SYSTEMES DE PRODUCTION ET DEGRADATION DES RESSOURCES NATURELLES

La trame géologique

   Le bassin sénégalo-mauritanien d’âge méso-cénozoïque, s’étend sur environ 1400 km, de la Mauritanie au nord, à la Guinée Bissau au sud et repose sur un substratum d’âge paléozoïque et d’âge précambrien, affleurant sur sa bordure orientale et sud oriental (Sarr, 1995). Le processus évolutif géologique du bassin sédimentaire sénégalo-mauritanien s’est opéré presque totalement au secondaire et tertiaire. Ainsi, la région de Diourbel en tant que partie centrale de ce bassin a subi le processus suivant : Au crétacé supérieur (Maestrichtien), les grés de la même période ont été couverts par les sédiments du tertiaire et forment un important aquifère. A l’éocène moyen et supérieur les calcaires et marnes occupent toute la région de Thiès et celle de Diourbel ; de même que les bordures de la moyenne vallée du Sénégal, à Matam ainsi que la région de Louga. Après ces différentes phases, on assiste à un retrait progressif de la mer et les régions soulevées du pays (Sénégal oriental) furent victimes d’érosion. Le matériel détritique se sédimente sur presque l’ensemble du bassin sénégalo-mauritanien. Ce sont les dépôts du Continental Terminal. Ces dépôts de grés ont des épaisseurs variables. Au quaternaire, l’augmentation de l’aridité qui atteint son maximum entre 20000 et 15000 BP entraine la formation d’un grand erg d’orientation nord est-ouest sur la partie occidentale du Sénégal traversant ainsi le bassin versant du Bambey, d’où se trouve la CR de Réfane. Atlas, (2007)

Les infrastructures hydrauliques

  En terme de couverture du réseau, la situation de l’hydraulique est actuellement assez satisfaisante, plus de 95% des villages étant connectés au réseau d’eau potable à partir de 3 forages avec une eau d’assez bonne qualité. Le niveau de desserte des carrés est ainsi très satisfaisant, plus de 81% des carrés (1872 carrés sur un total de 2300) étant directement connectés. D’autre part, la CR compte une centaine de borne-fontaines. La communauté rurale compte également 74 puits ayant une profondeur entre 25 et 45 m et une eau de bonne qualité. Cependant ces données assez satisfaisantes cachent une situation de déficit structurel assez important. Certaines zones périphériques connaissent ainsi de plus en plus fréquemment des périodes de rupture voire de manque d’eau total. La disponibilité de l’eau malgré la bonne couverture du réseau est aujourd’hui fortement limitée par le décalage entre la demande actuelle et le débit en eau des forages. Le probléme se pose surtout pour le forage de la zone de Réfane qui approvisionne l’essentiel des 37 villages de la CR (plus de 37) avec un château d’eau de 150 m3. La photo 2 représente le forage de réfane avec ces deux châteaux d’eau.

Le système d’élevage

   Dans la CR, le système de production est agro-pastoral. L’élevage est étroitement lié aux activités agricoles. Le cheptel est composé de bovins, d’ovins, caprins, d’équins et d’asins. C’est un élevage exclusivement domestique avec la pratique de l’embouche. Cette situation résulte d’une absence totale d’aires pastorales (pâturages et zones de parcours) qui fait qu’à l’exception des petits ruminants, le cheptel est marqué par une forte tendance à la transhumance vers les aires de pâturages extérieurs. L’élevage permet la production de lait, la capitalisation ou thésaurisation, la production de fumure, la traction animale et la production de viande. Le bétail est aussi un capital-risque face aux aléas pluviométriques et des incertitudes sur les productions agricoles. Le système de production (l’élevage) est marqué dans la communauté rurale par l’existence de deux techniques traditionnelles. La première technique est l’élevage pastoral fondé par la transhumance. Du fait du manque d’aires pastorales, le gros bétail est souvent confié à des bergers peulhs ou sérères qui l’amènent vers les zones où le pâturage est plus disponible. Cette technique entraine des mouvements saisonniers. La seconde technique est l’élevage sédentaire. Le bétail est confiné dans les terroirs villageois. Pendant la saison non pluvieuse, le bétail est lâché dans la nature et se nourrit des résidus de récoltes, des réserves fourragères et des pâturages aériens. La tâche de les conduire aux champs (pâtures) est confiée aux enfants. Pendant la saison pluvieuse, pour empêcher les petits ruminants de détruire les récoltes, ils sont attachés au niveau des concessions. Cependant on remarque qu’il y a beaucoup d’inconvénients à confiner le bétail, car à la fin de cette période, les animaux sont très amaigris. En effet les réserves des fourrages s’épuisent rapidement et les paysans n’ont pas les moyens d’acheter les aliments de bétail en substitution. Le tapis herbacé est peu fourni et peu diversifié. Il disparait dès la fin de l’hivernage. La fauche pour les besoins de stockage et l’intrusion des troupeaux de transhumants dès la fin de l’hivernage contribuent également à la réduction des disponibilités en herbe.

Les manifestations au niveau des ressources hydriques

   Les sécheresses ont beaucoup affecté les ressources hydriques dans la communauté rurale de Réfane. Cette dernière a vu ses ressources hydriques baissées considérablement. Le problème d’approvisionnement en eau potable reste la principale contrainte de la population. L’eau était en abondance dans la communauté rurale de Réfane que le puits de Peysindiane était appelé « Nopalé » (Thiaw, 2009). La nappe était affleurante. Il suffisait seulement de se pencher pour puiser de l’eau. Maintenant ce puits s’est asséché. Le niveau d’eau des puits est actuellement entre 25m et 45m de profondeur. Avec la réduction de la durée des saisons pluvieuses, les mares (à Réo Mao et Ndéreppe) tarissent rapidement abaissant ainsi le taux de satisfaction des besoins en eau de la population. La communauté rurale de Réfane compte trois forages équipés de châteaux d’eau. Les villages connectés au réseau représentent plus de 95%, mais beaucoup de zones connaissent des ruptures voire un manque total d’eau du fait de la faible capacité des forages face à la forte demande en eau. La forte production des forages occasionne souvent des pannes qui peuvent durer des jours. Les femmes se replient alors aux puits avec de longues files d’attente.

l’érosion éolienne

   C’est l’action des vents sur le sol. La compétence du vent, c’est-à-dire sa capacité à soulever et à transporter des débris, se limite aux particules fines : argile, limon, sable, cendre, poussières. Le vent opère un tri, le vannage soulevant les particules fines et laissant sur place des débris grossiers. Ces particules fines sont déplacées par roulage, par bond, saltation. Elle se traduit par des phénomènes de déflation, de transports et de dépôts des particules au sol. Le vent agit là où la végétation est discontinue et les climats secs. Dans la communauté rurale de Réfane, on constate que la végétation augmente du nord au sud. Plus on descend au sud, plus la densité des arbres augmente. Ainsi c’est le nord qui va beaucoup plus subir les affres de l’érosion éolienne. Car le couvert végétal est une barrière, un brise-vent qui va atténuer leur vitesse. Si nous regardons la vitesse moyenne mensuelle des vents (figure n°1), nous remarquerons que les maxima se situent entre janvier et juin. C’est l’alizé continental qui souffle pendant cette période. Ainsi l’harmattan est le principal agent d’érosion éolienne de la communauté rurale surtout pendant la saison sèche. En saison des pluies de juillet à décembre, nous enregistrons une baisse de la vitesse des vents. Cette baisse est due à l’humidité qui ralentit la vitesse. En effet, c’est le flux de mousson qui souffle dans la communauté rurale. Ainsi l’érosion éolienne est moindre pendant cette période. Cependant en plus de ces agents d’érosion, les déficits pluviométriques concourent aussi au niveau de la végétation

L’Agence Nationale de Conseil Agricole et Rural (ANCAR)

   L’ANCAR a été créée par le Gouvernement du Sénégal lors de la réunion interministérielle tenue le 17 mars 1997 pour mettre en place un système de conseil agricole et rural sur toute l’étendue du territoire national. L’agence a pour principal mission d’établir un service de conseil agricole et rural comptable de ses résultats envers les producteurs et répondent à leurs besoins à travers arrangements contractuels. L’ANCAR intervient dans les secteurs (agriculture, foresterie, environnement) et englobe plusieurs fonctions (appui conseil, transfert de technologie adaptée, sensibilisation, formation, information et intermédiation) et dans diverses activités (production, commercialisation, approvisionnement, crédit, transformation, artisanat, etc.) de la vie rurale.

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Table des matières

Remerciements
INTRODUCTION GENERAL
PROBLEMATIQUE
Première Partie : PRESENTATION DE L’AIRE D’ETUDE
CHAPITRE I : LE MILIEU PHYSIQUE
1. 1 La trame géologique
1. 2 Relief et sols
I.3 La végétation et la faune
I.4 Les ressources hydrographiques
CHAPITRE II : LE CLIMAT
II.1 Les facteurs généraux
II.2 Les éléments du climat
II.2.1 les vents
II.2.2 Les précipitations
I.1 Evolution inter annuelle
II.2.3 Les températures
II.2.4 l’humidité relative
II.2.5 L’évaporation
II.2.6 L’insolation
CHAPITRE III : LE CADRE HUMAIN
III.1 Historique de la population
III.2 Zonage de la Communauté rurale
III.3 La dynamique de la population
III.3.1 Taille et répartition spatiale de la population dans la CR de Réfane
III.3.2 La structure et la composition de la population de Réfane
III.3.3 La composition ethnique et religieuse
III.3.4 La mobilité de la population
CHAPITRE IV : LES INFRASTRUCTURES DE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET SOCIALE
IV.1 Les infrastructures hydrauliques
IV.2 Les infrastructures de communication
IV.3 Les infrastructures scolaires
IV.4 Les infrastructures sanitaires
DEUXIEME PARTIE : LES SYSTEMES DE PRODUCTION ET LA DEGRADATION DES RESSOURCES NATURELLES
CHAPITRE I: LES SYSTEMES DE PRODUCTION
1.1 L’agriculture
1.1.1 Les moyens de production
1.1.2 Le système de culture
1.1.3 Les contraintes de l’agriculture
1.2 L’élevage
1.2.1 Le système d’élevage
1.2.2 Les contraintes de l’élevage
I.3 L’exploitation végétale
1.3.1 Les contraintes de l’exploitation végétale
1.4 Le commerce et l’artisanat
1.4.1 Le commerce
1.4.2 L’artisanat
CHAPITRE II : LA DEGRADATION DES RESSOURCES NATURELLES 
II.1 Les facteurs physiques de dégradation
II.1.1 Les déficits pluviométriques
II.2 Les facteurs anthropiques de dégradation
II.2.1 les causes liées à l’agriculture
II.2.2 Les techniques culturales
II.2.3 La pression foncière
II.2.4 Les effets de l’élevage
II.2.5 l’exploitation des ressources végétales
II.2.6 Les feux de brousse
CHAPITRE III : LES MANIFESTATIONS DE LA DEGRADATION
III.1 Les manifestations de la dégradation
III.1.1 Les manifestations au niveau des ressources hydriques
III.2.1 Les manifestations au niveau du sol
III.1.3 Les manifestations au niveau de la végétation
III.2 les conséquences de la dégradation
III.2.1 les conséquences écologiques
III.2.2 Les conséquences socio-économiques
TROISIEME PARTIE : LES ACTEURS, STRATEGIES DE LUTTE ET LEURS IMPACTS DE LA DEGRADATON DES RESSOURcES NATURELLES
CHAPITRE I : LES ACTEURS DE LUTTE CONTRE LA DEGRADATION DES RESSOURCES NATURELLES
I.1 Les structures étatiques
I.1.1 Le sous-préfet
I.1.2 Le Centre d’Appui au Développement Local (CADL)
I.1.3 Le Service Départemental du Développement Rural (SDDR)
I.1.4 L’Agence Nationale de Conseil Agricole et Rural (ANCAR)
I.1.5 Le conseil rural
I.1.6 Les chefs de village
I.2 Les organisations communautaires de base
I.2.1 Les organismes de femmes
I.2.2 Les associations
I.2.3 Les comités
I.3 les structures d’appui non étatiques
I.3.1 La Wold Vision
I.3.2 L’Hunger Project
I.3.3 Le CARITAS
I.3.4 Le Programme National de Développement Local (PNDL)
I.3.5 Assistance Médicale Internationale (AMI)
CHAPITRE II: LES STRATEGIES DE LUTTE CONTRE LA DEGRADATION DES RESSOURCES NATURELLES
II.1 Les stratégies traditionnelles
II.1.1 La jachère
II.1.2 La fertilisation organique
II.1.3 La rotation des cultures
II.1.4 Le paillage
II.1.5 Délimitation de zone de mise en défens
II.1.6 : la préservation et la régénération
II.2 Les stratégies modernes
II.2.1 La fertilisation minérale
II.2.2 le compostage
II.2.3 Le reboisement
II.2.4 L’intensification de l’agriculture
II.2.5 L’intensification de l’élevage
II.2.6 L’utilisation de technique d’énergie
II.2.7 L’accroissement de la disponibilité en eau dans les villages
II.2.8 La sensibilisation
CHAPITRE III : LES IMPACTS DES STRATEGIES DE LUTTE CONTRE LA DEGRADATION DES RESSOURCES NATURELLES
III.1 Les impacts écologiques
III.1.1 Sur les sols
III.1.2 Sur la végétation
III.1.3 Sur l’hydraulique
III.2 Les impacts socio-économiques
CONCLUSION GENERALE
BIBLIOGRAPHIE

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