Présentation monographique du FKT d’Ambatomitsangana

Le constat d’échec, des projets de développement de type top-down, enregistré dans les pays bénéficiaires a amené les décideurs politiques et financiers à repenser et mettre en place une nouvelle forme d’approche. Et désormais, tout projet de développement (notamment du développement rural) en quête de financement auprès des bailleurs de fonds internationaux ou même du service public doit impliquer directement les bénéficiaires, dans la conception, la gestion et la mise en œuvre. Ces décideurs s’appuient sur une constatation selon laquelle, il existe une viabilité plus élevée des projets, due à leur appropriation par les bénéficiaires. Ces derniers se préoccupent davantage de la permanence des infrastructures construites et de leur maintenance lorsqu’ils ont pris part à leur création. Néanmoins, l’hypothèse selon lequel les avantages de l’approche participative pour le développement surpassent ses divers coûts et contraintes n’est pas constamment prouvée. Des contraintes peuvent se manifester d’abord entre les organes centraux eux-mêmes (État, partenaires bi et multilatéraux, ONG, etc.). Des divergences sur les décisions clés des projets, souvent d’ordres techniques ainsi que sur la gestion des fonds alloués par les bailleurs, peuvent surgir entre ces acteurs de développement et les bénéficiaires, en majorité avec un niveau d’instruction relativement bas. Des échecs ne sont pas à exclure, surtout lorsque la participation des communautés aux projets de développement, n’accorde pas une certaine importance à la situation sociale, économique et culturelle à laquelle vivent les bénéficiaires. Devant l’importance de ce paradoxe, il est préférable, pour plus d’efficacité, de coordonner les décisions des institutions d’appui au développement, d’organiser avant toute activité de projet de type participatif des séances d’informations et de sensibilisation auprès des bénéficiaires directs. L’initiation aux techniques de gestion de projet et dans le cas échéant, de la maitrise d’ouvrage à ces derniers (de préférence les leadeurs d’opinion) et la mise en place de certains dispositifs d’appui, notamment financiers, peuvent influer davantage à l’atteinte des objectifs fixés par ce type de projet.

La réalisation d’un projet d’aménagement hydro-agricole, qui s’inspire de cette approche, dans le FKT d’Ambatomitsangana (Commune Urbaine d’Ankazobe), est l’objet d’étude de cet ouvrage. Nous avons voulu expliciter, dans le cadre de cette recherche, les mécanismes de réalisation de l’approche du développement participatif dans le monde rural malagasy, particulièrement sur ce projet. En s’interrogeant sur sa forme généralisée à travers le monde et notamment dans les pays en développement comme Madagascar, une série de questions restent à éclaircir. Cette approche qui, selon ses défenseurs, est «fondée sur l’établissement d’un dialogue permanent entre population et agents techniques, sur le respect mutuel et le principe du partenariat, ainsi que sur la reconnaissance du savoir-faire local», est-elle adaptée aux différences socioéconomiques, ethniques et culturelles qui composent la société notamment en milieu rural ?

Présentation monographique du FKT d’Ambatomitsangana

A Madagascar, le PN2D confère aux communes et aux régions la compétence d’élaborer et d’exécuter leurs politiques et plans de développement dans le respect des grandes orientations de l’Etat. Les études monographiques sont des outils permettant d’aider les municipalités à focaliser leurs activités sur les opportunités et besoins en développement des habitants de la communauté et contribuer à l’atteinte des objectifs du PN2D. Néanmoins, le manque de financement, d’appui technique et l’incompétence de la majorité des autorités locales rurales demeurent un handicap majeur. Les caractéristiques physiques, socioéconomiques et les particularités du FKT d’Ambatomitsangana: ses atouts et ses contraintes vont être brièvement exposés dans ce chapitre. Il se subdivise en quatre sections. Une première section fait l’étude du milieu  physique et naturel, la seconde fait un survol de l’environnement des infrastructures de base autour de ce FKT, la troisième fait une brève étude démographique, tandis que la quatrième présente la situation socioéconomique de la population.

Cadre physique

Les données physiques et biologiques d’une région permettent de mieux connaitre cette dernière. Cette section présente la situation géographique et quelques caractéristiques liées au climat, à la végétation et à l’hydrologie dans le FKT.

Situation géographique
Ambatomitsangana est un FKT rural isolé et enclavé. Et pourtant, il fait parti des 13 FKT qui constituent la Commune Urbaine d’Ankazobe. Cette Commune se situe à une distance de 94 km suivant la Route Nationale n° 4 au Nord-ouest de la ville d’Antananarivo. Le FKT compte 2 villages et 4 hameaux éloignés en moyenne de 2km les uns des autres.

Climat
Bénéficiant d’une moyenne pluviométrique annuelle de 1250mm par an, favorable pour la culture durant une partie de l’année, le FKT connait un climat tropical d’altitude présentant deux saisons distinctes : l’une pluvieuse et moyennement chaude, de novembre à avril et l’autre fraiche et relativement sèche durant le reste de la saison. Son altitude est d’environ 1 000 m. La température moyenne est de 20°C avec des minima de 8°c et des maxima de 32°c .

Réseau hydrographique

Les rizières de la vallée de Kelimantra et Akanobe disposent d’une section de 7km de la rivière Andranobe tributaire de l’Ikopa en aval du District d’Ankazobe. Cependant, les masses d’eau véhiculées par cette rivière ne sont pas exploitées par les paysans puisqu’elles se déversent à une profondeur de 3 m en dessous du niveau des rizières. Les autres sources d’eau en amont de la vallée (parmi elles Antandroka où se construit l’infrastructure hydro-agricole que nous allons étudier) sont relativement loin des rizières, ce qui complique l’irrigation des surfaces rizicoles en saison sèches.

Végétation
La végétation est composée de quelques poignées d’eucalyptus en voie de disparition sous l’influence anthropique. Les quelques petites étendues de forêt visibles sont, la plus part d’entre elles, associées aux cultes « Doany ». Selon les anciens du FKT, il y a quelques décennies, il existait une forêt naturelle boisée dans la zone. Mais le bois de chauffe, l’implantation des cultures et les feux de brousse non contrôlés sont les principaux éléments responsables de la dégradation de cette forêt.

Les infrastructures de base 

Les infrastructures de base tiennent une place importante dans le processus développement d’une région. Certaines comme la route ont une fonction de support pour la circulation des personnes et des biens, l’une des conditions essentielles de la relance de l’économie. D’autres permettent d’assurer l’enseignement des enfants, un socle pour le développement local, régional et national dans le futur. La description de l’état des infrastructures de communication, de santé et d’hygiène, d’éducation et de loisir dans le FKT fait le contenu de cette section. Elle permettra au passage d’évaluer, à partir des données recueilles, l’environnement sanitaire et éducatif des villages.

Les infrastructures de communication 

Les infrastructures de communication représentent les moyens qui sont à la disposition de la population pour circuler, s’informer et se relier avec le monde extérieur. Elles sont d’une importance capitale pour la vie de tous les jours : économie, évacuation sanitaire, sécurité publique, etc.

La route
Le FKT d’Ambatomitsangana se situe à une distance de 8 km par rapport à la ville d’Ankazobe. Il est relié à la RN4 par 5 km de route (route d’intérêt communal) en terre, difficilement praticable en période de pluies. Un petit pont en bois, construit à quelques mètres de l’infrastructure hydro-agricole avec lequel nous faisons notre recherche, est en mauvais état. Au cas où il serait endommagé, la circulation par véhicule motorisé serait impossible. Ce pont est aussi très essentiel pour l’acheminement des produits agricoles au marché d’Ankazobe. Toutes les charrettes en partance et en provenance de la ville d’Ankazobe et de la RN4 passent obligatoirement par ce petit pont pour relier le FKT mais aussi d’autres communes rurales éloignées (cf. Annexe 4).

Postes et télécommunications
Le FKT est couvert par les réseaux téléphoniques des trois principaux opérateurs mobiles de Madagascar (Telma, orange et Airtel). Cependant, « seul 6% de la population possèdent un téléphone ». En outre, toutes les maisons dans tous les villages n’on pas d’adresses postales. Les courriers en provenance de l’agence des postes et télécommunication d’Ankazobe arrivent directement chez le chef FKT qui les distribue à son tour aux destinataires.

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Table des matières

Introduction
Chapitre I : Présentation monographique du FKT d’Ambatomitsangana
Section I : Cadre physique
1- Situation géographique
2- Climat
3- Réseau hydrographique
4- Végétation
Section II : Les infrastructures de base
1- Les infrastructures de communication
2- Infrastructures sanitaires et d’hygiène
3- Infrastructures d’éducation et de loisir
Section III : Milieu sociodémographique
1- Historique du peuplement du FKT
2- Cadre sociodémographique
3- Cadre socio-organisationnel
Section IV : Situation socioéconomique avant le projet
1- Cadre socioéconomique
2- Les contraintes de mise en valeur agricole
3- Surface cultivée
4- Techniques agricoles et types de culture
5- Les contraintes socioéconomiques
Chapitre II : Description du projet
Section I : Notions sur le terme projet
Section II : De l’idée initiale à l’évaluation des moyens
1- Identification du projet
2- Les moyens nécessaires
Section III : Notion sur le développement participatif
1- Genèse de la participation pour le développement
2- Début de la participation villageoise en Afrique et à Madagascar
Chapitre III : Avantages et limites de l’approche participative
Section I : Atouts de la participation paysanne
1- Partage d’expériences
2- La formation
3- La viabilité des infrastructures construites
Section II : Les limites de l’approche participative
1- Risques de conflits
2- Réticence à des contributions onéreuses
3- Difficultés pour l’application de l’approche à plus large échelle
Conclusion

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