Traitement de l’espace public du centre-ville de Tours

Le secteur reconstruit

  Ce secteur, situé de part et d’autre de la rue Nationale comporte le quartier de la Résistance et la partie Est de la rue Colbert. Sa morphologie est bien spécifique et nécessite donc une analyse particulière. Le maillage de la zone reconstruite suit un plan en damier: le quadrillage des rues est orthogonal et les parcelles sont régulières. Le bâti est aligné et prend la forme d’une architecture <(minimaliste ». Ces caractéristiques rendent très aisée l’identification et la datation de ce secteur puisqu’elles sont généralisables â l’ensemble des zones détruites, puis reconstruites après guerre. La configuration de cet ensemble n’a pas été pensée par rapport à l’existant: le type de plan tranche nettement avec le maillage en arborescence et le style architectural des quartiers Plumereau et Colbert (au sein duquel seule la rue Colbert entre dans le cadre de cette étude).

Rues des Halles et de la Scellerie

   Les rues de Halles et de la Scellerie n’ont pas connu depuis plusieurs années de changement majeur. En effet rue des Halles le profil de la voie n’a pas été modifié depuis la reconstruction d’après guerre, et dans la rue de la Scellerie, depuis une trentaine d’années. Toutefois, la rue des Halles a fait l’objet d’un aménagement spécifique à proximité de la basilique St-Martin. En effet, en 1997 des travaux de pavage de lame entre les deux parties de la basilique St Martin ont été effectués afin de mettre en valeur le patrimoine bâti. La rue de la Scellerie a également fait l’objet d’un aménagement ponctuel de la voirie en 1999 afin de mettre en valeur le théâtre de Tours. Ce traitement, comme celui de la rue des I-Talles, permet de rendre la rue plus agréable en soignant l’aménagement de l’espace public à proximité d’un bâtiment public possédant une architecture particulière et de qualité. Ainsi, l’élargissement de la chaussée et la mise en place d’un dallage spécifique confèrent à ce tronçon de la rue de la Scellerie une ambiance plus agréable. Ces aménagements donnent toutefois une impression d’inachevé car ils mettent en valeur une partie de la rue contrastant alors davantage avec l’espace public non aménagé.

Evolution du nombre et de la nature des activîtes

   La partie qui suit retrace l’évolution du nombre et de la nature des activités dans le périmètre étudié depuis le début des années 1970. En effet, il a paru cohérent de mesurer cette évolution à partir du classement de la zone en secteur sauvegardé (1973). Les contraintes urbanistiques et esthétiques liées au Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) ont certainement eu des conséquences sur le type de commerces qui se sont implantés par la suite. En outre, il n’existe pas de sources plus anciennes d’informations relatives à l’évolution des activités dans la zone étudiée. Pour faciliter la lecture des évolutions constatées, trois espaces ont été distingués
– quartier des Halles (place Gaston Pailhou, place des Halles, rue des Halles),
– quartier Plumereau (place Plumereau, rue du Grand Marché, place du Grand Marché, rue des Orfèvres, rue du Commerce, rue du Change, rue de la Rôtisserie, rue de Châteauneuf, place Châteauneuf),
– Est de lame Nationale (rues Colbert et de la Scellerie).
Les mes et places non répertoriées ci-dessus (rues Marceau et du maréchal Foch, place de la Résistance) ont fait l’objet de recherches, mais il n’existe pas de données significatives sur la période 1973—début des années 1980. Avant 1996, la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) ne faisait pas de recensement régulier des activités. A la lecture de quelques mémoires de maîtrise et ouvrages historiques (voir bibliographie), les grandes lignes de l’évolution du nombre et du type de commerces ont pu être reconstituées. La documentation réunie était plus ou moins dense en fonction des rues. C’est pour cette raison que les informations données sont inégales.

Définition de la typologie utilisée

  L’ensemble des usages de l’espace public a été regroupé dans une typologie comportant quatre volets, déterminés en fonction du degré d’appropriation de l’espace public par l’activité commerciale:
– Appropriation minimale sont concernés par cette catégorie l’ensemble des commerces qui induisent une utilisation minimale de l’espace public : en effet, dans le cas présent, celui-ci permet une libre accessibilité au commerce, mais seule la fonction d’observation est effectuée sur l’espace public à la condition sine qua non que le commerce considéré détienne une vitrine ou une devanture livrant informations ou objets au regard du client potentiel. En contre partie, la fonction de transaction (voire de consommation) s’effectue dans la boutique. D’autre part, cette appropriation minimale suppose qu’il n’y ait aucune forme de matérialisation (panneau mobile publicitaire, étalage, pupitre…) du commerce sur l’espace public.
– Approriation faible: dans cette série, sont rassemblés les commerces présentant une interface avec l’espace public. Ce type de commerce occasionne une gêne pour le passage des piétons mais celle-ci reste limitée dans le temps ainsi, une file d’attente due à la présence d’une sandwicherie, obstruant le passage, est circonscrite dans le temps, aux heures des repas et par conséquent ne constitue qu’une nuisance éphémère. Somme toute, pour cette catégorie, si les phases d’observation, de transaction et de consommation s’effectuent sur l’espace public, il n’y a pas de matérialisation à proprement parler, du commerce sur l’espace public.
– Appropriation moyenne: ce type vise une première forme de matérialisation des commerces sur le domaine public. L’appropriation de l’espace ne passe plus alors par un client mobile mais par un objet tangible (présentoir, pupitre, étalage…) qui se caractérise par son occupation permanente du sol.
– Appropriation forte: cette catégorie rassemble les cafés, bars, brasseries, restaurants disposant de terrasses. Située à l’extrémité du gradient, cette forme d’appropriation conjugue une occupation de l’espace public par une structure permanente (tables et chaises) et par une clientèle qui observe, consomme et effectue les transactions sur l’espace public. Ce type d’appropriation est particulièrement pregnant dans le quartier Plumereau.

Les espaces publics aux abords des constructions monumentales

   ct Le grand Théâtre, l’Abbaye St Julien, l’hôtel Gouin, la Basilique St Martin, la tour Charlemagne, la tour St Nicolas, la tour du Trésor, le Cloître) Sur l’aire d’étude, il convient d’analyser les espaces publics des édifices monumentaux au cas par cas car ils correspondent â des époques de constructions différentes qui nécessitent d’être distinguées.
– le théâtre : le trottoir est plus large (3 mètres) que sur le reste de la rue de la Scellerie et est recouvert d’un pavage beige et gris identique à la rue Nationale. Le mobilier est en bon état et recherché poubelles modernes, lampadaires « stylisés ».
– la Basilique St Martin : sur le trottoir et la chaussée, la ville de Tours a utilisé un pavage gris clair et gris foncé pour rappeler l’ancienne basilique (cf schéma). Les lampadaires se distinguent du reste de la rue.
– l’hôtel Gouin et l’Abbaye St Julien: l’espace public n’a pas fait l’objet d’un traitement particulier alors que ces édifices se distinguent du reste du tissu bâti. L’espace public lié à de tels édifices a un réel impact sur le reste de la me. Il se démarque nettement : il donne à chacune d’eux un cachet, une spécificité. Il est de plus en bon état. Il semble que la ville de Tours soit attachée à mettre en valeur les constructions monumentales, on ne peut que l’encourager à poursuivre cet effort d’aménagement spécifique et unique pour les autres monuments.

Les espaces publics aux abords du secteur «reconstruction »

   On constate que la majeure partie de ce secteur est traitée au sol de manière « banale », c’est à dire par un enrobé de couleur noire au niveau des voies circulantes et des trottoirs. Seule la place de la Résistance, située au coeur de ce secteur, se caractérise par un traitement de la voirie spécifique: tant au niveau des voies circulantes que des trottoirs. Les voies circulantes sont pavées de granit, pavés disposés en rosace, tandis que les trottoirs ou les passages piétons transversaux de la place sont matérialisés par des pavés auto-bloquants de couleur rouge. On peut noter que l’extrémité de la rue du Générai Foch (vers la rue Nationale) est également recouverte par des pavés de granit de même type que sur la place de la Résistance. Il est important de noter qu’elle constitue la seule rue adjacente à la place qui soit traitée (uniquement au niveau de la chaussée circulante) comme la place. Cet ensemble classé selon le type « reconstruction » apparaît donc assez homogène au niveau du traitement de l’espace public même si la place de la Résistance constitue un cas à part. En effet cette dernière située au coeur de l’îlot et fonctionnant sur elle-même comme « une place fermée », ne constitue pas une entrave dans l’homogénéité du traitement de l’espace public. Visuellement, l’observateur n’est pas choqué, elle se distingue sans sa fonction de place. Il s’agit à présent d’analyser le mobilier urbain. Sur l’ensemble du secteur d’analyse, on note une très grande hétérogénéité des mobiliers urbains, notamment concernant l’éclairage public. Tout d’abord, comme pour le traitement au sol, la place de la Résistance présente un mobilier urbain qui lui est spécifique. L’éclairage public allie du mobilier moderne et du style ancien l’éclairage central de la place se fait par le biais de projecteurs halogènes (peu récents).Aux abords, deux types de lampadaires sont présents: lampadaires à deux boules, style rétro, avec un pied travaillé et lampadaires similaires à une boule (mais dont le pied est simple, non travaillé). Même au sein de la place, le mobilier est hétérogène. L’entrée de la rue Colbert est caractérisée par des « lampadaires boules », lesquelles sont fixées sur un décrochement en U. Le tronçon de la rue du Commerce de ce secteur, est éclairé par des «lampadaires boules» simples. Au niveau de la rue Marceau, l’éclairage est fixé aux façades, de type moderne comme rue des Halles. Enfin dans la rue des Halles des projecteurs à lampe à incandescence datant d’une trentaine d’années sont fixés aux façades donnant un éclairage un peu orangé à l’allumage. Par ailleurs, les poubelles sont identiques sur l’ensemble du secteur: type bois. La signalisation routière et la signalisation touristique sont elles aussi assez semblables. De façon générale, l’état de la voirie est de qualité moyenne : quel que soit le type de traitement au sol, il est assez usagé, présentant des trous ou de nombreux raccords comme dans la rue du Commerce et à l’entrée de la rue Colbert. Il faut tout de même remarquer que l’enrobé de la chaussée rue Marce au est récent et en très bon état. L’interface entre l’espace public et l’espace privé, les vitrines, s’étend sur plusieurs mètres, En effet la largeur des parcelles offre la possibilité de pouvoir disposer d’importantes vitrines en hauteur et en largeur. Parfois même on peut constater que leur emprise s’étend sur plusieurs façades d’îlots, A ces vitrines de grande dimension s’ajoute une surabondance d’enseignes qui dépassent souvent la limite du R+1, avec de nombreux décrochements perpendiculaires aux façades. Dans ce secteur le poids des activités se fait énormément ressentir.

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Table des matières

INTRODUCTION
Première partie: Evolulion du traitement de l’espace public et de I’activite commerciale du centre-ville de Tours
A. Evolution des aménagements sur les espaces publics du périmetre d’étude 
1. Les espaces publics reconvertis
2. Les quartiers n’ayant pas fait l’objet d’une reconversion majeure
B. Evolution du nombre et de la nature des activités 
1. La situation en 1973
2. Evolution jusqu’au début des années 1980
3. Evolution jusqu’au début des années 1990
4. Evolution jusqu’au début des années 2000
Deuxième partie : les impacts de l’activité marchande sur les espaces publics: déplacements, usages et cohérence qualitative
A. La capacité des espaces publics à accueillir les flux piétonniers 
1. Les entrées du centre ville
2. Eléments d’attractivité du centre-ville
3. Comparaison entre les flux piétonniers et la capacité d’accueil des espaces piétonniers
B. Les usages de l’espace public impliqués par l’activité commerciale: quels fonctionnements? 
1. Les usages de l’espace public induits par l’activité commerciale
2. Les espaces piétonniers du centre-ville de Tours
3. Les risques de dysfonctionnement
C. Les relations entre espaces publics et architecture 
1. Typologie architecturale
2. Analyse des espaces publics en fonction du type architectural
3. Analyse des espaces publics spécifiques: places et espaces végétalisés
4. Les incohérences qualitatives
CONCLUSION

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