Quelle utilisation de l’Internet ?

Des pratiques documentaires des étudiants

Vue d’ensemble du centre de documentation

L’école supérieure de journalisme de Lille est connectée à l’Internet depuis 1995.
Et ce grâce à l’intervention de Thierry Watine, alors directeur de la recherche à l’E.S.J.Ce dernier, de retour du Canada où il a été successivement directeur du département d’information et de communication de l’université de Moncton puis professeur-chercheur à l’université de Laval estime qu’il est important pour l’école de se brancher sur l’Internet. Mais en France, la presse ne s’intéresse pas encore à ce nouveau système d’information et de communication qu’elle assimile à un gadget trop coûteux. Pourtant, Patrick Pépin, directeur de l’école à l’époque, valide le projet. C’est ainsi qu’au printemps 96, le site de l’E.S.J. voit le jour. Tout s’enchaîne ensuite très vite. En octobre 1997, une filière JPEM (journaliste éditeur de produit multimédia) est créée. Dans les programmes, on ajoute des cours consacrés au multimédia. L’objectif : faire de ce nouvel outil un média à part entière et familiariser les étudiants à son utilisation.
De tels projets témoignent de la volonté de l’E.S.J. de participer pleinement à l’aventure multimédia. Le challenge est réussi puisque le premier journal en ligne a été lancé à la rentrée 98. Il est entièrement réalisé par une rédaction tournante composée de 70 étudiants de deuxième année. L’E.S.J. est résolument tournée vers l’avenir. Les activités du centre de documentation se concentrent autour de l’Internet. Les 4 postes disponibles sont réservés à sa consultation. Richard Herlin, le documentaliste de la ” bibdoc ” se tient à disposition des étudiants, il répond à leurs besoins et, quand ils le demandent, les guide dans leurs recherches d’informations. Selon lui, « le centre de documentation de l’E.S.J. assure deux fonctions : répondre aux besoins documentaires des élèves journalistes, et assister les universitaires, nombreux, qui font du journalisme et de l’information l’objet de leur étude.2 » Le fonds papier de cette bibliothèque est en effet riche d’ouvrages thématiques sur l’univers professionnel du journalisme et l’influence des médias dans notre société contemporaine. Ajoutons à cela le fonds encyclopédique constitué de monographies et de publications qui vont de la presse généraliste française(les quotidiens Libération, l’Equipe, le Figaro, le Monde) à l’information spécialisée (scientifique, économique) ainsi qu’un certain nombre de revue « d’études » telles Revue du tiers monde, Courrier du Céducée etc. La documentation est essentiellement composée d’imprimés. Cependant il est frappant de constater que les étudiants ne pénètrent jamais dans la partie réservée aux livres. Ils viennent uniquement consulter les périodiques et les sites de presse. Ceci peut s’expliquer dans le fait que les étudiants étaient au moment de notre étude en période dite « intensive ». C’est une phase de simulation du métier de journaliste où les élèves travaillent successivement sur chacun des médias : presse écrite, radio, télévision.

Avant l’Internet

Nous avons néanmoins voulu savoir quelles étaient les pratiques documentaires des étudiants avant l’arrivée de cet « outil miraculeux ». Où et comment ceux-ci se documentaient. Ce petit retour en arrière nous a semblé essentiel et nécessaire pour mesurer l’impact qu’a eu l’Internet auprès des étudiants et déterminer les bouleversements qu’il a ou n’a pas opéré.
Nous nous sommes fondés pour cela sur les dires de Richard Herlin, le documentaliste, qui côtoient chaque jour les élèves, toute l’année durant. Ainsi que sur un article intitulé » un journalisme de références » qu’il a publié dans les cahiers du journalisme en juin 1997. L’école était certes déjà reliée à l’Internet, mais il n’y avait à l’époque qu’un seul poste réservé à cet effet. Et ce n’était encore que les prémices. Nous avons donc jugé que nous pouvions exploiter, dans cette partie réservée aux pratiques documentaires des étudiants avant l’Internet, les informations que nous trouverions à ce sujet.

Une utilisation minimale des monographies

A propos de la recherche de monographies stricto sensu, force est de constater que les étudiants ne peuvent être autonomes. Le C.D.I.. n’est en effet pas équipé de systèmes de recherche documentaire tel opac par exemple. Les ouvrages sont recensés grâce au logiciel Alexandrie mais il n’est pas à disposition des étudiants. De ce fait, ces derniers doivent s’en remettre au documentaliste quand ils souhaitent emprunter un livre.
Précisons que les livres qui alimentent le centre de documentation sont assez obsolètes.
Cela tient au fait qu’ils sont peu consultés. Le documentaliste ne renouvelle donc pas l’achat d’ouvrages généralistes. Les ouvrages encyclopédiques et les usuels fréquemment utilisés sont eux remis à jour et ce au rythme de leur parution.

Journalistes jusqu’au bout

Les étudiants lisent essentiellement la presse. Une enquête réalisée auprès de ces derniers, pour dégager leurs pratiques documentaires et le rôle du centre de documentation dans leur formation, a révélé que 80% d’entre eux lisent Libération et 77,7% le Monde. Viennent ensuite les hebdomadaires d’informations générales tels le Nouvel Observateur et l’Express avec respectivement 37,7% et 28,8% de lecteurs. Le Monde Diplomatique en totalise lui 17,7%. La presse cinématographique et satirique a aussi beaucoup de succès auprès de ces futurs journalistes. La raison est là plus liée à l’âge qu’à la formation. La lecture de la presse a donc pris le dessus sur les autres genres.
« plus je progresse dans mes études, moins je lis de romans ou d’ouvrages de fonds » précise un des interrogés. « Je lis moins de romans ou de biographies et plus de magazines, plus de journaux. » déclare un autre. 26,6% des élèves disent consacrer encore une heure dans la journée à la lecture de la presse. La déformation professionnelle opère déjà !

La presse toujours la presse !

La presse s’alimente à la presse. C’est en effet la principale source documentaire des étudiants quand ils ont un sujet à traiter. Et ce, qu’il soit factuel ou de fond. Dans le premier cas, 75% des interviewés disent utiliser la presse directement (44.4%) ou les dossiers de presse (31.1%). Dans le second, on obtient un chiffre de 55.5% (presse et dossiers de presse cumulés).
Les étudiants ont par ailleurs recours à diverses sources orales : téléphone, rencontres, interviews. Celles-ci représentent, pour un sujet factuel, 59.9% (dont 2.2% de contacts avec des journalistes). Les taux sont à peu prés identiques dans le second cas ; ( le taux d’interviews de journalistes ou d’experts passe quant à lui à 8,8%.) Le documentaliste est considéré comme source par 6.6% (pour un sujet de fond).
Dans cette enquête, il a d’autre part été demandé aux étudiants d’estimer le temps réservé à la préparation documentaire. 26,6% estiment y consacrer un tiers de leur temps, 20% des interrogés y consacrent moins d’un cinquième du temps total. 15,5% disent ne pas savoir. Ils rejoignent alors les 58,9% qui considèrent que cela varie en fonction du média.
Sur la proportion de temps utilisé, il serait intéressant de décompter ce que recouvre la recherche documentaire proprement dite. Dans la réalisation de cette tâche, l’étudiant est nécessairement confronté à du bruit c’est à dire à un certain nombre de réponses non pertinentes, et à du silence : des réponses intéressantes qui échappent à l’étudiant durant ses investigations. Les élèves doivent en outre élaborer eux même leurs dossiers. Chose qui leur demande du temps car la recherche dans les index est longue et la reprographie, un travail fastidieux.

Et la plupart fréquentent le centre de documentation

Intéressons nous maintenant aux rapports qu’entretiennent les étudiants de l’E.S.J. avec le centre de documentation. Celui-ci remporte un franc succès puisqu’ils sont 71,1% à le fréquenter régulièrement, et 28,8% occasionnellement. 100% des étudiants viennent quotidiennement pour y lire ou emprunter de la presse. 46,6% font de même avec les ouvrages.

Les autres moyens de s’informer

Les étudiants, nous l’avons vu, lisent beaucoup la presse. Ce n’est cependant pas le premier média qu’ils utilisent pour s’informer : c’est en effet la radio à 64,4 %. La presse écrite vient ensuite (51%) puis la télévision (35,5%).
Leur formation de journaliste oblige ces derniers à s’intéresser de prés à la presse, c’est pourquoi elle est leur principale source d’informations. Le manque de temps rend difficile la diversification des données.
L’Internet, avec toutes ses possibilités aurait pu ouvrir les étudiants à d’autres horizons, mais il semble que ce ne soit pas le cas. Nous l’allons montrer tout à l’heure.

L’avènement de l’Internet et les changements apportés

Séduction, scepticisme ou rejet ?

Au début de l’Internet, lorsque ce dernier était encore réservé à une poignée d’utilisateurs : spécialistes, entreprises, ou particuliers fortunés, cet outil exerçait une grande fascination auprès de tous. Maintenant que l’outil s’est popularisé, et que l’on s’y est habitué, le discours est moins passionné.
A l’E.S.J., le même phénomène s’est produit. A son entrée dans l’école, de nombreux étudiants venaient se connecter pour trouver des jeux en réseaux et des sites de roses. Un questionnaire soumis à leur attention en octobre 1997,a révélé qu’ils étaient nombreux à être encore fascinés par l’aspect technique du réseau et la puissance offerte par les nouvelles technologies : «Il deviendra possible avec un portable et un netbook d’enrichir son travail d’informations complémentaires quel que soit le Heu où l’on se trouvera. L’information sera tout de suite accessible. De plus, une fois le numérique en place, le travail prendra une autre dimension. Il sera plus facile de diffuser mais aussi de recevoir. » précisait à l’époque un étudiant. D’autres, qui connaissaient encore mal ce système pensaient : « On peut tout y trouver. »
Les choses sont différentes pour les étudiants de la promotion 1999. En effet, selon un sondage que nous avons réalisé auprès d’eux, 58% utilisaient déjà l’Internet avant d’entrer à l’E.S.J.. Usage fait en règle générale, dans le cadre de leurs études. Ils sont davantage familiarisés à l’outil que ne l’étaient les promotions antérieures. En discutant avec ces derniers sur un pied d’égalité, ( conversation entre étudiants) nous nous sommes rendus compte que la fascination n’était plus. Cela tient probablement au fait que 94.4%3 d’entre eux l’utilisent quotidiennement (47.2% : une fois par jour et plus/ 47,2% une fois par semaine et plus) contre 44,4% en 1997.
Le scepticisme que pouvaient ressentir les étudiants de la promotion 1997, à cause de leur manque de connaissance, a de même disparu. Les élèves actuels ont pleinement conscience des avantages et des inconvénients inhérents à l’Internet. Nous avons constaté cela en observant leurs manières d’appréhender cet outil. Des discussions annexes suscitées par notre fonction de stagiaire sont venues confirmer cette idée.
Une infime minorité reste méfiante. Non par peur de l’outil, mais plutôt par manque d’assurance. Une étudiante m’a avoué utiliser l’Internet depuis peu : « Je viens juste de m’y mettre » m’a-t-elle expliqué. D’aucuns ne le rejettent.
Malgré une certaine lucidité, plane encore dans les esprits l’idée que l’on trouve tout sur l’Internet. La majorité commence en effet leurs recherches documentaires par l’utilisation du web en se disant « on ne sait jamais… »

Un outil révolutionnaire ?

Si l’Internet est maintenant pleinement intégré par les journalistes, on peut se demander s’il a apporté quelque révolution à la profession. Si oui quelles sont-elles ? Il semble bien en effet que ce soit le cas. En témoigne l’enquête réalisée par Thierry Watine en janvier 1997. Sur les onze journalistes interrogés ( au sein de l’école ), neuf considèrent que les incidences d’Internet sur les pratiques journalistiques sont de l’ordre de la révolution. L’un déclare : « c’est une révolution : je rêve de ne plus sortir de chez moi pour faire mes articles », « Internet est une révolution car c’est à la fois interactif et mondial » précise un autre.
L’Internet offre, sans nul doute plus d’autonomie et de liberté aux journalistes. Associé à un ordinateur portable, il rend en effet possible, l’écriture d’un article aux quatre coins du monde. Grâce à cet outil la communication se fait à l’échelle planétaire.
L’Internet est devenu le chef heu de la presse. Les journaux du monde entier s’y concentrent. C’est un atout considérable pour la profession qui a pour fonction de s’informer pour informer ensuite.
Ces révolutions valent aussi pour les futurs journalistes de l’E.S.J.. Nous avons ainsi vu des étudiants utiliser le mail et communiquer avec des confrères canadiens.
Echanges d’impressions, d’informations, voilà aussi ce que l’Internet afavorisé.

Un changement relatif

Cet outil n’a cependant pas bouleversé outre mesure les pratiques documentaires des étudiants. Ces derniers reproduisent les comportements qu’ils avaient auparavant en les transposant sur l’Internet. A la question : « quel type d’information recherchez-vous sur l’Internet ? »80,3% répondent des articles de presse. Nous leur avons d’autre part demandé quels types de documents ils recherchaient. La presse là encore, supplante les autres sources avec 91,4% de réponses.
Pour rechercher un numéro de téléphone ou une adresse qui leur servira à prendre des contacts, les étudiants n’usent plus de l’annuaire et du minitel mais de l’Internet. Ce système, parce qu’il concentre en un même point les outils documentaires qu’ils ont l’habitude d’utiliser, leur fait gagner un temps précieux.
Le temps des doigts noircis par le papier est révolu. Les pages se tournent maintenant d’un clic de souris. Celle-ci est d’ailleurs plus maniable que les grandes feuilles d’un journal.
Ces nombreux avantages expliquent le fait que les étudiants aient quotidiennement recours à l’Internet pour leurs recherches. Mais cet outil offre une multitude de sources qu’ils exploitent peu ou pas du tout. Pourquoi ? Car il est difficile de juger de leur fiabilité. Les étudiants, futurs journalistes, soucieux de véracité et d’authenticité, préfèrent donc utiliser des informations recoupées et vérifiées. C’est pourquoi ils consultent essentiellement des sites de presse et des sites institutionnels (86%).
La deuxième raison tient au manque de méthode. Les étudiants sont encore néophytes dans la manipulation des outils de recherche disponibles sur l’Internet. Ils ne savent pas les exploiter pleinement et sont désarmés face au bruit et au silence auxquels ils sont parfois confrontés. Et souvent pressés par le temps, ils préfèrent chercher là où ils sont sûrs de trouver.

De l’utilité d’un guide de recherches sur l’Internet

Le journaliste n’est certes pas documentaliste mais la recherche documentaire fait partie du savoir-faire indispensable de ce dernier. Savoir collecter l’information améliore considérablement ses conditions de travail. Compte tenu des difficultés que rencontrent les étudiants dans la recherche d’informations sur l’Internet, la conception d’un guide sur le sujet s’avérait nécessaire.

Fonction du guide

Les élèves journalistes, un rapport temporel à l’information

Le propre du métier de journaliste est d’informer la population des événements inhérents à l’actualité. Le temps est donc une contrainte majeure dans cette activité. Une des particularités de la presse est en effet que l’information préparée la veille est périmée le lendemain. N’oublions pas non plus qu’un journal est aussi une entreprise préoccupée par des enjeux financiers. La concurrence est importante, il convient donc d’avoir la primeur de l’information.
L’Internet a favorisé un gain de temps dans le travail journalistique. Le web permet en effet de recevoir des informations beaucoup plus rapidement que les autres médias, même si les dépêches d’agence offre déjà cet avantage. Les liens hypertextes ouvrent l’horizon documentaire du journaliste : d’un clic de souris, il peut compléter ses sources en accédant directement à d’autres données en rapport avec son sujet. Mais l’effet inverse peut se produire, l’on peut perdre un temps précieux si on ne sait pas l’utiliser. Certains étudiants m’ont confié qu’ils passaient parfois jusqu’à 3 heures pour une simple recherche. La fonction de ce guide est justement d’éviter aux étudiants ce genre de déboires.

Diversifier les sources

Autre avantage, l’Internet permet d’accéder à une multitude de sources diverses.
Mais le reproche souvent fait à la presse, c’est de se nourrir d’elle-même. Les étudiants de l’E.S.J. nous l’avons vu, n’échappent pas à la règle. Ils imitent en effet leur aînés.
Quand ils ont un article à écrire, ils vont chercher les données dont ils ont besoin dans les papiers rédigés par leurs paires. De même, ils façonnent les chroniques radios et les journaux télévisés qu’ils réalisent à l’image de ce qu’ils entendent régulièrement sur France info et France télévision. Nous voulons donc amener les étudiants à diversifier leurs sources afin qu’ils fassent un travail créatif et non de mimésis.

Optimiser les méthodes de recherches des futurs journalistes

Les étudiants de l’E.S.J. pourrons gagner du temps dans leurs recherches d’informations sur l’Internet et consulter d’autres sites que les sites de presse lorsqu’ils auront pleinement maîtriser les outils de recherches que propose l’Internet. Notre travail consiste donc à les guider dans cette voie en les aidant à acquérir des méthodes de recherche qui leur serviront dans leur futur métier. Ce guide doit servir à combler leur manque de connaissance en la matière et jouer le rôle de relais entre la machine et l’usager.

Quelle utilisation de l’Internet ?

Avant que de nous lancer dans l’élaboration de la plaquette, il nous a fallu déterminer quels étaient les besoins réels des étudiants et faire un point de leurs connaissances de l’Internet. Pour ce faire, nous avons choisi de réaliser une enquête que nous avons soumise à leur attention. Cette dernière se composait de 21 questions axées sur le problème de la recherche d’informations sur l’Internet. Certaines étaient assez complexes, mais cela s’avérait nécessaire pour bien mesurer leurs compétences. La manoeuvre a d’ailleurs fonctionné puisque des étudiants se sont plaints de cette complexité. Il était question, au départ d’interroger nous même les élèves, mais cela n’a pu se faire faute de disponibilité de leur part. Nous leur avons donc distribuée et avons obtenu 36 réponses sur 80 étudiants disponibles au moment de notre présence à l’école.
Après réception de tous les questionnaires, nous avons dépouillé les résultats et calculé les pourcentages. Grâce à cette enquête, nous avons pu définir le contenu du guide.

Un objet de communication avant tout

Le centre de documentation de l’E.S.J., n’est jamais vide. Les étudiants vont et viennent pour emprunter des journaux, des hebdomadaires, (certains préfèrent la lecture sur place) pour prendre des contacts par téléphone, et consulter l’Internet. Notre présence journalière à la bibliothèque a éveillé leur curiosité et a favorisé la création de liens et d’échanges. Dans un tel contexte, les conditions d’observation de leurs pratiques Internet ont été idéales.
Si notre questionnaire a révélé que leur utilisation de l’Internet est avant tout réservée à la recherche d’informations de presse, la réalité est tout autre. (Il y a toujours une part de mensonge dans les réponses) La recherche d’informations est souvent prétexte à la consultation du courrier électronique. Nous avons en effet constaté que les étudiants commencent toujours par ouvrir leur boîte mail avant de débuter leurs investigations documentaires (sauf lorsqu’ils ont des impératifs horaires et doivent rendre leurs travaux dans les délais les plus brefs. Certains étudiants d’ailleurs, n’utilisent l’Internet que pour le courrier électronique.

Un outil de recherche quotidien

Que ce soit pour chercher des informations relatives à la presse ( c’est le cas de 91,4% des élèves), des sites institutionnels (86%), personnels ou pour la messagerie électronique, les étudiants se servent de l’Internet de façon quotidienne. Ils sont en effet 47,2% à l’utiliser une fois par jour et plus et 47,2%, une fois par semaine et plus. Seul 5,5%, c’est à dire deux étudiants sur trente six ne le pratiquent jamais ou presque jamais (cf graphique 1).
Cette utilisation régulière de l’Internet s’explique de façon très simple, nous l’avons déjà démontré : cet outil rassemble en un même lieu une grande partie de la presse française et internationale, source principale des étudiants, et offre un accès rapide à celles-ci. Le gain de temps est donc assuré. Cela n’est vrai qu’en partie seulement car les étudiants en perdent parfois beaucoup et leurs recherches n’aboutissent pas toujours.
La cause de cela : une sous utilisation des outils de recherche du à un manque de méthodes.

Une connaissance basique de l’outil

Les étudiants de l’E.S.J. ont certaines compétences en matière de recherche d’informations sur l’Internet mais elles restent minimales.
Le questionnaire soumis à leur attention, a montré qu’une mise au point s’imposait. Nous leur avons en effet demander s’ils connaissaient la différence entre un moteur de recherche et un annuaire et de l’expliquer. Les réponses données ont prouvé que 69,2% ne le savent aucunement. Beaucoup ont assimilé le répertoire de recherche à un annuaire téléphonique ou à un carnet d’adresses. 27,7% en ont une vague idée. Une seule personne a su expliciter la spécificité de ces deux outils.
A la question « saviez vous que chaque moteur a sa spécificité ?La connaissez vous ? Donner des exemples. » Les étudiants répondent non à 86%. Autant dire la majorité. 13,8% en ont une petite idée puisqu’ils évoquent les opérateurs booléens : « la langue pour des recherches en français » mentionne l’un, « les options de recherche sont différentes » précise l’autre. Une minorité a assuré connaître cette spécificité mais ils ne donnent pas d’explications ou en fournissent des fausses. Nous les ajoutons donc aux 86% d’élèves qui ont dit non.

De quelques outils

Choix des outils analysés

L’objectif de la plaquette : fournir aux étudiants des méthodes qui faciliteraient leurs recherches d’informations sur l’Internet. Un tel projet implique d’avoir une solide connaissance des outils de recherche et de maîtriser leur fonctionnement. Nous possédions, à notre arrivée à l’école des compétences de base qu’il nous a fallu approfondir. Pour ce faire, nous avons sélectionné un certain nombre d’outils que nous avons testés. Nous nous sommes concentrés sur ceux que les étudiants utilisent quotidiennement : à savoir , pour les outils de type répertoire : yahoo, ceux de type moteurs : Alta Vista, Hot Bot, Voilà. Il s’agissait de se les approprier, afin ensuite, de diffiiser au mieux notre savoir aux étudiants.
Nous avons pris ces outils un par un et nous avons opéré des requêtes. Afin de déterminer la nature des difficultés auxquelles les étudiants peuvent être confrontés dans leurs recherches, nous nous sommes positionnés en novices, dans un premier temps. Il nous a alors fallu occulter notre savoir documentaire. Nous avons posé différentes requêtes sans tenir compte de la syntaxe de saisie propre à chacun des moteurs. Ainsi, pour obtenir des documents traitant de la paix au Kosovo, nous avons tapé cette même expression telle quelle sur Alta Vista. Nous avons bien entendu été confrontés à un trop plein de réponses et beaucoup de bruit. Nous avons choisi plusieurs sujets de recherche : « l’euro 2000, la faune et la flore au Venezuela et la cuisine gastronomique » , afin de confronter les résultats. La conclusion est chaque fois la même quelque soit le moteur :
bruit et surabondance de sources, malgré des réponses pertinentes.
Dans un second temps, nous avons travaillé en tant que spécialiste de la recherche d’informations sur l’Internet. Nous avons réitéré ces requêtes en faisant appel cette fois à certaines techniques documentaires : guillemets, équation de recherche, utilisation d’opérateurs booléens. Nous avons ainsi limiter le nombre de résultats et minimiser le bruit. Pour preuve, une recherche sur l’euro 2000 faite sur Voilà sans avoir recours à la syntaxe de saisie, donne 239 réponses. Si l’on affine cette dernière, par le biais d’une équation booléenne, nous réussissons à restreindre le nombre de résultats à 79.

 

Le rapport de stage ou le pfe est un document d’analyse, de synthèse et d’évaluation de votre apprentissage, c’est pour cela rapport-gratuit.com propose le téléchargement des modèles complet de projet de fin d’étude, rapport de stage, mémoire, pfe, thèse, pour connaître la méthodologie à avoir et savoir comment construire les parties d’un projet de fin d’étude.

Table des matières

TABLE DES MATIÈRES 
REMERCIEMENTS 
INTRODUCTION 
i. Des pratiques documentaires des étudiants 
1. Avant l’Internet 
1.1. Une utilisation minimale des monographies
1.2. Journalistes jusqu’ au bout
1.3. La presse toujours la presse !
1.4. Et la plupart fréquentent le centre de documentation
1.5. Les autres moyens de s’informer
2. L’avènement de l’Internet et les changements apportés 
2.1. Séduction, scepticisme ou rejet ?
2.2. Un outil révolutionnaire ?
2.3. Un changement relatif
n. De l’utilité d’un guide de recherches sur l’Internet 
1. Fonction du guide 
1.1. Les élèves journalistes, un rapport temporel à l’information
1.2. Diversifier les sources
1.3. Optimiser les méthodes de recherches des futurs journalistes
2. Quelle utilisation de l’Internet ?
2.1. Un objet de communication avant tout
2.2. Un outil de recherche quotidien
2.3. Une connaissance basique de l’outil
2.4. Des habitudes à changer
3. De quelques outils 
3.1. Choix des outils analysés
3.2. Les pages d’accueil : structuration de l’information, contrat de lecture et lisibilité
3.3. Moteurs d’indexation et moteurs de recherche
3.4. Grille d’analyse des outils de recherche
3.5. Quel outil pour quelle recherche ?
m. conceptualisation et réalisation de l’objet 
1. A propos des guides de recherche d’information sur l’Internet : analyse critique 
2. Penser la communication 
3. Modalités d’évaluation et viabilité de la plaquette 
CONCLUSION 
BIBLIOGRAPHIE

Rapport PFE, mémoire et thèse PDFTélécharger le rapport complet

Télécharger aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *