Systeme agroalimentaire localise autour de la filiere maïs

Comme tout secteur, l’agro-industrie doit aujourd’hui faire face à la mondialisation. Les industries malgaches subissent la concurrence non seulement celles à Madagascar mais également à l’échelle internationale. Elles doivent donc trouver des sources de compétitivité crédible pour se développer. Dans ce contexte, notons la diversité des évolutions des différents types d’agroindustrie rural (AIR) et en particulier l’émergence et la consolidation de concentration géographique d’unité de transformations spécialisées d’agro-industrie rural, qui ont pu être identifiées dans de nombreux pays notamment les pays d’Amérique Latine. Il est également à remarquer les Systèmes Productifs Localisés (SPL) en Italie. Ces concentrations ont permis un développement rapide et durable dans leurs pays respectifs. La question est de déterminer si cette concentration, définie comme un SPL basé sur des ressources spécifiques activées, est adaptée à l’environnement socio-économique de Madagascar.

SYSTEME AGROALIMENTAIRE LOCALISE AUTOUR DE LA FILIERE MAÏS : UN FACTEUR DE DEVELOPPEMENT

Le processus actuel de globalisation et les changements intervenus tant sur le plan économique, que social (décentralisation, sous-traitance,…) ont réveillé un intérêt croissant pour le SYAL. Le développement des recherches menées sur les SPL dans l’industrie ou les services en sont témoins.

A Madagascar, le secteur agroalimentaire est préférable pour une approche SPL. D’une part, l’agriculture est le secteur qui fournit la plus grande contribution à l’économie malgache (35% du Produit Intérieur Brut). Elle emploie plus de 70% de la population active et procure au pays 60 à 65% de ses recettes à l’exportation. C’est une source de matière première pour l’industrie agroalimentaire et l’industrie textile. Les deux représentent 75% de la valeur ajoutée dans le secteur industriel. Le climat, la vaste étendue du territoire cultivable sont favorable pour le développement de l’agriculture à Madagascar. D’autre part, l’aliment est le seul bien de consommation que les consommateurs incorporent. Les identités et les appartenances se constituent autour des formes de consommation alimentaire. Le chômage, la pauvreté du monde rural, les problèmes environnementaux, les nouvelles exigences de qualité des aliments,… constituent autour d’enjeux aux quels il faut faire face. D’abord cette première analyse part du domaine de définition d’un SYAL pour en sortir les performances de ce mode de développement. Ensuite, elle annonce la base fondamentale d’un SYAL. Enfin, elle évoque que la filière maïs est un pôle de croissance potentiel autour duquel on peut construire un SYAL.

SYAL, un moyen de lutte contre la pauvreté

Analyse d’un Système Agroalimentaire Localisé

La notion de SYAL représente dans la littérature économique récente l’un des axes majeurs à partir desquels s’est cristallisé la réflexion consacrée aux relations dynamiques territoriales et dynamiques industrielles. Elle trouve son origine principalement dans l’œuvre d’Alfred Marshall à propos des gains collectifs qui pouvaient résulter de la proximité géographique des producteurs participant à une activité industrielle bien spécifique.

Selon Alfred Marshall
Marshall démontre la possibilité de fonctionnement efficace d’une organisation industrielle caractérisée par l’existence d’un réseau de petites entreprises. En effet, les districts industriels et les villes manufacturières favorisent les aspects organisationnels endogènes. Le système dépend principalement du développement propre de ses entreprises au détriment des facteurs exogènes. Pour Marshall, les premiers mobiles de cette installation industrielle relèvent de caractéristiques géographiques, historiques et politico-psycologique de la région ; mais lorsque ce choix est fait, il est probable qu’il est durable en raison des économies externes d’agglomération dont l’industrie jouit avec le temps. Ces économies d’agglomération sont des économies de production et de transaction qu’une entreprise peut bénéficier quand elle est insérée dans une agglomération industrielle suffisamment grande. Elles peuvent également se traduire comme des services gratuits que des services contigus se rendent mutuellement du fait de leur action sur l’environnement : (i) lutte contre les coûts de transaction, (ii) économie d’échelle, (iii) formation de la main d’œuvre, (iv) circulation,…

Chez Marshall, les économies externes sont fortement ancrées territorialement et présentent une certaine irréversibilité reposant sur les structures historiques et sociales. Le district est une construction à partir d’avantages créés et non innés.

La réflexion de Marshall sur les entreprises des districts s’effectue en terme d’efficience. Les districts sont efficients s’il y a:
➤ division du travail ; et
➤ division des tâches biens organisée entre entreprises spécialisées.

Grâce à des contacts directs et des faces à faces entre les agents, le SYAL facilite les échanges, la circulation des idées nouvelles et la diffusion des innovations.

Au total, l’originalité du modèle de Marshall consiste à articuler les ressources économiques, sociales et culturelles d’un territoire. Cette articulation permet de donner une impulsion au développement général de l’industrie et, par suite, provoque l’accroissement des économies externes, donnant au système d’entreprise une efficacité plus grande. Le concept Marshallien de district industriel soulève également le mélange de concurrence-coopération.

Caractéristiques d’un SYAL

Le SYAL désigne une forme d’organisation et un processus de développement local basé sur une concentration spatiale d’unités agroalimentaires (exploitants agricoles, entreprises agroalimentaires, entreprises de service, de commercialisation, de restauration…) qui lui permet de se restructurer autour d’une activité commune. Aussi, la notion de SYAL renvoie t-elle à l’émergence de modèles de développement agroalimentaire basés sur la mise en valeur des ressources locales (produits, savoir, compétences, entreprises, institution,…), plus attentifs à la diversité et à la qualité de produits agricoles et alimentaires, plus soucieux de dynamiques de développements locales et de nouveaux enjeux du monde rural, plus à même de développer des formes spécifiques d’articulation avec les consommateurs.

Le SYAL est une notion à préciser, à construire entre les divers acteurs sociaux et les approches disciplinaires qui sont concernés. Il englobe l’idée de :
➤ un regroupement d’entreprises ;
➤ un territoire limité ; et
➤ une problématique commune.

SYAL et pays en voie de développement

Une approche en terme de système local dans les pays en voie de développement (PVD) est relativement récente et date de la fin des années 80. Il y a quelques années, des études empiriques ont concerné les petites entreprises dans un certain nombre de pays, en développement tels que l’Argentine, le Brésil, le Pérou, le Ghana, l’Inde, l’Indonésie, le Pakistan, le Kenya, le Mexique, la Tanzanie, la Corée du Sud, le Soudan ou le Zimbabwe. Il s’agit cependant d’analyses portant sur le secteur informel ou la production à petite échelle.

Toutefois, la concentration géographique et sectorielle de firmes est un phénomène assez fréquent dans les PVD. Il y a surtout de petites concentrations d’entreprises et d’arrangements inter-firmes, particulièrement dans les secteurs ayant une certaine tradition de production locale. Leur principal défaut réside dans le manque de vision d’ensemble.

Le SYAL, une organisation ouverte sur l’extérieur

Un SYAL n’est pas un système clos. Au contraire, il s’agit d’une organisation ouverte sur l’extérieur. D’ailleurs, les SPL ont attiré l’attention en raison notamment de ses performances à l’exportation. Dans les années 90, les SPL italiens accaparaient les 51,0% du marché mondial des carreaux céramiques, 37,0% du marché de la bijouterie, 31,0% du marché des tissus en soie, 28,0% du marché des meubles et des chaises, 28,0% du marché des chaussures en cuir et 27,0% de celui des sacs en cuir. L’ouverture sur l’extérieur touche également le domaine de la technologie. En effet, les systèmes locaux sont souvent le centre de développement tant en termes de technologie qu’en termes d’innovation organisationnelle dans le contexte du marché international.

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Table des matières

INTRODUCTION
PARTIE 1: SYSTEME AGROALIMENTAIRE LOCALISE AUTOUR DE LA FILIERE MAÏS : UN FACTEUR DE DEVELOPPEMENT
Chapitre 1 : SYAL, un moyen de lutte contre la pauvreté
1.1. Analyse d’un SYstème Agroalimentaire Localisé
1.1.1. Selon Alfred Marshall
1.1.2. Caractéristiques d’un SYAL
1.1.3. SYAL et pays en voie de développement
1.1.4. Le SYAL, une organisation ouverte sur l’extérieur
1.2. Performances d’un SYAL
1.2.1. Capital social
1.2.2. Division de travail et réseau d’interdépendance
1.2.3. Capacité innovante
1.2.4. Faiblesse du coût de revient
Chapitre 2 : Applicabilité du SYAL à la politique économique de Madagascar
2.1. Politique économique de Madagascar
2.1.1. Stratégie
2.1.2. Structure d’intervention en milieu rural
2.2. Difficultés de fonctionnement de la politique de développement rural
2.2.1. Facteurs liés à la population
2.2.2. Mauvaise gestion de la politique économique
2.3. SYAL et politique économique de Madagascar
2.3.1. Cohérence du SYAL avec la politique économique de Madagascar
2.3.2. Déséquilibre des échanges extérieurs de Madagascar
2.3.3. SYAL, seul moyen de développement rapide
Chapitre 3 : Filière maïs comme pôle de croissance économique potentiel
3.1. Situation générale du maïs
3.1.1. La production
3.1.2. Utilisations
3.1.3. Organisation de la filière Maïs à Madagascar
3.2. Débouchés
3.3. Maïs, une filière motrice
3.4. Les échanges mondiaux
PARTIE 2: L’ARTICULATION ECONOMIQUE LOCALE DE BEMAHATAZANA
Chapitre 1 : Diagnostic de la commune de Bemahatazana
1.1. Historique de la commune de Bemahatazana
1.2. Ensemble de production sur site
1.2.1. Agriculture
1.2.2. Maïs à Bemahatazana
1.2.3. L’élevage
1.2.4. Commercialisation et services financiers
1.3. Conditions socio-économiques
1.3.1. Education et santé
1.3.2. Infrastructures
1.4. Pouvoir local
Chapitre 2 : Apport du PROJER sur l’économie de Bemahatazana
2.1. Le projet
2.1.1. Description du PROJER
2.1.2. Réalisation
2.1.3. Impacts du PROJER sur la commune
2.2. Jeunes Entrepreneurs Ruraux (JER)
Chapitre 3 : Appréciation sur la structure socio-économique de la commune de Bemahatazana
3.1. Potentiels de la commune
3.1.1. Existence d’une filière motrice potentielle : la filière maïs
3.1.2. Concentration géographique originale
3.1.3. Existence d’actifs spécifiques favorable au SYAL
3.2. Problèmes de la commune
PARTIE 3: ESSAI SUR LA CONCEPTION D’UN SYSTEME AGROALIMENTAIRE LOCALISE AUTOUR DE LA FILIERE MAÏS DANS LA COMMUNE DE BEMAHATAZANA
Chapitre1 : Organisation du SYAL
1.1. Mise en place de réseau d’entreprises spécialisées
1.1.1. Les entreprises spécialisées
1.1.2. Système de financement endogène
1.1.3. Le fonctionnement du SYAL
1.2. Mesures d’accompagnement
1.2.1. Mise en place des infrastructures de base
1.2.2. Accompagnement du porteur avant la création
1.2.3. Appui de la collectivité locale et territoriale
1.2.4. Suivi et accompagnement des entreprises
1.3. Schéma du SYAL autour de la filière maïs dans la commune de Bemahatazana
Chapitre 2 : Etapes du SYAL à Bemahatazana
2.1. Processus de mise en place du SYAL à Bemahatazana
2.2. Objectifs de développement du SYAL dans le temps
Chapitre 3 : Relations inter-entreprises dans le SYAL
3.1. Les acteurs
3.2. Rapports verticaux entre petites entreprises
3.3. Complémentarité
3.4. Rapports entre commerçants et producteurs
Chapitre 4 : Risques d’un SYAL à Bemahatazana
4.1. Impacts sur l’environnement
4.2. Disparité des mentalités
4.3. Forte migration
Chapitre 5 : Perspectives
5.1. Amélioration du niveau de vie de la population locale de Bemahatazana
5.2. Imitation des autres localités
5.3. Amélioration de la balance commerciale de Madagascar
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE

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