Une forêt péri-urbaine sous l’influence d’Aurillac

Une forêt péri-urbaine sous l’influence d’Aurillac

Contexte économique et social 

Mon étude portera sur la forêt de Branviel, espace naturel public appartenant à la municipalité d’Ytrac, petite ville péri-urbaine du sud-ouest de l’Auvergne attachée à la préfecture Aurillac qui s’étale sur une superficie de plus de 38 km². Elle comptait 3868 habitants en 2009, ce qui la classe au rang de cinquième ville du Cantal de par sa population derrière des villes comme St Flour ou Mauriac, les deux sous préfectures mais aussi bien évidemment la préfecture Aurillac qui comptait environ 30 500 habitants en 2009 (Source : Recensement Population 2009 INSEE).

Comme toutes les forêts péri-urbaines, il faudra intégrer dans la zone de chalandise de l’espace forestier toutes les communes se situant à moins de 15 kilomètres de celui-ci. Cela revient donc à prendre en compte dans la zone d’influence du domaine de Branviel des communes telles qu’Aurillac, Arpajon sur Cère, ou encore Naucelles qui comptent chacune plus de 2 000 habitants. Concrètement, on peut alors estimer que l’agglomération aurillacoise forme un pôle urbain qui réunit près de 45 000 habitants. Ainsi, il sera important, tout au long de l’étude, de prendre en compte la population formée par l’ensemble du pôle urbain aurillacois et non pas la population ytracoise locale. Il est alors impératif d’intégrer l’aspect collectif de la communauté de commune aurillacoise dans l’analyse des dynamiques de population. Dans la définition du périmètre d’influence, nous allons premièrement sélectionner les communes voisines qui sont au nombre de 8 (par ordre de grandeur : Aurillac, Arpajon, Naucelles, St Paul des Landes, Sansac de Marmiesse, Roannes Ste Mary, Crandelles, et enfin Lacapelle Viescamp) puis bien entendu la commune d’Ytrac.

Ainsi, on observe qu’après plus de 20 ans de croissance ininterrompue (de 1968 à 1990) où la population de l’agglomération aurillacoise a augmenté d’environ 10 000 habitants, cette dernière stagne depuis les années 1990 à un chiffre total d’environ 46 000 individus. Cependant, une stabilité du nombre d’habitants n’implique pas obligatoirement l’absence de dynamique de population. Le tableau Excel 1 situé en annexe résumant les variations de population pour chaque commune indique que la population à tendance à délaisser la préfecture Aurillac pour s’installer en périphérie de la ville dans des communes comme Naucelles, Arpajon sur Cère ou encore Ytrac. Les raisons pouvant expliquer ce phénomène sont multiples (coût du foncier moins onéreux, tranquillité des habitats péri-urbains par rapport au centre-ville etc…) et vont replacer les communes péri-urbaines au centre de l’intérêt communautaire. On observe alors que la plupart des communes périphériques d’Aurillac ont doublé leur population en moins de 40 ans.

Nous sommes alors en mesure de comparer les structures de population du bassin d’Aurillac et du Cantal (pour l’année 2009). La première observation que nous pouvons faire est que l’on trouve sur notre territoire une population plutôt jeune par rapport à la moyenne départementale, ce qui est finalement assez logique car nous avons affaire à une population péri-urbaine, qui sera bien moins âgée que les habitants ruraux vivant dans les campagnes cantaliennes. Enfin, même si le taux de plus de 65 est plutôt faible sur notre territoire (17,3%), il faudra prendre en compte la forte présence de la classe [40,65 ans[ à proximité de notre forêt puisqu’elle représente tout de même 38,7 % de notre population totale. Nous aurons alors tout intérêt à prendre en compte les usagers de type « Familles » ainsi que les personnes âgées dans nos projets d’aménagements.

Enfin, le dernier facteur intéressant à analyser de notre population est le niveau de vie moyen par habitant. En effet, une population aisée n’aura pas les mêmes revendications qu’une population plus modeste en terme de loisirs. Pour cela, nous allons procéder au calcul du revenu moyen mensuel par ménage, qui symbolise assez bien les revenus réel à disposition de ces derniers. Pour cela, on multiplie le revenu moyen par ménage par le nombre de ménages pour chaque commune, pour obtenir ainsi les revenus totaux mensuels par commune.

La population résidant aux abords d’Ytrac est assez aisée si l’on compare les chiffres avec ceux du Cantal, et, dans une moindre mesure, ceux d’Auvergne. Cependant, les revenus récoltés par les foyers sont assez faibles si on les compare par rapport à la moyenne nationale. Cette différence peut avoir pour origine les niveaux de salaires qui sont plus élevés dans les grandes villes ou la fuite des emplois qualifiés et rémunérateurs dans ces mêmes centres urbains. Les habitants concernés par notre projet feront donc principalement partie de la « classe moyenne » . Il faudra prendre ceci en compte lorsque nous réfléchirons sur la nature de nos équipements, car plusieurs études sociologiques ont montré que les populations aisées n’avaient pas les mêmes hobbies et les mêmes loisirs qu’une population modeste. Dans notre cas, il faudra bien évidemment essayer de satisfaire l’ensemble des classes sociales présentes sur notre territoire.

Pour synthétiser, nous pouvons dire que la population concernée par notre aménagement forestier est assez conséquente (nous l’avons estimé à environ 46000 habitants), avec une moyenne d’âge plutôt âgée par rapport à la moyenne nationale, et assez intégrée à la classe moyenne. Ces trois aspects devront être retenus lors de nos propositions d’aménagements.

Les contraintes liées à cette proximité

Certes, la proximité de notre forêt publique avec la préfecture Aurillac peut constituer un atout non négligeable dans le sens où elle sera accessible à un plus grand nombre d’usagers et sera alors susceptible d’être mise en valeur plus aisément qu’une forêt enclavée typique des Monts du Cantal. Néanmoins, cette même proximité peut aussi présenter des aspects négatifs voir dangereux pour le milieu forestier. Premièrement, l’étalement urbain incessant depuis le développement démographique de la commune Ytracoise est un véritable fléau pour l’espace forestier situé non loin des premières habitations citadines. Aujourd’hui, ce phénomène est connu et plus ou moins maitrisé, il ne sera donc pas utile de le détailler plus en profondeur puisqu’il n’affecte plus le milieu forestier à l’heure actuelle (aucune urbanisation ne se déroule sur le sol forestier depuis les années 1960 : Archives POS Mairie d’ Ytrac). L’autre facteur exerçant une pression sur le domaine forestier est bien entendu l’agriculture, puisque au cours du 18 et 19ème siècle, les agriculteurs locaux n’ont pas hésité à défricher la forêt, qui s’étendait à l’époque vers le Sud sur une surface bien plus grande qu’aujourd’hui. Les élus, en collaboration avec les spécialistes, ont en effet pris conscience de la dégradation continue du bois de Branviel et ont décidé de protéger au mieux cet espace naturel. Nous pouvons donc affirmer que ces problèmes liées aux pressions exercées par l’agriculture et le bâti sont révolues, la Forêt de Branviel dispose aujourd’hui d’un statut protégé.

L’autre menace pesant sur l’espace forestier est bien plus dans l’air du temps. Il s’agit d’un projet de la Communauté de Commune du Bassin d’Aurillac (CABA) datant de 2006, qui consistait à implanter un centre d’enfouissement de déchets sur le territoire de Branviel. Bien évidemment, les équipes municipales menées par les maires Bernard Filhol puis Thierry Galeau (Front de Gauche), en place depuis 2008, ont défendu bec et ongles leur forêt, en mettant en avant son caractère récréatif. Le projet d’équipements touristiques dans cette forêt de Branviel possède donc une justification politique qu’il ne faudra pas négliger. Même si le projet de la CABA semble aujourd’hui difficilement réalisable, les élus ytracois préfèrent néanmoins rester sur leur garde, et promouvoir l’image de la forêt de Branviel auprès du grand public, par le biais d’infrastructures touristiques semble être un moyen de lutte efficace contre le projet communautaire. L’avenir conclura sur l’efficacité de cette initiative.

Enfin, l’autre grande entreprise mettant à mal l’intégrité de l’espace forestier est un projet initié en 2010 et visant un détournement de la RN 122, axe routier majeur du département qui se trouve une dizaine de kilomètres au sud du bourg d’Ytrac. C’est un projet d’utilité publique, acté par le préfet de la région Auvergne et qui envisage la déviation de la RN 122 au niveau du bourg de Sansac de Marmiesse afin de faciliter l’accès à la préfecture Aurillac. Ainsi, la nouvelle RN 122 traversera la forêt de Branviel selon un axe Est-Ouest, provoquant la destruction de plus de 7 ha de zones humides. Actuellement, le projet n’est pas officiellement validé (le rapport d’enquête publique vient juste d’être rédigée) il est encore source de discussions de la part de ses détracteurs notamment au niveau de la question des espèces protégées et des normes de sécurité ainsi que de pollutions. (Source : Conclusions du commissaire enquêteur du 24 Janvier 2013 – http://www.cantal.gouv.fr/rn-122-deviation-de sansac de-a2935.html). Ainsi, que ce soit pour des motifs anciens (augmentation de la surface agricole) ou plus récents (enfouissements de déchets, déviation de la RN 122), la forêt de Branviel apparaît comme un espace convoité et de plus en plus menacé. Paradoxalement, pour protéger au mieux cet espace naturel, la municipalité a récemment envisager (courant 2012) le lancement d’une campagne d’aménagement forestier afin de sensibiliser et de promouvoir l’image de la forêt auprès des habitants à proximité.

Les espaces naturels à proximité du pôle urbain

Les espaces forestiers à proximité

Après avoir analysé en profondeur la population humaine résidant aux abords de notre forêt de Branviel, nous pouvons alors nous poser la question suivante : pourquoi choisir cette espace ci pour l’accueil d’infrastrutures touristiques et pas un autre qui présenterait des caractéristiques similaires ?

Le massif forestier méridional
Les forêts méridionales, symbolisées par le cercle orange sur la carte cidessous, sont situées aux alentours de petits bourgs ruraux tels Roannes Sainte Mary et présentent des caractéristiques assez intéressantes puisque ce sont ce sont souvent des forêts de feuillus assez planes, et donc aptes à accueillir des équipements touristiques. On retrouve sensiblement la même structure forestière que dans la forêt de Branviel, c’est à dire de grandes parcelles assez aérées comprenant peu d’activités humaines. Seuls les rares parcelles de conifères conservent un côté fermé et inaccessible. D’un point de vue purement forestier, c’est à dire en prenant en compte seulement les caractéristiques internes à la forêt (essences d’arbres présentes, peu de dénivelé), ces espaces sont totalement aptes à recevoir des actes d’aménagements.

Elles présentent cependant deux inconvénients majeurs, pour ne pas dire rédhibitoires que la forêt de Branviel ne possède pas. Tout d’abord, on remarque que l’ensemble de ces massifs forestiers ne disposent pas d’une accessibilité optimale par rapport à la préfecture Aurillac. Seule une départementale, la D 920, assez escarpée, traverse la zone dans un axe NordSud mais cela reste bien trop peu pour permettre au grand public d’avoir accès à l’ensemble du domaine forestier. Finalement, une infime partie de l’ensemble demeure accessible (les parcelles forestières situées le long de l’axe routier D920) alors que le reste de l’espace forestier, trop enclavé, reste hors de portée d’éventuels usagers. Il existe bien entendu des chemins forestiers permettant de rallier des parcelles enclavées, mais ce ne sont que des chemins de terre étroits et la plupart du temps mal entretenus, ces derniers ne sont pas adaptés à des flux intenses d’automobiles et cela multiplierait inexorablement les temps de trajets, hypothéquant ainsi les chances d’implanter un équipement touristique.

L’autre gros défaut attaché à ces forêts du Sud de l’agglomération est que ce sont principalement des forêts privées, et donc incompatibles à tout acte d’aménagement. La plupart des parcelles sont clôturées, l’accès y est parfois toléré pour la chasse ou pour l’extraction de bois mais en aucun cas dans le cadre de circuits touristiques. Enfin, il n’existe pas vraiment de centre de vie à proximité de cette ensemble de zones boisées, ce qui aurait pour conséquence, dans l’hypothèse d’un aménagement forestier, de provoquer une affluence touristique exclusivement en provenance de la préfecture Aurillac, qui se situe en moyenne a plus d’une dizaine de kilomètres. En résumé, nous pouvons conclure que le massif forestier situé au sud du pôle urbain n’est pas adapté à l’accueil du grand public, que ce soit pour des raisons d’accessibilité (manque d’axes de communications, temps de trajets élevés) ou encore de maitrise foncière. Nous verrons dans la section suivante I] 3) en quoi le domaine forestier de Branviel auquel nous nous intéressons présente des caractéristiques bien plus favorables à la mise en place d’équipements touristiques.

Les forêts septentrionales

Les espaces forestiers au Nord de l’agglomération sont bien plus rares et plus clairsemés. On peut néanmoins identifier quelques domaines forestiers avec une distribution spatiale propre aux climats montagneux. D’ailleurs, si on analyse attentivement la carte ci-dessous, nous remarquerons que l’altitude des territoires septentrionaux à l’agglomération aurillacoise augmente de façon constante (les Monts du Cantal ne sont situés qu’à une vingtaine de kilomètres au nord d’Aurillac), alors qu’elle se stabilise lorsqu’on se dirige vers le Sud.

Nous pourrons alors retrouver des espaces forestiers relativement allongés qui vont pouvoir s’étendre sur des distances assez longues (certains bois peuvent conserver leur uniformité sur plus de 10 kilomètres), tout en conservant une largeur assez faible qui n’excèdera jamais les 500 mètres. Cette morphologie forestière est typique des paysages alpins ou de vallées, où les populations floristiques se développent sur les crêtes et forment de longues « bandes » boisées qui marquent une rupture avec le cœur des vallées ou se mêlent habitations et pâturages. On trouve alors davantage de résineux et de conifères, les espaces forestiers situés au nord de l’agglomération aurillacoise sont par conséquent beaucoup plus sombre, plus hermétique et moins adapté à l’accueil d’usagers divers comme les familles, les cyclistes, ou encore les randonneurs.

Outre la nature des essences d’arbres, c’est bien évidemment la nature du relief qui va jouer un rôle dans la non-exploitation de ces massifs forestiers montagneux. La présence importante de pentes abruptes est un facteur rédhibitoire dans l’installation d’équipements touristiques étant donné les complications que cela inflige au niveau de l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite mais aussi pour les automobiles. Par conséquent, à la vue de ces nombreuses contraintes, on ne peut pas envisager raisonnablement la mise en place de structures touristiques dans ce type de milieux forestiers.

Les ZNIEFF et zones Natura 2000

Outre les milieux forestiers, il existe aussi d’autres types d’espaces naturels qui vont retenir particulièrement notre attention : les ZNIEFF (Zone d’Intérêt Environnementale, Floristique et Faunistique) et les zones Natura 2000. Nous allons commencer par détailler les ZNIEFF existantes aux alentours de l’aire urbaine ainsi que leurs principales caractéristiques et attributions en matière de conservation de la biodiversité.

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Table des matières

Introduction
1) Une forêt péri-urbaine sous l’influence d’Aurillac
a- Contexte économique et social
b- Les contraintes liées à cette proximité
2) Les espaces naturels à proximité du pôle urbain
a- Les espaces forestiers à proximité
b- Les ZNIEFF et zones Natura 2000
3) Caractéristiques de la forêt de Branviel
a- Accessibilité et gestion du site
b- Situation actuelle du tourisme
Préambule : Les contraintes liées à la multifonctionnalité forestière
1) Protection de la biodiversité forestière
a- Les espèces faunistiques à protéger
b- Les parcelles forestières compatibles à un aménagement
c- Résumé des contraintes et des attentes
2) Mise en place d’infrastructures touristiques
a- Le labyrinthe interactif
b- Le sentier pour personnes à mobilité réduite
c- L’observatoire à oiseaux
3) Les aménagements annexes à prévoir
a- Le problème de stationnement
b- Les soucis d’humidité
c- Nouvelle signalisation du Sentier de Poésie
d- Les croisements inter-sentiers
Conclusion

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