Protection de la biodiversité et les réserves de biosphère urbaine

Environnement, Ecosystème, Développement Durable : plusieurs termes et une seule Terre…

Parce qu’elles interviennent toutes en faveur de la préservation de la biodiversité, les notions d’environnement, d’écosystème et de développement durable sont au cœur de ce projet de recherche.

Environnement

L’Environnement recouvre de nombreuses acceptions.

À l’origine, il s’agit d’un anglicisme signifiant milieu. C’est le milieu dans lequel un être vivant fonctionne ; le milieu incluant l’air, l’eau, le sol, les ressources naturelles, la flore, la faune et les êtres humains. L’environnement est aussi, à un moment donné, l’ensemble des facteurs physiques, chimiques, biologiques et sociaux susceptibles d’avoir un effet direct ou indirect, immédiat et futur sur les êtres vivants et les activités humaines. Ce terme tend à être perçu très différemment en fonction, en particulier, des catégories socioprofessionnelles. Un industriel verra dans le terme environnement une référence à “pollution”, un cadre pensera plutôt “cadre de vie”, un artisan ou commerçant “ville”, un agriculteur “voisinage”, un employé “nature”, une administration “gestion des déchets, nuisances sonores, etc. “. Le terme environnement est ainsi relativement anthropocentriste. Selon l’Article L110-1 du Code de l’Environnement, les espaces, ressources et milieux naturels, les sites et paysages, la qualité de l’air, les espèces animales et végétales, la diversité et les équilibres biologiques auxquels ils participent font partie du patrimoine commun de la nation.

Développement durable

Le développement durable doit répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Cette notion a été présentée la première fois dans le rapport Brundtland, ” Notre avenir à tous “, de la Commission Mondiale des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement en 1987. Autrement dit, c’est un mode de croissance qui garantit à la fois, et à long terme, le progrès économique, social et environnemental de la société. Selon le professeur Timothy O’Riordan, c’était ” à la fois ne pas miner la base de la vie à long terme sur la planète, améliorer le bien-être et se donner une chance réelle de créer des richesses ” .

L’environnement et le développement durable ont un dénominateur commun, une grande aire de recouvrement : la vie, les conditions vitales, l’habitat vivable,… L’environnement privilégie les relations des êtres vivants entre eux et avec le milieu. Le respect de l’environnement est un des piliers du développement durable. Si le développement durable peut conduire à renouveler l’approche environnementale, l’environnement n’a pas toujours besoin du développement durable pour se justifier, la qualité des milieux de vie étant une préoccupation majeure par elle-même. La grande différence entre l’environnement et le développement durable est la place et l’importance croissante de l’homme et de ses activités. Par exemple, l’environnement comprend une dimension patrimoniale. Le développement durable voit tout à travers ce prisme humain, ce qui est moins le cas de l’environnement.

Au carrefour de plusieurs traditions intellectuelles, à l’articulation entre l’environnement, l’économie et le socioculturel, le concept de développement durable est intégrateur et appelle un dépassement et un décloisonnement. La mise en place d’une stratégie de développement durable se heurte à de nombreuses difficultés parmi lesquelles on citera :
• La difficulté à rendre compatible le développement économique (tendance au profit à court terme), le progrès social et la protection de l’environnement, surtout dans les pays en développement ;
• Le développement des énergies renouvelables et le remplacement des énergies fossiles, ainsi que la diversification de l’économie pour les pays producteurs d’énergies (et plus généralement de matières premières) non renouvelables ;
• Les inégalités des ressources financières pour mettre en place une politique de développement économique respectueuse de l’environnement, pour prendre en charge le coût de la préservation et de la réparation de l’environnement, et pour prendre en compte les besoins des citoyens dans leur globalité ;
• Le manque de données fiables, et comparables, entre pays ou régions ;
• Une conviction et une volonté politique encore insuffisantes pour renverser les mauvaises tendances du développement actuel.

Une approche de développement durable avec ses trois piliers indissociables (social, économique et environnemental) apporte une nouvelle dimension parce que sa mise en pratique suppose une interaction entre l’ensemble des aspects physiques, chimiques et biologiques, et des facteurs sociaux, culturels et économiques susceptibles d’avoir un effet direct ou indirect, à court ou long terme sur les être vivants et les activités humaines. Elle intègre donc l’environnement, mais aussi le contexte économique et social qui agit sur l’individu et sa vie quotidienne, dans toutes les dimensions de l’être humain : sociale, intellectuelle, culturelle, affective et aussi spirituelle.

Ecosystème et écosystème urbain

Le terme écosystème a été formulé en 1935 par A.G. Tansley, par contraction de l’expression anglaise “ecological system”. Un écosystème est un système biologique formé par un ensemble d’espèces associées, développant un réseau d’interdépendances dans un milieu caractérisé par un ensemble de facteurs physiques, chimiques et biologiques permettant le maintien et le développement de la vie. Selon ces facteurs, les écosystèmes sont constitués de combinaisons d’espèces (micro-organismes, plantes, champignons, animaux… et homme) plus ou moins complexes. La partie du globe terrestre où se concentre la vie, est la biosphère. Elle est le domaine de vie de l’être humain et des autres êtres vivants et regroupe l’ensemble des écosystèmes : forestier, montagneux, aquatique, marin, etc.

La concentration de l’homme dans les villes et l’extension de l’urbanisation génèrent un nouvel écosystème qui se surimpose et interfère avec l’écosystème naturel : l’écosystème urbain. Un écosystème est exposé à des changements constants qui peuvent compromettre sa cohérence et sa résilience. Il est donc toujours en équilibre instable, c’est à dire en situation de crise dynamique (Cf. Figure 1). C’est le cas de l’écosystème urbain qui a besoin d’une aire de plus en plus large pour satisfaire ses besoins et compenser ses impacts, et est caractérisé par une empreinte écologique croissante. Un des objectifs du développement durable est de circonscrire voire réduire cette empreinte écologique par responsabilité vis-à-vis des régions périphériques concernées.

Un écosystème ne se présente pas de façon isolée, il intègre des systèmes spatiaux qui fonctionnent à différentes échelles. L’échelle des écosystèmes est déterminée par la taille des êtres vivants et de leurs populations, et par l’étendue spatiale des relations qu’ils ont avec les autres êtres dont ils dépendent. L’écosystème métropolitain peut être assimilé à un organisme vivant, tant dans sa constitution (organes = espaces) que dans son fonctionnement (métabolisme = relations). Bien entendu, il faut considérer ces relations avec les écosystèmes des régions voisines. Un écosystème n’est donc pas uni-scalaire. Il assemble différents systèmes spatiaux qui fonctionnent à différentes échelles (Cf. Figure 2).

Les environnementalistes ont très vite fait l’analogie entre les systèmes spatiaux urbains et les écosystèmes naturels, d’où la notion d’écosystème urbain. Mais les systèmes spatiaux urbains sont déséquilibrés, car ils ont jusqu’à présent trop peu intégré l’environnement. L’impact des établissements humains anciens, et pratiquement jusqu’à la moitié du XIXe siècle, est resté modéré (à part le défrichement pour la mise en culture et la consommation de ressources naturelles), car ils restaient peu étendus et l’homme avait pas encore vraiment les moyens d’asservir la nature. Aujourd’hui, les préoccupations environnementales ont progressé, mais les systèmes urbains se sont tellement étendus qu’ils restent déséquilibrés. C’est un défi permanent entre les problèmes et les solutions, aggravé par l’échelle des systèmes. D’où cette volonté de plus en plus prononcée de mieux connaître les relations entre la ville et son environnement.

Biodiversité

Notre définition de la biodiversité 

L’expression biological diversity a été inventée par Thomas Lovejoy en 1980. Le terme biodiversity lui-même a été inventé par Walter G. Rosen en 1985 lors de la préparation du National Forum on Biological Diversity du National Research Council en 1986.

Le mot « biodiversité » apparaît pour la première fois en 1988 dans une publication. L’entomologiste américain E. O. Wilson en fait alors le titre du compte rendu de ce forum. Depuis 1986, le terme et le concept sont très largement utilisés et coïncide avec la prise de conscience de l’extinction d’espèces au cours des dernières décennies du XXème siècle. Le 5 juin 1992, le Sommet Planétaire de Rio de Janeiro a marqué l’entrée en force sur la scène internationale de préoccupations et de convoitises vis-à-vis de la diversité du monde du vivant et du développement durable. La diversité biologique a été alors définie comme : « la variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces [diversité génétique] et entre espèces [diversité des espèces] ainsi que celle des écosystèmes [diversité écologique]. » . La biodiversité est importante dans tous les écosystèmes, qu’ils soient « naturels », (parcs nationaux, réserves naturelles…) ou gérés par l’homme (fermes, plantations, parcs urbains…). On peut éventuellement distinguer une biodiversité sauvage d’une biodiversité domestique.

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Table des matières

Introduction
1. Présentation de la recherche
1.1. Justification et questionnement de la recherche
1.1.1. Repositionnement dans le contexte actuel
1.1.2. Perspectives envisagées avec l’indicateur empreinte écologique
1.1.3. Hypothèse de recherche
1.2. Cadre de la recherche : la ville au sein d’une aire urbaine
1.3. Limites rencontrées dans cette recherche
1.4. Démarche de la recherche
2. Protection de la biodiversité et les réserves de biosphère urbaine
2.1. Environnement, Ecosystème, Développement Durable : plusieurs
termes et une seule Terre
2.1.1. Environnement
2.1.2. Développement durable
2.1.3. Ecosystème et écosystème urbain
2.2. Biodiversité
2.2.1. Notre définition de la biodiversité
2.2.2. Situation actuelle de la biodiversité
2.2.3. Relation entre la biodiversité et les services des écosystèmes
2.2.4. Evolutions actuelles de la biodiversité
2.2.5. Principaux facteurs d’une perte de biodiversité
2.3. Biodiversité des villes
2.3.1. Histoire du rapport entre la ville et la biodiversité
2.3.2. Existence d’une biodiversité propre à la ville
2.3.3. Rôle de la biodiversité en ville
2.3.4. Valorisation de la biodiversité urbaine
2.4. Réserves de Biosphère du MAB
2.4.1. Programme sur l’Homme et la Biosphère (MAB) de l’UNESCO
2.4.2. Réserves de biosphère
2.4.2.1. MAB et les réserves de biosphère
2.4.2.2. Réseau mondial des réserves de la biosphère
2.5. Vers un concept de réserve de biosphère urbaine
2.5.1. Vers une composante urbaine au MAB
2.5.2. Réserves de biosphère urbaine
3. Développement et analyse d’un rapport durable entre la ville et son environnement : Méthodologie de la recherche
3.1. Poids démographique et géographique des zones urbaines et
disparités régionales
3.2. Approche par écosystème de la ville : impact sur la biodiversité et
l’environnement
3.3. Nécessité d’inscrire l’urbanisation dans un développement durable
3.3.1. Déclaration de Rio sur l’Environnement et le Développement
3.3.2. Charte d’Aalborg
3.3.3. Plan d’action de Lisbonne
3.3.4. Déclaration de Séville
3.4. Définition du cadre d’étude et de l’empreinte écologique
3.4.1. Définition d’un cadre évolutif pertinent
3.4.2. Présentation de l’indicateur empreinte écologique
3.4.2.1. Indicateurs de développement durable
3.4.2.2. Définition retenue de l’empreinte écologique
3.4.2.3. Points clés de l’empreinte écologique
3.4.2.4. Calcul de l’empreinte écologique
3.4.2.5. Utilité de l’EE pour les collectivités locales
3.4.2.6. Empreinte écologique des villes
3.5. Délimitation d’un périmètre et méthode de recensement des populations..
3.5.1.1. Délimitation du périmètre
3.5.1.2. Difficulté de recensement des populations
3.6. Objectifs d’une recherche sur l’empreinte écologique des villes et
données disponibles
3.6.1. Objectifs d’une recherche sur l’empreinte écologique au service des
réserves de biosphère urbaine
3.6.2. Acquisition de données sur l’empreinte écologique des villes
3.7. Mise en place des études de cas sur les villes
3.7.1. Choix des villes pour les études de cas
4. Apports de l’empreinte écologique pour l’intégration des villes aux réserves de biosphère : Résultats des études de cas
4.1. Profils de ville avec empreinte écologique
4.1.1. Comparaison de l’empreinte écologique entre une ville et un pays :
l’exemple de Paris et la France
4.1.2. Comparaison de ville à ville : l’exemple de Londres et Berlin
4.1.3. Rapport entre l’empreinte écologique et la biocapacité : l’exemple
d’Helsinki
4.1.4. Application de l’empreinte écologique sur une ville du Sud : l’exemple
de Santiago du Chili
4.2. Aires urbaines sans empreinte écologique
4.2.1. Profils de ville sans empreinte écologique
4.2.2. Signification d’une aire urbaine en Afrique : l’exemple de Nairobi
4.3. Avantages et inconvénients de l’empreinte écologique
5. Compléments possibles par d’autres indicateurs à une étude avec l’empreinte écologique
5.1. Approche de la ville comme écosystème par l’approche Millenniun
ecosystem Assessment
5.2. Analyse de l’impact sur la biodiversité et de l’état des écosystèmes
naturels proches des villes avec l’indicateur Planète Vivante
5.3. Développement de stratégies de gestion intégrée des terres, des eaux
et des ressources vivantes avec l’Approche Ecosystémique
Conclusion

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