Tisser des liens entre spectacle vivant et développement durable

Moyens mis en œuvres

Mode de gestion

La fondation est dirigéepar un conseil d’administrationde 12 membres :
– 4 au titre du collège des fondateurs qui comprend, outre le fondateur Yann ArthusBertrand pour l’association GoodPlanet, trois membres nommés par ce dernier et renouvelés par lui.
– 3 au titre du collège des membres de droit qui comprend le ministre de l’intérieur,le Ministre chargé de l’écologie, et le Ministre de l’éducation nationale, ou leurs représentants.
– 5 au titre du collège des personnalités qualifiées qui comprend des personnes choisies en raison de leurscompétencesdans le domaine d’activité de la fondation. Celles-ci sont cooptées par les autres membres du conseil d’administration.
Le conseil se réunit au moins une fois tous les six mois. Il est également réuni en séance extraordinaire à la demande du Président ou du quart de ses membres. Le conseil d’administration règle par ses délibérations les affaires de la fondation. Le conseil élit en son sein un bureauqui peut comprendre quatre membres (le Président, éventuellement un vice Président, un trésorier et un secrétaire). LeBureau se réunit au moins quatre fois par an sur convocation de son Président. Le Président représente la fondation dans tous les actes de la vie civile. Il ordonnance les dépenses. Le directeur de la fondation dirige les services de la fondation et en assure le fonctionnement. Il dispose des pouvoirs nécessaires à l’exercice de sa mission par délégation du Président.

Equipe

La Fondation est composée d’une direction et administration avec un directeur, une secrétaire générale, une gestionnaire comptable et administrative et une assistante.
Le pôle « Communication, partenariats et web » est composé d’une responsable de la communication et des partenariats, d’une chargée de la communication digitale, d’un chargé de communication et des partenariats, d’une chargée de la maintenance informatique, d’un responsable informatique et web, et d’une graphiste.
Le pôle « Action Carbone Solidaire » est formé d’un responsable Action Carbone Solidaire et d’une chargée de projets Action Carbone Solidaire.
Le pôle « RSE / LSA »est composé d’une responsable LSA(La Solution est dans l’Assiette) et accompagnement RSE, et d’une chargée de missions RSE –alimentation durable.
Le pôle « Rédaction et audiovisuel »est divisé entre le rédacteur du magazine GoodPlanet et la responsable du programme Human.
La responsable des diffusions des films et la community manager du film Home forme l’équipe des films de Yann Arthus-Bertrand.
Enfin, le nouveau pôle « Domaine de Longchamp » se compose d’un directeur du Domaine, une responsable de la programmation, une chargée du bénévolat, un chargé de production, une chargée d’accueil et des publics, une chargée des expositions, un responsable et une chargée de médiation, un chargé de sécurité, un chargé de services généraux, et un jardinier.
Ce pôle mène des actions pour le Domaine de Longchamp qui vient d’ouvrir, donc indépendamment des autres services, en dehors du pôle communication qui travaille en collaboration avec tous les pôles.
L’ensemble des équipes est complété régulièrement de stagiaires et services civiques, et compte donc environ une trentaine de personnes en tout.

Expérience de stage

Le service « programmation » : place dans la fondation, missions, moyens

Au sein de l’équipe du Domaine, l’équipe programmation ne s’est constituée que très tardivement avant l’ouverture du lieu. Sarah, la responsable de la programmation du Domaine actuelle, est arrivée un mois après le début de mon stage. Antoine, le chargé de production, a rejoint notre équipe un mois avant l’inauguration du Domaine. Le service programmation est donc très récent et a évolué tout au long du stage.
La première mission de ce service a été d’organiser l’ensemble des activités proposées lors du week-end d’inauguration du Domaine de Longchamp le 13 et 14 mai.
Par la suite, notre rôle était de mettre en place toute la programmation du Domaine de Longchamp ouvert du mercredi au dimanche toute l’année. En plus des installations pérennes au Domaine (les deux expositions, l’espace enfant, et les installations sur le sentier extérieur), le service programmation propose des activités lors de week-ends « classiques » sur les thèmes liés à la fondation et de grands week-ends « thématiques » une fois par mois axés sur une problématique ciblée.
Les différentes activités programmées au Domaine de Longchamp sont les suivantes : conférences / débats, projections de films, discussions avec des associations invitées au Domaine pour présenter leurs actions, ateliers liées à l’écologie ou au vivre ensemble, concerts, scènes ouvertes, offre bien-être.
Les moyens financiers alloués au service programmation étaient de 6 000 euros par mois, ce qui a poussé l’équipe à être inventive, créative et à s’appuyer sur des interventions bénévoles des différents acteurs invités au Domaine de Longchamp.

Missions confiées

Nous étions deux stagiaires « assistantes de programmation » sous la tutelle de la chargée de programmation, et travaillions toutes les deuxde manière complémentaire sur les différentes tâches de programmation.
Les différentes missions de programmation se sont réparties en deux temps : l’avant et l’après inauguration du Domaine de Longchamp le week-end du 13 & 14 mai. Jusqu’au mois d’avril, nous avons participé au développement du projet de la programmation, en nous concentrant surtout sur les activités proposées lors du grand week-end d’inauguration.
A partir de l’ouverture, le rythme et les missions ont évolué : nous étions présentes sur le lieu les week-ends d’ouverture, et 3 jours par semaine en programmation des activités du weekends. Nous avons concrêtement participé au processus de programmation, du stade de recherches jusqu’à sa mise en œuvre, en passant par quelques missions de production et d’accueil des différents intervenants présents au Domaine :

Conception et suivi de la programmation

Dans un premier temps, nous avons participéà toute la conception de la programmation du lieu qui n’était pas encore ouvert : carte blanche donc pour les activités à mettre en place, dans le champ d’action bien sûrde la Fondation : sensibiliser à l’écologie et à l’humanisme par une programmation ouverte au grand public, axée en particulier sur un public familial.
Cette première phase de conception a consisté en l’élaboration de « formats d’activités » : trouver les activités les plus adaptées au but de la Fondation et au public visé. Plusieurs recherches, benchmark, brainstorminget partages d’idées nous ont permis de concevoir une base de programmation du Domaine : une « clairière des associations » qui accueille plusieurs acteurs engagés sur un sujet donné, qui entament un dialogue spontané et informel avec le public dans la Clairière du Domaine, une « offre bien-être » régulière avec différentes pratiques telles que le yoga, la médiation… des projections de films suivies de débats avec les réalisateurs ou en lien avec la thématique proposée.
L’ensemble des recherches effectuées et des contacts repérés était compilé dans une base de données, que nous devions mettre à jour, trier, etc.

Coordination de la programmation

La deuxième phase de programmation, après les recherches et idées, a été la prise de contact avec les différents acteurs potentiels. Nous prenions donccontact avec les intervenants et les rencontrions pour envisager les possibilités d’interventions. Nous étions également en charge de négocier le coût de prestation des différents acteurs, avec un budget de programmation extrêmement faible, comme évoqué précédemment (6 000 euros par mois). Une fois les activités programmées, nous assurions la coordination et le suivi avec les intervenants.

Mise en œuvre opérationnelle

A partir del’ouverture du Domaine de Longchamp, nous étions sur le terrain les week-ends pour différentes missions opérationnelles :
*Préparer la signalétique du lieu (panneaux, signalisations, programmes)
*Accueillir les artistes et intervenants et gérer le catring, les loges, espaces d’accueil…
*Assurer la bonne mise en œuvre des différentes activités (inscriptions, nombre de personnes présentes, bon déroulementdes activités)
*Accueillir le public et le guider vers les différentes activités du Domaine

Evaluation personnelle du stage

Ce stage a été extrêmement enrichissant, tant pour l’expérience de l’ouverture d’un lieuet de son inaugurationque pour les missions effectuées.
D’une part, le fait d’assister à l’ouverture d’un lieu et de participer à la période de planification est très intéressant. J’ai pu entrevoir toutes les problématiques liées à la création d’un nouvel établissement recevant du public : travaux de rénovation du bâtiment, jauge, normes de sécuritéet de construction, accueil du public, communication, conception et mise en place d’une exposition, aménagement des espaces extérieurs, installations d’un système audiovisuel, etc.
Enfin, la participation à la conception de la programmation a été très enrichissante. Le processus de réflexion sur les différents formats possibles, et la mise en place de ces activités m’ontpermis de tester différentes propositions culturelles et de voir les réactions du public en fonction de l’offre proposée.
La participation à l’expérience de terrain en étant présente lors des jours d’ouverture m’a appris à accueillir le public et les artistes. C’était également l’occasion de voir concrètement les différentes activités proposées et d’avoir un retour sur celles-ci de la part du public. Enfin, le fait de travailler en binôme avec une autre stagiaire programmation sur ce posteétait très constructif. Par nos deux profils différents mais complémentaires (elle avait une formation école de commerce, spécialisée dans le développement durable), nous avons appris de nos différents secteurs et avons pu travailler de manière productive ensemble.
Au début du stage, nous avons rencontré quelques difficultés ma costagiaire et moi, notamment avec notre première tutrice qui est partie une semaine après mon arrivée. Le premier mois sans tutrice de stage et donc sans chargée de programmation, a été lent et compliqué. Par la suite, la période de préouverture, avec l’arrivée de la nouvelle chargée de programmation 2 mois et demi avant l’ouverture et un changement de chargé de production un mois avant l’ouverture a été marquée par une forte instabilité de l’équipe et a donc été difficile à gérer. D’autant que c’était une période d’activité très intense du fait de la préparation de l’ouverture. Par la suite, c’est surtout les différences de considération entre stagiaires et salariés qui ont pu être dérangeantes à certains moments, alors que la charge de travail et les missions que nous effectuions étaient identiques.

Tisser des liens entre spectacle vivant et développement durable

Historiquement, il existe de nombreux courants culturels engagés pour des causes, militants, intégrés à des mouvements de revendications. Le documentaire Peace’n’pop d’Arte s’intéresse au « rôle de la culture populaire dans les mouvements contestataires de certains chanteurs aux années 1950 » à travers plusieurs exemples comme la chanson Imagine de John Lennon qui en 1971 est un hymne pacifiste contre la guerre du Vietnam. Le documentaire montre donc les artistes comme des porte-paroles de mouvements protestataires.
Au-delà de l’aspect contestataire, l’art et en particulier le spectacle vivant peuvent être engagés pour des causes et font passer des messages. Le monde de l’art s’empare des thématiques écologiques dès les années 1960 aux Etats-Unis. À cette époque de questionnement sur le rôle de l’artiste, son lieu de travail et d’exposition, et de remise en cause des codes artistiques classiques, on assiste à l’émergence du Land Art, qui se caractérise par « une intervention physique de l’homme (concepteur, architecte, artiste), souvent de taille phénoménale, sur le paysage naturel (mer, montagne, désert, forêt, etc.) » . Dans le même temps, certains artistes tels que Robert Smithson ou Michael Heizer tentent d’ancrer les œuvres dans un environnement, un espace avec lequel elles dialoguent. Parallèlement, le courant de l’art écologique apparaît en Amérique du Nord, mouvement qui place l’artiste au cœur de la société, préoccupé par des enjeux politiques, sociétaux, écologiques, sociaux, éthiques… Ce mouvement s’étend en Europe notamment grâce à l’artiste Joseph Beuys qui pratique un art directement lié à l’écologie, la politique, et aux problématiques sociales.
L’œuvre « 7 000 Eichen » (7 000 chênes) de Joseph Beuys fait date dans le monde de l’art écologique : l’artiste décide de planter 7 000 chênes dans la région urbaine de Kassel en Allemagne, au printemps 1982, et propose aux habitants de participer en achetant chacun un des arbres plantés. Cette œuvre est donc pionnière en tant que proposition participative, et engagée politiquement et écologiquement.
Cette préoccupation environnementale est aujourd’hui présente dans beaucoup d’œuvres, à l’international et en France, se caractérisant par différentes démarches artistiques : utilisation de matériaux naturels, sensibilisation, médiation, actions concrètes, mise en place de dispositifs… On observe par exemple de nombreuses œuvres aux préoccupations environnementales dans le cinéma ou la littérature (films ou livres traitant de problématiques écologiques), certains artistes musicaux (à l’exemple du festival de musique We Love Green organisé à Paris depuis 2012, qui tente de réduire au minimum ses déchets et consommations énergétiques, tout en sensibilisant le public aux enjeux environnementaux au cours du festival), mais également dans le spectacle vivant (spectacles sur le thème de l’environnement : pour exemple, le Prix Tourne sol récompense chaque année enAvignon des spectacles sur le thème de l’écologie) ou encore les arts plastiques.
L’artiste peut jouer un rôle particulier dans les causes écologiques, du fait de sa position neutre vis à vis de la politique, qui le place dans une relation de confiance vis à vis des autres citoyens. Comme l’expliquent Loic Fel et Joanne Clavel dans leur article sur les « artistes bio contemporains » : « N’étant ni un acteur public soumis à réélection, ni une entreprise privée vendant des produits, ni une ONG défendant une idéologie, et n’ayant qu’un intérêt économique très limité, l’artiste est un intermédiaire perçu comme légitime par toutes ces parties prenantes » . Par ailleurs, la créativité artistique peut permettre d’innover, et d’apporter de nouvelles idées aux problématiques écologiques. L’artiste n’est pas dans un rôle scientifique, il n’est pas contraint à trouver des solutions, ce qui lui permet de « tenter des choses, de l’ordre du design social et technologique, qu’une approche d’ingénierie seule ne ferait pas, soumise à l’obligation de résultat, à des contraintes d’intérêts économiques particuliers ou des contraintes industrielles »
D’autre part, l’artiste communique par l’esthétique, qui permet une approche sensible de questions politiques. Il peut mobiliser les citoyens aux problématiques environnementales en proposant des œuvres participatives ou des actions collectives, dans une logique « performative ». « Ainsi l’artiste peut devenir un accompagnateur social qui inscrit, via son travail, la question du développement durable dans le territoire avec une vraie performance en terme d’acceptabilité sociale et de réappropriation de l’espace public. » , concluentLoic Fel et Joanne Clavel.
Nous nous concentrerons ici particulièrement sur le secteur du spectacle vivant, comprenant la danse, le théâtre, le cirque, les concerts, opéra, spectacles de rue et spectacles pluridisciplinaires. Le monde du spectacle vivant met directement l’artiste en face du public, créant donc un lieu direct entre ces deux derniers, ce qui permet à la fois une proximité, une interaction et une participation du public.
Par ailleurs, il existe différentes manières d’engendrer des changements de comportements en faveur de l’écologie : contraindre, sensibiliser, et inciter. Nous étudierons ici dans la première partie, comment le spectacle vivant peut sensibiliser aux problématiques de développement durable, pour initier des changements de pratiques. Par la suite, nous nous poserons la question de la nécessité d’inciter voir de contraindre les acteurs du spectacle vivant à intégrer le développement durable dans leurs mode de fonctionnement.

Sensibiliser au développement durable par le spectacle vivant…

Les spécificités du spectacle vivant dans la sensibilisation au développement durable

Comme expliqué précédemment, l’art est un moyen de sensibilisation aux problématiques de développement durable. Mais pourquoi se concentrer essentiellement sur le spectacle vivant ? Quelles en sont les particularités et pourquoi ce secteur apparaît comme pertinent pour communiquer sur les enjeux écologiques et modifier les pratiques ? Sensibiliser VS Eduquer Comme l’explique Loïc Fel, Président de l’association Coal : « La communication sur l’écologie gagne en impact dans le hors-médias, quand elle devient performative et se mêle au divertissement. »
Ce n’est pas en parlant d’écologie que l’on change les comportements mais en ayant recours au biais sensible, ludique, de l’action. La créatrice de la compagnie Tiens-toi droit, qui propose des spectacles pour enfants sur le développement durable, explique que ses productions théâtrales permettent l’appropriation des thématiques écologiques par le sensible et l’humour. « L’idée n’est pas de proposer une conférence articulée mais de susciter des envies d’échanges et de partages. » , explique-t-elle. Le but n’est pas d’apporter des connaissances mais plutôt de transmettre un message qui donne l’envie d’agir.De la même manière, le festival We Love Green s’inscrit dans cette démarche de sensibilisation pour faire bouger les mentalités. Namja Souroque, Chef de projets Contenus & Développement Durable au sein du festival, explique que We Love Greenest « une célébration dont l’objectif est de sensibiliser l’opinion, influencer les publics, tenter de modifier les comportements et participer à un mouvement de fond inéluctable auquel tout citoyen peut collaborer. »
Pour elle, l’art est un moyen ludique et attractif de toucher le plus grand nombre. Le jeune public est plus enclin à la découverte et à s’intéresser à ces solutions si dans le même temps il peut se divertir. « C’est pourquoi pour nous, l’aspect développement durable et la musique sont au même niveau. L’expérience que nous proposons consiste à apprendre, à découvrir, mais aussi à passer du bon temps. », explique-t-elle. Leregard et le langage du spectacle vivant Le spectacle vivant est donc un moyen de sensibiliser aux problématiques de développement durable. Les messages portés par le spectacle vivant et le langage utilisé pour les communiquer sont par ailleurs une porte d’entrée intéressante. Pour Judith Frydman, « le regard artistique a une sensibilité qui permet de communiquer avec le public. Il n’est pas forcément plus pertinent que d’autres vecteurs, mais il aborde les choses d’une manière différente. »
En d’autres termes, le vecteur du spectacle vivant permet d’autres modalités de dialogue. Le corps notamment est mobilisé : à la fois celui de l’artiste et celui des spectateurs. Le spectacle vivant permet de mettre l’humain au cœur de ces projets, il permet la rencontre humaine et la création d’une complicité. Une compréhension s’opère grâce au langage utilisé par le spectacle vivant, qui n’est pas le même que celui du quotidien, de l’écrit ou de l’oral.
La Présidente de la Compagnie Caribou, qui œuvre à une sensibilisation éco citoyenne inventive et conviviale, considère que la forme artistique permet d’apporter un « décalage nécessaire » pour la sensibilisation à certains enjeux. Elle explique que le spectacle vivant apporte des propositions curieuses et attractives pour les publics. D’après elle, on assiste aujourd’hui à un décloisonnement des univers qui permet de tisser des liens entre l’animation, les ateliers participatifs et le spectacle. La Compagnie Caribou veut créer des évènements fédérateurs qui permettent les rencontres et échanges autour des thèmes sociétaux et écologiques.
Par ailleurs, toujours selon cette même étude, la sortie au spectacle vivant est une des premières sorties culturelles des français de 15 ans et plus : 62% des français s’y rendent au moins une fois dans l’année, devant le patrimoine (49%) et le même le cinéma (57%). De plus, la proportion de français touchée par le spectacle vivant professionnel est en nette progression de 1997 à 2008 : 43%. Il faut cependant prendre en compte que les fréquentations sont très variées selon les pratiques : plus fortes pour le théâtre, le cirque, les concerts de musiques variées, que pour l’opéra, les concerts de musiques classiques, lesconcerts de jazz ou les spectacles de danse. Notons que les pratiques de spectacle vivant qui sont le plus à même de sensibiliser au développement durable, par leur forme de production, sont celles qui sont le plus fréquentées : théâtre, cirque, musique.
Par ailleurs, le développement récent de l’art de rue est d’autant plus ancré dans l’espace public. D’après Sylvie Clidière, auteure et essayiste spécialisée dans le spectacle vivant « On désigne communément par le terme « arts de la rue » les spectacles ou les événements artistiques donnés à voir hors des lieux pré-affectés : théâtres, salles de concert, musées…
Dans la rue, donc, sur les places ou les berges d’un fleuve, dans une gare ou un port et aussi bien dans une friche industrielle ou un immeuble en construction, voire les coulisses d’un théâtre. De la prouesse solitaire à la scénographie monumentale, de la déambulation au dispositif provisoire, de la parodie contestataire à l’événement merveilleux, les formes et les enjeux en sont variés, les disciplines artistiques s’y côtoient et s’y mêlent. »
Sensibiliser au développement durable par l’art de rue peut donc être un moyen d’amener ces problématiques dans l’espace public auprès d’un public large et diversifié, et pas seulement aux aficionados du spectacle vivant. Judith Frydman co-créatrice et co-directrice de la Compagnie Des ricochets sur les pavés participe à cette dynamique d’amener l’art dans l’espace public, d’apporter l’art hors les murs, dans la ville, en lien avec le patrimoine urbain.
Avant de créer cette compagnie, Juidth travaillait pour le Festival de l’Ho en Seine et Marne, un projet entrepris autour de la Bièvre, une rivière usinière très polluée. Suite à la volonté de réouverture de cette rivière depuis 2003, le festival avait pour but d’amener le public sur ce chantier, le faire participer à cet aménagement urbain. L’Association insiste également sur des projets de démocratisation culturelle, dans le but de rendre accessible à tous les projets proposés.
La Compagnie Caribou veut également investir la rue et les « lieux du communs » pour sortir des lieux dédiés à la culture comme lessallesde spectacle. « Caribou va là où les gens n’ont pas forcément vocation à aller, pour des formes plus impromptues. Nous souhaitons créer de la rencontre, tisser des liens et amener l’échange. Les formes proposées sont souples pour pouvoir agir dans différents contextes. » explique sa fondatrice. Les nouveaux lieux de vie, tiers lieux notamment, remportent selon elle ce pari de faire rencontrer un public et des participants. Ils permettent de stimuler les initiatives, ateliers, de se sentir à l’aise. Ils cassent les codes et ouvrent à des nouveaux modes de pensée.

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Table des matières
Introduction
I. Contexte de la Fondation GoodPlanet
I.1. Une fondation reconnue d’utilité publique
I.2. Et un Etablissement Recevant du Public (ERP)
II. La Fondation GoodPlanet –Domaine de Longchamp
II.1 Description
II.2. Expérience de stage
III. Tisser des liens entre spectacle vivant et développement durable
III.1. Sensibiliser au développement durable par le spectacle vivant
III.2. Ou seulement intégrer le développement durable au fonctionnement du spectacle vivant ?
Conclusion
Bibliographie

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