Rôle de l’enseignant dans l’adaptation scolaire de l’élève

Introduction

   La maltraitance envers les enfants représente un problème familial et social particulièrement préoccupant en raison des nombreuses conséquences qu’il engendre sur l’ensemble des sphères développementales de l’enfant (Cicchetti & Lynch, 1993; Cicchetti & Valentino, 2006). La maltraitance a notamment des impacts importants sur le développement interpersonnel et les relations sociales du jeune enfant (Cicchetti & Valentino, 2006; Dodge, Bates, & Pettit, 1990; Shonk & Cicchetti, 2001). À cet effet, puisque la maltraitance est considérée comme une perturbation profonde de la relation parent-enfant, elle risque de nuire à l’établissement d’un lien d’attachement sécurisant avec le donneur de soin (Cyr et al., 2010).L’adaptation sociale hors du cercle familial est également difficile pour les enfants victimes d’abus et/ou de négligence, notamment dans le contexte scolaire (Crozier &Barth, 2005; Eckenrode, Laird, & Doris, 1993; Manly, Lynch, Oshri, Herzog, & Wortel, 2013; Shonk & Cicchetti, 2001). De façon générale, l’adaptation sociale dans le milieu scolaire comprend entre autres le développement de comportements sociaux adéquats et de relations avec les pairs ainsi que l’établissement de relations harmonieuses avec les enseignants (Alexander, Entwisle, & Horsey, 1997; Bradley, Corwyn, Burchinal, McAdoo, & Garcia-Coll, 2001; De Rousie & Durham, 2008; Landry, Smith, Swank, & Miller-Locar, 2000). De ce fait, puisque les enfants maltraités sont à risque de présenter des lacunes aux plans relationnel et social, les relations avec les enseignants risquent d’être problématiques. Dailleurs, d’après Lynch et Cicchetti (1991), les enfants victimes de maltraitance établissent des relations moins positives et moins satisfaisantes avec leurs enseignants que les enfants non maltraités. Cependant, peu détudes, hormis celle de Lynch et Cicchetti, se sont penchées sur la relation élève-enseignant chez les enfants maltraités.Par ailleurs, il est possible démettre lhypothèse dun lien entre la relation d’attachement mère-enfant et la relation élève-enseignant. En effet, la théorie de l’attachement stipule que les interactions que l’enfant entretient avec des adultes significatifs sont centrales dans le développement de lensemble de ses relations ultérieures (Bowlby, 1979). Dans le monde scolaire, l’enseignant se présente comme un adulte significatif avec qui l’enfant est susceptible de développer une relation affective significative. D’ailleurs, quelques études effectuées auprès de la population générale ont montré que la qualité de la relation dattachement mère-enfant est associée à la qualité de la relation élève-enseignant dans le milieu scolaire, et que, spécifiquement, les enfants ayant un attachement insécurisant risquent de développer une relation plus négative et moins harmonieuse avec leur enseignant (OConnor & McCartney, 2006; Rydell et al., 2005). Sachant cela, nous pouvons nous demander si la relation dattachement mère-enfant joue un rôle dans la qualité de la relation élève-enseignant chez les enfants victimes de maltraitance, pour qui nous savons que l’adaptation sociale est particulièrement difficile. Une étude a d’ailleurs montré que la qualité de la relation mère-enfant joue un rôle modérateur dans l’adaptation scolaire d’enfants maltraités (Toth & Cicchetti, 1996). La qualité de la relation élève-enseignant n’a toutefois pas été incluse comme mesure de l’adaptation scolaire dans cette étude. Sauf erreur, aucune étude, jusqu’à maintenant, ne s’est intéressée à la fois à la relation d’attachement mèreenfant et à la qualité de la relation élève-enseignant chez les enfants maltraités.

La maltraitance

L’OMS (Organisation mondiale de la santé, 2010) définit la maltraitance envers les enfants comme étant toute forme dabus ou de négligence envers les jeunes âgés de moins de 18 ans. « La maltraitance envers les enfants inclut tous les types de mauvais traitements physiques et/ou affectifs, les abus sexuels, la négligence, l’exposition à la violence conjugale, l’exploitation commerciale ou autre forme dexploitation, entrainant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de lenfant, sa survie, sa dignité ou son développement dans le contexte d’une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir» [traduction libre] (Organisation mondiale de la santé, 2010). La maltraitance peut donc être définie comme un préjudice physique ou psychologique qui est causé à l’enfant (Cicchetti & Valentino, 2006). Il est à noter que la maltraitance inclut à la fois des actes de commission (ex. : frapper lenfant) et des actes domission (ex. : ne poser aucun geste pour protéger l’enfant) (Wekerle, Wolfe, Dunston & Alldred, 2014). Selon les auteurs ayant écrit sur le sujet, il existe quatre formes de maltraitance : labus sexuel,l’abus physique, la maltraitance psychologique et la négligence.L’abus sexuel d’un enfant réfère aux gestes à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu en situation de pouvoir sans le consentement de la personne visée, ou encore en utilisant le chantage ou la manipulation affective (Gouvernement du Québec, 2001). Cet abus de pouvoir peut se produire par l’utilisation de la force ou de la contrainte, ou sous la menace implicite ou explicite (Gouvernement du Québec, 2001). Les activités sexuelles peuvent être de nature directe (ex.: attouchement, relation sexuelle) ou indirecte (ex.: visionnement de film pornographique), impliquant un enfant (Cicchetti & Valentino, 2006; Organisation mondiale de la Santé, 1999). Il existe deux types de violence sexuelle en fonction du lien entre la victime et l’agresseur. Le premier type est la violence sexuelle intrafamiliale, qui se produit quand l’enfant est agressé par un membre de sa famille immédiate ou élargie,alors que le second type est la violence sexuelle extrafamiliale, c’est-à-dire lorsque l’agresseur de l’enfant n’est pas un membre de la famille (Baril & Tourigny, 2009).

Prévalence

  La maltraitance envers les enfants constitue un problème particulièrement préoccupant partout dans le monde. L’OMS (Organisation mondiale de la santé, 2010) rapporte que 20 % des femmes et 5 à 10 % des hommes soutiennent avoir été abusés sexuellement dans leur enfance, et 25 à 50 % des enfants déclarent être victimes d’abus physiques. Les statistiques canadiennes et québécoises dressent un portrait tout aussi inquiétant de la maltraitance.L’Étude canadienne sur l’incidence des signalements de cas de violence et de négligence envers les enfants (ECI) rapporte que 235 842 enquêtes sur les mauvais traitements et sur le risque de futurs mauvais traitements envers les enfants ont été menées au pays en 2008 (Trocmé et al., 2010). Parmi ces enquêtes, 74 % étaient axées sur les incidents possibles de violence ou de négligence (174411 enquêtes sur les mauvais traitements envers les enfants) et 26 % étaient axées sur les risques de futurs mauvais traitements (61 431 enquêtes). Les mauvais traitements ont été corroborés pour 36 % des enquêtes (85440 enquêtes). L’ECI divise les mauvais traitements en cinq catégories: la violence physique, les abus sexuels, la négligence, la violence psychologique et l’exposition à la violence conjugale. Les deux catégories les plus fréquentes de mauvais traitements corroborés sont l’exposition à la violence conjugale et la négligence, représentant chacune 34 % des mauvais traitements corroborés. La violence physique représente 20 % des mauvais traitements corroborés, la violence psychologique compte pour 9 % et l’abus sexuel, pour 3 %.Les données mentionnées précédemment issues de l’Étude canadienne sur l’incidence des signalements de cas de violence et de négligence envers les enfants (ECI) dressent un portrait des statistiques sur la maltraitance dans un contexte de signalement en protection de la jeunesse. Du côté des statistiques au plan criminel, Statistique Canada rapporte que, en 2009, 54660 jeunes âgés de 0 à 17 ans ont été victimes d’infractions sexuelles et de voies de fait déclarées par la police (Statistique Canada, 2009a). Parmi ces jeunes, 14833 ont été victimes d’infractions sexuelles et de voies de fait de la part de membres de la famille déclarées par la police (Statistique Canada, 2009b)

Modèle écologique-transactionnel et facteurs de risque de la maltraitance

  La maltraitance est un phénomène social qui émerge dans des contextes particuliers où certaines caractéristiques ou facteurs de risque sont présents. Le modèle écologiquetransactionnel de la maltraitance élaboré par Cicchetti et Lynch (1993) permet de documenter les facteurs de risque et de protection impliqués dans la maltraitance envers les enfants. À l’heure actuelle, ce modèle demeure l’un des plus utilisés pour comprendre l’étiologie de la maltraitance. Selon la perspective écologiquetransactionnelle (Cicchetti & Lynch, 1993), le développement et l’adaptation de l’enfant maltraité sont influencés par plusieurs niveaux systémiques qui, eux-mêmes,s’influencent mutuellement. Parmi ces niveaux systémiques, certains sont plus éloignés de l’enfant, tels que les systèmes constitués de la culture et de la communauté, et d’autres sont plus près, comme le milieu familial; les caractéristiques des systèmes près de l’enfant ont les effets les plus directs sur le développement de ce dernier.Selon le modèle écologique-transactionnel de la maltraitance (Cicchetti & Lynch, 1993), les systèmes et leurs facteurs de risque et de protection interagissent ensemble.Puisque la maltraitance s’inscrit dans un contexte large, aucun facteur de risque ne peut l’expliquer à lui seul. Il faut plutôt considérer la multiplicité et l’interaction des facteurs de risque pour comprendre l’émergence de la maltraitance envers les enfants (Cicchetti & Valentino, 2006). La présence de nombreux facteurs de vulnérabilité à tous les niveaux écologiques risque de compromettre le développement de l’enfant. À l’inverse,la présence de facteurs de protection à un ou plusieurs niveaux systémiques peut permettre à l’enfant de bien se développer malgré l’adversité. Ainsi, la présence de violence à l’un des niveaux écologiques ne condamne pas nécessairement l’enfant à des lacunes développementales. Certains facteurs de protection, comme la présence d’un attachement sécurisant entre la mère et l’enfant, peuvent compenser pour des facteurs de risque comme la violence familiale et permettre à l’enfant de bien se développer.

  Le modèle écologique-transactionnel de la maltraitance (Cicchetti & Lynch, 1993) permet donc de mettre en lumière l’importance de l’interaction entre les facteurs de risque et de protection pour déterminer l’adaptation de l’enfant. En plus de cette compréhension des différents facteurs, il est important de considérer la dimension temporelle, c’est-à-dire la période durant laquelle les facteurs sont présents dans la vie de l’enfant. Les facteurs de risque et de protection peuvent être transitoires ou perdurer dans le temps. Par exemple, un enfant dont le parent est sans emploi de manière transitoire, sur une courte période de temps, ne connaitra pas les mêmes obstacles développementaux que l’enfant dont le parent est sans emploi de façon permanente. Dans le dernier cas, puisque le facteur de risque est présent dans la vie de l’enfant sur une longue période de temps et durant toutes les étapes de son développement, il est susceptible d’avoir un impact plus néfaste sur son adaptation.

La Situation étrange comme mesure de l’attachement

  Afin de déterminer le type d’attachement d’un enfant envers son donneur de soin, il ne suffit pas de simplement observer les interactions entre eux. Pour évaluer l’attachement, il importe plutôt de déterminer comment un enfant organise ses comportements d’attachement en fonction de son besoin de protection et de réassurance et de son désir d’explorer son environnement (Weinfield et al., 2008). La Situation étrange (Ainsworth et al., 1978) a été élaborée par Ainsworth et ses collègues pour évaluer la relation d’attachement entre l’enfant et son donneur de soin. Cette méthode basée sur l’observation représente une mesure étalon acceptée par tous les chercheurs dans le domaine de l’attachement et elle est maintenant reconnue comme étant la mesure la plus utilisée et la plus validée empiriquement pour évaluer l’attachement chez les enfants de 12 à 20 mois (Solomon & George, 2008; Weinfield et al., 2008). La Situation étrange est utilisée partout dans le monde pour évaluer la relation entre l’enfant et son donneur de soin, notamment dans plusieurs pays européens, au Japon, en Israël, en Chine, en Indonésie et en Afrique (Hu & Men, 1996; Kermoian & Leiderman, 1986; Sagi, Koren-Karie, Gini, Ziv, & Joels, 2002; Solomon & George, 2008; Takahashi,1986; True et al., 2001; van IJzendoorn & Sagi-Schwartz, 2008; Zevalkink, RiksenWalraven, & van Lieshout, 1999).

  La Situation étrange est une procédure en laboratoire qui vise à créer un stress léger à modéré chez l’enfant en introduisant plusieurs éléments stressants pour ce dernier: une pièce inconnue, une personne étrangère qui interagit avec l’enfant et deux brèves séparations d’avec la figure d’attachement (Ainsworth et al., 1978). La prémisse de la Situation étrange est que l’accumulation de ces stresseurs activera le système d’attachement de l’enfant et permettra d’évaluer les comportements de ce dernier en fonction de la disponibilité de sa figure d’attachement. Cette situation révèle également la capacité de l’enfant à gérer l’équilibre entre l’exploration de l’environnement et la recherche de proximité avec la figure d’attachement (Weinfield et al., 2008). La Situation étrange élaborée par Ainsworth et ses collègues (1978) comprend 7 épisodes d’une durée de 3 minutes. D’abord, le parent et l’enfant entrent dans une pièce qui contient quelques jouets et une chaise sur laquelle le parent peut s’asseoir. L’enfant peut explorer la pièce à sa guise et le parent peut l’assister lorsque nécessaire. Puis, une personne étrangère entre dans la pièce et s’installe pour jouer avec l’enfant. Une première séparation a ensuite lieu, c’est-à-dire que le parent quitte la pièce et l’enfant est laissé avec la personne étrangère. Une première réunion entre le parent et l’enfant a lieu 3 minutes plus tard et la personne étrangère quitte la pièce discrètement.Puis, une seconde séparation survient dans laquelle le parent quitte la pièce de nouveau et, cette fois, laisse l’enfant seul. C’est la personne étrangère qui revient ensuite dans la pièce. Trois minutes plus tard, la seconde réunion a lieu alors que le parent entre de nouveau dans la pièce et que la personne étrangère quitte discrètement.

Relation élève-enseignant (Temps 2; 7-9 ans)

  La qualité de la relation entre l’enfant et son enseignant à l’école primaire a été mesurée par le biais du questionnaire Student-Teacher Relationship Scale (STRS) (Pianta, 1996). Ce questionnaire est composé de 28 items et il permet d’obtenir la perception de l’enseignant par rapport à sa relation avec l’enfant. Les réponses sont présentées sur une échelle de type Likert en cinq points où 1 = Ne s’applique pas du tout,
2
= Ne s’applique pas vraiment, 3 = Neutre, pas certain, 4 = S’applique un peu et
5
= S’applique tout à fait. Le questionnaire permet d’obtenir un score global de la relation élève-enseignant. Il comporte également trois échelles: la proximité, la dépendance et le conflit au sein de la relation élève-enseignant. Cet instrument possède d’excellentes qualités psychométriques (pianta, 1996)

Répartition des types d’attachement selon le statut de négligence

  La répartition des types d’attachement en fonction du statut de négligence apparait au Tableau 2. Les types d’attachement sont d’abord divisés en quatre catégories (sécurisant, évitant, ambivalent et désorganisé), puis en deux catégories présentant l’attachement sécurisant vs insécurisant et l’attachement désorganisé vs non désorganisé.En ce qui a trait à la répartition en quatre catégories d’attachement, les résultats au test de Khi-carré ne révèlent aucune différence significative entre les groupes négligé et nonnégligé. Dans le but de tester l’hypothèse de recherche selon laquelle on retrouvera davantage d’enfants avec un attachement sécurisant dans le groupe non négligé que dans le groupe négligé, un test de Khi-carré a été effectué. Les résultats révèlent une différence marginale entre les groupes quant à l’attachement sécurisant et insécurisant : la proportion d’enfants avec un attachement sécurisant est marginalement plus élevée dans le groupe non négligé (54,8 %) que dans le groupe négligé (36,0 %). Afin de tester la seconde hypothèse de recherche, selon laquelle il y aura davantage d’enfants ayant un attachement désorganisé dans le groupe négligé que dans le groupe non négligé, un test de Khi-carré a de nouveau été effectué. Les résultats ne révèlent aucune différence significative entre les groupes en ce qui concerne les catégories d’attachement désorganisé et non désorganisé.

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Table des matières

Sommaire
Liste des tableaux
Remerciements

Introduction
Contexte théorique

 La maltraitance
Définition
Prévalence
Modèle écologique-transactionnel et facteurs de risque de la maltraitance
La négligence envers les enfants
Conséquences de la maltraitance
 L’attachement 

Théorie de l’attachement de Bowlby
La sécurité et l’insécurité de l’attachement
La
Situation étrange comme mesure de l’attachement
  Les types d’attachement
Attachement sécurisant
Attachement insécurisant-évitant 

Attachement insécurisant-ambivalent
Attachement désorganisé

    Attachement et adaptation ultérieure 
    Qualité de la relation d’attachement mère-enfant en contexte de maltraitance
La relation élève-enseignant
Caractéristiques de la relation élève-enseignant

La proximité

La dépendance

Les conflits

Rôle de l’enseignant dans l’adaptation scolaire de l’élève

Relation élève-enseignant, attachement et maltraitance

Relation d’attachement mère-enfant et qualité de la relation élève-enseignant 

Maltraitance et relation élève-enseignant

Maltraitance, relation mère-enfant et adaptation
scolaire
Objectifs et hypothèses de
recherche
Méthode

  Participants

  Procédure
  Instruments de mesure
Questionnaire sociodémographique (Temps 1; 4-6 ans) 

Attachement mère-enfant (Temps 1; 4-6 ans) 

Relation élève-enseignant (Temps 2; 7-9
ans)
Résultats
  Analyses préliminaires
Répartition des types d’attachement selon le statut de négligence
Qualité de la relation élève-enseignant
selon
le statut de négligence et l’attachement
Discussion 
  La qualité de la relation
élève-enseignant chez les enfants négligés
L’attachement mère-enfant chez les enfants négligés

L’attachement mère-enfant et la qualité de la relation
élève-enseignant

  Forces et limites 
Conclusion
Références

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