Pourquoi coopère-t-on en classe ? Travail réflexif des élèves

Utilité du dysfonctionnement

Le terme de dysfonctionnement n’est pas forcément le mieux adapté à notre situation. Stricto sensu, les classes auxquelles nous nous référons dans cette expérience n’ont pas de problèmes majeurs de fonctionnement. L’ensemble de mes collègues enseignants est d’un avis similaire.
Seuls quelques élèves sont en souffrance quant à leurs résultats, mais sans aller jusqu’à troubler durablement les cours – tout au plus en s’étant replié dans une attitude démissionnaire pour l’un d’entre eux.
Néanmoins, leur capacité à collaborer ou à travailler en groupe est encore embryonnaire. Celle-ci doit être renforcée, ce qui est précisément l’objectif de cette expérience.

La théorie des jeux et son utilisation dans l’enseignement de l’économie au gymnase

La théorie des jeux est un outil d’analyse du comportement humain, tel qu’initialement décrit par Morgenstern et von Neumann (1944). Elle analyse les liens et relations socio-économiques sous l’angle des jeux stratégiques, soit toute situation où l’utilité et les gains de chaque participant dépendent de ses actions propres, mais aussi de celles des autres participants.
De facto, la plupart des situations économiques correspondent à cette situation, que ce soit des négociations politiques, militaires ou économiques que des situations de concurrence libre Mais autant il est -en principe- relativement simple d’évaluer l’impact de nos propres actions sur le résultat d’un jeu, autant il est compliqué de maîtriser les conséquences de celles de nos partenaires. C’est cette globalité et la mise en confrontation des intérêts propres de chaque élève et de ceux de leurs camarades que cette expérience essaie de mettre en lumière.
Les règles du jeu stratégique que sont les douze manches du jeu du prisonnier sont clairement délimitées. Le hasard n’intervient pas dans le jeu, l’ordre du jeu est défini, clairement communiqué et n’implique pas de distorsions. Enfin, tous les paramètres et combinaisons de jeu, ainsi que les résultats espérés sont systématiquement annoncés à l’ensemble des joueurs.
Notons enfin que le dilemme du prisonnier est un jeu à information imparfaite, dans la mesure où chaque joueur prend sa décision sans connaître celle de l’autre. Les résultats de chaque manche ne seront d’ailleurs pas toujours annoncés après coup.

Le dilemme tel que présenté aux élèves

C’est en parlant des effets de la coopération entre agents économiques et de son impact sur notre histoire que nous avons abordé l’exemple du dilemme du prisonnier, comme illustration de l’(ir)rationalité de nos choix en matière de coopération.
Après en avoir expliqué le contexte, j’avais demandé aux élèves de jouer par deux selon l’exemple donné en cours. Les résultats de cette simulation ont été intéressants, parce que relativement équilibrés entre élèves coopératifs et non coopératifs.
La consigne a été clairement expliquée et discutée, et les élèves des deux classes ont pu poser toutes les questions qu’ils désiraient avant de commencer le jeu. Des exemples concrets ont été donnés, afin de nous assurer que tout le monde avait compris les enjeux et la méthodologie du dilemme.

Effets de la relation interpersonnelle sur la coopération

Les binômes ayant joué ensemble à plusieurs reprises montrent une certaine stabilité : dix binômes sur vingt ont gardé le même schéma de fonctionnement. Cinq ont toujours coopéré, les cinq autres ont systématiquement opté pour la dénonciation.
En ce qui concerne les dix binômes ayant connu des fluctuations de choix, trois ont vu leur degré de confiance s’éroder suite à la dénonciation d’un des membres. Trois autres ont connu le même mouvement, avant de remettre en place une stratégie de coopération sur la troisième manche. Les quatre derniers binômes ont évolué de manière plus erratique, selon des circonstances particulières : enjeux relationnels impliquant directement les deux participants mais non liés au jeu dans trois cas, enjeu impliquant un troisième camarade dans un cas. Notons qu’une situation de dénonciation et de silence au sien d’un même binôme n’a abouti à dénoncer des deux côtés lors de l’expérience suivante que dans une moitié des cas. Dans l’autre moitié, la coopération bilatérale s’est rétablie, montrant une certaine résilience au sein de ces binômes.

Lien entre enjeu et coopération

Le degré de coopération dépend largement de l’enjeu. Ainsi, lorsque leur partenaire de jeu est leur professeur principal, les élèves ont globalement mieux coopéré que s’ils jouaient les uns contre les autres.
Il en allait de même lorsque des Carambar étaient en jeu. Alors même que la récompense en elle-même est au final plutôt dérisoire, la possibilité de l’obtenir a suffi à faire émerger une stratégie de coopération au niveau de la classe, grâce à une répartition des rôles.
Enfin, dans le cadre du projet RBI suivant l’expérience, les élèves ont également adapté leur degré de coopération au système de notation. Globalement, si tous les élèves sont capables de coopérer entre eux, la portée de cet engagement dépend donc largement de l’enjeu. L’individualisme reste marqué dans le fonctionnement des élèves, leurs résultats étant prioritairement fonction de leurs efforts individuels. Mais un enjeu favorisant la coopération permettra d’aller au-delà de cet individualisme.

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Table des matières

1. Introduction
2. Problématique
2.1 Premier thème
2.2 Thème secondaire
2.3 Pourquoi coopère-t-on en classe ? Travail réflexif des élèves
2.4 Une approche basée sur la théorie des jeux
3. Systémique de l’expérience
3.1 Interactions
3.2 Une organisation complexe
3.3 Schéma relationnel
3.4 Pouvoir d’influence
3.5 Utilité du dysfonctionnement
3.6 Ressources
3.7 Transformer la difficulté en atout
4. La théorie des jeux et le dilemme du prisonnier 
4.1 La théorie des jeux et son utilisation dans l’enseignement de l’économie au gymnase
4.2 Le dilemme tel que présenté aux élèves
5. Méthodologie 
5.1 Introduction
5.2 Déroulement de l’expérience
5.2.1 Chronologie de l’expérience
5.3 Les paramètres du jeu
5.4 Absence de certains participants
5.5 Enjeu et récompense
6. Limites de l’exercice 
6.1 Chronologie limitée
6.2 Taille de l’échantillon
6.3 Modifications mineures au sein de l’échantillon
7. Analyse des résultats
7.1 Influence de la connaissance du partenaire
7.2 Evolution des résultats en cas de persistance des binômes
7.3 Comportements individuels des participants
8. Analyse de l’expérience 
8.1 Effets de la relation interpersonnelle sur la coopération
8.2 Lien entre enjeu et coopération
8.3 Quel impact sur les élèves et la coopération au sein de la classe ?
8.4 Quel impact sur moi, en tant qu’enseignant néophyte ?
9. Conclusion
9.1 Réponse au premier thème
9.2 Réponse au second thème
9.3 Que m’a apporté ce travail en tant que futur enseignant ?

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