PRATIQUES ALIMENTAIRES CHEZ LES ENFANTS MALNUTRIS

INTRODUCTION

  La malnutrition est un état pathologique résultant d’une carence alimentaire. Cette carence est souvent associée à des infections. A Madagascar, la malnutrition affecte surtout les enfants en bas âge, en particulier ceux âgés de 0 à 3 ans. Elle est la manifestation d’un ensemble de déterminants multisectoriels qui interviennent à différents niveaux de la société. Elle pose un grave problème de santé publique car elle contribue à augmenter les risques de décès. A Madagascar, la malnutrition constitue la toile de fond de la morbidité et de la mortalité chez les jeunes enfants de 0 à 3 ans. Compte tenu des résultats de différentes enquêtes effectuées ces dernières années sur la situation nutritionnelle dans le pays : « On remarque que le taux de malnutrition chez les enfants reste presque stationnaire à un niveau très élevé, autour de 50% » [1]. Les pratiques alimentaires constituent les facteurs déterminants de l’état nutritionnel des enfants. L’état nutritionnel résulte à la fois, de l’histoire nutritionnelle de l’enfant et des maladies ou infections qu’il a pu avoir. L’état nutritionnel d’un enfant dépend des facteurs immédiats liés au régime alimentaire et à une bonne santé. Les causes immédiates sont nombreuses, l’insécurité alimentaire au niveau des ménages, les problèmes d’accès à l’eau potable, le déséquilibre et l’insuffisance alimentaire comptent parmi les causes les plus fréquentes.« L’insuffisance pondérale chez les enfants âgés de 0 à 3 ans à Ambolokandrina » est une étude qui part de l’hypothèse que la réduction des causes immédiates de la malnutrition entraînerait une réduction de la malnutrition des enfants. L’objectif principal est de suggérer des éléments stratégiques d’amélioration de l’état nutritionnel. Les objectifs spécifiques sont :
déterminer le statut nutritionnel des enfants âgés de 0 à 3 ans,
décrire les caractéristiques individuelles et sociales des mères des enfants d’Ambolokandrina. Le plan de l’étude comprend, outre l’introduction et la conclusion, trois parties principales qui sont les rappels sur l’état nutritionnel et la malnutrition, les méthodes et résultats et enfin la discussion.

Quelques définitions

Malnutrition La malnutrition résulte d’une alimentation déséquilibrée. Les malnutritions ou carences sont dominées par les carences en protéines, fréquentes dans les pays en développement. Il existe aussi des carences d’autres nutriments (iode, vitamines, fer). Elles relèvent de la nécessité ou de la méconnaissance des facteurs de l’équilibre alimentaire, à quoi il faut ajouter les carences éventuelles en eau alimentaire.
Sous-nutrition Elle traduit une insuffisance alimentaire générale, quantitative et qualitative qui met directement la vie de l’homme en jeu. Elle est souvent aiguë et consécutive à des catastrophes naturelles (sécheresses) ou humaines (guerres), mais peut être récurrente et saisonnière. Les famines et les disettes sont responsables de la sous-nutrition.
Surnutrition La surnutrition engendre un état permanent de surconsommation, des maladies de surcharge et d’obésité dont le coût croissant des soins retombe sur la collectivité. En France, en un peu plus d’un siècle, de 1840 à 1980, la consommation de sucre par habitant et par an est passée de 3kg à 40kg.A Madagascar, la malnutrition constitue la toile de fond de la morbidité et de la mortalité chez les enfants. La forme la plus courante est la malnutrition protéinocalorique. On désigne ainsi « la gamme complète des manifestations, classables et inclassables, d’une consommation insuffisante de protéines et de calories ».

Le kwashiorkor

  En 1933, Cecily Williams décrit en Afrique occidentale, dans le bassin des Voltas, une maladie oedémateuse de l’enfant qu’elle nomme « Kwashiorkor ». Cette affection a été décrite sous d’autres noms : « enfants rouges » en Afrique noire, « culebrilla » en Amérique latine (terme évoquant la peau de serpent des petits malades), « bouffissure d’Annam » en Indochine, « Obwosi » en Afrique centrale. A la suite d’un accord international, seule l’appellation de kwashiorkor a été retenue.En langue vernaculaire des ashantis, kwashiorkor signifierait « maladie survenant chez un jeune éloigné de sa mère à l’occasion d’une nouvelle grossesse ». Pour d’autres, il semblerait que l’origine du mot soit Kwashi : garçon et Orkor : rouge, en raison des signes cutanés décrits dans ce syndrome. Le kwashiorkor est une forme grave de la malnutrition protéino-calorique due à une alimentation suffisamment riche en calories, mais carencée en protides. Il survient habituellement à l’époque du sevrage. En zone tropicale, le sevrage s’effectue le plus souvent entre 12 et 18 mois, parfois plus tard, de telle sorte que le kwashiorkor apparaît dans la deuxième ou la troisième année de la vie[3]. Apathie et anorexie sont les premières manifestations cliniques de la maladie. Par la suite, quatre éléments sont constants : Les œdèmes Ils débutent dans la région prétibiale inférieure, s’étendent aux pieds, aux chevilles, aux jambes, puis atteignent le dos des mains, les cuisses, le dos, les bras et la face ; ils gonflent les paupières et gênent l’ouverture des yeux .

Le retard de croissance

  Le retard de croissance ou malnutrition chronique se manifeste par une taille trop petite pour l’âge. Cette situation est généralement la conséquence d’une7 alimentation inadéquate et/ou de maladies survenues pendant une période relativement longue ou qui se sont manifestées à plusieurs reprises. L’Indice Taille pour Age (ITA) est un indice de sous-nutrition chronique. Il ne varie que très peu en fonction de la saison. A partir de l’âge de 2 ans, les retards de croissance staturale acquis ne sont plus rattachables. La taille pour âge est révélatrice de la qualité de l’environnement et, d’une manière générale, du niveau de développement socio-économique d’une population. L’enfant qui a une taille insuffisante pour son âge peut, cependant, avoir un poids en correspondance avec sa taille réelle ; pour cette raison, cette forme de malnutrition n’est pas toujours visible dans une population.Selon l’EDS 2008, 45% des enfants de Madagascar souffrent de malnutrition chronique (la taille pour âge ou ITA se situe à moins de 2 écarts type en dessous de la médiane de la population de référence) et plus d’un enfant sur 5 (22%) souffrent de malnutrition chronique sévère (la taille pour âge se situe à moins de 3 écarts type de la médiane de la population de référence) [7]. Ces proportions sont très élevées par rapport à celles que l’on s’attend à trouver dans une population en bonne santé et bien nourrie, à savoir 2,3% à moins de 2 écarts type et 0,1% à moins de 3 écarts type. La malnutrition chronique touche légèrement plus les garçons que les filles (48% contre 42%). Du point de vue du rang de naissance, on constate que ce sont les enfants de rang 1 qui souffrent le plus fréquemment de cette forme de malnutrition (49%) [7]. L’intervalle intergénésique semble également avoir une influence sur la prévalence de la malnutrition, puisque les enfants nés moins de deux ans après leurs aînés sont légèrement plus atteints de malnutrition chronique sévère que les autres enfants (23%) contre 20% quand l’intervalle intergénésique est de 24-47 mois et 16% quand l’intervalle est de 4 ans ou plus.

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Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE :RAPPELS
1. LA MALNUTRITION
1.1. Quelques définitions
1.1.1. Malnutrition
1.1.2. Sous-nutrition
1.1.3. Surnutrition
1.2. Malnutrition protéino-calorique
1.2.1. Le marasme
1.2.2. Le kwashiorkor
1.2.3. Autres aspects de la malnutrition protéino-calorique
2. L’ETAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS
2.1. Malnutrition protéino-calorique
2.2.1. Le retard de croissance
2.2.2. L’émaciation
2.2.3. L’insuffisance pondérale
2.2. Autres carences nutritionnelles
2.2.1. Troubles Dus à la Carence en Iode (TDCI)
2.2.2. Carence en vitamine A
2.2.3. Carence en fer
2.2.4. Carence calcique
2.3. Déterminants de l’état nutritionnel
2.3.1. Les causes immédiates de la malnutrition
2.3.2. Les causes sous-jacentes
2.3.3. Les réponses institutionnelles

DEUXIEME PARTIE : METHODES ET RESULTATS
1. METHODES
1.1. Cadre d’étude
1.1.1. Organisation du fokontany et démographie.
1.1.2. Fokontany et type de population
1.2. Type d’étude
1.3. Période d’étude
1.4. Population cible
1.4.1. Critères d’inclusion
1.4.2. Critères d’exclusion
1.5. Echantillonnage et taille de l’échantillon
1.5.1. Identification des zones géographiques de l’étude
1.5.2. Localisation des grappes
1.6. Recueil des données
1.7. Saisie et traitement
1.8. Analyse des données
1.9. Limite
1.10. Ethiques
1.11.Paramètres d’étude
2. RESULTATS
2.1. Nombre d’enfants objets de l’enquête
2.2. Prévalence de la malnutrition
2.3. Répartition des enfants de l’étude
2.3.1. Tranche d’âge
2.3.2. Genre
2.3.3. Rang de naissance
2.3.4. Intervalle intergénésique
2.3.5. Taille à la naissance

2.3.6. Milieu de résidence
2.4. Répartition des mères des enfants de l’étude

2.4.1. Tranche d’âge
2.4.2. Niveau d’instruction
2.4.3. Profession de la mère
2.4.4. Situation matrimoniale
2.4.5. Revenu moyen mensuel
2.5. Répartition des enfants malnutris
2.5.1. Tranche d’âge
2.5.2. Genre
2.5.3. Rang de naissance
2.5.4. Intervalle génésique
2.5.5. Taille à la naissance
2.5.6. Milieu de résidence
2.6. Répartition des mères des enfants malnutris
2.6.1. Tranche d’âge
2.6.2. Niveau d’instruction
2.6.3. Profession de la mère
2.6.4. Situation matrimoniale
2.6.5. Revenu moyen mensuel
2.7. Pratiques d’alimentation chez les enfants malnutris
2.7.1. Allaitement maternel
2.7.2. Aliments de complément
2.7.3. Régime alimentaire adulte
2.8. Maladies infectieuses
2.8.1. Maladies infectieuses contractées
TROISIEME PARTIE : DISCUSSION
1. PREVALENCE DE LA MALNUTRITION
2. CARACTERISTIQUES DES ENFANTS MALNUTRIS
2.1. Tranche d’âge
2.2. Genre, rang de naissance et intervalle intergénésique
2.3. Taille à la naissance et milieu de résidence

3. CARACTERISTIQUES DES MERES DES ENFANTS MALNUTRIS
3.1. Tranche d’âge
3.2. Niveau d’instruction et profession
3.3. Situation matrimoniale et revenu moyen mensuel
4. PRATIQUES ALIMENTAIRES CHEZ LES ENFANTS MALNUTRIS
4.1. Allaitement
4.2. Aliments de compléments
4.3. Régime alimentaire adulte
5. MALADIES INFECTIEUSES
6. EN RECAPITULATION
7. SUGGESTIONS
CONCLUSION
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXE

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