inspection générale des camps, des Instructions générales, des plans des camps, des photographies. La multiplicité de la nature de mes archives et des producteurs de celles-ci permet d’interroger la manière dont les entraves réglementaires sont relatées par le personnel. Il s’agit de comprendre comment le personnel cherche à enrayer certains interdits comme celui de l’évasion. Les plans et photographies des camps apportent l’élément visuel. Leur étude peut par exemple permettre de se pencher sur ce que les autorités décident de montrer et d’essayer de localiser géographiquement dans le camp les lieux des contestations quand cela est possible. Certains lieux sont-ils privilégiés à d’autres pour exprimer son mécontentement ? Les règlements comportent des dispositions concernant le personnel des camps et les internés.
Mon sujet de mémoire implique également la consultation des archives départementales du Tarn pour le camp de Brens et des Bouches-du-Rhône pour le camp de Saliers. Tout d’abord, les archives départementales du Tarn situées à Albi, contiennent le fonds 495 W consacré au camp de Brens. Ce fonds contient de nombreux documents produits par le personnel de camp, le préfet du Tarn, les Renseignements généraux et le ministère de l’Intérieur. Le service des Renseignements généraux permet d’obtenir des informations sur des personnes évadées ou susceptibles de faire acte de Résistance à l’extérieur du camp, c’est à-dire dans la population libre/civile. La principale source archivistique qui permet d’aborder les comportements interdits ou les actes de remise en cause de l’ordre établi est constituée par l’ensemble des rapports mensuels rédigés par les chefs de camp. En effet, ces rapports d’inspection sont rédigés par les chefs de camp pour les préfets et le ministère de l’Intérieur.
Ils sont organisés par thèmes, ce qui permet de rendre un état de la vie au camp d’internement.
Le chef de camp rend compte de l’état sanitaire des internés, de leur état d’esprit, des sanctions et peines disciplinaires infligées. L’état du personnel de garde et de surveillance est aussi dressé. Enfin, il mentionne toutes suggestions ou observations utiles sur le mois écoulé au sein du camp qu’il dirige. Les rapports mensuels sont organisés en parties distinctes pour le camp de Brens ; une partie pour les internées françaises, une partie pour les internées étrangères, une partie pour le personnel du camp et enfin une partie sur l’état général du camp d’internement. Pour mon étude du camp de Brens, je dispose de l’ensemble des rapports rédigés entre le mois de février 1942 et celui d’avril 1944.
Nous pouvons également nous appuyer sur la correspondance censurée au sein du camp, dont on peut retrouver pour certaines le contenu dans la section des rapports mensuels dédiés à celle-ci. Je me suis penchée sur les lettres censurées dont le contenu se trouve dans l es rapports, car si elles y sont incluses, c’est qu’elles ont une importance considérable aux autres lettres aux yeux de l’administration. Un autre type de source très intéressant pour le sujet que j’étudie, concerne les notes de services et les rapports rédigés par le chef de camp et le personnel de garde. Ce type d’archive met en avant des comportements réprimés par les gardes, tels que les évasions, les relations amoureuses « interdites » ou bien encore les soupçons du personnel à l’égard de certaines internées ; notamment pour les internées communistes et les prostituées. Les notes de service sont celles du chef de camp pour le personnel de garde. De ce fait, ces archives représentent pour moi l’occasion de prendre en compte le point de vue du chef de camp sur les agissements interdits et de prendre en compte les méthodes employées pour remédier à cet état de chose. Les rapports des gardes sont intéressants dans une perspective de multiplication des points de vue dans le cadre de mon mémoire.

L’étude comparative, une méthode pour mieux comprendre les résistances à Brens et à Saliers

Mon objectif est celui de croiser les points de vue des différents acteurs de l’internement, c’est pourquoi j’ai pris le parti de consulter le plus possible des archives de natures différentes afin de faire apparaitre des notions propres à chaque producteur de ces sources. Les mentions de comportements interdits, étant peu nombreuses, il m’est apparu nécessaire de devoir multiplier les sources et les producteurs afin d’avoir plus de chances de trouver des références à des formes de résistance au sein des camps d’internement de Brens et de Saliers. L’étude comparative que je mène m’a incité cependant à devoir mettre de côté certains aspects de l’internement tels que l’aspect économique. Les dépenses du camp ne convoquent pas l’idée d’entrave au règlement de la part des internés.
La démarche comparative de mon mémoire, repose en partie sur la consultation d’archives de même nature. Cela me permet de prendre en compte les mêmes acteurs afin de les mettre en parallèle, tout comme leur production documentaire. Mettre en parallèle les rapports mensuels de Saliers et de Brens qui constituent la plus grande partie de mes archives, est un moyen de faire émerger des points communs et des différences. Il s’agit ensuite d’analyser chaque élément en fonction du contexte du camp tout en l’incluant à ce qui peut se passer dans l’autre camp. De plus, il est intéressant de souligner que des femmes « nomades » internées à Saliers ont pu faire l’objet d’un transfert au camp de Brens. Il est question ici de s’intéresser aux motifs de ce transfert, au choix de Brens comme nouvelle destination et à quelles femmes et comportements s’applique ce type de transfert. De même, un autre facteur me parait pertinent, celui de la comparaison des deux populations internées. Essayer d’établir des catégories peut s’avérer utile afin de faire émerger une sorte de sociologie de la résistance. Cependant, il m’a aussi paru nécessaire de croiser des sources de natures et de producteurs différents pour faire émerger de nouveaux enjeux.

Les enjeux des camps d’internement de Saliers et de Brens : deux natures de camps d’internement et deux populations dites « minoritaires »

Les enjeux que j’aborde sont tout d’abord de comprendre si les comportements de résistance à l’ordre et de la vie au camp diffèrent ou non selon le type de population internée.
J’ai également comme intérêt la question de noter les points communs et/ou différences entre le camp de Brens et celui de Saliers et de les expliquer. Enfin, j’ai souhaité me pencher sur les relations qui existent entre les internés et le personnel administratif et de garde et entre les internés et la population libre à l’extérieur des camps. L’objectif est de comprendre comment le personnel définit les comportements interdits. Le point de vue du personnel est à mettre en parallèle avec celui des internés pour pouvoir comprendre les moyens de résister aux conditions de vie en camp d’internement. Il est question d’analyser les comportements non tolérés par le règlement de par leurs motivations, leurs caractéristiques et leur répression p ar les gardes. En faisant ce travail d’analyse, je veux définir une typologie des actes résistants. Il s’agit d’élaborer une échelle des comportements résistants, analyser les motivations et les enjeux qui se cachent derrière ces comportements interdits. L’enjeu est aussi celui de définir si la composition sociologique différente des camps offre une autre perspective sur la résistance. Enfin, je veux mener une réflexion épistémologique, ce qui me permet d’analyser l’évolution des termes et la justification de leur emploi par Vichy pour légitimer l’internement administratif.

Problématique

En quoi les différents points de vue de l’expérience de l’internement administratif permettent-ils de comprendre la complexité de la notion de résistance et ses multiples caractéristiques? L’élaboration d’une définition de la résistance dans un contexte tel que celui de l’internement réside dans les interprétations, les réactions et la marge de manœuvre dont disposent les internés et les membres de l’administration et du personnel. Dans quelle mesure les réactions résistantes à l’expérience de l’internement administratif expliquent-elles une condition d’internement particulière ou encore une relation particulière entre membres de l’administration, personnel des camps et interné.e.s ?

Les camps d’internement, résultat d’une politique arbitraire d’exclusion et de discrimination du régime de Vichy

Les camps d’internement de Saliers et de Brens reflètent la politique du régime de Vichy qui repose en partie sur la mise au ban de la nation des éléments dits « indésirables ».
Afin de mener à bien le projet de Révolution Nationale, les éléments considérés comme perturbateurs sont internés dans des structures ayant pour but de les exclure de la nation et de la population française.

La construction de deux camps d’internement de natures et de fonctions différentes

La politique de l’internement administratif sous le régime de Vichy engendre la construction de camps dont les modalités diffèrent. Selon la population internée, les camps reposent sur des modalités qui peuvent différées. La caractéristique commune à tous les camps est la politique discriminatoire dont sont victimes les internés.

Saliers, mars 1942 : un « village pour les nomades », une vitrine pour Vichy

Le 25 mars 1942, lors d’une conférence interministérielle, Gilbert Lesage, responsable du Service social des étrangers décide de l’ouverture d’un camp en Camargue dans le but de « concentrer » les « nomades » dans un lieu considéré comme « le berceau de la race gitane ».
Lors de cette conférence sont notamment discutés l’emplacement géographique et les conditions à réunir pour l’établissement d’un tel camp. Il faut toutefois attendre sept mois pour que, le 8 octobre 1942, le lieu final soit choisi volontairement en Camargue afin de permettre une adaptation plus facile en respectant les coutumes nomades, comme le précise le rapport du 8 octobre 1942 rédigé par l’architecte des Monuments historique . La construction du camp d’internement de Saliers, appelé « village de Gitans » par le chef de camp, n’est pas le fruit du hasard, au contraire : derrière cette édification, se cache une stratégie politique.
En effet, le régime de Vichy essuie de nombreuses critiques dans la presse internationale quant aux conditions de vie dans les divers camps d’internement français. Le film documentaire de Cédric Condom, Un camp de Tsigane où il ferait bon vivre… illustre la stratégie vichyste pour redorer son image à l’international : « Vichy veut créer un “camp modèle” en réponse aux critiques internationales quant aux camps d’internement français ».
En théorie, le camp de Saliers est présenté comme un véritable « village » dans lequel les dits « nomades » vivent selon leur tradition et dans des conditions de vie agréables. Le camp de Saliers est présenté comme idyllique en raison de sa situation géographique et de son aspect innovant, notamment par le maintien de la structure familiale et la possibilité pour les internés de travailler, par exemple dans des exploitations agricoles aux environs. Tous ces éléments en font un lieu de vie modèle selon les autorités françaises. Vichy souligne également que la Camargue est la terre historique des « nomades » et que ceux-ci peuvent continuer à travailler dans des domaines qui leurs sont propres tels que la vannerie . En pratique, la réalité est tout autre puisque la propagande vichyste dissimule les terribles conditions de vie dans lesquels les internés sont contraints de vivre et les travaux qu’ils réalisent eux-mêmes, c’est aux « nomades » de construire les baraquements avant l’ouverture du camp. Les premières familles arrivent en novembre 1942, les baraques ne sont pas finies, ils sont près de 300. Le nombre de baraques initiales est réduit d’un tiers. Le camp n’a jamais été fini, il n’y a jamais eu de système d’adduction d’eau, d’électricité, pas d’assainissement : « le Camp ne comporte pas d’éclairage » , « [les internés] Ne pouvant se laver faute d’eau […] ».
Ainsi, le camp de Saliers est un camp de regroupement et de travail et non pas un camp répressif. Le but n’est pas d’enfermer des personnes pour des actions répréhensibles selon Vichy, mais plutôt de tenter de civiliser les « nomades » qui, sont selon les autorités françaises, une population dont l’éducation laisse plus qu’à désirer. Le camp d’internement de Saliers, exclusivement réservé à une population « nomade », est censé avoir un impact positif dans l’opinion internationale. En réalité, c’est un échec puisque l’image renvoyée est celle d’enfants mal habillés et souffrant de la faim dans l’indifférence du reste de la population.

Brens : l’ouverture d’un camp d’internement répressif pour femmes (février 1942)

Le camp d’internement de Brens se distingue fortement de celui de Saliers et répond à tout autre une logique. Tout d’abord, l’ouverture de Brens en février 1942 se fait dans la précipitation, à la suite de la fermeture en urgence du camp de Rieucros en raison des conditions sanitaires catastrophiques, comme le souligne Mechthild Gilzmer dans son ouvrage . A la suite de cette ouverture, le camp de Brens accueille une population exclusivement féminine, certaines détenues sont même accompagnées de leurs enfants : « Brens fut le seul camp de femmes en France » , ce qui en fait un camp dont les modalités sont nouvelles. Consécutivement à une enquête des services de recherches belges sous la direction de Monsieur Braum, il est noté qu’en mars 1942, le camp de Brens devient un « camp de séjour surveillé » où « le régime fut plus sévère qu’à Rieucros. Il n ’y avait pas de sortie à cause de la proximité de la ville de Gaillac » . Le camp d’internement de Brens a donc pour fonction principale d’isoler des femmes, étrangères et françaises, pour une durée indéterminée et pour des motifs qui ne sont pas toujours très clairs ou bien justifiés.
L’internement des femmes dans ce camp tarnais répond à une logique répressive de Vichy comme le mentionne l’ouvrage La France des camps : l’internement 1938-1946 , par exemple pour des motifs de droits commun tels que le vol. A cela s’ajoute le fait que le camp de Brens se situe à quelques kilomètres de la commune de Gaillac et est donc facilement accessible pour la population environnante . Le chef des services de renseignement du Tarn émet des inquiétudes quant à cette situation qui risquerait de faire naitre des critiques. Une de ses lettres adressées au préfet de la région en janvier 1942 révèle son état d’esprit : « (…) on conçoit mal, en effet, les internés derrière les fils barbelés qui composeraient la clôture édifiée (…) le camp, surtout comportant la présence de femmes et d’enfants, risquerait de devenir un lieu de curiosité » . Le travail du sociologue allemand Sofsky Wolfgang sur la structure et l’organisation du pouvoir absolu dans le milieu concentrationnaire est alors utile pour comprendre plus en profondeur l’organisation spatiale des camps de Brens et de Saliers et la symbolique de l’entrée de ceux-ci.
Tout d’abord, l’auteur précise que le camp de concentration est une sorte de mini-ville dont les frontières sont délimitées par les barbelés. Nous retrouvons cette logique de délimitation du territoire pour les camps d’internement de Brens et de Saliers, dont la clôture barbelée fait office de séparation avec le monde extérieur. Cependant, le système de surveillance et de sécurité est bien plus élaboré et performant dans le système concentrationnaire nazi. Ensuite, il relève une volonté de garder une forme de secret vis-à-vis de la population extérieure en construisant des camps de concentration assez loin de celle-ci.
Or, en ce qui concerne le camp de Brens, nous constatons que l’éloignement géographique n’est pas appliqué. Cette situation inquiète certaines personnalités des services de renseignements, plus particulièrement le chef des renseignements généraux qui émet ses craintes quant au fait que le camp d’internement de Brens soit trop visible et assez facilement accessible.Cela pourrait engendrer des opinions négatives envers Vichy, sa politique et ses représentants locaux. On constate donc que l’ouverture du camp répressif de Brens fait l’objet d’inquiétude mais que les autorités de Vichy poursuivent malgré tout une politique d’exclusion renforcée.

Une difficile application des considérations théoriques dans la pratique

L’internement administratif est régi selon des prérogatives théoriques émanant du ministère de l’Intérieur. Bien que des consignes soient données et appliquées au sein des camps, dans certains cas, les applications sont, dans la pratique, plus complexes, ce que nous démontrerons dans ce second chapitre.

L’internement administratif, facteur de mixité sociale

Les camps d’internement sont des structures au sein desquelles se côtoient tous les milieux sociaux et les nationalités d’origine des internés sont variées ; française ou étrangère (polonaise, allemande, espagnole ou encore belge). La diversité est l’une des caractéristiques principales de l’internement administratif.

Brens : des motifs d’internement multiples

La condition féminine dans le système de l’internement à Brens entre 1942 et 1944 offre l’opportunité de mener une étude qui implique aussi la notion de genre. Il s’agit par cette lecture d’essayer de comprendre la particularité de l’expérience féminine dans le camp d’internement. En effet, être une femme internée à Brens renvoie à des enjeux exclusifs à la féminité ainsi que le rappellent les propos de Denis Peschanski sur la spécificité de l’internement au féminin :
Par comparaison avec la situation des prisons en France en temps de paix, on constatera que jamais les femmes ne subirent aussi massivement une politique de contrôle ou d’exclusion que dans la France des années noires, (…) la spécificité tient aussi à la part des femmes internées par rapport aux autres formes d’enfermement. Jamais, en effet, les prisons ne connurent une proportion comparable de femmes. Jamais, donc, les femmes ne subirent aussi massivement une politique de contrôle et d’exclusion qu’entre 1939 et 1946.
Certaines catégories de la population féminine en France sont touchées par la volonté d’exclusion de la société mise en place par le régime de Vichy : les communistes, les internées de droit commun, les supposées prostituées, les étrangères et/ou les juives étrangères qui sont touchées par le phénomène de l’internement dès février 1939 . La construction des catégories et leur usage criminalisent des façons d’être ou de faire, elle doit donc être questionnée par l’historien. Cette question s’applique à Brens, comme le confirme le témoignage de Fernande Valignat, ancienne internée à Brens :
Nous sommes classées par raison d’arrestation. Les Baraques 1, 2, 3, sont réservées aux droits communs. La baraque 4, aux femmes dont on ne sait pas si elles sont politiques ou non, étant donné les rapports qui ont sans doute été très ambigus, quand elles ont été arrêtées ou quand elles ont fait les déclarations qu’elles ont pu faire. Il y avait beaucoup de communistes d’ailleurs dans cette baraque. La baraque 5, les politiques étrangères, où il y avait toutes les nationalités. La baraque 6, les Françaises, les politiques françaises et comme nous n’étions pas suffisamment nombreuses, on nous y a adjoint des prostituées que Pétain avait fait rafler à Toulouse. Le père la pudeur ne supportait pas que les rues de Toulouse soient ainsi souillées. La baraque 7, c’était les Espagnoles. La baraque 8 des femmes juives mais qui n’étaient pas arrêtées pour des opinions politiques, ni parce qu’elles étaient juives mais parce que, on leur reprochait des trafics de monnaies, d’argent, je ne sais quoi. Elles sont d’ailleurs généralement pas restées longtemps.

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Table des matières

PREMIÈRE PARTIE – BRENS ET SALIERS, DEUX CAMPS DE NATURE DIFFÉRENTES POUR
DEUX POPULATIONS INTERNÉES ?
Chapitre premier – Une politique arbitraire d’exclusion et discriminatoire du régime de Vichy : de la théorie
A- La construction de deux camps d’internement de natures et de fonctions différentes
B- L’internement administratif ou l’isolement des populations dites « indésirables » comme
projet politique
C- Etre une femme dans le système de l’internement administratif
Chapitre II – … une difficile application des modalités théoriques dans la pratique
A- L’internement administratif : facteur d’une mixité sociale
B- Des motifs d’internements arbitraires et injustifiés ?
DEUXIÈME PARTIE – L’INTERNEMENT ADMINISTRATIF, A L’ORIGINE DE RÉACTIONS
RÉSISTANTES SPONTANÉES ET INSTINCTIVES DE LA PART DES INTERNÉS
Chapitre III – L’internement, un terreau favorable à l’apparition de comportements résistants
A- Enfreindre le règlement intérieur du camp malgré les sanctions : la quête d’une amélioration
des conditions de vie
B- Problèmes administratifs de gestion et de personnel : une opportunité à saisir pour les internés
pour faire face à l’internement
C- Jalousie et concurrence au sein des camps, à l’origine de certains « débordements »
Chapitre IV – Combattre la réalité morose de l’internement : les marges de manœuvre et/ou stratégies des internés
A- L’oisiveté et le quotidien difficile : les internés réagissent
B- Eté 1942 au début de l’année 1943 : entre inquiétude renforcée et l’horizon d’un futur serein
TROISIÈME PARTIE – LA RÉSISTANCE ENGAGÉE, CONSCIENTE ET REVENDIQUÉE :
REJETER ET DÉNONCER SA CONDITION D’INTERNÉ AUPRÈS DES AUTORITÉS ET DE LA
POPULATION ENVIRONNANTE
Chapitre V – Par la voix, par la plume et l’affront physique : une résistance engagée ?
A- Les femmes à Brens : une résistance au féminin politiquement engagée
B- Les affronts physiques : simple mécontentement ou revendication ?
Chapitre VI – Décourager les internés de commettre des actes de résistances engagés et la recherche
d’un soutien au-delà des barbelés de la part des internés
A- Les sanctions les plus sévères à l’égard des internés, une dissuasion à la résistance ?
B- La population environnante : une aide à la résistance pour les internées ?

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