Systèmes d’exploitation, modes et perspectives de gestion des ressources de l’écosystème

Dans la majeure partie des Etats côtiers d’Afrique de l’Ouest, on peut noter une convoitise perceptible des zones humides notamment celles conquises par les formations de mangrove. Cette importance donnée à l’écosystème mangrove est, éventuellement, à l’origine de la forte exploitation de ses ressources multiples et instables. Ainsi la dégradation de cet écosystème à la fois fragile et complexe est sans doute liée aux mauvaises techniques d’exploitations jadis utilisées, à la pression démographique mais aussi aux aléas climatiques devenus de plus en plus sévères. Ainsi, à l’image de l’ensemble des Etats où la dégradation de cet écosystème devient de plus en plus inquiétante, le Sénégal a entrepris d’importantes mesures et réformes allant dans le sens de la conservation. Ainsi nous assistons, ces dernières décennies, à une mutation institutionnelle importante et à une sensibilisation des populations pour l’adoption de nouvelles pratiques d’exploitation qui, de plus en plus, prennent en compte la durabilité des ressources nationales.

Dans le delta du Saloum, cette mutation institutionnelle se manifeste par l’application des différents codes nouvellement révisés (code de la pêche, code forestier…), ces codes révisés ne sont encore ni publiés ni appliqués le transfert de compétences aux communautés rurales en matière d’environnement et de gestion des ressources naturelles, le classement de certaines forêts (forêt classée des îles du Saloum), l’érection du Parc National du Delta du Saloum (PNDS) en réserve de biosphère depuis 1981.Ce caractère institutionnel, ajouté aux nouvelles techniques adoptées par les populations dans la gestion de l’écosystème mangrove (apiculture, ostréiculture, utilisation des guirlandes…) et a l’intervention massive d’ONG et de projets de développement (exemples de projet ) permettent de plus en plus de cerner la problématique de gestion de l’écosystème mangrove dans le delta du Saloum.

PROBLEMATIQUE

Dans les pays en développement, la majeure partie des économies dépendent de l’exploitation des ressources naturelles. Malgré leur importance, ces ressources subissent de nombreuses pressions qui concourent à leur dégradation. Les mauvais systèmes d’utilisation des terres et l’inadaptabilité des techniques d’exploitation, ajoutés aux conséquences de la péjoration climatique et à la forte poussée démographique responsable de l’exploitation immodérée des ressources, ont conduit à une forte baisse du potentiel des ressources naturelles et celle de l’écosystème mangrove en particulier.

Les écosystèmes de mangrove, localisés généralement dans les zones estuariennes et lagunaires des régions intertropicales, remplissent des fonctions particulièrement essentielles là où leur exploitation est à jour. Dans ces zones côtières et littorales, la mangrove assure aujourd’hui, pour une bonne partie des populations, des revenus non négligeables. Leur exploitation en constitue la seule activité productrice si elle n’est pas complétée par des activités dès fois moins importantes comme l’agriculture et l’élevage. Ainsi la valeur annuelle pour les mangroves de la côte ouest africaine est estimée entre 200.000 et 900.000 dollars par km2 (PNUE, 2007). En plus de son rôle socio économique, l’écosystème mangrove joue également un rôle écologique considérable (protection des berges, reproduction des ichtyo faune, nidation, nurserie, etc.).

CARACTERISTIQUES BIOPHYSIQUES DE LA CR DE DIONEWAR 

Présentation du milieu 

La région de Fatick est issue de la scission de l’ancienne région du Sine-saloum, en 1984, qui a donné naissance à la région de Fatick et celle de Kaolack. Elle est constituée de trois départements (Gossas, Fatick et Foundiougne) et se trouve au centre-ouest du Sénégal. Dionewar, notre zone d’étude, est une communauté rurale (CR) située dans l’arrondissement de Niodior dans le département de Foundiougne. Elle se situe entre 13o 53’12 de latitude Nord et 16o 43’44 de longitude Ouest. Elle est l’une des trois communautés rurales où s’emboîte la forêt classée des îles du Saloum, dans la Réserve de Biosphère du Delta du Saloum (RBDS) avec Djirnda et Bassoul.

La Cr de Dionewar présente d’importantes ressources naturelles et culturelles sur lesquelles peuvent reposer toute initiative visant à développer la localité. Largement ouverte sur l’océan atlantique et ceinturée par un réseau de bolongs dense et d’importantes forêts de mangroves, la localité présente ainsi d’importantes potentialités pour le secteur de la pêche et de la cueillette des fruits de mer. La partie continentale présente également d’importantes ressources forestières dominées largement par Detarium et les cocotiers qui développent de ce fait l’arboriculture dans la CR. Ses imposants amas coquillers et la beauté du paysage formé de bolongs et de mangroves sont également à l’origine de fréquentes arrivées de touristes dans la CR.

Toutefois l’adoption de pratiques d’exploitation réfléchies et la mise en place d’un cadre de gestion adapté semble nécessaire pour permettre une exploitation durable de ces potentialités précitées.

Le milieu physique

L’évolution paléogéographique du milieu 

Le delta du Saloum s’intègre dans le bassin sénégalo-mauritanien constitué de formations sédimentaires mésozoïques, cénozoïques, et quaternaires. Les variations du niveau de la mer, la stabilité du milieu et l’évolution du climat ont fortement contribué au façonnement et à l’établissement des formations actuelles dans le delta du Saloum. Les îles du Saloum se sont ainsi édifiées durant une période récente quaternaire caractérisé dans la zone par un important dépôt sédimentaire constitué aujourd’hui de vase, de vasière, d’amas de coquilles et des cordons sableux. Cependant différents phases se sont succédées pour ainsi modeler le relief actuel des iles du Saloum. La période quaternaire débute sur l’ensemble de la côte sud du Sénégal par l’Ogolien (31000 ans BP- 11000 ans BP) avec des formations désertiques résultant de la faiblesse de la pluviométrie et la prédominance des alizés continentaux. Cette période se repère ainsi par la formation de cordons dunaires rubéfiés (Thiam, 1986). Cette période de régression marine se boucle par le Tchadien (11000 ans BP- 8000 ans BP) qui constitue une phase de transition plus humide que l’Ogolien mais avec des valeurs toujours négatives. Cette phase de transition est ainsi suivie par la période de transgression marine du Nouakchottien (8000 ans BP- 4200 ans BP). Cette période se caractérise par la mise en place du réseau hydrographique du Sine-Saloum (Michel, 1973) et d’importants dépôts lacustres fluviatiles et la formation des sables argileux marins dans les îles du Saloum. Cette période se termine par le Taffolien (4000 ans BP- 2000 ans BP). Cette  période se manifeste par différentes phases de retraits de la mer d’où la formation des cordons littoraux, le comblement des lagunes, la formation des îlots de Niodior et de la flèche de Sangomar en relation avec la dérive littorale (Thiam, 1986). Nous avons également un important dépôt de vase moins argileuse propice au développement de la mangrove (Diop, 1978). Du Subactuel (1700 ans BP) à nos jour nous notons une évolution assez remarquable du fonctionnement général de l’estuaire. Cette évolution se manifeste plus par la subsidence de la partie aval du Saloum, aboutissant ainsi à une remonté des eaux marines vers l’amont (Diouf, 2011). Ainsi le Saloum fonctionne comme un « estuaire inverse » (Diop, 1978).

Les unités géomorphologiques 

La CR de Dionewar, à l’instar de l’ensemble formé par le delta du Saloum, présente un relief généralement plat et dépressionnaire ou les seules formations qui accusent d’une légère élévation sont les Sambaqui ou Kjokkenmoddinger d’origine anthropique et les cordons sableux. Cette platitude du relief est sans doute corrélative aux différentes phases de régression et de transgression marine du quaternaire.

La CR de Dionewar présente ainsi diverses unités géomorphologiques :
● les vasières : elles se localisent dans la zone intertidale constamment inondée. Elles intègrent les vasières entièrement recouvertes par la mangrove qui se localisent généralement sur les abords immédiats des cours d’eau caractérisées par la fluctuation des marées. Ces vasières à mangrove se caractérisent généralement par une végétation luxuriante composée d’espèces de palétuviers qui s’adaptent bien à la salinité et à l’instabilité de leur support pédologique. Nous avons également les vasières dénudées qui se remarquent par la discontinuité de leur couvert végétal. elles sont faiblement inondées et présentent des taux de salinité et d’acidité très élevés.
● les tannes : elles présentent une topographie basse faiblement inclinée et constituent une zone de transition entre la vasière et la terre ferme. C’est un ensemble qui s’étend en arrière des vasières à mangrove, dans la zone inondable par la marée des vives eaux (Diaw et al., 1993). Ils comprennent généralement les tannes nus, où les sols sont sulfatés acide recouverts de sel souvent visible sous forme de cristaux. elles sont beaucoup plus présentent dans le village de Falia et au centre Est de Niodior. Nous avons également les tannes herbues « occasionnellement », selon viellefon (1977), où la salinité reste élevée mais plus faibles par rapport à celle des tannes nues. Ces tannes sont généralement colonisées par une végétation halophyte adaptée à la forte salinité (Sesuvium). Dans cette zone les marées, par l’intermédiaire de la nappe d’eau douce qui est saisonnièrement affectée par l’eau salée, commandent la dynamique de l’herbu (Thiam, 1986).
● les cordons sableux : ce sont des dépôts sableux intervenus lors de la transgression Nouakchottien. ils forment des terrasses en bordure du plateau continental (UICN, 1999). Ils forment, avec les amas coquillers, les formations les plus élevées dans l’estuaire du Saloum.
● les Sambaqui : ils sont également appelés amas coquillers ou encore Kjokkenmoddinger. ce sont des amas de coquilles (arches, huitres …) qui ont été déposés pendant des millénaires par les hommes. Ils peuvent également s’agir d’anciennes sépultures. Ce sont également des formations topographiquement élevées.

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Table des matières

INTRODUCTION
PROBLEMATIQUE
Analyse conceptuelle
Méthodologie
PREMIERE PARTIE : PRESENTATION PHYSIQUE ET SOCIO ECONOMIQUE DU MILIEU
CHAPITRE I : CARACTERISTIQUES BIOPHYSIQUES DE LA CR DE DIONEWAR
CHAPITRE II : LES ASPECTS SOCIO ECONOMIQUES
DEXIEME PARTIE : POTENTIALITES, USAGES ET EXPLOITATION DE LA MANGROVE
CHAPITRE I : DYNAMIQUES ET POTENTIALITES DE LA MANGROVE DANS LA CR DE DIONEWAR
CHAPITRE II : SYSTEMES D’EXPLOITATION DES RESSOURCES DEMERSALES ET HALIEUTIQUES
TROISIEME PARTIE : MODES ET PERSPECTIVES DE GESTIONS DE L’ECOSYSTEME MANGROVE
CHAPITRE I : MODES TRADITIONNELS ET PRATIQUES LOCALES DE GESTION DE LA MANGROVE DANS LA CR DE DIONEWAR
Chapitre II : cadre politique et institutionnelle de la gestion
CONCLUSION GENERALE
ANNEXES
LISTE DES CARTES
LISTE DES FIGURES
LISTE DES TABLEAUX
LISTE DES PHOTOS
BIBLIOGRAPHIE

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