Rôle des parents auprès de leurs jeunes en surpoids

Rôle des parents auprès de leurs jeunes en surpoids

Surpoids et obésité chez les jeunes canadiens

Depuis quelques décennies, la prévalence du surpoids et de l’obésité a augmenté de façon considérable chez les enfants et les jeunes au Canada (Janssen, 2013). À cet égard, les plus récents résultats issus de l’Enquête Canadienne sur les Mesures de Santé (ECMS) de 2009-20 Il révèlent que près du tiers des jeunes canadiens de 5 à 17 ans avaient un surplus de poids ou présentaient de l’obésité (Roberts, Shields, de Groh, Aziz et Gilbert, 2012). Par ailleurs, la condition physique des jeunes s’est détériorée depuis quelques décennies. Leur capacité aérobie a diminué (Tomkinson, Léger, Olds et CazorIa, 2003). De plus, l’indice de masse corporelle (IMC), la circonférence de la taille et la composition corporelle ont augmenté tandis que certains indicateurs de la condition physique (force de préhension et flexibilité) ont connu un déclin chez les jeunes
Canadiens de 7-19 ans entre 1981 et 2007-2009 (Tremblay et al., 2010).

Définition du surpoids, de l’embonpoint et de l’obésité

Afin de cerner les concepts de surpoids et d’obésité, nous allons explorer les recommandations canadiennes pour la pratique clinique sur la prise en charge et la prévention de l’obésité chez les adultes et les enfants (Lau et al., 2007). La classification du surpoids et de l’obésité est faite à partir du calcul de l’indice de masse corporelle (IMC), qui représente le poids (en kilogrammes) divisé par le carré de la taille (en mètres2) . Chez les adultes, le surpoids est défini par un IMC supérieur ou égal à 25 kg/m2 • La catégorie embonpoint se situe entre des IMC de 25 et 30 alors que l’obésité
est définie par un IMC supérieur ou égal à 30 kglm2 • Chez les enfants et les adolescents, il est recommandé par Lau et al. (2007) d’utiliser la charte de croissance développée par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) aux États-Unis. Celle-ci fournit des équivalences selon l’âge des jeunes afin de définir le surpoids (IMC supérieur ou égal au 85e percentile) et l’obésité (lMC supérieur ou égal au 95e percentile).

Les causes du surpoids et de l’obésité juvénile

Parmi les facteurs comportementaux susceptibles de contribuer à cette situation, on retrouve notamment la diminution du niveau d’activité physique des jeunes canadiens. Une étude longitudinale a démontré le lien entre l’inactivité (la diminution de l’activité physique et l’augmentation des comportements sédentaires) et l’excès pondéral” chez cette population (Tremblay et Willms, 2003). Les nouvelles «Directives canadiennes en matière d’activité physique» (Société Canadienne de Physiologie de l’Exercice, 2011) recommandent aux jeunes de 5 à 17 ans de faire au moins 60 minutes d’activité physique d’intensité moyenne à élevée par jour. Les jeunes qui adhèrent à ces recommandations peuvent améliorer: 1) leurs niveaux sanguins de cholestérol, 2) leur pression artérielle, 3) leur composition corporelle, 4) leur densité osseuse, 5) leurs capacités cardiorespiratoires et musculo-squelettiques ainsi que 6) certains aspects de leur santé mentale (Janssen et Leblanc, 2010). Selon les résultats de l’ECMS de 2007 09, seulement 7% d’entre eux (9 % des garçons et 4 % des filles) atteignent les directives canadiennes en matière d’activité physique (Colley et al., 2011). Les nouvelles «Directives canadiennes en matière de comportement sédentaire à l’intention des enfants et des jeunes» suggèrent de 1 imiter leur temps de loisir passé devant l’écran à moins de deux heures par jour (Tremblay, Leblanc, Janssen, Kho, Hicks, Murumets, Colley et Duggan, 2011). À cet égard, il est triste de constater que la plupart d’entre eux
sont loin de satisfaire à ces recommandations, avec une moyenne hebdomadaire de 44
heures passées devant un écran (Carson, Iannotti, Pickett et Janssen, 2011).
De même, les comportements alimentaires peuvent influencer le poids corporel des enfants canadiens (Dubois, Farmer, Girard, Peterson et Tatone-Tokuda, 2007). La surconsommation de certains aliments comme les boissons sucrées (Ludwig, Peterson et Gortmaker, 2001) ainsi qu’une carence en fruits et légumes (Miller, Moore et Kral, 2011) sont associées à un risque d’obésité plus élevé. Selon des données provenant de Statistiques Canada, près des deux tiers des jeunes de 9 à 13 ans consomment moins de 5 portions de fruits et légumes par jour, soit le minimum recommandé par le guide alimentaire canadien (Garriguet, 2007).
L’hérédité peut aussi être un facteur prédisposant les enfants au surpoids. Une méta-analyse des études de jumeaux et d’adoptions a démontré la forte influence des facteurs génétiques sur la variation de l’IMC et ce, à tout âge (Silventoinen, Rokholm, Kaprio et S0fensen, 2010). Dans ce sens, l’obésité parentale peut doubler les chances que leurs enfants deviennent obèses (Whitaker, Wright, Pepe, Seidel et Dietz, 1997). Par ailleurs, il est possible que des facteurs sociaux et environnementaux aient une influence sur l’excès de poids des jeunes (Dunton, Kaplan, Wolch, Jerrett et Reynolds, 2009). Enfin, des facteurs d’ordre psychologique sont aussi corrélés à l’obésité juvénile. Selon Puder et Munsch (2010), cette relation peut aller dans les deux sens. Ainsi, les
problèmes d’ordre psychologiques peuvent engendrer un excès de poids chez les jeunes (par exemple, en affectant leurs comportements alimentaires). L’inverse est aussi vrai, l’excès de poids pouvant occasionner des problèmes émotionnels chez les jeunes.

 Les conséquences du surpoids et de l’obésité juvénile

Une des conséquences les plus indésirables de l’obésité juvénile est qu’elle contribue à l’apparition précoce d’un certain nombre de maladies, telles le diabète de type 2, l’athérosclérose et l’hypertension (Bali et McCargar, 2003). De plus, selon Trudeau (2010) l’obésité juvénile est associée à développer des risques d’obésité plus tard dans la vie (Trudeau, 2010). De ce fait, les conséquences potentielles de l’obésité sur la santé sont multiples non seulement plus tard une fois devenu adulte, mais aussi chez l’enfant lui-même (Halfon, Larson et Slusser, 2013). Chez les adultes, l’obésité augmente les risques de plusieurs maladies chroniques graves dont le diabète de type 2, certaines maladies cardiovasculaires, l’arthrose et plusieurs types de cancer (Guh,
Zhang, Bansback, Amarsi, Birmingham et Anis, 2009). Outre les problèmes physiques, l’obésité peut aussi entraîner des problèmes psychologiques chez les jeunes en affectant leur estime de soi et leur développement cognitif(Wang et Veugelers, 2008). Enfin, l’excès de poids entraîne aussi des conséquences sur le plan financier. D’après les résultats d’une récente méta-analyse portant sur le fardeau économique engendré par le surpoids et l’ob~sité au Canada, les coûts directs attribuables à l’obésité en 2006 dépassaient les quatre milliards de dollars, ce qui représentait alors 4,1% des dépenses fédérales en santé (Anis et aL, 2010).
Dans un tel contexte, il apparaît nécessaire de développer des interventions ciblant l’adoption et le maintien des saines habitudes de vie (notamment la pratique régulière de l’activité physique et l’adoption de comportements alimentaires sains) chez les enfants et les adolescents au Canada.

Les interventions pour réduire l’obésité juvénile

Les initiatives visant à réduire l’obésité peuvent être classées en trois catégories: 1) les interventions cliniques individuelles ou familiales; 2) les interventions scolaires ou communautaires qui visent à influencer les comportements et 3) les politiques publiques, sociales et environnementales (Agence de la santé publique du Canada et Institut canadien d’information sur la santé, 20 Il).
Plusieurs auteurs se sont intéressés à l’impact des initiatives visant à lutter contre l’obésité juvénile. Flynn et al. (2006) ont réalisé une synthèse des interventions visant à réduire l’obésité et les maladies chroniques chez les enfants et les adolescents. Cette revue souligne que la composition corporelle et les facteurs de risques de maladies chroniques étaient les variables les plus fréquemment étudiées. Les initiatives visant à rehausser la pratique d’activité physique ont émergé en tant que pierre angulaire des modèles d’intervention dans les programmes de prévention et de réduction de l’obésité infantile. Les auteurs ont identifié l’école comme milieu propice pour ces interventions, tout en soulignant le manque de programmes communautaires et familiaux, rendant
difficile l’évaluation des interventions réalisées dans ces milieux.

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Table des matières

RÉsuMÉ
REMERCIEMENTS
LISTE DES T ABLEAUX
LISTE DES FIGURES
LISTE DES ABRÉVIATIONS
CHAPITRE 1 INTRODUCTION ET PROBLÉMATIQUE
1.1. Surpoids et obésité chez les jeunes canadiens
1.2. Définition du surpoids, de l’embonpoint et de l’obésité
1.3. Les causes du surpoids et de l’obésité juvénile
1.4. Les conséquences du surpoids et de l’obésité juvénile
1.5. Les interventions pour réduire l’obésité juvénile
1.6. Problématiques associées aux interventions visant les jeunes en surpoids
1.7. Pertinence de l ‘étude
1.8. Questions de recherche
CHAPITRE II RECENSION DES ÉCRITS
2.1. Le modèle écologique: un cadre de référence pour orienter les interventions
2.2. Le GEPEEP et le modèle écologique
2.3. Rôle des parents auprès de leurs jeunes en surpoids
2.4. Rôle des intervenants en santé envers les jeunes en surpoids
2.4.1. Les médecins de famille et les pédiatres
2.4.2. Les autres intervenants des domaines de la santé et de l’éducation
2.5. Objectifs de l’étude
2.6. Hypothèses et résultats attendus
CHAPITRE III MÉTHODOLOGIE
3.1. Étude de cas
3.2. Description du milieu et des participants
3.3. Instrument de collecte de données
3.4. Procédures éthiques
3.5. Collecte et analyse des données
CHAPITRE IV TACKLING CHILDHOOD OVER WEIGHT: PARENTAL PERCEPTIONS OF
STAKEHOLDER ROLES IN A COMMUNITY-BASED INTERVENTION
4.1. Abstract
4.2. Introduction
4.2.1. Role of parents toward their overweight children
4.2.2. Role ofhealth professionals
4.3. Methods
4.4. Results
4.4.1. Parents’ knowledge of childhood overweight
4.4.2. Parental views oftheir role toward their overweight children
4.4.3. Parental perceptions about the role of professionals
4.5. Discussion
4.5.1. Participants’ background
4.5.2. Parents’ knowledge of childhood overweight
4.5.3. Parental views oftheir role toward their overweight children
4.5.4. Parental perceptions about the role of professionals
4.5.5. Limitations ofthe study
4.6. Conclusion
4.6.1. Implications for practice
4.6.2. Implications for future research
4.6.3. Conflict ofinterest
4.7. References
CHAPITRE V DISCUSSION
5.1. Les participants
5.2. Connaissances parentales relatives au surpoids chez les jeunes
5.3. Perceptions parentales de leur rôle envers leurs enfants en surpoids
5.4. Perceptions parentales à l’égard des rôles des intervenants
5.5. Limites de l’étude
CHAPITRE VI CONCLUSION ET IMPLICATIONS
6.1. Impl ications pratiques
6.2. Implications pour la recherche future
RÉFÉRENCES
ANNEXES
A. Guide d’entrevue

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