Relation positivité/Caractéristiques logistiques et sanitaires des écuries

IMMUNITE A MEDIATION HUMORALE

Le transfert passif par injection d’un immun sérum chez un animal naï f lui confère une protection partielle et de courte durée envers une infection à babesia, avec une immunité spécifique contre l’espèce de babesia neutralisée par le sérum (59). De plus, les poulains nés de mères infectées ne présentent pas, en général, de signes cliniques de babésiose lorsqu’ils sont mis en contact pour la première fois avec le parasite alors que les poulains issus de mères indemnes développent la maladie.

Cela signe un transfert passif d’immunité via le colostrum. Ce transfert passif a été objectivé par Donnelly et Phipps en 1982 (19) qui ont mis en évidence des anticorps fixant le complément chez des poulains de moins d’un an nés en Angleterre (zone indemne) de mères lusitaniennes importées du Portugal. Chez ces juments positives, le taux d’anticorps demeurait constant alors que le taux d’anticorps des poulains diminuait régulièrement jusqu’à disparaître totalement à quatre mois d’âge.

En outre, il a été démontré que des poulains immunodéprimés, manquant de lymphocytes B et T matures, sont incapables de combattre l’infection car ils ne peuvent pas développer de réponse immunitaire spécifique et donc contrôler leur parasitémie ; ce malgré la présence chez ces mêmes poulains, d’un système du complément fonctionnel, de macrophages, de granulocytes, de lymphocytes T natural killer et d’une rate intacte (38). L’immunité mise en place lors d’une infection à B. caballi ou B. equi fait donc intervenir une immunité à médiation cellulaire et une immunité à médiation humorale ; c’est l’étude de la cinétique des anticorps au cours de l’infection qui permettra d’expliquer le choix des tests de dépistage.

CINETIQUE DES ANTICORPS 

Plusieurs études se sont intéressées à l’évolution au cours du temps du taux d’anticorps sur des chevaux infectés expérimentalement par B. caballi ou B. equi (17). Les tests de dépistage utilisés n’ayant pas toujours le même seuil de détection, les conclusions quant au jour de détection des premiers anticorps et au jour où les anticorps ne sont plus décelés dans le sérum varient quelque peu. Cependant, dans chaque étude, les premiers anticorps peuvent être dépistés en moyenne entre 7 et 11 jours post-inoculation et présentent un pic 30 à 45 jours après infection. Ces anticorps déclinent ensuite sans jamais disparaître totalement tant que le cheval reste porteur du parasite. Dans les études portant sur les périodes les plus longues, les anticorps anti-B. caballi ont été détectés 190 jours post-infection, ce qui correspondait à la fin de l’étude (70) ; les anticorps anti-B. equi étant dépistés jusqu’à 455 jours post-inoculation, là encore jusqu’à la fin de l’étude (70). Les figures 5 et 6 illustrent la cinétique de ces anticorps après un contact avec chacune des babesi.

APPROCHE DES FACTEURS DE CONFUSION INTERVENANT LORS DE L’ANALYSE BIVARIEE

Le but de ce paragraphe est de sensibiliser le lecteur aux facteurs de confusion susceptibles d’être intervenus lors de l’analyse bivariée. Parmi tous les facteurs de risque et de protection potentiels mis en évidence, certains ne sont sans doute pas des facteurs de risque réels, ou des facteurs de protection réels. En effet, si un facteur de risque réel (A) prédispose fortement les chevaux au portage d’une babesia, et si ce même facteur (A) est fortement lié à un autre facteur (B), alors le facteur (B) peut apparaître comme facteur de risque potentiel sans l’être réellement. Le facteur (A) induit un biais sur le résultat du facteur (B). Prenons un exemple : d’après l’épidémiologie, les tiques vectrices vivent dans des zones herbeuses.

Le facteur « logement dans un pré » peut, en toute logique, être un facteur de risque réel pour la babésiose. Par contre, l’épidémiologie de la maladie n’explique pas que le caractère « entier » soit un facteur protecteur pour la maladie. On peut, à ce moment là, se demander si être entier pour un cheval est réellement un facteur de protection ou si un biais entraîne ce résultat. Dans cet exemple, on peut penser que les entiers sont en général des chevaux « chauds » qui vivent plutôt en box. Ceci est confirmé par l’analyse descriptive de la population des chevaux en Camargue : les entiers vivent significativement (p<0,0001) plus souvent en box que les autres (la moitié (n=28/56) des chevaux vivant en box sont entiers).

Le facteur « cheval entier » peut donc apparaître comme facteur protecteur alors que c’est le facteur « vie en box » qui est le facteur protecteur réel contre la babésiose. De la même façon, à l’échelle des écuries, la présence d’aigrettes est un facteur de risques potentiel pour B. caballi. N’étant généralement pas reliés à l’épidémiologie des babésioses, on peut se demander si ces oiseaux représentent un facteur de risque réel, d’autant que lorsque l’on reprend la description de la population, dans 57% (n=25/44) des cas, les aigrettes vivent dans la zone 93, elle-même facteur de risque pour la maladie. Ces résultats pourraient de ce fait être biaisés.

A travers ces exemples, le lecteur peut se rendre compte que l’analyse bivariée présente une limite quant à l’interprétation des résultats car elle n’intéresse qu’un facteur à la fois, comme si ces facteurs étaient indépendants les uns des autres, or l’analyse descriptive de la population montre bien que certains sont liés. Une autre difficulté, liée cette fois à la distribution des chevaux de l’échantillon, empêche de définir, pour certains facteurs, lesquels sont effectivement facteurs de risque ou protecteurs : prenons par exemple deux facteurs de risque pour B. caballi : « résider dans la localisation 93 » et « vivre dans les marais la journée ». Dans l’analyse descriptive de la population, ces deux facteurs sont significativement associés (p<0,0001).

Ce sont donc les mêmes chevaux qui résident dans la zone 93 et qui vivent dans les marais. On ne peut alors pas distinguer grâce à une analyse statistique ces deux facteurs. On ne peut que définir une souspopulation de chevaux « résidant dans la zone 93 et vivant dans les marais ». Afin de déterminer quels facteurs sont effectivement facteurs de risque vis-à-vis du portage de B. caballi, on devra alors comparer le nouveau facteur de risque potentiel : « résider dans la zone 93 et vivre dans les marais » aux autres facteurs potentiels.

LES QUESTIONNAIRES

Un premier point de discussion concerne le contenu des questionnaires eux-mêmes : les questionnaires ont été mis au point avant tout pour la recherche de facteurs de risque de la maladie de West Nile, il semble évident que s’il s’était limité aux facteurs de prévalence de la babésiose, les données concernant tous les oiseaux (réservoirs du virus West Nile) et tous les points d’eau (gîtes larvaires des moustiques) auraient été moins détaillés. Par contre, il est regrettable qu’aucun renseignement n’ait été fourni quant à la présence de tiques sur les chevaux, ni sur les moyens de lutte utilisés contre eux.

On peut cependant supposer que la lutte contre les moustiques, réalisée en grande majorité avec des insecticides du type pyréthrynoï des, ait aussi eu une efficacité, au moins partielle, contre les tiques. Ensuite, il est intéressant de commenter la collecte des données : la totalité des questionnaires chevaux et environnement ont été remplis, tous les chevaux participant à l’étude ont été identifiés et toutes les écuries localisées. Les données manquantes à l’échelle du cheval correspondent à des questionnaires partiellement remplis (par biais de mémoire notamment sur le délai d’acquisition ou le lieu de naissance de l’animal par exemple) ou des résultats de sérologie manquants suite à une problème du laboratoire ayant effectué les analyses.

Par ailleurs, nous nous sommes heurtés à de grosses difficultés lors de la description de l’environnement des chevaux. Nous avions défini au départ l’environnement par un rayon de 500m autour des chevaux or dans la zone étudiée, la superficie à disposition des chevaux est extrêmement variable (de 0 à plus de 400 hectares). Ainsi, si la description de l’environnement est relativement aisée lorsque cette superficie est faible, elle est bien plus complexe lorsque les chevaux disposent de parcs de plusieurs centaines d’hectares. Dans ce second cas la notion même d’environnement se complique : est-ce l’environnement « autour des parcs », ou bien à « l’intérieur » de ceux-ci, sachant qu’alors cet environnement, sur de telles surfaces est bien souvent très varié. Pour pallier à ce biais de classification, lorsque la superficie à disposition des chevaux dépassait un hectare, nous avons inclus les caractéristiques de cette surface dans la description de l’environnement.

De plus certains animaux sont déplacés au cours de l’année dans des endroits dont les milieux varient. Nous avons dans ce cas noté les coordonnées GPS du lieux où se trouvent les chevaux de Mars à Novembre, et lorsque celui-ci variait, nous avons pris celles du milieu le plus humide et où les chevaux résidaient le plus longtemps.

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Table des matières

Introduction
1 BASES THÉORIQUES NECESSAIRES À L’ÉTUDE ÉPIDÉMIOLOGIQUE DE LA BABÉSIOSE EN CAMARGUE
1.1 ETIOLOGIE
1.1.1 Taxinomie des parasites
1.1.2 Morphologie des parasites
1.1.2.1 Babesia caballi
1.1.2.2 Babesia equi
1.1.3 Cycles évolutifs des parasites
1.1.3.1 Développement chez le cheval
1.1.3.1.1 Babesia caballi
1.1.3.1.2 Babesia equi
1.1.3.2 Développement chez la tique vectrice
1.1.3.2.1 Espèces vectrices
1.1.3.3 Déroulement du cycle
1.1.3.4 Schémas récapitulatifs
1.2 EPIDEMIOLOGIE THÉORIQUE
1.2.1 Epidémiologie descriptive
1.2.1.1 En France
1.2.1.2 Sur le vieux continent, de l’Europe à l’Asie
1.2.1.3 Dans le reste du monde
1.2.2 Epidémiologie analytique
1.2.2.1 Sources de parasites
1.2.2.1.1 Sources directes : les tiques
1.2.2.1.2 Sources indirectes : les chevaux infectés
1.2.2.2 Modes d’infection
1.2.2.3 Réceptivité
1.2.2.3.1 Espèces
1.2.2.3.2 Races
1.2.2.3.3 Age
1.2.2.3.4 Rôle de l’immunité
1.2.3 Epidémiologie synthétique
1.3 RÉPONSE IMMUNITAIRE DE L’HOTE
1.3.1 Immunité de prémunition
1.3.2 Nature de l’immunité de prémunition
1.3.2.1 Immunité à médiation cellulaire
1.3.2.2 Immunité à médiation humorale
1.3.3 Cinétique des anticorps
1.4 CONSÉQUENCES POUR LE CHOIX DU DIAGNOSTIC EXPÉRIMENTAL
1.4.1 Diagnostic direct
1.4.1.1 Etalement et coloration sur lame
1.4.1.2 Immunofluorescence directe (IFD
1.4.1.3 Sondes à ADN
1.4.2 Diagnostic indirect
1.4.2.1 Fixation du complément
1.4.2.2 Précipitation en gélose
1.4.2.3 Immunofluorescence indirecte
1.4.2.4 Enzyme-Linked ImmunoSorbant Assay (ELISA)
1.4.2.5 WESTERN BLOT
2 MATÉRIEL ET MÉTHODE
2.1 CHOIX DE L’ÉCHANTILLON DE CHEVAUX
2.1.1 Zones géographiques retenues
2.1.2 Type de chevaux recherchés
2.1.3 Ecuries retenues
2.2 RÉALISATION ET COLLECTE DES DONNÉES DES QUESTIONNAIRES
2.2.1 Conservation de l’anonymat
2.2.2 Réalisation des questionnaires
2.2.2.1 Questionnaire cheval
2.2.2.2 Questionnaire environnement
2.2.3 Collecte des données et utilisation statistique
2.2.3.1 Les questionnaires
2.2.3.2 Analyse statistique
2.3 RÉALISATION ET TRAITEMENT DES PRÉLÈVEMENTS
2.3.1 Choix de la période de prélèvement
2.3.2 Traitement des prélèvements depuis la prise de sang jusqu’au laboratoire d’analyse
2.3.3 Méthode de dépistage expérimental
3 RÉSULTATS
3.1 DESCRIPTION DE LA POPULATION DES CHEVAUX EN CAMARGUE
3.1.1 Caractérisation des chevaux camarguais
3.1.2 Caractérisation des « écuries » camarguaises
3.1.3 Caractérisation de l’environnement des « écuries » camarguaises
3.2 PRÉVALENCE ET FACTEURS DE RISQUE DE LA BABÉSIOSE EN CAMARGUE
3.2.1 Epidémiologie descriptive de la séroprévalence grâce à l’analyse bivariée
3.2.1.1 A l’échelle des chevaux
3.2.1.1.1 Relation positivité/ Activité principale
3.2.1.1.2 Relation positivité/Caractéristiques physiques et sanitaires
3.2.1.1.3 Relation positivité/Caractéristiques de l’habitat, historique
3.2.1.2 A l’échelle des écuries
3.2.1.2.1 Relation positivité/Caractéristiques logistiques et sanitaires des écuries
3.2.1.2.2 Relation positivité/Signes cliniques pouvant être associés à la babésiose dans les écuries
3.2.1.3 A l’échelle de l’environnement des chevaux autour des écuries
3.2.1.3.1 Relation positivité/Animaux présents au contact des chevaux
3.2.1.3.2 Relation positivité/Végétation
3.2.2 Approche des facteurs de confusion intervenant lors de l’analyse bivariée
4 DISCUSSION
4.1 PROTOCOLE RÉALISÉ
4.1.1 L’échantillon prélevé
4.1.2 Le test diagnostic
4.1.3 La période de prélèvement
4.1.4 Les questionnaires
4.2 PRÉVALENCE DE LA BABÉSIOSE EN CAMARGUE COMPARÉE AUX AUTRES RÉGIONS DU MONDE
4.3 FACTEURS DE RISQUE ET FACTEURS PROTECTEURS MIS EN ÉVIDENCE GRACE A L’ANALYSE BIVARIEE
4.3.1 A l’échelle individuelle
4.3.2 A l’échelle des écuries
4.3.3 Commentaire quant à l’absence de corrélation signes cliniques/positivité
4.4 APPLICATION PRATIQUE À LA LUTTE CONTRE LA BABÉSIOSE EN CAMARGUE
4.4.1 Medications à disposition
4.4.1.1 Traitement des chevaux porteurs chroniques
4.4.1.2 Chimioprévention
4.4.2 Lutte contre les tiques
4.4.2.1 Durant la vie libre de la tique
4.4.2.2 Lorsque la tique est accrochée sur le cheval
4.4.3 Méthodes d’élevages et lutte contre la transmission de la babésiose
Conclusion
Annexes
Bibliographie

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