PONTE CHEZ LE PÉTONCLE GÉANT, P. magellanicus

PROBLÈME DE LA SUREXPLOITATION DES STOCKS DE PÉTONCLE AUX ÎLES DE LA MADELEINE

Aux Îles de la Madeleine, les populations naturelles de pétoncle géant, Placopecten magellanicus, ont fortement décliné depuis les années 1970. En effet, les débarquements sont passés de 350 tonnes métriques de muscles en 1970 à 50 tonnes métriques en 1973 (Giguère et Brulotte 1997). Ces stocks ne se sont pas rétablis depuis, et la surcapacité de pêche de la flotte de pétoncliers est certainement le principal facteur responsable de cette situation. L’effondrement des débarquements de muscles de pétoncles observé aux Îles de la Madeleine n’est toutefois pas une première au niveau mondial. Le Japon a connu une situation semblable à partir des années 1930 (Lucien Brun et Lachaux 1983; Anonyme 1990). En réaction à ce déclin, ce pays a réalisé ses premiers essais d’élevage du pétoncle à des fins commerciales dans les années 1930-1940. Le Japon est ainsi parvenu, à la fin des années 1960, à rétablir ses débarquements de pétoncle au niveau qu’ils étaient avant le déclin et même à les dépasser grâce à des opérations d’ élevage fondées sur la collecte de naissain en milieu naturel, l’ élevage en suspension (paniers pyramidaux, lanternes et boucles d’oreilles) et les ensemencements de juvéniles sur les fonds surexploités (Lucien-Brun et Lachaux 1983; Y oung-Lai et Aiken 1986; Anonyme 1990; Ito 1991; Cliche et Giguère 1998).

PROBLÈME DE L’APPROVISIONNEMENT EN PÉTONCLES JUVÉNILES EN PECTINICULTURE

Au Québec, deux approches sont utilisées pour assurer un approvisionement en naissain de bonne qualité pour les opérations d’élevage. Les juvéniles de pétoncle géant, P. magellanicus, sont captés en milieu naturel (Îles de la Madeleine et Gaspésie) ou produits en écloserie-nurserie lorsque que la collecte en milieu naturel est inefficace (Basse Côte-Nord).
Aux Îles de la Madeleine, des travaux portant sur la production de juvéniles en écloserie ont été effectués par le MAP AQ de 1987 à 1992. Ces tentatives n’ont pas été concluantes à cause vraisemblablement de la contamination des élevages de larves par les bactéries (Beaulieu et Cliche 1989; Cliche et Giguère 1998). On tenta de contrôler ces contaminations par différentes mesures sanitaires et en utilisant certains antibiotiques, mais sans succès. Peu prometteurs, ces résultats incitèrent le MAP AQ à orienter ses travaux de recherche vers la collecte en milieu naturel. Lors de l’implantation du programme REPERE aux Îles de la Madeleine, il est vite apparu que la collecte en milieu naturel était l’approche à privilégier pour l’approvisionnement en pétoncles juvéniles (Cliche et Giguère 1998). Pour s’assurer d’un approvisionnement fiable, il a fallu d’abord identifier les meilleurs sites de collecte (Cliche et Giguère 1994). Plusieurs paramètres pouvant affecter le succès de collecte ont aussi été étudiés. Parmi ces paramètres, mentionnons la période de ponte, le type et la densité du matériau servant à fabriquer les collecteurs, l’abondance des larves dans la colonne d’eau et leur période de développement avant métamorphose, les courants marins, la durée et la profondeur d’immersion des collecteurs dans la colonne d’eau .

Habitat et cycle vital du pétoncle géant et des espèces associées

La plupart des espèces mannes d’invertébrés benthiques dans les latitudes tempérées ont un cycle vital qui passe par une phase larvaire pélagique d’une durée de quelques jours à plusieurs mois (Thors on 1964; Culliney 1974; Packer et al. 1999; Pouliot et al. 1995; Harvey et al. 1995 b) avant de se fixer sur un substrat, se métamorphoser en juvénile et commencer leur vie benthique. Le cycle est sensiblement le même pour les espèces de bivalves. Lors de leur ponte, les gamètes sont libérés dans l’eau et la fécondation externe se fait au hasard des rencontres entre œufs et spermatozoïdes. L’œuf fécondé.lm chez le pétoncle géant) prend quelques heures pour atteindre le premier stade larvaire. L’embryon s’ allonge et l’apparition de cils apicaux lui permet alors de commencer à nager librement (vie pélagique). C’est le stade trochophore. Par la suite, les cils apicaux s’atrophient tandis qu’apparaît un voile muni de cils, le velum (servant pour la locomotion et l’alimentation). La larve prend aussi la forme d’ un «D» et atteint ainsi le stade D-véligère (environ 100-110 )..lm de longueur chez le pétoncle géant) . Le stade suivant, umbo-véligère, se caractérise par la régression du velum (taille de 175 )..lm chez le pétoncle géant) .

Pertes de pétoncles sur les collecteurs commerciaux

Le moment d’immersion des collecteurs est un élément important à considérer pour optimiser la collecte des pétoncles et minimiser celle des espèces associées indésirables. Autour des Îles de la Madeleine, les collecteurs sont généralement immergés en septembre et récupérés entre septembre et novembre de l’année suivante . Les jeunes pétoncles demeurent alors dans les collecteurs pendant une période assez longue pour leur permettre d’atteindre une taille suffisante (>6 mm) avant de les mettre en paniers de pré-élevage. Durant cette période, d’autres organismes ayant une phase larvaire planctonique comme Mytilus edulis, Hiatella arctica, Anomia sp. et Asterias vulgaris se fixent aussi sur les collecteurs. En croissant, ces organismes peuvent: i) entrer en compétition avec les jeunes pétoncles pour la nourriture et l’espace et ralentir leur croissance (Parsons 1994; Fréchette et al. 2000); ii) agir comme 14 prédateurs (A. vulgaris) (Naidu et Scaplen 1979; Naidu et al. 1981; Nadeau et Cliche 2002; Nadeau et al. 2003) ou iii) réduire la circulation d’eau à travers le collecteur et par conséquent, réduire l’apport en nourriture et oxygène (Claereboudt et al. 1994 a, b).
L’augmentation importante du poids des collecteurs due à l’abondance de ces organismes peut aussi diminuer suffisamment la flottabilité des lignes porteuses pour les entraîner vers le fond ce qui peut causer le frottement des collecteurs sur le fond, et éventuellement leur bris.

Études antérieures réalisées aux Îles de la Madeleine sur les espèces associées

Tous les ans, des espèces indésirables se fixent en plus ou moins grande abondance sur les collecteurs de pétoncle géant aux Îles de la Madeleine. En 1998, les étoiles de mer (A. vulgaris) ont causé une mortalité élevée du naissain dans les collecteurs (Cliche et Cyr 2000). En 2001, la surabondance des bivalves M. edulis et H. arctica dans les collecteurs a également causé beaucoup de mortalité. Un nombre important de collecteurs avait alors traîné sur le fond en raison de l’augmentation de leur poids résultant de la croissance des nombreux organismes associés (Denyse Hébert, Pétoncles 2000, comm. pers.). Les études réalisées jusqu’ à présent sur la fixation
d’espèces indésirables dans les collecteurs de pétoncles ont démontré que les hiatelles (H. arctica) se distribuaient uniformément dans l’ensemble de la colonne d’eau tandis que la moule bleue (M. edulis) se retrouvait de préférence dans les eaux de surface (Cliche et Giguère 1998; Brulotte et Giguère 2005). Le patron de fixation des étoiles de mer varie d’une année à l’autre. En 2000, elles se sont fixées en plus grande abondance à 10-15 m de profondeur qu’à 20 et 25 m sur un site dont la profondeur totale était d’environ 30 mètres (Nadeau et al. 2003). L’année suivante, au même site, les étoiles de mer se sont fixées de façon assez uniforme dans les collecteurs placés sur toute la hauteur de la colonne d’ eau (Nad eau et al. 2003).

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Table des matières

CHAPITRE 1: INTRODUCTION GÉNÉRALE
1.1 PROBLÈME DE LA SUREXPLOITATION DES STOCKS DE PÉTONCLE AUX ÎLES DE LA MADELEINE
1.2 PROBLÈME DE L’APPROVISIONNEMENT EN PÉTONCLES JUVÉNILES EN PECTINICULTURE
1.3 PROBLÈME DE LA FIXATION D’ESPÈCES INDÉSIRABLES SUR LES COLLECTEURS DE PÉTONCLES
1.3.1 Habitat et cycle vital du pétoncle géant et des espèces associées
1.3.1.1 Pétoncle géant
1.3.1.2 Espèces associées
1.3.2 Pertes de pétoncles sur les collecteurs commerciaux
1.3.3 Études antérieures réalisées aux Îles de la Madeleine sur les espèces associées
1.4 OBJECTIFS DU PROJET DE RECHERCHE
1.5 HYPOTHÈSES DE RECHERCHE
CHAPITRE 2: LARV AL ABUNDANCE OF SEA SCALLOP (Placopecten magellanicus) AND UNDESIRABLE SPECIES AS A MEANS TO PREDICT THE DEPLOYMENT PERIOD OF SCALLOP SPAT COLLECTORS
ABSTRACT
2.1 INTRODUCTION
2.2 MATERIALS AND METHODS
2.2.1 Study area and environmental conditions
2.2.2 Spawning period of the sea scallop
2.2.3 Larval abundance monitoring
2.2.4 Cumulative spat collection monitoring
2.2.5 Statistical analysis
2.3 RESULTS
2.3.1 Environmental conditions
2.3.2 Spawning period of the sea scallop
2.3.3 Larval abundance monitoring
2.3.4 Cumulative spat collection monitoring
2.4 DISCUSSION
2.5 ACKNOWLEDGEMENTS
CHAPITRE 3: WEEKLY SPAT COLLECTION OF SEA SCALLOP (Pla co pecten magellanicus) AND UNDESIRABLE SPECIES AS A POTENTIEL TOOL TO PREDICT AN OPTIMAL DEPLOYMENT PERIOD OF SCALLOP SPAT COLLECTORS
ABSTRACT
3.1 INTRODUCTION
3.2 MATERIALS AND METHODS
3.2.1 Study area
3.2.2 Weekly spat collection monitoring
3.2.3 Cumulative spat collection monitoring
3.2.4 Statistical analysis
3.3 RESULTS
3.3.1 Weekly spat collection monitoring
3.3.2 Cumulative spat collection monitoring
3.4 DISCUSSION
3.5 ACKNOWLEDGEMENTS
CHAPITRE 4: DISCUSSION GÉNÉRALE
4.1 PONTE CHEZ LE PÉTONCLE GÉANT, P. magellanicus
4.2 SUCCÈS DE COLLECTE
4.3 MOMENT PROPICE À L’IMMERSION DES COLLECTEURS
4.4 SUIVI LARVAIRE POUR DÉTERMINER UNE PÉRIODE D’IMMERSION DES COLLECTEURS PERMETTANT DE RÉDUIRE L’ABONDANCE DES ESPÈCES INDÉSIRABLES
4.5 SUIVI HEBDOMADAIRE DE LA COLLECTE DU NAISSAIN POUR DÉTERMINER UNE PÉRIODE D’IMMERSION DES vu COLLECTEURS PERMETTANT DE RÉDUIRE L’ABONDANCE DES ESPÈCES INDÉSIRABLES
4.6 ABONDANCE ET CROISSANCE DU PÉTONCLE GÉANT ET DES ESPÈCES INDÉSIRABLES DANS LES COLLECTEURS DURANT L’ANNÉE SUIVANT LA COLLECTE
CHAPITRE 5: CONCLUSIONS GÉNÉRALES
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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