Portrait d’auteurs d’agression sexuelle

Prévalence de l’agression sexuelle

Au Québec, 5526 infractions sexuelles ont été rapportées aux services de police en 2013 (MSPQ, 2015). Parmi celles-ci se trouvent 3855 agressions sexuelles (les trois niveaux de sévérité confondus) et 1671 autres infractions d’ordre sexuel. L’agression sexuelle simple, avec 3789 cas, est l’agression sexuelle la plus répertoriée des trois niveaux de sévérité. Cinquante-sept cas d’inceste ( 1,0 % de toutes les infractions sexuelles en 2013) ont également été rapportés aux services de police du Québec. Pour cette année, le taux d’ agressions sexuelles se chiffrait à 47,3 victimes pour 100 000 habitants ( 1 06,9 victimes pour 100 000 habitants chez les femmes et 22,8 victimes pour 100000 habitants chez les hommes). Les deux tiers des victimes avaient moins de 18 ans et un peu plus des trois quarts (78,1 %) étaient des filles. Les femmes adultes constituaient 30,8 % des victimes d’ infractions sexuelles. Parmi les victimes de sexe féminin, 62,8 % étaient âgées de moins de 18 ans et 37,2 % étaient âgées de 18 ans et plus. Du côté des victimes de sexe masculin, 83,6 % étaient âgées de moins de 18 ans et 16,4 % étaient âgées de 18 ans et plus (MSPQ, 2015).
Des statistiques sur la prévalence de l’ agression sexuelle sont également disponibles grâce à des enquêtes populationnelles comme l’Enquête sociale générale (ESG) sur la victimisation autodéclarée réalisée en 2009. Au cours des 12 mois ayant précédé la tenue de cette enquête, quelque 677 000 Canadiens et Canadiennes âgés de 15 ans et plus avaient été victimes d’une agression sexuelle (Perreault & Brennan, 2010). La majorité des agressions sexuelles déclarées étaient l’ agression sexuelle de niveau 1. Les incidents où la victime a été touchée sexuellement, agrippée, embrassée ou caressée contre son gré représentaient ainsi 81 % de toutes les agressions sexuelles déclarées. Les taux d’ agressions sexuelles étaient plus élevés chez les personnes de sexe féminin que chez les personnes de sexe masculin. Sur l’ensemble des agressions sexuelles déclarées dans le cadre de cette enquête, 70 % auraient été perpétrées à l’endroit d’une victime de sexe féminin . Le taux d’ agressions sexuelles au Canada se chiffrait, en 2009, à 24 victimes pour 1000 habitants âgés de 15 ans et plus (Perreault & Brennan, 2010).

Portrait connu d’auteurs d’agression sexuelle

Hommes auteurs d’agression sexuelle

Selon les services de police du Québec, en 2013, parmi les 5526 infractions sexuelles recensées, 59,2 % des auteurs d’agression sexuelle étaient des hommes âgés de 18 ans et plus (MSPQ, 2015).
Pour ce qui est des résultats obtenus dans le cadre du National Violence Against Women Survey, presque toutes les femmes (99,6 %) et plus de la moitié des hommes (85,2 %) avaient été violés (c.-à-d., utilisation ou la menace de la force pour avoir une relation sexuelle vaginale, anale ou orale) par un homme adulte (Tjaden & Thoennes, 2006).
Les hommes représenteraient la plus grande proportion de tous les auteurs d’agression sexuelle (Finkelhor, Hotaling, Lewis, & Smith, 1990). Cette proportion serait également plus grande lorsque la victime est une fille que lorsqu ‘ il s’ agit d’ un garçon (Oube et al., 2005; Finkelhor et al., 1990). En effet, à partir d’ une cohorte rétrospective de 17337 adultes, ces auteurs soulignent que la grande majorité (92 %) des victimes de sexe féminin qui ont été agressées sexuellement durant l’enfance l’ont été par des hommes, alors que la proportion d’ auteurs d’agression sexuelle de sexe masculin chute à 51 % pour les garçons victimes (Dube et al., 2005).

Adolescents auteurs d’agression sexuelle

En 2013, selon les services de police du Québec, les adolescents étaient responsables de 21 % de toutes les infractions sexuelles (MSPQ, 2015).
Au Canada, au cours de l’année 2012, le tiers des infractions sexuelles envers les enfants et les jeunes ont été commises par un autre jeune âgé entre 12 et 17 ans. Les taux d’auteurs d’infractions sexuelles à l’endroit des enfants et des jeunes étaient les plus élevés chez les jeunes de 13 ans (117 victimes pour 100 000) et de 14 ans (115 victimes pour 100000; Cotter & Beaupré, 2014).
Le taux de prévalence des adolescents auteurs d’agression sexuelle à l’ endroit de mineurs semble relativement le même aux États-Unis. Finkelhor, Orrnrod et Chaffin (2009) rapportent que 35,6 % des auteurs d’agression sexuelle qui ont commis des infractions sexuelles à l’endroit de jeunes âgés de moins de 18 ans seraient des adolescents. Cette proportion augmente à 40 ou 50 % lorsque la victime d’agression sexuelle est âgée de moins de 13 ans (ACJQ, 2008).

Femmes auteures d’agression sexuelle

Bien que le taux de prévalence des femmes auteures d’agression sexuelle demeure aujourd’hui peu connu, un nombre croissant d’ ouvrages suggère que ce type de crime serait beaucoup plus fréquent qu ‘on ne le croit (Denov, 2003; Gannon & Cortoni, 2010; Grayston & De Luca, 1999). Cortoni et Hanson ont tenté, en 2005, d’estimer la proportion des femmes auteure d’agression sexuelle à partir d’ une recension exhaustive de la littérature. Pour ce faire, ces auteurs ont utilisé deux principales sources provenant soit de données des services de police, soit de données des enquêtes populationnelles (Australie, Canada, NouvelleZélande, Royaume-Uni et États-Unis). Basé sur les données des services de police, le taux de délinquance sexuelle chez les femmes variait entre 0,6 et 8,7 % avec une moyenne de 3,8 %, alors que celui basé sur les enquêtes populationnelles oscillait entre 3,1 et 7,0 %, avec une moyenne de 4,8 %. Ainsi, selon cette étude, les femmes auteures d’agression sexuelle représenteraient entre 4 et 5 % de tous les auteurs d’agression sexuelle (Cortoni & Hanson, 2005). Les résultats d’une mise à jour de cette étude réalisée en 2009 étaient conformes à cette conclusion (Cortoni, Hanson, & Coache, 2009).

Lien entre la victime et l’auteur d’agression sexuelle

Outre le sexe et l’âge de l’auteur d’ agression sexuelle, son lien avec la victime représente une variable potentiellement importante. De nombreuses données tendent à démontrer que, dans près de 80 % des cas d’agression sexuelle, l’auteur d’agression sexuelle était connu de la victime (Gouvernement du Québec, 2001; MSPQ, 2006, 2013, Perreault & Brennan, 2010).
Au Québec, une proportion plus élevée de victimes mineures (85,6 %) que de victimes d’âge adulte (68,3 %) connaissaient l’auteur de leur agression sexuelle (MSPQ, 2015). Pour les victimes mineures, l’auteur d’agression sexuelle était principalement une connaissance (22,2 %) ou un parent (12%). Pour les victimes d’ âge adulte, les proportions d’ inconnus (24,2 %), de connaissances (c.-à-d., relation sociale entre la victime et l’ auteur qui n’ est ni durable ni intime; 20,2 %; MSPQ, 2015) et d’ ex-conjoints (19,8 %) sont semblables. Au Québec, une femme sur sept serait agressée sexuellement au moins une fois par son conjoint (Gouvernement du Québec, 2001; MSPQ, 2006).
Selon l’ESG sur la victimisation autodéclarée, environ la moitié (51 %) des infractions sexuelles rapportées par des Canadiens âgés de 15 ans et plus ont été perpétrées par une personne qui était un ami, une connaissance ou un voisin de la victime (Perreault & Brennan, 2010).

Conséquences des expériences de victimisation sexuelle durant l’enfance

La majorité des études portant sur les conséquences des expériences de victimisation sexuelle durant l’enfance mettent l’ accent sur l’ identification des symptômes à long terme en s’appuyant sur des études rétrospectives menées auprès d’échantillons d’adultes de la population générale. Les résultats de ces études indiquent que l’ expérience de victimisation sexuelle durant l’ enfance est liée à de multiples conséquences à long terme.
Toutefois, il n’ existe pas de constellation unique de symptômes qui caractérisent tous les enfants victimes d’agression sexuelle.
Le fait d’ être victime d’ agression sexuelle durant l’ enfance serait un facteur de risque pour divers troubles psychologiques à court et à long terme (Hébert, 2011 ; KendallTackett, Williams, & Finkelhor, 1993; Putnam, 2003). Des symptômes de troubles intériorisés (p. ex., dépression, dissociation, anxiété, plaintes somatiques) et de troubles extériorisés (p. ex., agressivité, abus de substances psycho actives) sont souvent observés chez les enfants victimes d’agression sexuelle (Bernard-Bonnin, Hébert, Daignault, & Allard-Dansereau, 2008; Cyr et al., 2002; Hanson et al., 1999; Hébert, Tremblay, Parent, Daignault, & Piché, 2006). Les résultats d’ une méta-analyse portant sur 37 études publiées entre les années 1981 et 1995 montrent également que les victimes d’ agression sexuelle durant l’ enfance sont plus susceptibles de présenter à long terme des symptômes dépressifs, d’ état de stress post-traumatique, de promiscuité sexuelle, de revictimisation, en plus de présenter un plus grand risque suicidaire et des difficultés scolaires (Paolucci, Genuis, & Violato, 2001).

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Table des matières

Introduction
Contexte théorique
L’agression sexuelle 
Définition et cadre légal
Types d’agression sexuelle
Prévalence de l’agression sexuelle
Portrait connu d’auteurs d’agression sexuelle
Hommes auteurs d’agression sexuelle
Adolescents auteurs d’agression sexuelle
Femmes auteures d’agression sexuelle
Lien entre la victime et l’auteur d’agression sexuelle
Inceste fraternel
Lieu de l’agression sexuelle
Conséquences des expériences de victimisation sexuelle durant l’enfance
Limites des connaissances actuelles
Objectifs de l’essai 
Hypothèses de recherche 
Méthode 
Participants
Déroulement de la recherche
Considérations éthiques
Résultats 
Portrait d’auteurs d’agression sexuelle 
Hommes auteurs d’agression sexuelle
Femmes auteures d’agression sexuelle
Adolescents auteurs d’agression sexuelle
Nombre d’auteurs par agression sexuelle
Lien entre la victime et l’auteur d’agression sexuelle 
Lieu de l’agression sexuelle
Fréquence des actes d’agression sexuelle 
Dévoilement de l’agression sexuelle 
Autres variables étudiées 
Discussion
Synthèse des résultats
Forces et faiblesses de l’étude
Conclusion
Références 

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