Prévention du gain de poids chez les étudiants universitai

Alimentation des étudiants universitaires

Le début des études universitaires implique de nombreux changements quant à l’alimentation des jeunes adultes. La littérature démontre que les apports changent, tant en ce qui concerne les choix d’aliments que les quantités consommées [16, 17, 25, 26]. Par exemple, dans une étude sur les comportements à risque reliés aux maladies chroniques durant la période de transition après l’école secondaire, une diminution de la consommation de fruits a été observée chez les participants des deux sexes [25]. Dans une autre étude réalisée auprès de 246 jeunes adultes âgés de 19 à 28 ans ayant préalablement participé à une enquête alors qu’ils étaient âgés de 10 ans, la consommation de fruits et de jus de fruits, tout comme celle de viandes, de desserts, de bonbons et de lait, diminuait à l’âge adulte [17]. Par contre, la consommation de breuvages sucrés, de volaille, de fruits de mer, de grignotines salées et de boeuf était augmentée [17]. De leur côté, Deforche et al. [16] ont observé une diminution des apports pour la plupart des composantes évaluées (fruits et légumes, fibres, calcium, variété alimentaire). Les excès alimentaires diminuaient également [16]. Toutefois, une augmentation de la consommation d’alcool a été observée, particulièrement chez les garçons, durant la transition entre l’école secondaire et le début de l’université ou du collège [16]. Il est à noter qu’aux États-Unis, le collège et l’université représentent tous deux des établissements d’études supérieures dont les programmes débutent à la treizième année d’école [27]. Ils seront donc considérés comme équivalents dans le cadre de ce mémoire.
De façon plus globale, plusieurs études ont démontré une diminution de l’apport énergétique total lors de la transition entre les études secondaires et universitaires [15, 18]. Il est donc possible que le gain de poids souvent observé au début des études universitaires soit attribuable à une diminution du niveau d’activité physique pouvant survenir dans la même période [15, 18].
En ce qui concerne la qualité des aliments consommés, il a été démontré que les jeunes adultes achètent fréquemment des aliments transformés, prêts à manger ou de restauration rapide [26]. Par exemple, dans une étude européenne portant sur les habitudes de collations d’étudiants universitaires, 74 % des étudiants écossais consommaient des collations provenant de machines distributrices [28]. Dans cette étude, la fréquence de consommation de ce type d’aliments n’était pas spécifiée [28] Aussi, une étude américaine réalisée auprès de 1 059 étudiants du collège a démontré que 45 % des participants achetaient des aliments et breuvages provenant de machines distributrices ou des services alimentaires du campus, ou de restaurants et magasins à proximité, et ce, un minimum de trois fois par semaine [26]. Dans cette étude, 22 % des participants ont aussi rapporté consommer des aliments de restauration rapide un minimum de trois fois par semaine [26]. Selon l’étude, une consommation fréquente d’aliments en provenance du campus ou de restauration rapide était associée avec des apports plus élevés en gras et en sucres ajoutés, ainsi qu’avec le fait de sauter des repas [26]. Dans cette étude, les étudiants apportant le plus souvent des aliments de la maison consommaient moins de gras et de sucres ajoutés et davantage de produits laitiers, de fruits et légumes, de calcium et de fibres, comparativement aux étudiants qui consommaient des aliments de restauration rapide ou achetés sur le campus [26].
Le début des études universitaires signifie également de nouvelles responsabilités avec lesquelles les étudiants doivent jongler, notamment quant à la planification et à la préparation des repas [29-31]. De plus, le facteur temps peut avoir une influence négative sur l’alimentation des étudiants [32]. Dans une étude réalisée auprès de 1 201 étudiants universitaires, plus de la moitié rapportaient avoir des contraintes de temps de façon générale [32]. Entre un tiers et la moitié des participants disaient avoir de la difficulté à trouver le temps pour s’assoir et manger un repas, pour manger des repas planifiés de façon régulière et pour aller faire l’épicerie [32]. Par ailleurs, une proportion similaire d’étudiants rapportaient ne pas avoir de difficulté à trouver le temps pour ces activités [32]. Près de la moitié des participants ont déclaré que la préparation de repas sains enlevait du temps pour les autres activités et qu’ils s’alimenteraient plus sainement s’ils étaient moins occupés [32]. Néanmoins, 57,6 % des étudiants étaient sûrs qu’ils seraient capables de trouver le temps de préparer des repas sains [32]. À ce sujet, il est possible que les étudiants qui démontrent un haut niveau d’efficacité personnelle, mais peu de comportements relatifs à la préparation de repas puissent manquer de motivation, d’habiletés culinaires, ou d’équipement, ce qui ne les incite pas à prendre le temps de cuisiner des repas sains [32]. Il est intéressant de noter que les causes de la perception du manque de temps peuvent différer selon le sexe [32]. Ainsi, avoir un horaire de cours chargé et travailler de longues heures seraient des facteurs importants chez les hommes [32]. Chez les femmes, la perception de manquer de temps pourrait être davantage reliée aux aspects relationnels ainsi qu’au temps consacré aux amis et à la famille [32]. Dans l’étude de Pelletier & Laska [32], le lieu de résidence, possiblement relié au statut socioéconomique et aux responsabilités envers les gens avec qui elles cohabitent, ainsi que le fait d’être en relation, étaient les principaux facteurs associés à la perception de manquer de temps chez les femmes. Ainsi, les interventions axées sur l’amélioration des stratégies de gestion du temps et les messages sur la nutrition visant l’atteinte d’une saine alimentation malgré le manque de temps risquent d’être plus efficaces si elles ciblent les facteurs spécifiques à chaque sexe [32].
L’alimentation des étudiants universitaires semble aussi être caractérisée par un rythme prandial irrégulier, tant pour l’horaire que pour le nombre de repas. Dans l’étude de Spanos et Hankey [28] comparant les habitudes alimentaires d’étudiants grecs et écossais, la plupart des étudiants consommaient deux repas principaux chaque jour. Le déjeuner était le repas le plus fréquemment omis, 26 % des étudiants rapportant ne jamais déjeuner et 33 % déjeunant seulement 1 à 3 fois par semaine [28]. Le fait de ne pas déjeuner pourrait avoir un impact négatif sur le poids, plusieurs études ayant observé un lien entre le surpoids et le fait d’omettre ce repas [33]. Également, les étudiants semblent manger des collations, ou boire des breuvages à base de café durant toute la journée, et ce, jusqu’à tard le soir [30]. On ne connait pas la quantité consommée, mais la consommation de ces aliments ne serait pas nécessairement reliée à la faim [29, 30]. En effet, chez les étudiants grecs et écossais, le goût était le premier facteur en importance lorsqu’il était question du choix de collation [28].

Consommation d’alcool et apport énergétique

Il existe également un lien entre la consommation d’alcool et les apports alimentaires des étudiants universitaires. En effet, si certains étudiants rapportent manger avant la consommation pour pouvoir tolérer davantage d’alcool, d’autres mangeraient après celle-ci, tard dans la nuit lorsque l’alcool influence négativement les choix d’aliments [30]. Une étude réalisée aux États-Unis auprès de 282 étudiants de première année d’université a observé une modification de leurs habitudes alimentaires avant, pendant et après les épisodes de consommation d’alcool [34]. Tout d’abord, alors que près de 75 % des étudiants avaient consommé de l’alcool durant le dernier mois, 65,7 % de ceux-ci ignoraient le contenu calorique de leurs breuvages alcoolisés habituels [34]. De plus, 35 % des consommateurs d’alcool étaient catégorisés comme des « buveurs à risque modéré » [34]. Ceci correspond à une moyenne de 4 à 5 consommations par épisode, 1 à 3 fois par semaine, en plus d’environ un épisode de binge drinking par mois, c’est-à-dire 6 consommations et plus en une même occasion [34]. Selon les résultats de l’étude, ces « buveurs à risque modéré » étaient plus enclins à rapporter une augmentation de leur appétit et près de la moitié disaient trop manger et faire des choix alimentaires moins sains après avoir bu, comparativement à lorsqu’ils s’abstenaient de consommer de l’alcool.
Plusieurs mangeaient tard durant la nuit et ressentaient des « fringales d’ébriété » [34]. Bien que le fait de manger tard puisse être commun chez les étudiants universitaires, cette étude suggère que cette habitude puisse être plus fréquente lors des épisodes de consommation d’alcool, mais surtout qu’elle puisse inclure de plus grosses portions et des choix alimentaires moins sains par les étudiants [34]. Il est intéressant de noter qu’une augmentation significative de l’indice de masse corporelle (IMC) au cours du premier trimestre a été observée chez ces « buveurs à risque modéré », comparativement aux non-buveurs et aux « buveurs à faible risque » (2 à 3 consommations par épisode à une fréquence d’environ 1 à 2 fois par mois) [34].

Déterminants des comportements alimentaires à l’université

Les comportements alimentaires des étudiants universitaires sont influencés par des facteurs individuels, par l’environnement social et physique, de façon plus large par le macro-environnement, ainsi que par des caractéristiques spécifiques au milieu universitaire [29, 30].
Au niveau individuel, la saveur des aliments est importante pour les étudiants et les préférences alimentaires peuvent entraîner des choix sains et/ou malsains [29]. L’autodiscipline, en lien avec l’autonomie, pourrait aussi avoir une influence puisque certains individus ont plus de facilité que d’autres à prendre soin d’eux-mêmes et à faire des choix en ce sens [29]. Aussi, les valeurs, les normes et les croyances (éthique, morale) pourraient favoriser des modes d’alimentation tels que le végétarisme, ou entraîner des choix plus sains pour éviter la culpabilité [29]. L’état d’esprit et le niveau de stress influenceraient les choix alimentaires dans un sens comme dans l’autre : certains mangeraient plus sainement, alors que d’autres seraient affamés et mangeraient « n’importe quoi » [29]. L’image corporelle et la perception de soi seraient aussi des facteurs à considérer, tout comme les connaissances nutritionnelles bien que celles-ci ne semblent pas entraîner automatiquement des choix plus sains [29]. Ensuite, le facteur temps, relié aux priorités personnelles, est très important pour les étudiants [29]. Le manque de temps et la difficulté à gérer celui-ci semblent d’ailleurs avoir une influence négative sur les apports alimentaires [30]. Le temps de préparation des repas, la facilité et la commodité sont donc déterminants [29]. La routine quotidienne des étudiants pourrait aussi influencer leurs habitudes alimentaires [29]. Alors qu’en résidence, l’horaire plus désorganisé pourrait avoir une influence négative, les étudiants résidant chez leurs parents pourraient bénéficier d’une certaine « structure » plus favorable [29]. Les habitudes antérieures auraient aussi un rôle à jouer, tout comme le niveau d’activité physique qui serait parfois associé à la perception de pouvoir manger n’importe quoi après s’être entraîné [29] selon des étudiants interrogés. Concernant ce dernier point, il a été démontré qu’un exercice de haute intensité entraînait plutôt une réduction de l’appétit et une préférence pour les aliments moins caloriques [35]. Ensuite, selon certains étudiants, le métabolisme variable d’un individu à l’autre pourrait entraîner des apports différents [29]. Finalement, la recherche de vitalité pourrait se traduire par la consommation d’aliments riches en énergie et en sucres ou au contraire, par celle d’aliments plus nutritifs tels que les fruits et légumes [29].
Sur le plan de l’environnement social, le contrôle parental aurait une influence sur les comportements alimentaires [29]. Par exemple, la consommation d’alcool pourrait être plus fréquente lorsqu’il y a moins de contrôle de la part des parents [29]. L’éducation reçue à la maison serait aussi déterminante, par exemple en ce qui concerne la consommation de fruits et légumes qui aurait plus de chance d’être adéquate chez quelqu’un ayant été élevé dans un environnement sain [29]. Le support social de la famille et des amis jouerait aussi un rôle, tout comme la pression des pairs qui aurait une influence sur les choix alimentaires [29]. Un exemple en ce sens est que si un individu est le seul à faire son propre sandwich et que tous ses collègues s’en achètent un sur le campus, il y a des chances que cet individu décide de faire comme les autres le lendemain [29].
L’environnement physique, soit la disponibilité et l’accessibilité des aliments et des équipements de cuisine, est également déterminant pour les choix alimentaires [29]. Pour les étudiants vivant en résidence, l’accès limité aux équipements de cuisine pourrait contribuer à des choix moins sains, tout comme l’abondance de nourriture sur le campus, l’absence d’information nutritionnelle et le coût parfois élevé des aliments sains [29, 30]. La disponibilité d’une variété de produits dans les machines distributrices et dans les cafétérias favorise leur consommation et le fait que les frites, par exemple, soient au menu chaque jour à la cafétéria, peut encourager leur consommation fréquente, et ce, malgré la présence d’alternatives plus saines [29]. En ce sens, une étude européenne a démontré que 74 % des étudiants écossais consommaient des collations provenant de machines distributrices [28]. Par ailleurs, des chercheurs du Minnesota se sont penchés sur les liens existant entre l’alimentation des étudiants collégiaux et la fréquence à laquelle ils achetaient des aliments et breuvages sur le campus, des aliments de restauration rapide, ainsi que la fréquence à laquelle ils apportaient leur nourriture de la maison [26]. Ils ont ainsi observé qu’environ 45 % des étudiants achetaient des aliments et breuvages sur le campus au moins trois fois par semaine [26]. Ces achats, tout comme l’achat de mets de restauration rapide, étaient associés à une fréquence plus faible de déjeuner et à un apport plus élevé en gras et en sucre [26]. Le fait d’apporter sa nourriture de la maison était par ailleurs associé à des habitudes alimentaires plus saines [26]. Le coût des aliments et le budget individuel ont aussi une influence et certains étudiants croient que les aliments moins sains coûtent moins cher [29]. Enfin, l’appel des aliments, par exemple le fait de voir ses collègues manger un mets appétissant servi par l’établissement, peut influencer les comportements alimentaires [29]. Les environnements alimentaires ont non seulement une influence sur le choix des aliments, mais aussi sur le moment, l’endroit et les quantités consommées [26] . Au niveau du macro-environnement, la législation et les politiques, les normes et les valeurs socioculturelles, les médias et la publicité sont des déterminants des choix alimentaires [29].
Finalement, certaines caractéristiques propres à l’université peuvent avoir une influence sur les choix alimentaires [29]. Pour les étudiants demeurant en résidence, le fait d’être entouré d’autres étudiants implique plusieurs stimuli déterminants pour les comportements alimentaires [29]. Par exemple, si des collègues se commandent de la pizza, il peut devenir tentant d’en consommer [29]. Par ailleurs, l’influence pourrait aussi être positive si un groupe décide de cuisiner ensemble des repas plus sains [29]. Les sociétés d’étudiants, moins connues au Québec, pourraient entraîner une augmentation de la consommation d’alcool [29]. Le mode de vie universitaire, incluant l’excitation associée à la nouveauté, pourrait entraîner les étudiants à sortir davantage [29]. Finalement, les périodes d’examens peuvent influencer les choix alimentaires, tant positivement que négativement [29].

Activité physique des étudiants universitaires

De façon générale, la transition à l’âge adulte est associée à une diminution du niveau d’activité physique [36]. Au Canada, une étude longitudinale a démontré que le niveau d’activité physique diminuait pendant cette période et que cette diminution était plus accentuée chez les jeunes hommes qui entraient au collège ou à l’université [36]. Cette étude a utilisé les données tirées de sept cycles de l’Enquête nationale sur la santé de la population de Statistique Canada, dans laquelle 683 adolescents ont été interrogés à tous les deux ans, et ce, sur une période de douze ans [36]. Les participants étaient âgés de 12 à 15 ans au départ et de 24 à 27 ans à la fin de la période de collecte de données [36]. De façon générale, une diminution du niveau d’activité physique de 24 % a été observée dans l’étude [36]. Ainsi, la transition vers l’âge adulte, en soi, serait associée à une diminution de l’activité physique [36]. Cependant, la diminution serait plus importante chez les jeunes hommes débutant une formation postsecondaire [36]. Chez les femmes, la diminution était moins importante chez celles qui débutaient une formation postsecondaire, comparativement aux autres qui intégraient possiblement le marché du travail [36]. Selon les chercheurs, les femmes qui ne poursuivent pas leurs études peuvent vivre d’autres transitions majeures, telles que se marier ou avoir un enfant, qui pourraient avoir une influence négative sur le niveau d’activité physique [36].
Par ailleurs, Deforche et al. [16] ont observé une diminution de la participation à des sports lors de la transition aux études postsecondaires, tant chez les garçons que chez les filles [16]. Si certaines activités sédentaires, telles que l’écoute de la télévision et de films ainsi que les jeux d’ordinateur ont diminué, d’autres, soit l’utilisation d’Internet et le temps passé à étudier, ont augmenté [16]. En ce qui concerne le niveau d’activité physique des étudiants universitaires, une étude transversale a été réalisée auprès de 19 298 étudiants de 23 pays différents [37]. Les participants étaient âgés de 17 à 30 ans et ne devaient pas étudier en médecine, ni dans le domaine de la santé [37]. L’année universitaire n’était pas spécifiée et le Canada ne faisait pas partie de l’étude [37]. Les données ont été recueillies entre 1999 et 2001 et ont été comparées avec les recommandations de 1990 [37]. Ces recommandations étaient de pratiquer de l’activité physique un minimum de trois fois par semaine [37]. Ainsi, la pratique d’activité physique aux niveaux recommandés était plus fréquente chez les hommes (28 %) que chez les femmes (19 %) et variait largement selon le pays [37]. Il a été observé que la prévalence d’inactivité physique durant les loisirs variait selon des facteurs culturels et le niveau de développement du pays [37]. Dans le nord-ouest de l’Europe et aux États-Unis, 23 % des étudiants étaient inactifs durant leurs loisirs [37]. Selon cette étude, la probabilité de faire de l’activité physique durant les loisirs était positivement associée avec la force des croyances quant aux bénéfices de l’activité sur la santé ainsi qu’avec le niveau de développement national [37].
Une étude réalisée en Ontario a également démontré que la majorité des étudiants universitaires sont insuffisamment actifs [38]. En effet, une chercheuse s’est intéressée à la prévalence du maintien d’un niveau d’activité physique adéquat chez les étudiants universitaires [38]. Au total, 392 participants provenant de 2 campus ont rempli un questionnaire à 1 mois d’intervalle [38]. Au départ, 199 étudiants étaient considérés actifs, c’est-à-dire qu’ils atteignaient les recommandations de faire 30 minutes d’activité physique d’intensité modérée à élevée, en continu ou par intervalles de 10 à 15 minutes, au moins 5 jours par semaine [38]. Après un mois, seulement 35 % des individus actifs avaient maintenu un niveau d’activité physique suffisant [38]. Malgré la courte durée de l’étude, celle-ci démontre des lacunes au niveau de la pratique d’activité physique chez les étudiants universitaires [38]. Les participants ayant maintenu un niveau d’activité physique adéquat étaient plus susceptibles d’être inscrits dans un programme d’études relié à la santé, ou d’être dans leur quatrième année d’étude, comparativement aux sujets insuffisamment actifs [38].
Dans une étude d’une durée un peu plus longue, des chercheurs se sont intéressés à l’évolution des habitudes de vie d’étudiantes de première année à l’université [39]. Ainsi, le niveau d’activité physique et les apports alimentaires de 101 étudiantes résidant sur le campus ont été évalués à quatre reprises durant l’année, tandis que les données anthropométriques (poids, taille et IMC), ainsi que le pourcentage de gras corporel, ont été mesurées au début et à la fin de l’étude [39]. En ce qui concerne l’activité physique, une diminution importante a été observée chez toutes les participantes au cours des huit premières semaines de la session [39]. Par la suite, 34 % des participantes sont retournées à leur niveau d’activité physique initial, tandis que 66 % d’entre elles ont maintenu cette diminution [39]. Les changements alimentaires et d’activité physique ont également été observés dans une étude longitudinale réalisée sur toute la durée du parcours collégial de 608 étudiants aux États-Unis [40]. Au début de l’étude, les participants devaient être en première année et inscrits pour la première fois dans un programme à temps plein [40]. Au début de chacun des sept semestres de leur parcours, durant quatorze jours consécutifs, ils devaient remplir des questionnaires portant sur leurs habitudes de vie [40]. Cette étude a révélé que le nombre de jours où les étudiants faisaient un minimum de 30 minutes d’activité physique d’intensité modérée à élevée diminuait au fil des sessions et que les hommes étaient plus actifs que les femmes [40]. De façon générale toutefois, la fréquence d’activité physique diminuait de 6 % par session [40]. Dans cette étude, le fait d’habiter à l’extérieur du campus semblait aggraver le problème [40]. Selon les auteurs, cela pourrait être attribuable à la charge de travail élevée ainsi qu’au manque de temps et de moyens de transport vécus par les étudiants [40].

Sommeil et étudiants universitaires

En plus de l’activité physique et de la saine alimentation, le sommeil est maintenant reconnu comme étant l’un des trois piliers d’un mode de vie sain [9]. Dans une étude réalisée aux États-Unis auprès de 1 845 étudiants universitaires, 27 % des participants étaient à risque de troubles du sommeil [20]. La moyenne d’heures de sommeil rapportée était de 6,79 heures par nuit durant la semaine, comparativement au besoin moyen de 8 heures par nuit [20, 42]. Même s’ils dormaient plus longtemps durant la fin de semaine, les 2,6 heures supplémentaires ne permettaient pas de compenser pour les 6,05 heures manquantes [20]. Ils accumulaient donc une dette de sommeil [20]. Malgré le fait que les besoins de sommeil individuels puissent varier, le fait que 86 % des étudiants rapportaient se réveiller fatigués le matin indique qu’une majorité de ceux-ci manquaient de sommeil [20].
Des chercheurs se sont d’ailleurs intéressés aux facteurs pouvant affecter le sommeil des étudiants et il semblerait que la pratique d’activité physique puisse être bénéfique [43, 44]. Tout d’abord, selon une étude réalisée aux États-Unis auprès de 67 861 étudiants au collège, le fait d’avoir un niveau d’activité physique adéquat serait positivement associé à un sommeil adéquat [44]. Par ailleurs, une étude pilote réalisée en France auprès de 19 étudiantes sédentaires ayant un sommeil de faible qualité a démontré qu’un programme d’activité physique de 12 semaines suivant les recommandations de l’OMS pouvait améliorer la qualité de leur sommeil [43]. Malgré la petite taille de l’échantillon, ces résultats semblent prometteurs et les chercheurs planifient étendre leur étude avec un échantillon plus grand incluant également des hommes [43].

Sommeil et prise alimentaire

Par ailleurs, le manque de sommeil altère la dépense et les apports énergétiques [9]. Or, les étudiants universitaires sont susceptibles de manquer de sommeil. La plupart des études indiquent que le gain pondéral associé au manque de sommeil serait causé par une augmentation de l’apport énergétique, celui-ci surpassant le changement modeste de la dépense énergétique [9]. Il a été proposé que les coûts métaboliques associés à un sommeil insuffisant déclenchent un ensemble de changements au niveau hormonal, métabolique et comportemental pour augmenter l’apport alimentaire [9]. Dans l’ensemble, les études populationnelles démontrent qu’un sommeil de courte durée est associé avec un plus grand apport énergétique, avec le fait de manger entre les repas, ainsi qu’avec un apport protéique plus faible [9]. Un sommeil de faible qualité est également associé avec une faible qualité alimentaire, par exemple des apports faibles en protéines et en fibres [9]. Il y aurait également une relation inverse entre le temps passé dans les phases de sommeil lent et paradoxal et les apports en lipides et en glucides [9]. Une architecture de sommeil altérée influencerait donc les apports en macronutriments [9].
Au niveau hormonal, l’impact du manque de sommeil est encore controversé, mais il est possible que le manque de sommeil entraîne une augmentation des signaux de faim chez les hommes, tandis qu’il pourrait affaiblir les signaux de satiété chez les femmes [9]. Une explication de plus en plus reconnue à l’augmentation de l’apport énergétique reliée au manque de sommeil serait la perception augmentée du plaisir associé à certains aliments. En effet, celle-ci activerait les mécanismes de plaisir et de récompense dans le cerveau, ce qui pourrait entraîner une envie de chercher de la nourriture et de la consommer [9].
Des études réalisées auprès d’étudiants universitaires ont d’ailleurs démontré des liens entre les apports alimentaires et le sommeil dans cette population [45-47]. Tout d’abord, une étude réalisée auprès de 375 étudiantes a observé que les jeunes femmes qui se couchaient et se levaient tôt et qui avaient des habitudes de sommeil régulières consommaient moins d’aliments non nutritifs, davantage de fruits et de légumes, et rencontraient mieux les recommandations alimentaires, comparativement à celles qui se couchaient et se levaient tard et avaient des habitudes de sommeil irrégulières [45]. Dans une autre étude, les étudiantes qui dormaient moins de 6 h/jour avaient une alimentation de moindre qualité que celles qui dormaient plus longtemps [46]. Plus spécifiquement, elles consommaient plus de calories et de glucides, mais moins de fibres, de fruits, de grains entiers et de légumineuses [46].

Niveau de stress des étudiants universitaires

Le stress est une réalité bien présente pendant les études universitaires. Or, l’excès de stress entraîne des changements physiologiques, psychologiques et comportementaux qui peuvent nuire à la santé [6]. Par exemple, il peut avoir un effet direct sur la santé cardiovasculaire en augmentant la tension artérielle ou en favorisant la progression de l’athérosclérose [6]. Par ailleurs, il peut avoir un effet indirect sur la santé en entraînant des changements comportementaux comme l’utilisation de tabac ou la consommation d’alcool [6].
L’enquête sur les campus canadiens de 2004 [19], à laquelle 6 282 étudiants de premier cycle inscrits à plein temps ont participé, a révélé que les symptômes de détresse psychologique élevés sont fréquents et affectent davantage les femmes que les hommes. Ces symptômes incluent notamment de se sentir constamment sous tension (47 % de tous les étudiants, 53 % des femmes et 41 % des hommes), manquer de sommeil à cause de soucis (32 % en général, 38 % des femmes et 25 % des hommes) et se sentir malheureux ou déprimé (31 % en général, 36 % des femmes et 28 % des femmes) [19]. Par ailleurs, dans une étude américaine réalisée auprès de 212 étudiants, 75 % des participants étaient modérément stressés, 12 % rapportaient un niveau de stress élevé, tandis que 13 % avaient un faible niveau de stress [48]. Cette étude a également démontré un niveau de stress plus élevé chez les femmes que chez les hommes [48].
Les stratégies utilisées par les étudiants pour gérer le stress peuvent être saines, telles que parler avec la famille ou les amis, faire des activités de loisir ou de l’activité physique [48]. Cependant, d’autres stratégies, telles que la consommation d’alcool et de drogues, ainsi que l’utilisation du tabac, peuvent avoir des effets indésirables [48]. En ce sens, il a d’ailleurs été démontré que le stress académique aurait un rôle à jouer sur les comportements de santé [22]. Ainsi, dans une étude transversale réalisée auprès de 1 876 étudiants universitaires en France, un niveau de stress élevé était positivement associé à l’usage régulier du tabac, aux problèmes reliés à l’abus d’alcool, aux désordres alimentaires, au risque de cyberdépendance, ainsi qu’avec le fait d’être de sexe féminin [49]. Le niveau de stress n’était pas relié au programme d’étude, ni à la consommation régulière d’alcool ou au binge drinking [49]. Fait intéressant, une relation inverse a été observée dans cette étude entre le niveau de stress et la pratique sportive : les étudiants faisant le plus d’activité physique étaient moins susceptibles de rapporter du stress [49].

Stress et alimentation

Le stress semble également avoir un impact sur les apports alimentaires des étudiants. En effet, celui-ci peut inciter certains individus à manger en l’absence de faim [30] et il pourrait même être associé à des désordres alimentaires tels que l’anorexie ou la boulimie [49]. En Californie, des chercheurs se sont intéressés à l’impact du stress sur l’alimentation, le poids et la santé métabolique de 131 étudiants en médecine [50]. Les données ont été recueillies au départ, puis durant deux périodes d’examen au cours d’une même année [50]. Au total, 62 % des participants ont rapporté que le stress avait un impact sur leurs apports alimentaires : 36 % mangeaient plus qu’à l’habitude, tandis que 26 % disaient manger moins [50]. Au départ, les participants des deux groupes ne différaient pas en ce qui concerne l’IMC, l’apport alimentaire, les niveaux de cortisol, d’insuline et de lipides sanguins [50]. Après un an, une augmentation de l’IMC, du cortisol nocturne, du ratio cholestérol total/cholestérol HDL et des taux d’insuline nocturne a été observée chez les étudiants mangeant plus en période de stress, comparativement à ceux qui perdaient l’appétit [50]. À long terme, le fait de manger plus en période de stress pourrait donc être un facteur de risque associé au développement du syndrome métabolique [50]. Une augmentation du ratio taille-hanche a aussi été observée, mais seulement chez les participantes de sexe féminin [50]. Les changements au niveau de la circonférence de taille n’ont pas été rapportés dans l’étude [50].

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Table des matières
Résumé 
Abstract 
Liste des tableaux 
Liste des abréviations 
Remerciements
Avant-propos 
Chapitre 1: Introduction générale 
Chapitre 2: Habitudes de vie des étudiants universitaires 
2.1 Alimentation des étudiants universitaires .
2.2 Activité physique des étudiants universitaires
2.3 Sommeil et étudiants universitaires
2.3.1 Sommeil et prise alimentaire
2.4 Niveau de stress des étudiants universitaires
2.4.1 Stress et alimentation
2.5 Conclusion
Chapitre 3: Gain pondéral et études universitaires 
3.1 Définition et prévalence de l’obésité
3.2 Conséquences de l’obésité
3.3 Variation pondérale et études universitaires
3.4 Conclusion
Chapitre 4: Prévention du gain de poids chez les étudiants universitaires 
4.1 Interventions réalisées auprès des étudiants universitaires
4.1.1 Interventions sous forme de cours
4.1.2 Autres types d’interventions
4.2 Conclusion
Chapitre 5: Objectifs et hypothèses 
Chapitre 6: Article scientifique
RÉSUMÉ
ABSTRACT
Chapitre 7: Conclusion 
Bibliographie

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