Physiologie de l’acquisition du langage

Le développement du langage oral est un processus complexe qui fait intervenir plusieurs systèmes neurologiques et neuropsychologiques dont le système auditif, qui occupe une place prépondérante dans les processus d’apprentissage. Le langage peut être appréhendé sous deux angles à savoir la compréhension du langage après réception de l’information d’une part et la production langagière relative à l’expression d’autre part. Une atteinte de l’un de ces systèmes suscités entraînera inexorablement un trouble du développement du langage chez l’enfant. Le système de l’audition, par le biais de mécanismes pathologiques variés, demeure l’un des systèmes les plus touchés dans la physiopathologie des troubles du développement du langage. Son exploration au moyen d’examens audiométriques, mais également neurophysiologiques y revêt donc un grand intérêt chez l’enfant surtout en âge préscolaire. Les potentiels évoqués auditifs permettront l’évaluation du versant neurologique de l’audition, tant sur le plan périphérique que central.

L’étude des potentiels évoqués auditifs a connu un essor dès les années 1930 avec l’exploration de la réactivité électrique de l’encéphale à des stimulations acoustiques par Brever et Davis [3]. Il s’en est suivi plusieurs années plus tard l’application de ces potentiels évoqués à la recherche clinique et fondamentale avec un moyennage des réponses recueillies entre le vertex et la mastoïde et résultant de l’activité du nerf cochléaire et des structures du tronc cérébral impliquées dans l’audition.

Ainsi, les potentiels évoqués auditifs (PEA) ont pu être définis comme l’activité électrique produite le long des voies auditives périphériques et centrales en réponse à une stimulation auditive.

En fonction de la latence d’apparition des différentes réponses, ils ont pu être classifiés en plusieurs sous-types de PEA à savoir :
● Les potentiels évoqués auditifs de latence précoce (PEAP), recueillis dans les 10 premières millisecondes.
● Les PEA de latence moyenne recueillis entre 10–60 ms
● Les PEA corticaux tardifs, entre 60–600 ms .

Les potentiels évoqués auditifs précoces ainsi désignés, permettent donc l’étude de l’activité de la voie auditive, par le biais de ce système sensoriel, celle du tronc cérébral, en réponse à la stimulation sonore. Ils font partie du bilan systématique de plusieurs pathologies au nombre desquelles nous pouvons citer l’exploration étiologique de la surdité congénitale ou acquise et les troubles du langage chez l’enfant que nous étudieront au cours de cette étude scientifique.

Physiologie de l’acquisition du langage

L’acquisition du langage est dépendante de la qualité de la stimulation verbale et non-verbale de l’environnement. Il est important d’avoir à l’esprit une certaine chronologie et les principales étapes relatives au processus d’acquisition du langage afin d’en repérer les éventuelles distorsions. Il s’agit, avant tout, de proposer certains repères temporels plutôt que des dates fixes, qui seraient bien loin de la réalité clinique et, notamment, de la variabilité interindividuelle. Ces étapes peuvent se schématiser ainsi :
• très tôt, le bébé réagit au bruit, à la musique et à la voix, et le langage débute à la naissance par les cris et se poursuit par les vocalisations (babil, jasis ou lallation) à partir du deuxième mois ;
• dès cinq à six mois, le bébé se retourne vers un bruit et babille, s’inscrivant dans un jeu interactif. La production de syllabes articulées apparaît entre six et huit mois ;
• à 12 mois, il produit quelques syllabes et réagit à son prénom ;
• vers 18 mois, le « non » apparaît, l’enfant comprend des phrases courtes et dit quelques mots, certains comportant plus d’une syllabe ;
• autour de deux ans, des phrases plus complexes sont comprises et l’enfant construit alors des phrases à deux mots. À cet âge, il possède un lexique d’environ 300 mots, les phrases deviennent plus élaborées et les questions apparaissent ;
• vers trois ans, le « je » apparaît , les mots sont compris avant de pouvoir être exprimés. L’enfant utilise les formes interrogatives (« qui ? », « que ? », « où ? ») et négatives (« n’est pas là », « ne peut pas ») ;
• de trois à six ans, le langage se complexifie au niveau syntaxique et s’enrichit considérablement au niveau du vocabulaire ;
• vers six ans, l’enfant apprend à lire et à écrire ;
• au cours des années suivantes, l’enfant continue à développer ses capacités cognitives en fonction de sa réceptivité aux outils pédagogiques mis à sa disposition et, plus largement, en fonction de son environnement.

Cette évolution ira dans le sens d’un investissement croissant d’un langage, qui devient progressivement un moyen de connaissance, un substitut de l’expérience directe, et dont la dimension « sympractique » (dont la définition étymologique veut dire « qui accompagne le geste ») tend à s’amoindrir. En effet, le langage permet à l’enfant de passer de l’indication à l’évocation, d’accepter l’écart qui existe entre le mot et la chose, ainsi que de tolérer l’absence. L’enfant peut désormais s’engager dans des jeux symboliques, dans des scénarii imaginaires lui conférant un certain degré d’indépendance. Il tire plaisir de l’utilisation du langage, non seulement pour gérer l’attente relative à la satisfaction de son désir, mais de l’acte même du langage.

Les troubles du langage chez l’enfant 

Ils peuvent être classés en trois grandes catégories :
• la première regroupe les troubles dits « spécifiques ou de développement » du langage, ces derniers étant au premier plan de la symptomatologie, chez des enfants ayant de bonnes capacités intellectuelles, indemnes de troubles sensoriels, de toute pathologie neurologique, et hors contexte psychopathologique. Ces troubles développementaux du langage sont principalement de deux ordres :

– d’ordre fonctionnel : comme dans le cas du retard simple de langage où l’enfant acquiert les structures du langage de façon normale mais lentement, avec un profil d’acquisition qui ne diffère pas de celui de l’enfant « normal »,
– d’ordre structurel : c’est le cas des dysphasies, où l’on parle d’une déviance dans l’apprentissage de la langue, de troubles graves et durables de la communication se manifestant par une structuration déviante, lente et dysharmonieuse de la fonction linguistique. Le trouble dysphasique peut s’accompagner de difficultés affectives et de troubles du comportement, ou s’associer à un tableau de retard mental (dans ces cas, le quotient verbal est toujours très inférieur au quotient performance). L’étude tonico-motrice peut révéler des signes de dyspraxie de type buccolinguofacial dans les formes les plus sévères.

Dans cette première catégorie, nous retrouvons également la dyslexie comme cas particulier des troubles d’acquisition du langage écrit. Elle constitue un trouble spécifique de l’acquisition et de l’utilisation du langage écrit, et s’associe à une dysorthographie. Notons que seules les dysgraphies qui sont intégrées aux dyspraxies correspondent aux troubles regroupés dans cette première colonne. Ce qui n’est pas le cas des dysgraphies d’origine neuromotrice ou psychodynamique. Enfin, ajoutons qu’une dyspraxie associée à un trouble du langage doit faire rechercher un déficit cognitif global ;

• la seconde concerne les troubles du langage s’intégrant dans un contexte syndromique plus étendu, relatif à des pathologies avérées telles que les troubles envahissants du développement et les retards mentaux, les dysharmonies cognitives, les maladies neurologiques, génétiques, les troubles sensoriels et plus largement toutes les maladies du développement touchant le langage oral et écrit. Citons, dans ce groupe, le syndrome de Landau–Kleffner qui associe une aphasie acquise avec, parfois, une agnosie auditive complète, des troubles du comportement et une épilepsie sous forme de crises généralisées ou hémicorporelles. Dans ce cas, le trouble du langage qui concerne les versants expressifs et réceptifs, peut précéder la pathologie épileptique, voire apparaître sans elle. L’EEG de sommeil objective des altérations paroxystiques à type de pointes, pointes ondes lentes et polypointes  ondes, situées dans un hémisphère ou bilatérales, en foyers uniques ou multiples. Le pronostic d’une telle affection dépend avant tout des séquelles neuropsychologiques ;
• enfin, la troisième catégorie comprend les troubles du langage s’inscrivant dans un contexte psychopathologique particulier, et que nous pouvons qualifier d’associés.

Même si cette schématisation peut nous aider à penser, il faut d’emblée préciser qu’en pratique et notamment chez le jeune enfant, ces distinctions sont parfois difficilement opérantes dans une démarche diagnostique. C’est, par exemple, le cas d’une symptomatologie d’allure autistique chez un jeune enfant. En effet, ces troubles peuvent à la fois faire évoquer une dépression d’ordre anaclitique dans un contexte de carence affective grave, un trouble envahissant du développement ou encore une dysphasie. En revanche, une surdité qui peut revêtir un tableau clinique similaire, sera plus facilement éliminée. Lorsqu’un trouble du langage domine la symptomatologie, le clinicien peut être partagé entre son désir de poser un diagnostic le plus précocement possible, afin d’engager une thérapie, et la difficulté à pouvoir établir celui-ci avec certitude chez un enfant âgé de deux à quatre ans, comme le souligne Fourneret [6]. Il n’est, par exemple, pas toujours aisé de distinguer dans ce cas, un retard simple de langage qui disparaîtra progressivement vers cinq ou six ans d’un trouble persistant de type dysphasique. Dans ce cas, seul un suivi longitudinal nous permettra de trancher. Enfin, dans un tableau clinique, il s’agit parfois de préciser le lien existant entre une symptomatologie parfois polymorphe et un trouble du langage. Nous devons alors nous interroger sur la nature du lien qui les unit : l’un est-il la conséquence de l’autre ? L’un s’intègre-t-il dans l’autre ? Afin de tenter d’éclairer toutes ces questions ou ces remarques d’ordre diagnostique, il nous faut décrire l’examen clinique de l’enfant pris sous l’angle de l’évaluation de ses capacités langagières.

Physiologie de l’audition

L’audition est la perception des sons, résultant de l’excitation par des ondes sonores de l’organe de Corti qui transforme un message mécanique en un courant bioélectrique transmis aux centres nerveux d’intégration, où a lieu l’élaboration de la sensation auditive. L’oreille perçoit les fréquences comprises entre 20 et 20000 Hz (fréquence la plus aiguë), mais plus sensible entre 1000 et 4000 Hz. Le seuil de perception auditive est définit à 0 dB d’intensité, à 120 dB le son est gênant, et douloureux à 140 dB. Par anthropomorphisme, nous qualifions d’infrasons toute fréquence inférieure à 20 Hz et d’ultrasons toute fréquence supérieure à 20000 Hz.

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Table des matières

INTRODUCTION
I-OBJECTIF
1-Objectif général
2-Objectif spécifique
II-RAPPELS ANATOMO-PHYSIO-PATHOLOGIQUES
1- Physiologie de l’acquisition du langage
2- Troubles du langage chez l’enfant
3- Physiologie de l’audition
3-1- La transduction auditive
3-2- Le nerf auditif
3-3- Les voies auditives
4- Les potentiels évoqués auditifs précoces
4-1- Méthode de stimulation
4-2- Méthode d’enregistrement
4-3- Résultats
4-4- Maturation des PEAP
4-5- Démarche diagnostique neurologique
III-METHODOLOGIE DE RECHERCHE
1- Type et période d’étude
2- Population d’étude
3- Collecte et analyse des données
4- Considérations éthiques et déontologiques
IV-RESULTATS
1- Caractéristiques sociodémographiques
2- Prévalence hospitalière des troubles du langage
3- Caractéristiques cliniques
4- Caractéristiques neurophysiologiques
3-1 PEAP normaux
3-2 PEAP pathologiques
V-DISCUSSION
1- Aspects cliniques
2- Aspects neurophysiologiques
2-1 PEAP normaux
2-2 PEAP pathologiques
CONCLUSION
REFERENCES
ANNEXE

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