Proposition d’aménagement de l’ancienne friche Boinot à Niort en un centre dédié aux Métiers d’Arts

Niort, chef lieu du département des Deux-Sèvres, est aujourd’hui une ville qui puise l’essentiel de ses ressources dans l’activité tertiaire. En effet, elle accueille le siège de nombreuses sociétés d’assurance, et la majorité des formations post-bacs proposées dans la ville concerne les secteurs assurantiel et bancaire. Cependant, il n’en fut pas toujours ainsi. Auparavant, l’activité majeure de la ville jusqu’à la seconde guerre mondiale était la chamoiserie. Cette industrie employait à la belle époque plusieurs milliers de personnes dans Niort même. L’entreprise Boinot fut la plus puissante dans ce secteur à partir de la fin du XIXème siècle, assurant la majeure partie de la production locale. Elle fut aussi la dernière entreprise à représenter ce savoir-faire niortais qui disparut avec sa fermeture en 2005.

Les anciennes usines Boinot, qui occupait une surface d’un hectare et demi, n’ont pas été réutilisées depuis, à l’exception d’un entrepôt servant à stocker les archives de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie. En effet, les bâtiments ne répondant plus aux exigences d’une industrie moderne, les entreprises ont fui les lieux. De plus, la proximité de la Sèvres Niortaise impose au site de nombreuses contraintes liées au risque d’inondation. Cependant, le site se situe en bordure de Sèvres, à proximité du centre ville et du Centre d’Action Culturel mais aussi à proximité des grands axes routiers, ce qui joue en sa faveur. Ainsi, la municipalité s’intéresse de près à la friche Boinot. Pour Madame Françoise Billy, Première Adjointe au Maire de Niort, « la friche Boinot sera un des enjeux importants de la prochaine mandature ». En effet, Niort avait, entre autres, pour ambition d’y implanter le Centre Régional des Métiers d’Art. La ville a alors usé de son droit de préemption par rapport à des promoteurs immobiliers en 2003 et a acquis en avril 2005 une première partie de la friche Boinot. Au cours de plusieurs délibérations du Conseil Municipal, en 2005, il a été décidé d’acquérir le reste de la friche. L’acte de vente est à ce jour en cours de négociation. Malgré tout, le devenir des lieux est incertain. La ville y a installé un parking censé être provisoire, mais qui est toujours ouvert. Les archives de la Caisse Primaire seront délocalisées en juillet 2007, et le projet d’implantation des Métiers d’Art est bloqué faute de financement. Une représentation de théâtre a tout de même eu lieu, il y a deux ans, en extérieur, mais ce fut la seule et unique forme d’utilisation des lieux, avec le parking, à avoir pris vie.

La ville de Niort 

La friche Boinot est extrêmement bien située en centre-ville de Niort, à deux pas du Centre d’Action Culturelle et en bordure de Sèvres. A proximité du pôle culturel de la ville, ce site, qui peut accueillir des équipements culturels, suscite un vif intérêt de la part des élus de la mairie de Niort qui souhaitent y implanter le Centre Régional des Métiers d’Art. L’importance de la chamoiserie ainsi que des usines Boinot mérite un rapide historique. Aussi nous commencerons par présenter la ville de Niort.

Situation géographique

Niort est la préfecture du département des Deux-Sèvres (79). La ville de Niort s’est établie aux bords de la Sèvre Niortaise, fleuve qui parcourt 155km, de sa source près de Melle à son embouchure sur l’océan Atlantique à Marans. Niort est la troisième ville régionale en nombre d’habitants, et est située à mi-chemin entre Poitiers et La Rochelle. Sa population comptabilise 59 346 habitants (d’après le recensement INSEE de 1999). Niort est la ville centrale de la Communauté d’Agglomération de Niort (CAN) qui regroupe 29 communes et environ 100 000 habitants. Le sectaire tertiaire est aujourd’hui prédominant puisqu’il représente 74% de l’activité économique de la ville. Il est caractérisé par l’implantation des sièges de grandes mutuelles telles que la MAAF ou la MAIF, pour n’en citer que deux.

Histoire de Niort

L’histoire de la ville de Niort est fortement liée à celle de la chamoiserie. En effet, cette activité fut pendant des siècles la principale activité industrielle niortaise et exportée dans le monde entier. Cette industrie démarra avec la création du port de Niort au XIVème siècle, qui permit à la ville de recevoir des peaux de l’Europe du Nord et du Canada, que l’on travaillait au sein des chamoiseries et ganteries niortaises grâce à un procédé de tannage particulier. L’activité de la chamoiserie niortaise se développa alors rapidement. AU XVIIème siècle, Thomas Jean Main, jeune Niortais, embarqua clandestinement pour l’Angleterre. En effet, cette dernière possédait des techniques de traitement des peaux plus modernes que celles utilisées à Niort. Thomas Jean Main réussit à se faire employer dans une fabrique anglaise, et s’adonna alors à l’espionnage industriel. De retour à Niort, il permit à la chamoiserie deux-sévrienne de se moderniser. A la fin de sa vie, il donna son immense fortune à la ville de Niort à la condition que cette dernière fît bâtir des ponts pour desservir le quartier des chamoiseries. Ainsi furent construits les ponts Main. La chamoiserie et le traitement des peaux furent une activité très importante à Niort, qui valut la réputation de la ville. Avant la Révolution Française, il existait une trentaine de moulins à foulon qui permettaient à trente régiments de cavalerie de s’y approvisionner en culottes de peau. Cette activité se développa de manière florissante au XIXème siècle. Niort connut alors une période prospère, comme en témoignent les superbes halles de Niort construites à cette époque.

Le début du XXème siècle marqua l’apogée de la chamoiserie niortaise, et plus de trois mille personnes travaillaient dans les usines. L’abandon des gants de peaux dans l’armée provoqua un premier coup d’arrêt à cette activité. Finalement, elle périclita peu à peu jusqu’à disparaître complètement en 2005 avec la fermeture de l’entreprise Boinot.

Les grands aménagements

La place de la Brèche

Il faut souligner l’importance que joue la place de la Brèche à Niort, place localisée à l’extérieur des anciens remparts de la ville. En effet, elle constitue le principal lieu de stationnement pour rejoindre le centre-ville, puisque le parking comprend plus de mille places. De plus, la place de la Brèche est située au carrefour des grands axes routiers du centre ville, tels que l’Avenue de Paris ou l’Avenue de Limoges. Enfin, le cœur du réseau de bus de la ville s’articule autour de cette place. Effectivement, l’ensemble des lignes de bus marque un arrêt sur la Brèche. Toute personne partant de la place de la Brèche peut alors rejoindre très rapidement l’usine Boinot, que ce soit à pied, en bus ou en voiture. Par ailleurs, la place de la Brèche est bordée sur la partie basse de commerces, tels qu’un cinéma CGR, des restaurants ou des bars. La Brèche est ainsi le lieu le plus animé de Niort. La ville de Niort veut transformer la Brèche en un lieu économique et culturel attractif autour de nouveaux équipements et d’une nouvelle configuration de l’espace. Il est ainsi prévu de réaliser un jardin occupant les trois quarts de la surface de la place, ainsi qu’un cinéma multiplexe, une brasserie et un centre d’animation et d’initiative. Le parking sera conservé mais deviendra souterrain. Ainsi, il existe une volonté forte de revaloriser cette place en un cœur de ville digne de ce nom.  Les travaux, qui ont commencé en avril 2006, dureront encore trois ans.

La coulée verte 

La coulée verte, trait d’union avec le Marais Poitevin, est une intervention paysagère des années 80-90 visant à valoriser le potentiel paysager de la Sèvre Niortaise en ville. Il s’agit de créer un lieu de promenade agréable de quelques kilomètres, le long des rives du fleuve.

La coulée verte se pratique aussi bien à pied qu’en vélo. De multiples passerelles permettent de traverser la Sèvre à différents endroits. De plus, les berges sont aménagées pour permettre de pratiquer la pêche.

La friche Boinot 

Il s’agit ici de présenter plus en détail les usines niortaises sur lesquelles porte le projet. Cette présentation retracera l’histoire de ces lieux puis analysera les forces et faiblesses de ce site. Un état des lieux des bâtiments sera aussi effectué.

Un élément du patrimoine niortais

Les Etablissements Boinot furent fondés en 1881 par Théophile Boinot qui effectua le rachat de la chamoiserie Noiret ainsi que de l’illustre Maison Main, qui était ancrée dans l’histoire de la chamoiserie niortaise depuis le XVIIème siècle.

En 1902, l’usine s’agrandit avec le rachat d’autres chamoiseries niortaises. L’entreprise Boinot connut alors son essor avec Louis et Charles Boinot, fils de Théophile, qui fondèrent en 1904 la Société « Les Fils de T. Boinot ». Ces derniers tenaient les rênes de la chambre de commerce et avait haute main sur le tribunal de commerce.

En 1912 fut créé un secteur ganterie qui employa à lui seul près de 400 personnes. L’usine s’étendait alors sur plusieurs sites dont le Moulin du Roc, plus tard revendu à la ville qui y implanta le fameux Centre d’Action Culturelle. Les années 20 virent l’apogée de la société Boinot. Elle employait alors 1 600 personnes, exportait dans le monde entier et assurait 22% de la production française de gants.

Dans les années 1930, la politique sociale menée par cette entreprise la distinguait des autres établissements niortais : société de secours mutuels, allocations familiales, primes d’ancienneté, jardins ouvriers, société sportive, etc… Les ateliers situés le long du Boulevard Main datent de cette période. Signe manifeste de sa puissance, la dynastie fit bâtir à Niort une église, SaintÉtienne, et un stade, celui de Genève.

Après la deuxième guerre mondiale, la société connut plusieurs soubresauts. Dans les années 70, elle employait encore près de 350 personnes. L’évolution de la société et des modes de consommation délaissa les peaux de chamois. Ainsi l’entreprise vécut un déclin inévitable durant les années 80-90 accompagné de plusieurs redressements et d’un dépôt de bilan. En 1992, la société, qui comportait encore 150 employés, fut reprise par un marseillais, Christian Valabrègue. Le 5 octobre 2005, le tribunal de commerce prononça la liquidation judiciaire de l’entreprise qui n’employait plus qu’une dizaine de personnes.

Actualité de la friche

Il s’agit dans cette partie de décrire la situation actuelle du site. De prime abord nous étudierons la localisation de la friche dans la ville. Nous nous pencherons ensuite sur les points forts et ceux plus faibles de cette localisation. Nous rappellerons par ailleurs quelle surface représente les anciennes usines Boinot. Enfin, nous verrons les servitudes du Plan d’Occupation des Sols (P.O.S) actuel concernant la friche ainsi que la future Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager (Z.P.P.A.U.P) de Niort.

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Table des matières

Remerciements
Introduction
Première Partie : Présentation du site
I.1 : La ville de Niort
I.1.1 : Situation géographique
I.1.2 : Histoire de Niort
I.1.3 : La culture à Niort
I.1.4 : Les grands projets de la ville
I.2 : La friche Boinot
I.2.1 : Les usines Boinot, un élément du patrimoine Niortais
I.2.2 : Actualité de la friche
I.2.3 : Les bâtiments de l’usine
I.2.4 : L’utilisation de la friche aujourd’hui
Deuxième Partie : Quel aménagement pour la friche Boinot ?
II.1 : Les propositions d’aménagement pour le site
II.1.1 : Les objectifs de mon projet
II.1.2 : La question de la réutilisation des bâtiments
II.1.3 : Les aménagements extérieurs
II.2 : Les estimations de coût de mon projet et les financeurs potentiels
II.1.1 : Les estimations de coût
II.1.2 : Les financeurs envisagés
Conclusion

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