Un patrimoine littéraire et cinématographique : La Belle et la Bête et Le Tsarévitch ensorcelé

Le Tsarévitch ensorcelé

La version russe, appelée Le Tsarévitch ensorcelé, tout commela Belle et la Bêtede Madame Leprince de Beaumont, voit le retour de la Belle au domicile. Parmi les sept versions proposées, c’est celle qui se rapproche le plus de la version de Madame Leprince de Beaumont. Le conte du Tsarévitch ensorcelé est le résultat du travail d’un archiviste russe, Alexandre Nicolaievitch Afanassiev (1826-1871) , qui, à l’instar des frères Grimm, a décidé de compiler par écrit un grand nombre de contes populaires oraux de différentes régions de Russie centrale au milieu du XIXe siècle. Il a respecté le récit original, tout en adaptant le langage afin qu’il soit accessible au plus grand nombre.
Dans cette version, le père est un marchand qui a trois filles et les personnages n’ont pas de noms propres. On les appelle par leur statut : la fille, le dragon, le marchand… Avant de partir en voyage, il demande à ses filles ce qu’il peut leur ramener. Les aînées demandent une robe, et la benjamine une fleur qu’elle a dessinée sur une feuille. L’espèce de la fleur reste inconnue dans cette histoire. Après avoir cueilli la fleur dans un parc privé, une bête apparaît face au marchand. Sa description est courte mais suffisante : c’est un dragon ailé à trois têtes et à la queue fourchue. Tout au long du conte, son arrivée s’accompagne d’un vent tumultueux. Le dragon et le marchand font un accord : pour être pardonné, le marchand doit donner la première personne qui viendra l’accueillir chez lui.
La plus jeune des filles l’accueille, et part avec courage et détermination retrouver le dragon. Lorsqu’elle arrive, elle découvre seule les richesses du palais, s’émerveille de ce palais enchanté, mais la solitude lui pèse rapidement. Après avoir dînée seule, la fille va se coucher, et voit pour la première fois le dragon. Les deux personnages ne se rencontrent que dans la chambre. Le dragon fait une approche progressive : il dort à côté de la porte la première nuit, puis à côté du lit, et enfin dans le même lit que la fille la troisième nuit.
Ce n’est qu’après la troisième nuit que le dragon lui propose d’aller voir sa famille le temps d’une journée. Si elle revient en retard, il mourra de chagrin. Après avoir passée la journée auprès de son père et de ses sœurs, au moment du départ, la fille décide de rester car ses sœurs, jalouses de ce qui lui arrive, font semblant de pleurer. Elle décide donc de passer la nuit au domicile familial, puis repart au matin. Lorsqu’elle arrive au palais, elle retrouve le dragon mort dans un étang du parc. Elle embrasse l’une des têtes du dragon, et celui-ci montre sa vraie nature : en plus d’être un beau jeune homme, il est tsarévitch. Puis, ils partent se marier chez le père de la fille.
Dans ce récit, on ne connaît pas le narrateur, on sait seulement grâce aux dernières lignes du texte qu’il a assisté à la noce de la fille et du tsarévitch.
Dans l’ouvrage, les illustrations de ce conte réalisées par Delphine Jacquot sont contemporaines. Cependant elle utilise les codes artistiques d’Europe de l’Est pour réaliser ses illustrations : la dominance des couleurs rouges et vertes, les vêtements traditionnels, la représentation de profil ou de trois-quart, les traits fins des personnages … Cette œuvre a donc toute se place dans un réseau.

La Bête : une source d’inspiration pour les illustrateurs et les cinéastes

Le personnage de la Bête est source d’inspiration pour les illustrateurs, car contrairement à la version russe, dans la version de Madame Leprince de Beaumont aucune description n’a été faite. Dans la littérature, les animaux symbolisent des traits de caractère humain. Par conséquent, ce personnage est représenté par un animal féroce, sauvage et puissant, comme un félin, un ours ou encore un sanglier dans les illustrations anglaises.
Mais il peut également être représentée par une bête moins identifiable, avec une apparence diabolique, qui procure un sentiment de répulsion chez le lecteur (poilue, avec de longues dents, des cornes, des griffes acérées, des oreilles pointues, des écailles…). Dans la plupart des cas, la Bête est anthropomorphe, en étant bipède et vêtue.
L’image de la Bête dans la culture populaire est celle d’un lion avec des cornes de taureau.
Elle représente la force, la brutalité et la puissance. Cette représentation provient des diverses adaptations cinématographiques du conte, qui utilisent cette image : dans le film de Jean Cocteau en 1946 (Annexe 1), et récemment, en 2014, da ns la version de Christophe Gans (Annexe 2). Le lion est un animal ambigu, qui est à la fois un mélange de grâce et de violence, de prédateur terrifiant et de gros chat séduisant, de séduction et de répulsion.
Adela Cortijo Talavera a comparé les différentes versions dans un article publié dans Les Cahiers Robinson : « De la féerie de Cocteau aux objets danseurs de Disney dans La Belle et la Bête ».
Le film d’animation de Disney a choisi, dans le prologue, d’expliquer à l’aide de vitraux la laideur de la Bête : le prince a été transformé en bête à cause de la sécheresse de son cœur.
À cela, les scénaristes ont ajouté un élément qui dynamise l’histoire, à savoir la rose qui perd ses pétales, tel le temps qui s’écoule. Lorsque la dernière pétale tombera, le prince restera une bête définitivement si personne ne lui a dit qu’il l’aimait. D’ailleurs, c’est le premier long métrage de chez Disney où le scénario a été écrit avant l’animation. Glen Keane, qui est le créateur du personnage de la Bête, et le spécialiste chez Disney de l’animation des personnages aux attributs physiques fortement caractérisés (il a animé Tarzan et Pocahontas)a choisi de reprendre les animaux déjà présents dans les illustrations du conte. Ainsi, la Bête a une tête de bison, un front de gorille, un museau de sanglier, une crinière de lion, le corps d’un ours, et les pattes d’un loup (Annexe 3). Le père de la Belle n’est pas un marchand comme dans le conte, mais un inventeur, et la jeune fille aime les livres et découvrir le monde. Dans l’histoire des princesses Disney, c’est la première fois que l’on présente une telle héroïne. Au contact de la Belle, la Bête s’humanise et se civilise : il commence à porter des vêtements, à manger avec des couverts. Les chansons qui accompagnent le film montrent cette évolution. À la fin de l’histoire, il ne lui manque que l’apparence humaine, et l’obtient quand la Belle lui déclare son amour. Lors de la métamorphose, quand la Bête tournoie dans les airs, le spectateur peut constater la filiation graphique entre l’animal, et le prince. Cette continuité est présente dans cette version et celle de Christophe Gans, car dans le conte et dans le film de Jean Cocteau, la Belle ne reconnaît pas le prince comme étant l’ancienne Bête.
Cette évolution est aussi perceptible au niveau du château : au début il semble sinistre, comme s’il était lui aussi sous l’emprise du maléfice. La monstruosité de la Bête est présente dans le château, comme par exemple avec les gargouilles.

L’intérêt du conte La Belle et la Bêteselon Bruno Bettelheim

Les contes de fée, en version papier ou en adaptation ont pour objectif de faire évader les individus, mais ils parlent également à leur inconscient. Ils ont un rôle psychologique. Bruno Bettelheim (1903-1990) est un psychanalyste du XXe siècle, qui s’intéresse à la fonction thérapeutique que les contes de fées peuvent avoir sur les enfants.
En 1976, il publie la Psychanalyse des contes de fées , qui est l’un de ses plus célèbres ouvrages. Il y réalise une analyse psychologique des contes, et voit en eux un moyen pour aider l’enfant de se construire.
Bruno Bettelheim place La Belle et la Bête dans le cycle du fiancé-animal puisque ce conte en possède les caractéristiques, à savoir : la raison pour laquelle le fiancé a été transformé en animal est inconnue, la sorcière (la mauvaise fée dans le conte étudié) qui l’a métamorphosé en animal ne sera jamais punie, et le père a un rôle primordial dans la rencontre entre sa fille et la bête.
D’un point de vue psychanalytique, La Belle et la Bêteaccompagne l’enfant dans sa lutte pour la maturité. En effet, ce type de conte prépare l’esprit de l’enfant au vrai amour, avec les souffrances et les transformations qui en découlent. C’est un récit initiatique.
L’accomplissement humain total ne se fait qu’au travers un processus de maturation, où la double existence de l’homme comme animal (la Bête) et comme esprit (la Belle) est unifiée. L’individu devient un être humain complet que lorsqu’il est capable et heureux d’être lui-même avec un autre individu, et ainsi créer un lien intime. Cela suppose donc d’avoir des attitudes de maturité. La Belle finit par accepter la Bête pour ce qu’elle est, pour sa beauté morale et non pour son aspect physique monstrueux. Et la Bête se sent en sécurité que si elle est acceptée comme elle est, surtout sous son pire aspect. Les contes montrent que l’amour est le seul sentiment qui assure un bonheur permanent.
Ce type de conte répond à la peur des enfants de ne pas être assez humain. Il met en avant le fait que l’on évolue et fait de cette vie animale une chrysalide d’où jaillit une personne très séduisante physiquement et intérieurement.
Puis, ce conte souligne les limites de l’égocentrisme qui existe chez les jeunes enfants. En effet, tous rêvent de réaliser leurs moindres désirs, et, la Belle aussi : elle apprécie de vivre dans ce palais enchanté, où elle peut avoir ce qu’elle veut, quand elle le veut. Mais, rapidement, elle se lasse, s’ennuie dans ce château, et attend avec impatience le soir pour voir la Bête, et pouvoir enfin partager des moments avec quelqu’un.
Ensuite, le thème de la sexualité est récurent dans les contes. Pour Bruno Bettelheim, les contes de fées sont une manière idéale de s’initier à la sexualité, et dans le cas du fiancé-animal, la Bête est le partenaire sexuel.
D’ailleurs, dans les contes de fées occidentaux, seul le coté masculin de la sexualité est perçu comme bestial, et se sont les femmes qui libèrent les hommes de leur animalité grâce à leur amour. Dans le conte, la vraie nature révélée de la Bête, aimante et bonne, permet la fin heureuse. On remarque aussi que la mère est absente, mais son rôle est en réalité remplacée par celui de la méchante fée qui transforme le prince en bête. Elle le transforme en animal car elle voit dans la sexualité de l’homme un aspect bestial. C’est pour cette raison que la fée n’est pas punie à la fin puisqu’elle n’a fait que son devoir de prévention.

Construction d’une séquence interdisciplinaire, enjeux, difficultés

Les supports retenus et le découpage de l’œuvre

Pour cette séquence, j’ai décidé d’utiliser la version originale du conte de Madame Leprince de Beaumont, extraite de La Belle et la Bête de Madame de Villeneuve et de Madame Leprince de Beaumont, parue en 2013 à Paris, aux Éditions du Chêne, ainsi que le conte du Tsarévitch ensorcelé d’Alexandre Nicolaievitch Afanassiev, paru en 2008 dans l’ouvrage Les histoires de la Belle et la Bête racontée dans le mondeaux éditions Syros. Même si je pense que la manipulation du livre en tant qu’objet est importante, je ne préfère pas donner d’ouvrage aux élèves, afin de ne pas les soumettre à l’influence des illustrations, d’autant plus que les images fonctionnent comme des illustrations du texte et n’apportent pas d’autres informations.
Par exemple, La Belle et la Bêtede la collection Petits Contes & Classiques, publiée chez Magnard en 2012 se présente comme un album. Le texte est plus abordable, mais les illustrations de Magali Fournier sont très esthétiques, ce qui peut influencer les représentations que les élèves se font de la Bête. C’est pour cet te raison que je proposerais aux élèves des extraits papiers, du conte original, sans images. Un panel d’illustrations diverses sera proposé lors d’une séance. Des éditions, comme Retz avec leur collection Atouts Classiques, propose des textes avec des traductions de vocabulaire. Mais, comme le précise Catherine Tauveron , en fournissant cette traduction, l’enseignant n’aide pas les élèves à comprendre. Au contraire, il les habitue à ne pas chercher des éléments autour du texte pour en comprendre le sens.
Pour étudier le conte, j’ai décidé de le découper en trois parties. Avant de faire ce choix, je me suis renseignée dans des ouvrages, et, pour Catherine Tauveron , il n’y a pas de séquence type comme en Sciences Expérimentales et Technologiques ou en Histoire.
Chaque œuvre littéraire est différente, et c’est cette différence que l’enseignant doit prendre en compte pour construire sa séquence. De même, le découpage du texte se fait en fonction du sens de l’œuvre. Pour des romans de littérature de jeunesse par exemple, le découpage pourra regrouper certains chapitres, en fractionner d’autres…Toutefois, pour ce qui est du conte, il y a aussi des structures invariantes. En fait, l’enseignant doit trouver l’équilibre entre étudier des éléments de structure transférables d’une œuvre à l’autre, et des éléments plus originaux caractérisant un style d’écriture ou une esthétique. Pour le genre du conte, les schémas (actanciel, ou quinaire de Paul Larivaille), restent des outils efficaces pour aider l’enseignant à prendre des repères. Mais les outils n’ont pas à être enseignés eux mêmes.
Dans le cas présent, je me suis aidée pour découper le texte du schéma quinaire de Paul Larivaille. Le premier extrait commence du début du texte jusqu’à la fin de la rencontre du marchand avec la Bête. Si l’on se réfère au schéma quinaire de Paul Larivaille, dans ce passage nous retrouvons la situation initiale, puis l’élément perturbateur. Le deuxième extrait raconte la rencontre de la Belle avec la Bête, et la vie qu’elle mène au château. Cet extrait regroupe les péripéties, qui sont tous les événements et les aventures provoqués par l’élément perturbateur. Dans le troisième extrait, les péripéties continuent, avec le mensonge des sœurs à la Belle, lorsqu’elle retourne au domicile familial. Puis la situation se résout lorsque la Belle choisie de retourner auprès de la Bête. Enfin, le troisième extrait se termine avec la situation finale, où la Bête se transforme en prince.
Pour la séance orientée sur la représentation imagée de la Bête, j’ai retenu diverses images. Tout d’abord, il faut rappeler que Madame Leprince de Beaumont n’a pas fait de description de la Bête, d’où la richesse et la variété des représentations de la Bête.
L’ouvrage de Carine Picaud et d’Olivier Piffault propose un imagier autour de La Belle et la Bête. La revue Virgule , destinée aux enfants, fait de même.
On peut proposer aux élèves des illustrations qui montrent un moment précis du conte, afin de renforcer la prise de repères dans la chronologie de la narration, et la compréhension de la progression du récit. Les illustrations viennent en quelque sorte concrétiser et compléter les schémas narratifs comme celui de Paul Larivaille : comme la rencontre entre le marchand et la Bête, puis celle la Belle avec la Bête, les scènes de repas entre la Belle et son hôte, ou encore la scène où la Belle pense que la Bête est morte. Ces différents supports sont joints et regroupés par ”thème” en annexe 4.

Accepter les variantes d’un même conte

Cette séquence présente aussi d’autres objectifs, comme la découverte et la comparaison entre différents supports, autour de la représentation du personnage de la Bête (gravures, dessins, affiches de film …). Il y a également un objectif de découverte de la littérature européenne, avec un rapprochement d’œuvres littéraires, et de découverte d’une œuvre musicale ”Les Entretiens de la Belle et la Bête” de Maurice Ravel. Cette séquence est donc interdisciplinaire.
La conception de la séquence a été assez difficile pour deux raisons : je n’ai jamais conçu de séquence en littérature, et j’avais des difficultés à me projeter dans ce projet sans avoir de classe. La première question que je me suis posée, sachant que je n’avais la possibilité de réaliser qu’une séance, fût la conception de cette première séance. Pour mon mémoire, je devais construire une séance qui puisse me donner suffisamment de données afin de répondre au mieux à ma problématique.
Puis, je me suis demandée, si j’avais eu une classe, quelle séquence je mènerais. Devrais-je donner un ouvrage à chaque élève, faire une lecture complète, ou simplement d’extraits ?
Finalement, en repensant à ma problématique, il m’a paru plus judicieux de faire une lecture complète qu’en donnant le texte aux élèves. La séquence se déroulerait en huit séances, de cinquante minutes.
La deuxième séance se déroulerait sous la forme d’une activité de Bouches à Oreilles. Des élèves ”Bouches”, auraient le texte, du début du conte jusqu’à la fin du passage de la rencontre du marchand avec la Bête. Ce texte leur serait donné quelques jours auparavant, et chaque élève aurait un passage précis à lire. Lors de la séance, les élèves ”Bouches” liraient à tour de rôle leur passage, tandis que les ”Oreilles” devraient écouter, comprendre et extraire l’information afin de répondre à un questionnaire. Ce questionnaire aurait pour objectif d’aider à la compréhension du texte, avec des questions fines et des questions littérales.
La septième séance pourraient être considérée comme une séance de réinvestissement, puisque l’objectif est de remettre dans l’ordre les extraits d’une histoire inconnue, Le Tsarévitch ensorcelé, qui reprend la même structure que l’histoire de la Belle et la Bête. Durant cette activité de lecture-puzzle, les élèves, par groupe, devraient remettre les extraits dans l’ordre chronologique. Puis ils relèveraient les différences et les points communs entre le conte étudié durant la séquence et la version russe.

Analyse de la séance menée

Analyse générale de la séance

J’ai souhaité filmer la séance que j’ai menée. Pour cela, on m’a prêté un caméscope.
Malheureusement, ce film est inexploitable. Cependant, de cette séance, j’ai récupéré tous les dessins des élèves, avec leurs questionnaires, et j’ai conservé les notes que j’ai pu prendre suite à la séance. Grâce à ces informations, je vais pouvoir analyser ma séance, ainsi que la manière dont les élèves perçoivent le personnage de la Bête. La fiche de préparation de la séance est jointe en annexe 12.
J’ai commencé par me présenter aux élèves et leur expliquer en partie pourquoi j’étais là, même si l’enseignante les avait préalablement prévenus de mon intervention. La plupart des élèves me connaissaient en tant qu’animatrice de centre de loisirs, ce qui a facilité les échanges entre nous. Puis, je leur ai lu deux fois les deux extraits suivants :
Extrait 1 :« Soudain, le marchand s’est arrêté, il a reconnu la fleur que lui avait dessinée sa fille. Enfin, il l’avait trouvée ! Il a regardé à gauche, à droite, aux alentours, il était seul. Alors il a cueilli la fleur. Aussitôt, un vent tumultueux s’est levé, aussitôt, le tonnerre a grondé. Un monstre est apparu […] » (Le Tsarévitch ensorcelé)
Extrait 2 : « Le bonhomme, après avoir pris son chocolat, sortit pour aller chercher son cheval, et, comme il passait sous un berceau de roses, il se souvint que la Belle lui en avait demandé, et cueillit une branche où il y en avait plusieurs. En même temps, il entendit un grand bruit, et vit venir à lui une bête si horrible, qu’il fut tout près de s’évanouir. » (La Belle et la Bête).
J’aurais dû lire plus doucement ces extraits, et plus que deux fois, afin que tous les élèves aient le temps de comprendre les différents extraits et de se les représenter mentalement. La compréhension est un processus complexe, et dans le cas présent, la complexité est double puisqu’il y a deux extraits. Après avoir compris chacun des extraits, les élèves doivent se représenter concrètement les scènes.
Suite à cette lecture, j’ai posé différentes questions : Qu’est-ce-que vous en pensez ? Quels sont les points communs dans ces deux extraits ? À votre avis, à quoi pourrait ressembler ce monstre ?. Certains élèves ont répondu que cela faisait penser à une histoire romantique, d’autre à une histoire qui se passe en Chine ou au Japon. J’aurais dû demander à ces élèves d’expliciter leur point de vue.D’autres ont tout de suite fait le lien avec la Belle et la Bête. Je ne leur ai pas dit oui, j’ai laissé toutes les propositions venir. Puis, j’ai proposé aux élèves de dessiner leur propre monstre, avec les couleurs de leurs choix. Ils étaient enchantés par cette activité et ils se sont appliqués. Cette activité permet de mettre en avant les concrétisations imageantes de Paul Ricoeur , qui sont les images produites par le lecteur en complément de l’œuvre.
La séance, au lieu de durer une heure, a duré environ une heure et quinze minutes.
Les élèves étaient tellement impliqués dans leurs travail que je leur ai laissé plus de temps.
Pendant ce moment, je suis passée dans les rangs afin de voir les différentes productions, ainsi que pour poser des questions individuellement. J’ai été étonnée par les productions des élèves, qui se sont montrées diverses et variées (comme nous le verrons durant l’analyse des productions) ainsi que sur la qualité des dessins. J’ai partagé mon étonnement avec l’enseignante, elle m’a répondue que c’était une classe où les élèves aimaient dessiner.
Il faut préciser aussi qu’à cet âge là, les élèves se situent, d’après les stades du dessin de l’enfant établis par Georges-Henri Lucquet , dans le ”réalisme visuel”. À ce stade, la représentation de la réalité est de plus en plus objective. Puis, j’ai proposé à quelques élèves de venir expliquer leur dessin. J’ai choisi des productions différentes, afin de montrer aux élèves la variété des monstres. J’ai demandé à ces élèves d’expliquer leurs choix de représentation, leurs sources d’inspirations, le choix des couleurs … Durant leurs explications, certains élèves réagissaient : ”j’ai fait pareil” ; ”ah oui on dirait un lion”.

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Table des matières
Introduction
-I- Un patrimoine littéraire et cinématographique : La Belle et la Bête et Le Tsarévitch ensorcelé
-A- La Belle et la Bête
-B- Le Tsarevitch ensorcelé
-C- La Bête : une source d’inspiration pour les illustrateurs et les cinéastes
-D- L’intérêt du conte La Belle et la Bêteselon Bruno Bettelheim
-E- Les conséquences didactiques
-II- Construction d’une séquence interdisciplinaire, enjeux, difficultés
-A- Les supports retenus et le découpage de l’œuvre
-B- Les objectifs en fonction des difficultés anticipées
-a- Comprendre les implicites du texte : psychologie des personnages et portée morale du dénouement
-b- Accepter les variantes d’un même conte
-C- Les objectifs liés à l’interdisciplinarité : l’utilisation en Histoire des Arts
-D- La question de l’évaluation
-III-Analyse
-A- Analyse générale de la séance
-B- Analyse des productions
-IV-Améliorations à apporter
Conclusion
Bibliographie
Annexes

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