Quatre logiques d’action porteuses de différentes visions du monde

Au-delà d’une définition scientifique du changement climatique

Ce premier niveau de définition a permis de s’intéresser au changement climatique d’un point de vue scientifique. En effet, il s’agit d’un phénomène d’abord prouvé scientifiquement.
Cependant, aborder le changement climatique comme objet scientifique uniquement serait l’aborder de manière biaisée. Ainsi, comme le montrent Stefan Aykut et Amy Dahan dans leur ouvrage Gouverner le climat : 20 ans de négociations climatique, « Le changement climatique est à la fois un objet de science, un problème politique, voire un enjeu de civilisation» (p.13). Il est donc investi de plusieurs dimensions. La dimension politique du changement climatique est fondamentale. En effet, une préoccupation croissante pour ce phénomène a été observée sur la scène internationale ces dernières années. Pourtant, nos sociétés ne sont pas parvenues, jusqu’à présent, à lutter contre le changement climatique. Il s’agit donc là d’un paradoxe fondamental qui souligne encore davantage le caractère politique du changement climatique. Si celui-ci n’était qu’un objet scientifique, la solution serait simple et scientifique elle aussi : il suffirait de réduire les émissions de GES. Cependant, l’expertise scientifique ne suffit pas à engendrer des mesures significatives de lutte contre le changement climatique, car celles-ci relèvent du domaine politique, bien plus complexe. En étudiant ce paradoxe, Amy Dahan et Stefan Aykut ont montré qu’il résulte d’un cadrage spécifique à l’intérieur duquel le changement climatique a été abordé sur la scène politique internationale.
Avant de préciser la nature de ce cadrage, il convient de définir cette notion. Elle implique tout d’abord une idée de délimitation. Elle est liée à la manière dont toute personne choisit de se représenter quelque chose. Le GIS Climat-Environnement-Société définit la notion de cadrage de la manière suivante :
« La notion de cadrage est liée aux façons qu’ont les individus et les groupes de se représenter et de communiquer sur le monde. Dans la sphère médiatique, le cadrage se réfère aux choix de points de vue – conscients ou non- effectués par les journalistes. Ces choix impliquent de sélectionner des aspects spécifiques du sujet traité pour les rendre saillants au lecteur. Dans cette perspective, le cadrage a à voir avec la persuasion. »
S’il s’agit ici d’une définition appliquée au traitement du changement climatique dans la sphère médiatique, elle permet de mettre en avant l’idée qu’un cadrage est nécessairement orienté et peut ne pas être le reflet de la réalité. Parler de cadrage politique au sujet du changement climatique, c’est donc dire que la gouvernance onusienne a choisi de se représenter le changement climatique d’une manière spécifique, mais qui n’est pas nécessairement conforme à la réalité de ce phénomène. Il s’agit d’une représentation spécifique, mais qui a acquis un caractère de vérité étant donné la légitimité accordée à l’institution qu’est l’Organisation des Nations Unies (ONU).
S’il s’agit d’un cadrage politique, celui-ci a été directement influencé par les sciences du climat, comme le montrent Amy Dahan et Stefan Aykut en s’intéressant aux relations entre science et politique dans le régime climatique. En effet, les scientifiques ont lancé l’alerte climatique dès les années 1960, bien avant qu’on puisse mesurer les effets du changement climatique et en 1979, il y avait déjà consensus dans le milieu scientifique par rapport à la réalité de ce phénomène. Cependant, Amy Dahan souligne que « le rôle des sciences du climat ne se borne pas à l’alerte, au diagnostic et à l’expertise : il est allé jusqu’à guider l’élaboration des politiques climatiques. »
Dès que le changement climatique est devenu un enjeu politique majeur dans les années 2000, le problème climatique a donc été construit selon un cadrage « science first» , considérant la science comme porteuse d’une vérité absolue. Ce cadrage spécifique se caractérise par la définition du changement climatique comme un problème isolé, qui ne concernerait que le climat ou au mieux ce qui se réfère au domaine de l’environnement en général. Une lecture environnementale a donc été privilégiée, conduisant à assimiler le changement climatique à un problème de pollution globale :

Vers une définition du concept de représentation

Ce premier travail de définition a permis de montrer que parler du changement climatique revêt des significations différentes et multiples, selon la sphère à laquelle on s’intéresse (scientifique, politique), selon les acteurs. Si l’on parle communément de changement climatique, déconstruire cette expression permet pourtant de révéler une multitude de significations différentes selon la manière dont il est représenté. Il revêt donc un caractère multiple : scientifique, politique mais également social. Dans cette perspective, Yann Bérard et Daniel Compagnon (en s’appuyant sur les travaux du sociologue britannique Steve Yearley), définissent le changement climatique comme « pouvant être envisagé comme une construction sociale à trois niveaux, soit un ensemble de projections sur le futur produites par les sciences du climat ; un complexe d’institutions politiques et sociales à travers lesquelles circulent ces projections et ces connaissances, tantôt légitimées, tantôt fortement controversées, et un ensemble de présupposés ou « visions du monde » concernant l’action des États, des entreprises et des citoyens face à un risque présenté comme global ».
Si les deux premiers niveaux évoqués dans cette définition réfèrent à ce qui a été développé précédemment, un troisième niveau est mis en avant, celui des « visions du monde ». Cette idée renvoie à celles des représentations, qui a déjà été évoquée en rapport avec la notion de cadrage mais qu’il convient désormais de définir afin de montrer l’intérêt de les étudier concernant la thématique du changement climatique.
Il convient dans un premier temps de préciser une différence importante entre la notion de représentation et celle de perception, souvent évoquées indissociablement pour parler du changement climatique. Pourtant, ces deux notions, bien que très liées, ne sont pas synonymes.
Afin de bien comprendre ce qu’est une représentation, il est donc nécessaire de s’intéresser à la définition de la perception, afin de bien saisir la distinction entre ces deux notions. Jean Piaget souligne cette distinction, essentielle selon lui : « […] ces deux concepts sont bien distincts, car la perception tient du domaine « des cinq sens », du physiologique, alors que la représentation sociale appartient au monde psychologique. La perception s’élabore en présence de l’objet qui la déclenche, contrairement à la représentation sociale, qui n’est pas liée à l’immédiat».
La perception réfère donc aux sens, même si elle va au-delà de la simple sensation, qui relève de ce qu’il y a de plus instantané et qui ne provoque pas de quelconque processus intellectuel. La perception se distingue de cette sensation par une première étape d’intellectualisation qu’elle opère. Le mot perception vient d’ailleurs du latin percipere (« s’emparer de ») et perceptio (« récolte »). L’étymologie permet donc de voir que la perception engendre une première saisie du réel : il n’est pas seulement ressenti, il l’est dans un terrain non neutre qu’est la subjectivité de tout individu. Si la perception est nourrie par la sensation, elle implique aussi un jugement. Il ne s’agit pas d’une réception passive de ce que les sens captent du réel, mais davantage d’une première mise en forme du réel. Il s’agit donc d’une première prise de connaissance du monde.
Cependant, la perception reste quelque chose de profondément ancré dans le réel avec lequel elle ne fonde aucune distance. Elle relève ainsi du domaine de l’expérience, du vécu, d’où son caractère immédiat. De ce fait, la perception reste quelque chose d’assez limité, car il n’est pas possible de tout percevoir, seulement ce qui se présente sous nos yeux à un moment donné.
Ainsi, au sujet du changement climatique, la perception de ce phénomène relève de l’expérience directe de chacun, là où la représentation crée davantage de distance avec le réel, voire même s’en détache totalement pour mener à une construction du changement climatique non conforme avec la réalité de ce phénomène.
Si la représentation peut se nourrir d’une perception antérieure, voire même en être une reproduction, elle ne saurait se limiter à ça. En effet, la représentation est un concept bien plus vaste que celui de perception : la représentation consiste soit à évoquer des objets en leur absence, soit, lorsqu’elle s’accomplit en leur présence, à compléter la connaissance perceptive en se référant à d’autres objets non actuellement perçus. La notion de représentation réfère de manière générale à « l’acte par lequel un objet de pensée devient présent à l’esprit» . Par représentation, il faut donc d’abord comprendre tout ce qu’on peut produire mentalement.
En géographie, l’intérêt des géographes français pour les représentations s’est affirmé à partir des années 1970. Ainsi, J-P. Guérin définit les représentations comme étant des « créations sociales ou individuelles de schémas pertinents du réel» . H. Gumuchian, quant à lui, voit en la représentation une « structure cognitive et mentale relativement générale et abstraite» . Ces définitions ont en commun le fait de montrer que la représentation n’est pas quelque chose d’immédiat, de donné. Elle est le fruit d’une construction, d’un processus mental, car elle relève du domaine de l’intelligible et non pas de l’expérience. Il s’agit d’une reconstitution, d’une interprétation, d’une appropriation du monde qui peut se faire de manière infinie, là où la perception reste limitée. La représentation déborde le simple champ de ce qui est visible. Il y a donc une idée de temps long inhérente à la représentation, car celle-ci se forge de manière durable, d’où la difficulté de la transformer. La représentation s’apparente donc à une reconceptualisation du réel et peut ainsi être à la fois très abstraite et très concrète.
La représentation se distingue également par son caractère opératoire : elle permet de guider son comportement face à une situation donnée. Cela signifie qu’elle n’est pas accidentelle, car son existence est justifiée par son caractère d’utilité : elle guide l’action. Si la représentation est donc orientée par une action spécifique, cela implique qu’elle se forge de manière à sélectionner, implicitement ou non, certains caractères jugés plus pertinents que d’autres, en fonction de ce qui servira l’action finale, le but visé. C’est donc ici que la représentation prend le sens d’un « cadrage », tel qu’on l’a évoqué précédemment. Lorsque le cadrage onusien du changement climatique a été abordé, il a été montré qu’il n’était pas neutre : définir par exemple le changement climatique comme un problème de pollution globale servait un but, celui de ne pas avoir à remettre en question des problèmes de fond. La représentation permet donc de coder mentalement non pas le réel, mais ce qui est retenu du réel afin de lui donner du sens et d’organiser l’action. La représentation a un rôle de justification de l’action, a posteriori comme a priori. Son contenu agit donc comme une grille de lecture et un guide d’action. De ce fait, on peut faire l’hypothèse qu’elle oriente surtout la manière d’agir, donc la rationalité, qui aura ensuite pour effet de guider l’action et cela de manière réciproque (dans le sens qu’une manière d’agir peut aussi influencer une représentation). Ainsi, concernant le changement climatique, objet aux multiples dimensions, on peut se demander en quoi la manière de se le représenter influence la manière d’y répondre.

CADRE ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE DES REPRÉSENTATIONS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE

Présentation de la commande : une enquête dans le cadre de l’élaboration du Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET) de l’agglomération paloise

Une enquête réalisée au sein de la Communauté d’agglomération Pau Béarn Pyrénées

L’étude des représentations du changement climatique s’est réalisée sur un terrain particulier : l’agglomération paloise qui s’étend sur 31 communes depuis janvier 2017. Ce travail s’inscrivait dans un cadre précis, celui de la réalisation d’un stage de trois mois à la Direction Développement durable et Déchets de la Communauté d’agglomération Pau Béarn Pyrénées (CDAPBP).
L’objectif de ce stage était de réaliser une enquête au sujet des représentations du changement climatique, principalement auprès des décideurs de la collectivité. En effet, le changement climatique impactant diverses politiques publiques, il était intéressant d’évaluer le niveau d’appropriation de ce phénomène par les acteurs de la collectivité.

Une enquête s’inscrivant dans le processus d’élaboration du Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET)

Ce stage s’inscrivait dans le cadre du processus d’élaboration du Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET) lancé en mai 2016 par la Communauté d’agglomération. Il s’agit d’un outil de planification dont l’objectif est notamment d’inscrire les collectivités dans une démarche de lutte contre le changement climatique. Ce PCAET se compose de deux volets principaux : l’atténuation du changement climatique et l’adaptation au changement climatique. Son élaboration consiste en la mise en place d’un plan d’action se déployant dans toutes les sphères de la collectivité (transports, développement économique…). Il s’agit donc d’une politique très transversale.

Technique d’enquête au sujet des représentations du changement climatique

Les représentations du changement climatique, peu étudiées à l’échelle d’une collectivité

En amont de la réalisation de l’enquête, le travail a commencé par un état de l’art des différents travaux menés au sujet des représentations du changement climatique. Tout d’abord, il s’agissait de recherches théoriques sur les différents thèmes abordés, parmi lesquels le changement climatique, les cadrages dont il fait l’objet, et le concept de représentation. Ce premier travail de recherche a permis de conceptualiser ces différents thèmes, ce qui a été présenté dans l’introduction. Parallèlement à cela, un travail de recherche bibliographique a été conduit afin de recenser les différents travaux qui avaient été menés, en rapport avec les différents termes évoqués et dont la méthodologie d’entretien pouvait apporter des pistes pour la préparation de l’enquête.
Cet inventaire a permis de tirer plusieurs conclusions des travaux qui ont été menés. Tout d’abord, si le changement climatique est un objet de plus en plus étudié par les sciences sociales, les représentations du changement climatique sont pour l’instant moins traitées que la perception de ce phénomène. D’autre part, les travaux menés l’ont souvent été sur des territoires où l’impact du changement climatique est déjà fortement visible. Parmi les plus fréquents, on peut citer le littoral, avec par exemple le travail de Salvador Juan sur le cas du littoral normand. La montagne est aussi un territoire propice à ce type d’enquête. Par exemple, dans les Pyrénées Orientales, un travail a été mené par Mihaela Marc sur l’analyse des représentations et pratiques du dérèglement climatique dans les stations de sports d’hiver.
Enfin, les acteurs ciblés pour ce type d’enquête étaient souvent issus des mêmes catégories. Il s’agissait par exemple des habitants d’un territoire spécifique : c’est le cas du travail d’Anouk Bonnemains, sur les Perceptions et représentations du changement climatique auprès des populations dans leur cadre de vie. Dans d’autres cas, il s’agissait d’acteurs issus d’activités économiques spécifiques, impactées par le changement climatique (les agriculteurs, les acteurs du tourisme balnéaire ou de montagne…). Au sujet des agriculteurs, Philippe Mérot a par exemple travaillé sur leur perception du changement climatique. Finalement, la majorité des travaux menés jusqu’à présent l’étaient sur des terrains où le changement climatique a déjà un impact fortement visible, que cet impact soit environnemental (recul visible du trait de côte) ou économique (baisse de la production agricole à cause du changement climatique). Dans tous les cas, peu importe les personnes ciblées, elles appartenaient donc quasiment toutes à des territoires où le changement climatique peut déjà avoir une implication quotidienne, et donc où il se révèle être le plus concret.
Le terrain ici traité et la catégorie de personnes mobilisées marquent donc une certaine originalité et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le territoire palois est peu impacté par le changement climatique, même s’il se situe à proximité d’espaces plus fortement impactés (les Pyrénées, la côte basque). Du moins, l’augmentation des températures, impact principal du changement climatique à Pau, n’est pas visible de manière quotidienne. D’autre part, les personnes ciblées sont des acteurs d’une collectivité locale, la Communauté d’agglomération PauBéarn Pyrénées. Ce type d’acteurs n’est donc pas celui dont les travaux menés jusqu’à présent traitent majoritairement. Pourtant, ils sont en lien direct avec tous les domaines de l’existence humaine, exerçant leur activité dans le domaine public. Ils sont également concernés dans leur fonction par la politique du PCAET, celle-ci se déployant de manière transversale. En tant que véritables acteurs du domaine public, il est donc intéressant de se pencher sur leurs représentations du changement climatique.

Technique d’enquête : du choix de l’échantillonnage à la mise en place d’entretiens semi-directifs

La réalisation de cette enquête a impliqué un choix dans l’établissement de l’échantillonnage.
En effet, un stage d’une durée de trois mois ne peut suffire à s’entretenir avec un nombre considérable de personnes. Il a donc été convenu de mettre en place une liste d’environ 20 personnes comprenant à la fois des élus de l’agglomération ainsi que des personnes issues de différents services de la collectivité. Il paraissait intéressant de ne pas interroger seulement un type d’acteurs, mais deux ayant des rôles différents au sein de la collectivité. En plus de cette distinction première, il a été convenu de solliciter des personnes dont les domaines de compétences étaient variés (environnement, urbanisme, transports…). L’intérêt était d’interroger des personnes impliquées dans des domaines différents afin de brasser diverses thématiques potentiellement en lien avec la problématique climatique.
Au total, 22 personnes ont été interrogées, dont 9 élus et 13 personnes issues de 7 directions différentes de la Communauté d’agglomération (directeurs et chefs de services principalement).
Au niveau des élus, 9 ont été choisis selon différents critères : la thématique de leur fonction (l’environnement, les transports, l’aménagement…) ou leurs responsabilités dans l’agglomération. Il a aussi été décidé de solliciter des élus de communes différentes, celles-ci variant notamment par leur densité ou ayant récemment rejoint la Communauté d’agglomération. Au niveau des directions, 13 personnes ont été sollicitées parmi 7 directions qui avaient été ciblées , notamment en raison de l’impact que le changement climatique peut avoir sur les différentes activités de ces services.
Une fois la liste des personnes à interroger établie, le travail s’est principalement concentré sur la mise en place d’une grille d’entretien [annexe 1]. Elle a été élaborée sur le modèle de l’entretien semi-directif, méthode qui a été jugée la plus appropriée au regard de cette enquête.
En effet, l’entretien semi-directif permet de laisser une grande liberté de parole à l’interviewé. Il s’agit de guider la personne à travers différents thèmes sans contraindre ses propos par des questions trop précises. Ainsi, pour cette enquête, une grille a été élaborée autour de 5 grands thèmes.

Une analyse inductive des discours

La démarche inductive, point de départ de l’analyse des discours

Après la réalisation des différents entretiens, tous ont été retranscrits intégralement. Ce travail de retranscription était primordial car les entretiens une fois retranscrits ont servi de véritable matériau pour l’analyse des différents discours. De plus, le processus même de retranscription permettait déjà de s’imprégner des différents discours entendus et donc de les intégrer en vue de leur analyse. Il a alors été décidé de mettre en place une méthode d’analyse inductive s’inspirant de celle élaborée par les sociologues Didier Demazière et Claude Dubar dans leur ouvrage Analyser les entretiens biographiques . Cette méthode s’appuie dans un premier temps sur une critique des démarches traditionnelles utilisées en sciences sociales, qui s’inscrivent soit dans une « posture illustrative » et une« logique causale» (p.16), soit dans une posture « restitutive et hyper-empiriste» (p.24). La première posture utilise les propos recueillis dans les entretiens pour valider des hypothèses préalablement établies. Ces propos ont donc un but principalement illustratif. À l’opposé, la deuxième posture (restitutive) consiste à laisser une très grande place à la parole des gens, au point que celle-ci est alors considérée comme transparente. Le chercheur ne fait alors que rapporter, sans interprétation, les propos recueillis lors de l’entretien.

De l’analyse des discours à l’élaboration d’une typologie de logiques d’action

Cette méthode inductive s’est également inspirée d’autres travaux jugés pertinents quant à l’enquête. L’objectif était de mettre en place une typologie de discours sur le changement climatique, en s’inspirant notamment des travaux de Max Weber sur la rationalisation de l’action.
Ce principe de rationalisation de l’action est développé pour la première fois dans son ouvrage L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme. Derrière ce principe de rationalisation se déploie l’idée que « […] chaque domaine de la vie privée et publique connaît un processus de rationalisation qui lui est propre, spécifique, singulier, ce processus œuvrant dans le sens d’une finalité recherchée».
Ainsi, parler de processus de rationalisation, c’est supposer que l’action de l’homme est constamment orientée par quelque chose. Elle ne se réalise jamais complètement par hasard et est le fruit de différents facteurs (contexte, valeurs de références, but recherché…). Ce processus de rationalisation n’est donc pas à l’œuvre de manière identique en fonction du cadre dans lequel il se déploie et chaque domaine de l’action connaît ainsi un processus de rationalisation qui lui est propre. Cela signifie que chaque action est investie d’un système de valeurs spécifiques, caractéristique d’une manière singulière de se représenter le monde. Appliqué au changement climatique, cela signifie que chaque manière de se représenter ce phénomène est guidée par une manière spécifique d’envisager l’action et le monde en général.

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Table des matières
REMERCIEMENTS 
LISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS 
SOMMAIRE 
INTRODUCTION 
PARTIE 1 : CADRE ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE DES REPRÉSENTATIONS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE
PARTIE 2 : LE CHANGEMENT CLIMATIQUE, DES LIEUX COMMUNS AUX PARADOXES QU’IL IMPLIQUE
PARTIE 3 : QUATRE LOGIQUES D’ACTION PORTEUSES DE DIFFÉRENTES VISIONS DU MONDE
CONCLUSION 
BIBLIOGRAPHIE 
SITOGRAPHIE 
ANNEXES 
TABLE DES MATIÈRES 
DÉCLARATION ANTI-PLAGIAT 
ABSTRACT 
KEYWORDS 
RESUMÉ 
MOTS-CLÉS

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