Rappels sur le systeme macrophagique

La maladie de Rosaï-Dorfman (MRD), encore appelée histiocytose sinusale non langheransienne avec lymphadénopathie massive est une pathologie lymphoproliférative [93]. La maladie de Rosaï-Dorfman fut décrite pour la première fois en 1965 par le pathologiste Français Paul Destombes (Destombes, 1965), puis définie en tant qu’entité anatomo-clinique par Rosaï et Dorfman (1969-1972) [74, 130]. Elle est rare, bénigne, d’étiologie inconnue [74, 46, 112]. Elle touche avec prédilection les enfants et les adultes jeunes sans distinction de sexe ni de race. Elle se manifeste de manière générale par de volumineuses adénopathies cervicales le plus souvent bilatérales, non douloureuses, d’évolution bénigne mais persistante [46]. Des localisations extraganglionnaires sont décrites en association avec l’atteinte ganglionnaire ou isolèment. Le diagnostic de cette affection est histologique, caractérisé par une infiltration histiocytaire avec empéripolèse essentiellement de lymphocytes [99]. L’étiopathogénie demeure mystérieuse, elle n’est encore qu’incomplètement élucidée dans la littérature [36]. La prise en charge n’est pas codifiée, elle associe selon les cas, la chirurgie, les corticoïdes, les antimétabolites et l’interféron alpha. En Afrique tropicale, la maladie de Rosaï-Dorfman pose un problème de diagnostic différentiel avec la tuberculose ganglionnaire, le lymphome hodgkinien et non hodgkinien ; du fait de leur similitude clinique et conduit souvent à des erreurs diagnostiques. Les études consacrées à cette affection en Afrique tropicale sont rares [93].

HISTORIQUE 

La maladie de Rosaï-Dorfman est une histiocytose réactionnelle ganglionnaire rare, décrite par des auteurs anglo-saxons.
En 1959, Pierre Destombes [36] rapporte une première série concernant 4 enfants et adultes jeunes des Antilles et d’Afrique (Mali), chez qui on retrouve des adénopathies atypiques, avec à l’examen anatomopathologique une adénite avec des histiocytes surchargés en lipides tout autour des lésions.
En 1969, Juan Rosaï et Ronald Dorfman individualisent ce syndrome pour la première fois à partir de 4 observations, et font de l’affection une entité anatomoclinique bénigne, l’appelant histiocytose sinusale avec lymphadénopathie massive [104, 50].
En 1972, après l’analyse détaillée de 34 cas, Rosaï et Dorfman établissaient de façon concrète la validité de la maladie comme une entité clinico-histologique bien définie [104, 50]. Cette maladie est caractérisée sur le plan clinique par la présence habituelle de volumineuses adénopathies d’allure pseudo-tumorale. Sur le plan morphologique, il existe dans le sinus lymphatique dilaté de nombreux histiocytes volontiers spumeux, étroitement associés à des lymphocytes et autres éléments de sang.
De 1965 jusqu’à 1977, la maladie de Rosaï-Dorfman a reçu diverses dénominations, laissant deviner les caractéristiques essentielles de cette affection [40] :
– adénite avec surcharge lipidique ;
– adénopathies chroniques avec prolifération réticulo-histiocytaire et surcharge lipidique ;
– histiocytose sinusale avec lymphadénopathie massive ;
– histiocytose lipidique ganglionnaire pseudo-tumorale ;
– lymphadénite avec histiocytose sinusale massive hémophagocytaire ;
– syndrome de Destombes-Rosaï-Dorfman ;
– histiocytose bénigne lipidique et cytophagocytaire ;
– histiocytose sinusale cytophagique et adénomégalique.

Les dénominations les plus fréquemment utilisées actuellement sont celles d’Histiocytose Sinusale avec Lymphadénopathie Massive (SHML) et de Maladie de Rosaï-Dorfman (MRD). En 1982, Foucar et coll. font état de 200 cas publiés dans le monde, et trouvent en 1984 que l’aspect microscopique caractéristique de la maladie est similaire d’un cas à l’autre et ils établissent une association entre cette entité et certaines manifestations dys-immunitaires [104, 114]. Rosaï et Dorfman ont établi alors un registre international, qui lors de sa publication
en 1990 comprenait 423 observations et qui reste à l’heure actuelle la source de données la plus exhaustive sur cette maladie [50]. Depuis, de nombreuses observations ont été publiées par des pathologistes et cliniciens de différentes spécialités.

RAPPELS SUR LE SYSTEME MACROPHAGIQUE 

Origine 

La monopoiese dérive du « Monoblaste » (cellule souche de la moelle osseuse) qui est le seul précurseur connu du monocyte. Elle est caractérisée par la diminution de la taille cellulaire et l’indentation progressive du noyau. Les monocytes matures ne circulent dans le sang qu’un jour ou deux avant d’être séquestrés dans tous les tissus conjonctifs, où ils peuvent présenter une importante activité phagocytaire. Ce sont les cellules les plus volumineuses de la série blanche et représentent 2 à 10% des leucocytes du sang périphérique et se caractérisent par un noyau volumineux, excentré, moins coloré que celui des autres leucocytes. Le rôle des monocytes semble peu important dans le sang circulant, ce sont des cellules très mobiles qui migrent dans le tissu conjonctif commun où ils sont communément désignés sous le nom d’histiocytes, s’ils sont au repos, ou de macrophages s’ils expriment leur activité phagocytaire [40].

Morphologie

Les histiocytes sont souvent difficilement identifiables sur les préparations histologiques, mais lors de la phagocytose, ils se reconnaissent par leur grande taille et par leurs inclusions de matériel englobé. Leur aspect varie cependant en fonction de la nature de leur activité phagocytaire. L’aspect général de ces cellules macrophagiques est difficile à présenter. Ce sont de grandes cellules de 20 à 80 μ de diamètre. Le noyau est assez grand, arrondi ou ovalaire, avec une chromatine finement réticulée et un petit nucléole bien visible. Le cytoplasme, abondant et pâle, a des limites floues avec présence de voiles hyaloplasmiques, il est souvent vacuolaire avec des débris de phagocytose. Les organites sont nombreux en microscopie électronique, ribosomes et réticulum endoplasmique rugueux pour la synthèse d’enzymes lysosomiales ; appareil de Golgi et mitochondries importantes, traduisant un actif métabolisme ; lysosomes dont les enzymes participent à la digestion et la dégradation post-phagocytaire. Ces lysosomes sont abondants dans les histiocytes mais leur nombre diminue dans les macrophages en activité. Des microfilaments, des microtubules, de nombreuses expansions cytoplasmiques et pseudopodes, traduisent leur capacité de se déplacer, d’entourer et de phagocyter des corps figurés d’origine exo ou endogène. La population histiocytaire comporte différents types cellulaires dont les fonctions sont très différentes :
– Les cellules de Kupffer situées contre la paroi des capillaires sinusoïdes du foie.
– Les cellules épithéloïdes observées dans certains foyers inflammatoires et lors de certaines maladies (tuberculose – sarcoïdose).
– Les cellules dendritiques incluant les cellules dendritiques interstitielles, les cellules de Langerhans et les cellules interdigitées.
– Les cellules géantes incluant les cellules de Langhans qui sont des cellules multinuclées dérivant de la fusion de cellules épithéloïdes. Les cellules à corps étranger et les ostéoclastes.
– Les cellules folliculaires dendritiques sont distinctes de ces populations et ne sont pas considérées actuellement comme d’origine hématopoïétique.
– De même, l’existence de cellules dendritiques d’origine lymphoïde n’est pas établie chez l’homme [40].

Fonctions 

Deux modes de défense contre les micro-organismes coexistent, une défense dite «Innée », immédiate, non spécifique et une défense adaptative spécifique. Ces deux types de défense font intervenir des types cellulaires différents, les polynucléaires neutrophiles et éosinophiles, les macrophages et les cellules NK dans la défense « Innée », les cellules dendritiques, les lymphocytes T et B dans la défense spécifique « acquise » capable de mémoire immunitaire. Les cellules dendritiques sont les cellules présentatrices d’antigènes les plus efficaces. Les macrophages et les cellules dendritiques dérivent des mêmes précurseurs monocyto-macrophagiques. Ils sont actuellement différenciés par leurs fonctions dans l’immunité innée dans le cas de macrophages (exemple: Inflammations granulomateuses) ou dans l’immunité adaptative dans le cas des cellules dendritiques (présentations de l’antigène) et par leur phénotype partiellement commun: les macrophages expriment fortement CD68, également CD4 et n’expriment pas CD1a, les cellules de Langerhans expriment CD1a et expriment faiblement CD68 et CD4. Les cellules de Langerhans sont les cellules dendritiques les mieux connues in vivo. Dans l’immunité spécifique, les macrophages sont capables de phagocyter des bactéries et des particules en passant par quatre étapes : chimiotactisme-adhésioningestion ou phagosome digestion ou phago-lysosome. Ils interviennent aussi dans les réactions inflammatoires en formant des granulomes et en secrétant des médiateurs de l’inflammation tel que le TNF (Tumeur necrosis factor). Ils ont un rôle dans le métabolisme par le recyclage du fer au niveau de la moelle osseuse, du foie, et de la rate par destruction de l’hémoglobine des hématies âgées, métabolisation des lipides, régulation de l’hématopoïèse, régulation de l’hémostase. Ils participent dans la cicatrisation par l’élimination des débris cellulaires. En plus de leur rôle «d’éboueur», les macrophages jouent un rôle important dans les mécanismes immunitaires, puisqu’ils sont souvent les premiers à entrer en contact avec des antigènes. Ils reconnaissent le matériel antigénique avant de le présenter aux lymphocytes. Les lymphocytes stimulés produisent ensuite des réponses immunitaires spécifiques.

La conséquence des différents mécanismes immunitaires est la combinaison ou l’enrobement du matériel antigénique avec des substances, comme les anticorps ou le complément réunis sous le nom d’opsonines, les opsonines intensifient le pouvoir de phagocytose des macrophages et autres phagocytes, tels les neutrophiles, processus connu sous le nom d’opsonisation. D’autres substances telles les lymphokines, qui sont libérées durant la réponse immunitaire, agissent directement sur les macrophages pour accroître leur activité métabolique et phagocytaire. D’une façon générale, les leucocytes exercent leur activité au niveau des tissus, alors que le sang ne fait qu’assurer leur transport entre les lieux de formation, de réserve et d’activité. Ainsi, le nombre et la nature des leucocytes circulants dépendent des demandes tissulaires [40].

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Table des matières

INTRODUCTION
PREMIER PARTIE
I. HISTORIQUE
II. RAPPELS SUR LE SYSTEME MACROPHAGIQUE
II.1. Origine
II.2. Morphologie
II.3. Fonctions
III. CADRE NOSOLOGIQUE DES HISTIOCYTOSES
III.1. Classification des histiocytoses
IV. EPIDEMIOLOGIE
IV.1. Répartition géographique et groupe racial
IV.2. Age de début de la maladie
IV.3. Sexe
IV.4. Origine ethnique
IV.5. Forme familiale
V. ETHIOPATHOGENIE
V.1. Théorie infectieuse
V.2. Théorie dysimmunitaire
VI. ETUDE CLINIQUE
VI.1. Signes généraux
VI.2. Atteinte des organes
VI.2.1. Atteinte ganglionnaire
VI.2.2. Atteinte extra ganglionnaire
VI.2.3. Pathologies associées
VI.3 Para clinique
VI.3.1. Histopathologie
VI.3.1.1. Aspect au niveau des ganglions
VI.3.1.2. Aspect extra ganglionnaire
VI.3.2. Immunohistochimie
VI.3.3. Cytologie
VI.3.4. Biologie
VII. DIAGNOSTIC
VII. 1.diagnostic positif
VII.1.1. Clinique
VII.1.2. paraclinique
VII.1.2.1. Histopathologie
VII.1.2.2. Immunohistochimie
VII.2. Diagnostic différentiel
VII.2.1. Les histiocytoses réactionnelles
VII.2. 2. Les histiocytoses langerhansiennes
VII.2.3. Les histiocytoses tumorales
VII.2.4. Les histiocytoses de surcharge
VII.2.5. Autres
VIII. TRAITEMENT
VIII.1. buts
VIII.2. Moyens
VIII.3. indications
IX. ÉVOLUTION ET PRONOSTIC
DEUXIEME PARTIE
I. MATERIEL ET METHODES
I.1. Cadre d’étude
I.2. Type d’étude
I.3. Population d’étude
I.4. Critères d’inclusion et Critères de non inclusion
I.5. Paramètres d étude
I.7. Analyse des données
II. RESULTATS
II.1. Observations
II.1.1. Observation N°01
II.1.2. Observation N°02
II.1.3. Observation N°03
II.1.4. Observation N°04
II.1.5. Observation N°05
II.1.6. Observation N°06
II.1.7. Observation N°07
II.1.8. Observation N°08
II.1.9. Observation N°09
II.1.10. Observation N°10
II.2. Résultats récapulatifs
II.2.1. Données sociodémographiques
II.2.2. Données cliniques
II.2.3. Données paracliniques
II.2.4. Données thérapeutiques
II.2.5. Evolution et Pronostic
III. DISCUSSION
III.1. Au plan épidémiologique
III.2. Au plan clinique
III.3. Au plan paraclinique
III.4. Au plan thérapeutique
III.5. Au plan évolutif
CONCLUSION
RECOMMANDATIONS
REFERENCES

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