Processus de transformation des paysages et des systemes agraires sous l’influence de la mondialisation

Le Sénégal est un pays occidental situé au sud du Sahara avec une superficie de 196 722 km2 . Il est constitué à grande majorité de paysan en lutte dans un milieu difficile du fait des conditions naturelles sévères dues à la baisse du régime pluviométrique réduit à trois mois voire même deux dans certaines régions et la nature des sols dont la fertilité minimale est très réduite. Les paysages et les systèmes agraires sénégalais connaissent des modifications radicales avec la mise en œuvre depuis près d’une vingtaine d’années d’un programme de modernisation agricole. Ce programme a été réalisé dans un contexte caractérisé par la généralisation des économies rurales. En effet, l’ancien système de production était basé jusqu’à la fin du XIXe aux civilisations paysannes typiquement céréalières ils produisaient essentiellement le mil, le sorgho destinés à l’autoconsommation. Mais depuis la fin du XIX, l’arachide jusque-là un simple aliment d’appoint prend une place de plus en plus importante dans les différents systèmes de production. Dans les années 80 la mise en place de la politique d’ajustement structurelle imposée par les institutions de Brettons Wood (Banque mondiale et le FMI) a entrainé des conséquences graves sur le plan agricole avec la réduction drastique des dépenses publiques par la suppression des subventions aux agriculteurs. De nos jours ces changements sont plus profonds en raison de l’utilisation d’une grande partie des terres arables pour les cultures commerciales au détriment des cultures vivrières. La pression démographique drastique combiné à l’urbanisation à laquelle se joint le processus de la mondialisation de l’économie de marché, ont entrainé une forte dégradation du monde rural surtout au plan agricole. Cette situation a non seulement entrainé le déficit vivrier, mais elle a surtout accélérer la dégradation des paysages et des systèmes agraires déjà fragilisé par les années de sécheresses.

Situation géographique de la communauté rurale 

La communauté rurale de Darou Khoudoss fait partie des trois communautés rurales que compte l’arrondissement de Méouane. Elle est située au Nord-Ouest par le département de Tivaouane en bordure de l’océan Atlantique avec 65 km de frange côtière, ce qui explique l’importance des activités de pêche et du tourisme dans cette zone. La communauté Rurale de Darou Khoudoss se situe entre 15° et 15° 30’ de l’attitude Nord et 16° 40’ et 17° 30’ de longitude Ouest. Elle est limitée géographiquement : (cf. carte de localisation) :
– A l’est par la communauté Rurale de Méouane ;
– A l’Ouest par l’océan Atlantique ;
– Au Nord par l’arrondissement de Ndande ;
– Au sud par les Communautés Rurales de Taïba Ndiaye et NottoDiama( Pambal).

Le décret n° 2002-171 du 21 février 2002 portant érection en commune la localité de Mboro précédemment chef-lieu de la communauté rurale du même nom. Ce changement devait s’accompagné de la désignation d’un nouveau chef de lieu pour le reste de la communauté Rurale en l’occurrence Darou Khoudoss. Elle s’est vue plus tard amputer de Cinq (5) autres villages au profit de la nouvelle commune, et une partie de la zone de Lompoul sur mer annexée à Kébémer. Ce redécoupage territorial a ramené la superficie de la communauté rurale de 548 Km2 . Elle couvre aujourd’hui 71 villages implantés de part et d’autre du territoire et différents du point de vue démographique mais aussi des modalités d’implantation spatiale.

CADRE PHYSIQUE

LA GEOLOGIE ET LA GEOMORPHOLOGIE 

La géologie de la communauté Rurale de Darou khoudoss, à l’image de l’ensemble de la zone des Niayes, appartient, appartient au bassin sédimentaire Sénégalo mauritanien. Il s’agit de formations sédimentaires du quaternaire qui reposent sur des formations plus anciennes (Précambrien). Les series de ce bassin sédimentaires renferment d’importants aquifères dont la nappe phréatique et la nappe maesrtrichtienne.

Les paysages
Une étude géomorphologique du littoral Nord Sénégal faite par un certain nombre de d’auteurs notamment Michel (1980), Sall (1982) a permis d’identifier plusieurs formes de reliefs allant des sommets dunaires, aux dépressions et couloirs inter dunaires où affleure la nappe phréatique. Ces couloirs, vestiges d’anciennes vallées, sont en grande partie recouverts par les systèmes dunaires. Les unités géomorphologiques sont constituées par des formations dunaires mises en place au cours du quaternaire. Et successivement, on retrouve d’abords la plage, les dunes blanches ou vives (Zone Littorale), suivies de dunes jaunes semi-fixées et enfin les dunes rouges (zone continentale) qui se suivent de la mer vers le continent, d’Ouest en Est. Ces unités géomorphologiques portent d’importantes espèces végétales très denses en saison pluvieuse.

Les dépressions
Les dépressions sont localisées entre le cordon littoral (dunes blanches et dunes jaunes) et le système Ogolien. Elles se caractérisent par des sols à hydromorphie temporaire ou permanente avec des aptitudes agronomiques bonnes appelés communément les « Niayes » et se présentent sous deux formes : les couloirs inter-dunaires et les bas Bas-fonds.
– Les couloirs interdunaires ou « Ndiouki » sont des dépressions inter-dunaires inondables pendant au moins une courte période de l’année. Elles forment de petites plages datant du Tchadien, suite à la mise en place d’un réseau hydrographique perpendiculaire à la mer. Cette unité située derrière le cordon de dunes littorales, porte des sols à hydromorphie partielle de profondeur (deck-dior). Ce sont des sols de transition entre les sols diors et les sols deck, ils sont caractérisé par une texture sabloargileuse plus résistante à l’érosion hydrique, ce qui leur permet de conserver des éléments nutritifs d’où leur grande richesse en matière organique. Il représente 20% des terres cultivables, on y pratique le maraichage la culture fruitière et le manioc.
– Les bas-fonds : plus profonds que les couloirs inter-dunaires, sont des cuvettes à inondation temporaires, formées de sols decks, et occupées par les eaux de pluie avec des profondeurs variables à certains endroits. Ce sont des sols hydromorphes et présentent un déficit de drainage. Très riche en matière organique, les decks présentent une texture argileuse (à plus de 50%), d’où leur faible porosité et une structure grumeleuse en surface ce qui leur donne une grande capacité de rétention en eau. Ils aussi très riches en oxydes de fer d’où la capacité des supérieurs des decks avec 10% des terres cultivables et représentent le domaine de l’arboriculture.

LE SOL, LES RELIEFS ET LA VEGETATION 

Le Sol et les reliefs

Le sol
Selon Demolon (1960), le sol est une formation naturelle de surface à structure meuble, d’épaisseur variable, résultant de la transformation de la roche mère sous-jacente, sous l’influence de divers processus physiques chimiques et biologiques. Ses caractéristiques et ses propriétés changent en fonction des roches, des reliefs des climats, de la végétation et de leur âge.

Les reliefs
Le relief de la communauté rurale se caractérise par deux aspects : Une zone littorale accidentée avec la présence de dunes de sable marins provoquées par l’influence des vents maritimes. On y note aussi l’existence de dépressions formant de très nombreux marigots et mares aux abords desquels on pratique le maraîchage. Selon une source du conseil rural 23 cuvettes sont utilisées par les populations pour pratiquer le maraîchage, sans compter les cuvettes artificielles des ICS. Une zone continentale relativement plate avec quelques rares dépressions. C’est la zone propice aux cultures d’hivernage et aux pâturages. Dans cette partie de la communauté rurale se développe une activité d’extraction minière pratiquée par les ICS créant des cuvettes artificielles que les populations riveraines utilisent pour le maraîchage, l’arboriculture, le reboisement et la pisciculture.

Végétation 

La végétation constitue avec le relief l’élément le plus déterminant des paysages du fait de son immobilisme apparent et de son action sur les facteurs physico-chimiques dont elle procède par ailleurs (Dacosta 1989). Selon Ndiaye P., (1980), l’absence de relief important et le développement limité du réseau hydrographique donnent aux facteurs climatiques un rôle important dans l’hydrologie des Niayes. En effet dans la communauté rurale de Darou Khoudoss, la végétation est dégarnie à l’Est, mais légèrement plus dense dans les Niayes notamment à l’Ouest. La composition de la flore est variable selon la strate considérée. Nous notons ainsi :
➤ Une strate arborée composée essentiellement d’espèces épineuses telles que : Acacia albida (caad, Acacia radiana (seng), Acacia nilotica (nepnep), Balanites aegyptiaca (soump), Zizyphus mauritiana (sidem), qu’on peut associer de reliques d’espèces soudaniennes et soudano-sahéliennes parmi lesquelles on peut citer Adansoniadigitata (gouye), Parinari ou Néocaryamacrophilla (new), Tamarindusindica (dakkar) et Sclerocaryabirrea (beer). En fin on distingue des espèces exotiques dans les concessions : Azadirachtaindica (nim), Prosopis juliflora (prosopis) ;
➤ Une strate arbustive composée de Guierrasenegalensis, Anononassenegalensis, Bosciasenegalensis, de compbrétaccées et d’euphorbes telles qu’Euphorbiabalsamifera.
➤ Une strate herbacée, beaucoup plus dense dans la zone des Niayes appelée la zone pastorale. Pendant l’hivernage, ce tapis herbacé offre au bétail un surcroit de fourrage. Desséché à la fin de l’hivernage précisément au mois de novembre, il est composé de graminées annuelles où domine le cram-cram (Cenchrusbiflorus), Andropogon gayanuset des espèces soudaniennes vivaces. Dans cette zone la survie des espèces est largement favorisée par les incursions du micro climat assez doux des Niayes.

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Table des matières

INTRODUCTION GENERALE
Situation géographique de la communauté rurale
Problématique
Cadre théorique
Discussion conceptuelle
Hypothèses
Objectif
METHODOLOGIE
Première partie : Présentation du cadre physique et socio-économique
Chapitre. I CADRE PHYSIQUE
Chapitre. II cadre socio-économique de la communauté rurale de Darou Khoudoss
DEUXIEME PARTIE : Les transformations des paysages et systèmes agraires sous l’effet de la mondialisation
Chapitre. I les structures agraires
Chapitre. II le contexte économique d’un changement de système
Chapitre III. La dynamique des paysages agraires sous l’effet de la mondialisation
TROISIEME PARTIE : Les facteurs secondaires de la dynamique du paysage agraires et les perspectives de développement
Chapitre I. Les facteurs secondaires sur la dynamique du paysage agraire
Chapitre. II Les perspectives de développement
Conclusion Générale

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