Plan modulable de circulation dans la ville de Saint-Tropez

La commune de Saint-Tropez (Sant-Troupès, en provençal) se situe au sud-est de la France, dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et dans le département du Var. Elle relève administrativement et politiquement de l’arrondissement de Draguignan et est le chef-lieu de son propre canton .

On appelle Golfe de Saint-Tropez le territoire qui regroupe douze communes dont Saint-Tropez, à savoir : Cavalaire-sur-Mer, Cogolin, La Croix Valmer, La Garde-Freinet, Gassin, Grimaud, La Môle, Le Plan-de-la-Tour, Ramatuelle, le Rayol-Canadel-sur-Mer, SainteMaxime et Saint Tropez (cf. Figure 3). Ce territoire compte 55245 habitants en 2009 et représente un bassin de vie de 430 km². On ne peut pas parler du désenclavement de la ville de Saint-Tropez sans aborder, à plus grande échelle, les difficultés de circulation au niveau du Golfe de Saint-Tropez. En effet, le problème de la saturation des axes routiers est lié à ces deux échelles et on ne peut pas les dissocier : les transports collectifs maritimes (comme nous le verrons par la suite) touchent les cinq communes littorales (Saint-Tropez, Gassin, Cogolin, Grimaud et Sainte-Maxime), les transports collectifs terrestres touchent les douze communes, puis chaque commune correspond à un pôle attractif dans un domaine particulier et donc attire du monde sur les routes, ce qui encombre tout le réseau routier du Golfe de Saint-Tropez ainsi que l’accès à la ville de SaintTropez.

Le climat méditerranéen fait de Saint-Tropez une station balnéaire et héliothérapique relativement appréciée et très fréquentée.

Saint-Tropez est situé au bord d’un golfe enchanteur et enchanté, qui est également gâté par la nature, avec des sites pittoresques et des plages avenantes. Cette petite ville fut découverte par les peintres Signac, Person et Turin et lancée par eux-mêmes peu avant 1914. Elle conquit alors d’emblée la faveur du snobisme. A ses débuts, l’industrie hôtelière dans la ville était presque nulle, mais grâce à cette nouvelle vague d’engouement elle connut un essor inespéré et s’organisa à l’instar des grandes villes saisonnières. Sa particularité géographique a contribué à forger l’esprit de la ville et celui de ses habitants. En effet, Saint-Tropez est isolé d’un côté par la mer, coupé du reste de la Provence par le massif des Maures (cf. Figure 4, « Zone de massif ») (arrière-pays qui ceinture le Golfe de Saint-Tropez et composé en particulier d’espaces collinaires boisés) et situé à l’extrémité d’un espace lui-même à l’écart : c’est ce que l’on appelle une presqu’île.

Guy de Maupassant dit, dans son livre Sur l’eau, de Saint-Tropez que « c’est là une de ces charmantes et simples filles de la mer, une de ces bonnes petites villes modestes, poussées dans l’eau comme un coquillage, nourries de poissons et d’air marin et qui produisent des matelots… On y sent la pêche et le goudron qui flambe, la saumure et la coque des barques. »

Un bref historique

Saint-Tropez est parvenue, sans vraiment le vouloir, à attirer la richesse du monde entier par la seule force de son identité. En effet, un nouvel âge d’or pour Saint-Tropez débute à la fin du XIXe siècle et début du XXe siècle, lorsque Guy de Maupassant (de passage) et Paul Signac (y élira domicile) découvrent la cité tropézienne. Ils la feront connaître au monde entier et elle deviendra le rendez-vous d’un grand nombre d’artistes (comme Boris Vian dans les années 1950 ou Brigitte Bardot en 1965), de peintres, d’auteurs (comme Colette dans les années 1920 ou Françoise Sagan l’été 1955, inspirées par SaintTropez), de cinéastes, de littéraires, de politiques, etc. français ou étrangers. Saint-Tropez connaitra alors un nouveau destin artistique et culturel qui va amorcer l’engouement touristique.

Avec le charme de ses traditions conservées de petit village de pêcheurs, le lieu a rapidement séduit les artistes. En 1892, fasciné par la lumière, Paul Signac vint y résider afin de développer ses recherches sur le pointillisme. A Saint-Tropez, Signac a eu l’influence sur les artistes que, soixante ans plus tard, Brigitte Bardot a eue sur une « faune » plus mélangée mais tout aussi fascinée par le charme de la presqu’île. Suite à Signac, de nombreux grands peintres de la première moitié du XXe siècle s’enthousiasmèrent pour le petit port : Luce, dès 1892, les nabis avec Bonnard et Vuillard, les néo-impressionnistes tels que Cross, les fauves ainsi que des peintres plus indépendants avec par exemple Kisling. Matisse se joignit à eux l’été 1904 et un an après Charles Camoin, Manguin et Marquet découvrir ce petit village, rejoints plus tard par Dufy, Coquiot, Dunoyer de Segonzac, Urbain sans oublier
Lebasque, Picabia ou encore Peské, Reymond et bien d’autres. Pour chacun d’eux, le lieu fut une révélation : la grâce de la couleur et d’une lumière joaillière les toucha et les éblouit tous. Dès 1892, Saint-Tropez devint l’un des foyers les plus actifs dans le domaine de l’avant-gardisme pictural. Mais la croissance du nombre de nouveaux estivants sonna le glas de la tranquillité des peintres. La fin du XIXe siècle est marquée par le développement de la construction d’importantes propriétés et hôtels. Avec la Seconde Guerre Mondiale, le phénomène touristique (qui a débuté au début du XXe siècle) s’accroît rapidement en parallèle de la forte expansion du nombre de résidences secondaires. Dès les années 1950, l’enthousiasme des artistes de la Nouvelle Vague puis des Yéyés pour la station balnéaire de la Côte d’Azur, qu’est Saint-Tropez, l’a rendra internationalement connue. De nombreux films y sont tournés comme La Piscine en 1969 (avec Alain Delon et Romy Schneider), La Scoumoune en 1972 (avec Jean-Paul Belmondo et Claudia Cardinale), La Cage aux folles en 1978 (avec Michel Serrault notamment), la série des « Gendarmes » des années Michel Serrault notamment), la série des « Gendarmes » des années 1960 à 1980 (avec entre autres Louis de Funès, Michel Galabru, Jean Lefebvre,…) mais aussi Et Dieu… créa la femme en 1956 (avec Brigitte Bardot) et bien d’autres encore. A partir de 1936, la ville commençait à être envahie par une foule de gens avide de vacances au soleil et de bains dans la mer. Cet élan étant engendré grâce au chemin de fer, ouvrant aussi cette petite ville vers la modernité. En effet, il a ouvert le massif des Maures et le littoral à la curiosité des voyageurs venus de tous horizons. Entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, pour arriver à Saint-Tropez (sans emprunter la voie maritime), on arrivait à Hyères par le chemin de fer, puis on atteignait le carrefour ferroviaire de la Foux. C’est d’ici que partaient les trains à vapeur (nommés le Train des Pignes, le petit chemin de fer de Provence établit en 1890 reliait Toulon à Saint-Raphaël en longeant la côte ; il fut abandonné en 1950) qui en moins d’une demi-heure desservaient Saint-Tropez, suivant le même tracé que celui de la route. Grâce à cette ligne ferroviaire, détenue par la Compagnie des Chemins de Fer du Sud de la France, les affaires se développèrent ainsi que des constructions ex-nihilo. Il s’agissait du transport collectif de l’époque, comme on a le bus actuellement. Il était utile pour les travailleurs du territoire. L’usine de torpilles, la DCNS, qui faisait vivre tout le Golfe de Saint-Tropez à l’époque, se situait juste à côté du tracé ferroviaire. Ainsi, tous les tropéziens qui travaillaient à l’usine empruntaient ce moyen de transports pour se rendre sur leur lieu de travail. Puis en 1955-1956, un film avec pour vedette Brigitte Bardot, suffit à faire de ce petit village de pêcheurs de moins de cinq mille habitants un des lieux les plus populaires et les plus fréquentés de la planète. Actuellement, c’est un lieu de villégiature où la Jet Set du monde entier aime se retrouver tout comme les touristes en quête d’authenticité provençale. Le succès local sera rapidement relayé par les stars de passage et sa réputation ainsi que son attractivité seront mondiales.

Le sujet 

Du fait de l’engouement croissant pour Saint-Tropez que l’on a pu voir dans la partie précédente, le problème de sur-fréquentation est inévitable, surtout pour un petit territoire tel que le Golfe de SaintTropez. Non seulement les places, les rues, les parkings, les plages, les hôtels,… sont bondés mais comment tous ces gens se déplacent d’un point à un autre ? La plupart du temps ils circulent en voiture et donc empruntent le réseau routier. Ce qui implique que ce dernier soit surchargé ! Le sujet que j’ai choisi de traiter pour ce Projet Individuel correspond donc à l’étude de l’encombrement, de la saturation des voies de circulation du Golfe de Saint-Tropez et en particulier celles desservant la commune de Saint-Tropez elle-même. Mon objectif à travers ce PIND est donc de chercher des solutions afin de désenclaver, de désengorger le réseau routier et de fluidifier la circulation pour améliorer la desserte de la ville de SaintTropez et la décongestionner.

Pourquoi ce sujet

Lors de la saison estivale, on constate chaque année un taux de fréquentation de tout le Golfe de Saint-Tropez très élevé dû au tourisme. Ce taux de fréquentation tend même à augmenter au fil des années. Mais ce qu’il faut savoir c’est qu’il s’agit du seul territoire en France où il n’y a qu’une seule route d’accès. En effet, pour se rendre à Saint-Tropez les actifs et les touristes sont obligés d’emprunter la même route car il n’y en a qu’une : la route littorale. Il n’y a pas d’itinéraire secondaire écarté du bord de mer qui permettrait aux résidents permanents d’effectuer leurs trajets domicile-travail plus facilement et plus rapidement. Je souhaite parler de ce phénomène car je pense le connaître assez bien pour le vivre tous les ans.

Entre la saison hivernale et la saison estivale, les chiffres montrent que la population est multipliée par cinq (rien que sur la commune de Saint-Tropez), comme nous le verrons avec les chiffres que je vous présenterai par la suite. Ce qui entraîne donc des axes routiers proches de la saturation avec des temps de circulation considérablement rallongés. D’autant que cette sur-fréquentation ne se limite plus aux seuls mois de juillet et août mais la saison s’étend et les charges de trafic en juin et en septembre augmentent de la même manière d’année en année. En pleine saison, ces niveaux de saturation deviennent réellement problématiques et même dangereux pour la sécurité de chacun. Tous les problèmes qui en découlent deviennent de plus en plus délicats. Le territoire se trouve qui plus est dans une situation d’isolement et d’enclavement par rapport aux grandes infrastructures régionales et nationales (comme par exemple, les autoroutes, les gares TGV ou les grands aéroports). Il faut donc renforcer la connexion des réseaux de transports collectifs entre le territoire et les grandes voies de communication extérieures.

Sachant que plusieurs projets ont déjà été proposés mais n’ont pas abouti, je souhaite étudier à travers ce Projet Individuel la manière de prendre en compte les enjeux d’aujourd’hui conciliés avec les besoins de chacun afin de proposer des solutions concrètes et adéquates à ces problèmes de circulation de plus en plus complexes. Plus concrètement, comment gérer le différentiel de flux entre la saison haute et la saison basse ? Nous verrons dans une partie Diagnostic du territoire une présentation du territoire d’étude, avec dans une première section la description de la population, du logement, de l’emploi, des entreprises et du tourisme, ce dernier point étant crucial pour la compréhension de toute la problématique. Dans une seconde section, nous aborderons les différents documents de planification et de programmation (tels que le SCoT, le contrat de territoire, le PDU et le PLU) pour bien comprendre ce qui est actuellement en place en termes de déplacements. Enfin dans la troisième section, nous reviendrons sur la question clé de tout ce projet : les conditions de circulation délicates, avec tout d’abord un descriptif du problème puis un diaporama des tentatives inabouties déjà menées. Dans une partie Enjeux nous pointerons du doigt les risques encourus si l’on reste inerte face à ce problème majeur actuellement. Finalement, dans la troisième partie nous exposerons les Propositions étudiées en vue de résoudre ne serait-ce que partiellement ce point noir dans le Golfe de Saint-Tropez et au niveau de la commune de Saint-Tropez.

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Table des matières

Introduction
o Un bref historique
o Le sujet
o Pourquoi ce sujet
PREMIERE PARTIE : Diagnostic du territoire
I. Présentation socio-économique de la commune
A. L’évolution et la structure de la population
B. Le logement
C. L’emploi & la population active
D. Les établissements et entreprises
E. Le tourisme
II. Les documents de planification et de programmation
A. Le SCoT
B. Le Contrat de Territoire 2009-2012
C. Le PDU
D. Le PLU
III. Des conditions de circulation délicates
A. La description du problème
B. Les tentatives inabouties de la ville
DEUXIEME PARTIE : Les enjeux
TROISIEME PARTIE : Les propositions
I. Etude de cas d’une ville partageant les mêmes problèmes d’encombrements et de saturation de ses axes routiers
II. Une orientation générale à tout le Golfe de Saint-Tropez
A. Un pont reliant Saint-Tropez et Sainte-Maxime
B. Transports collectifs terrestres
C. Transports collectifs maritimes
D. Pôles d’échanges intermodaux
E. Promouvoir d’autres usages de transport
F. Un exemple d’itinéraire secondaire
III. Application à une caractéristique de la ville : Projet d’aménagement de l’entrée de ville de Saint-Tropez
Conclusion
Bibliographie
Index des sigles
Annexes

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