Phonème et graphèmes de la consonne spirante latérale palatale voisée en italien

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Correspondance phonémique et autonomie

Nous pouvons définir l’écriture comme l’utilisation – par l’homme – d ’un système de signes graphiques à valeur symbolique. Un signe graphique pris de manière isolée ne peut pas encore être considéré comme une forme d’écriture, dans la mesure où il doit être inclus dans un système plus large d’oppositions graphiques (Cardona, 2009). L’unité minimale de l’écriture est le graphème, préféré au terme alphabéto-centré de lettre19, et l’ensemble des signes forme un système graphématique (Horejši, 1971 )20.
Il nous parait impossible d’établir un parallélisme entre l’unité phonémique – ou phonème – et l’unité graphique, puisque le premier ne constitue pas un signe alors que le graphème possède bien un signifié et un signifiant.

Théories sur les origines, le développement et la classification des systèmes d’écriture

L’activité graphique représente un prolongement des capacités cognitives de l’être humain et est  mise en œuvre dans le but d’exprimer volontairement la pensée à travers des symboles extérieurs à l’individu. Contrairement à l’objectif opérationnel de l’outil, la relation entre opérations mentales et image est purement symbolique. Ainsi, nous pouvons dire que l’utilisation de l’écriture représente une caractéristique exclusive de l’homo sapiens qui le différencie des autres espèces animales, ce qui n’est pas nécessairement le cas du langage parlé et de l’utilisation d’outils (Cardona, 2009). On estime que l’origine du langage parlé remonte à environ 150 000 – 250 000 ans (Perreault et Mathew, 2012), alors que les premières attestations considérées à tous les effets comme étant des « écritures » ne datent que de 3 avant J-C (Powell, 2012). Si nous considérons cependant l’utilisation de traces graphiques avec lesquelles les premiers hominidés ont tenté de relier leur pensée à des symboles matériels, il convient d’antidater considérablement la naissance réelle des systèmes d’écriture. Par conséquent, contrairement à ce que la recherche a longtemps pensé sur l’ordre de succession chronologique du langage parlé et du langage écrit28, dans cette nouvelle perspective les représentations graphiques ne doivent pas nécessairement suivre les représentations verbales et il apparait également possible de penser que la faculté graphique humaine pourrait même être antérieure à celle verbale (Cardona, 1986). Les découvertes archéologiques effectuées dans une même zone géographique – en l’occurrence en Europe occidentale – indiquent les principales phases chronologiques des premières formes graphiques humaines :
— dans le Paléolithique inférieur, certaines pierres figuratives exprimaient déjà des formes de conceptualisation abstraite .
— dans le Paléolithique moyen, certaines pierres figuratives montrent clairement l’existence d’une intervention humaine .
— dans le Paléolithique supérieur, les individus réalisent déjà un graphisme géométrique artificiel sur des pierres, des os et des objets en céramique .
— la fin du Magdalénien indique l’existence des premières formes idéographiques et certains graphismes géométriques sont également associés à des images de type réalistes .
— à l’époque Mésolithique, la géométrisation graphique s’accentue .
— à l’époque Néolithique, les idéogrammes représentent une véritable forme d’écriture à valeur sacrée (ibid.).
Dans la plupart des recherches menées sur les formes graphiques humaines, le concept d’écriture a toujours conservé un caractère fortement occidental, que nous pourrions définir alphabétocentrique (Cardona, 2009 ; Guritanu, 2016). En effet, encore aujourd’hui, nous étudions les différents systèmes graphiques en partant de l’écriture alphabétique occidentale, implicitement ou explicitement considérée comme le plus haut degré de perfection atteint jusqu ’à présent sur l’échelle évolutive, le but ultime vers lequel toute écriture devrait évoluer. L’alphabétocentrisme confirme également la vision d ’une dépendance totale du système écrit à l’égard du langage parlé. Selon l’approche évolutionniste, la meilleure forme graphique est en effet celle qui se rapproche le plus possible de la transcription parfaite du langage parlé correspondante 29. Ce que l ’on appelle le « triomphe de l’alphabet » n’est donc rien d’autre que la énième conviction d’une vision occidentale et occidentalisante qui a (trop) longtemps constitué la base de la recherche dans le domaine des sciences humaines et qu’il est temps de dépasser définitivement. Comme dans le cas des langues parlées et du concept même de culture/s, il nous parait par exemple insensé de parler de formes d’écriture plus ou moins évoluées, compte tenu que leur utilisation varie en fonction des besoins symboliques de chaque communauté d’individus.
Au sein de la classification évolutive, presque entièrement acceptée par les chercheurs et savants du XXème siècle, l ’écriture se doit de traverser certaines phases obligatoires pour atteindre le « degré ultime », représenté par l’alphabet :
la première est la phase précurseuse, ou mnémotechnique, où des objets tridimensionnels sont utilisés – tels que des entailles sur des bâtons en bois ou des cordes nouées – pour transcrire et transmettre des informations de base .
arrive ensuite la phase pictographique, puis idéographique, où des dessins plus ou moins réalistes rappellent la forme d’un objet et/ou désignent une idée .
arrive enfin la phase phonétique – d’abord syllabique puis alphabétique – où les traits graphiques évoquent la séquence effective de la langue parlée30.
Bien que Alarcos Llorach (1968) indique qu’il est impossible de trouver un système d’écriture appartenant uniquement à un seul type de classification, cette même classification – aux contours particulièrement rigides – a toujours été prise en compte dans une perspective diachronique, mais également et surtout synchronique. En effet, les recherches sur les systèmes d’écriture menées aux XIXème et XXème siècles, ont exalté la suprématie et la complétude de l’alphabet occidental par rapport à d’« autres » formes considérées comme moins évoluées, en particulier à une époque où les théories linguistiques et anthropologiques devaient appuyer et justifier la politique impérialiste des puissances européennes lors de la période de colonisation d’autres continents. Il semble que le processus de décolonisation avenu au milieu du XXème siècle n’ait pas permis de pleinement dépasser cette vision eurocentrique31. Le linguiste Ong considérait l’écriture idéographique comme antérieure et moins évoluée que l ’écriture alphabétique car, contrairement à cette dernière, elle ne représente pas directement les sons (1970). Il considérait également dans ce cas le système graphématique comme « secondaire » par rapport au système phonémique correspondant d’une langue.
Une autre distinction qui résulte des recherches occidentales est la dichotomie analytique/synthétique. James G. Février désigne une langue synthétique comme celle étant « caractérisée essentiellement par le fait qu ’elle vise à suggérer par un seul dessin, que l’œil peut embrasser d’un coup, toute une proposition, toute une phrase et même un groupe de phrases » (1984 : 43) – autrement dit « toutes les langues non alphabétiques » désignées comme étant primitives. En revanche, les systèmes d’écriture alphabétiques sont de type analytique, dans la mesure où ils n’identifient – au sein même de l’infini matérialité des sons – que certains traits unitaires et pertinents (Foresti, 1977). Le passage d’une écriture synthétique à une écriture analytique, c’est -à-dire d’une écriture « des idées » à une écriture « de la parole », fut selon Février (1984)32 un processus fondamental mené dans le but d’éviter, autant que possible, les erreurs d ’interprétation des signes et de fixer de manière plus rigide le contenu (devenant texte) exact émanant de la langue parlée. Dans certains textes évolutifs des principaux spécialistes, tels que Cohen (1958), Février (1984) et Ong (1970 ; 2014)33, les auteurs fournissent des exemples d’écritures plus ou moins synthétiques qui ont acquis, au fil du temps, des traits plus analytiques. Ils donnent également des exemples de romanisation de l’écriture, où l’alphabet latin fut emprunté à des langues non occidentales pour remplacer des écrits locaux jugés inférieurs parce que perçus comme moins efficaces, ou pour transcrire des langues parlées ne disposant pas de leur propre système d’écriture.
Très souvent l’écriture utilisée par une société déterminée est conçue ou créée à travers des influences extérieures, ou bien cette société s’inspire d’un modèle de forme graphique antérieur (Février, 1984).

Le passage du latin à l’italien

Afin de mener une recherche approfondie sur un phonème appartenant à une langue donnée, il convient d’analyser tout d’abord le parcours évolutif qui le caractérise, depuis ses origines jusqu’à la situation actuelle. Il convient également de prendre en compte tous les facteurs possibles – linguistiques et extralinguistiques – qui ont conduit à des changements phonologiques spécifiques du système de la langue cible. Nous étudierons donc le système phonologique d ’appartenance selon une perspective micro et macroscopique, en accordant une attention particulière aux nombreuses et variées relations internes et externes qui ont modifié le phonème au fil du temps. L’italien est une langue romane – ou néolatine – parlée aujourd’hui principalement sur le territoire italien. Comme d’autres langues romanes contemporaines, comme le français, l’espagnol, le portugais et le roumain, l’italien représente une continuation linguistique du latin. Nous définissons le latin comme la langue d’origine indo -européenne utilisée sur les territoires occupés par l’Empire romain pendant une période d’environ onze siècles, du IIIème siècle avant J-C au VIIIème siècle après J -C (Genot, 1998). La langue latine n’a jamais été de type uniforme et invariable. Elle est en effet constituée d’un vaste ensemble de différentes variétés géoleptiques, socioleptiques et idiolectiques, caractérisées par un noyau commun bien reconnaissable.

Principaux changements phonologiques

Le principal changement qui a caractérisé le passage du système phonologique latin à celui de l’italien vulgaire concerne sans aucun doute la nature de l’accent, qui a provoqué un nombre considérable de transformations dans tous les secteurs phonologiques de la langue, que nous pouvons ainsi résumer (Genot, 1998) :
— le passage d’un système vocalique de type quantitatif à un système timbrique .
— la réorganisation du système syllabique .
— la création de nouveaux sous-groupes de consonnes.
En latin, l’accent tonique n’avait aucune valeur phonologique et dépendait de la quantité vocalique. Au fil des siècles, une corrélation s’est cependant créée entre la quantité et l’ouverture vocale dans le latin vulgaire, ce qui a provoqué des changements radicaux dans l’ensemble du système phonologique. Les voyelles toniques ont alors commencé à s’allonger, tandis que les voyelles atones ont commencé à raccourcir. Ainsi, la conception de la voyelle tonique se combinait à celle de la voyelle longue, en contraste avec la voyelle atone et brève. C’est ainsi que la principale caractéristique qui régissait le système phonologique, c’est-à-dire la quantité vocalique, a peu à peu perdu de son importance au profit de la qualité timbrique, en bouleversant principalement le système vocalique et en remodelant par la suite celui consonantique. Le tableau 2.1 montre les trois phases principales qui résument le changement du système vocalique, du passage du latin classique (1) au latin vulgaire (2) jusqu’au proto-roman (3) à la base du système italien moderne actuel.

Évolution du rapport entre prononciation et écriture

Cette partie est consacrée au rapport qui se tisse entre oralité et écriture et qui a caractérisé la langue italienne au fil des siècles, depuis ses origines jusqu’à nos jours.
Nous pouvons d’abord rapporter certaines expressions de la langue italienne encore utilisée qui attestent de la prédilection pour la forme écrite sur celle parlée au cours d’une période historique antérieure. Dans ces phrases, la durée et la véracité de la langue écrite sont particulièrement marquées, par opposition au manque de fiabilité attribuée à la parole. Outre la fameuse phrase latine « verba volant scripta manent », encore couramment utilisée, nous trouvons d ’autres exemples tels que « mettere nero su bianco » (écrire noir sur blanc), metterlo per iscritto » (mettre par écrit), « carta canta » (les papiers parlent), mais aussi « qui lo dico e qui lo nego » (ici je le dis et ici je le nie).
La relation entre oralité et écriture dans la Rome antique était beaucoup plus étroite que nous pourrions le croire. Nous avons longtemps considéré que durant la période qui s’étale entre le Ier et le IIIème siècles après J- C de vastes couches de la société romaine possédaient une connaissance purement élémentaire de l’écriture latine, du moins parmi les couches moyennes et inférieures de la population urbaine (Cardona, 1986). Il n’y avait pas de grande différence entre la langue parlée et la langue écrite. Les variétés de parlers qui nous sont parvenues grâce à de précieux documents écrits70 montrent qu’il n’existait aucun fossé infranchissable entre les deux systèmes linguistiques. Les oscillations entre les deux codes symboliques ont principalement connu des variations de type diastratique (en rapport avec le niveau d ’instruction littéraire) et de type diatopique (opposition entre urbanitas et rusticitas). L’écriture était considérée comme un acte purement mécanique et utilitaire, consistant à apporter un soutien à la langue orale, que même les plus modestes pouvaient maitriser. Une classe de fonctionnaires spécialisés en écriture fut créée pour la première fois au IIIème siècle, mais ce changement social n’a pas modifié en soi la relation entre la culture littéraire et le statut des personnes alphabétisées.
partir du Moyen Âge, l’activité scripturale est passée d’opus servile à acte moralement méritoire. En outre, l’alphabétisation et la diffusion sociale des manuscrits coïncidaient et l’écriture devenait une tâche fortement liée à la religion chrétienne. L’Église de Rome commençait en effet à s’emparer de l’instruction et de l’utilisation massive de codes graphiques, et jusqu’au XIIème siècle les laïcs furent presque totalement exclus de la culture écrite. Cet important bouleversement social est survenu à la suite de l’effondrement du système scolaire romain, mais surtout du déclin de la relation écrit/parlé au sein même de la sur-unité linguistique latine. En effet, le Haut Moyen Âge est une période historique durant laquelle la langue latine classique était comprise par de moins en moins d’individus au sein de la société. La plupart des études linguistiques de cette époque associaient la distinction entre la langue latine et la langue vulgaire à une dichotomie rigide opposant possesseurs et non-possesseurs de l’écriture (Cardona, 1983). Nombreux sont ceux à évoquer le phénomène de diglossie entre le vulgaire et le latin ; le premier étant associé presque exclusivement à l’oralité et le second à l’écriture. En réalité, comme le suggère Zumthor (1987), il est possible de décrire la relation entre culture orale et culture écrite comme un continuum diaphasique dans lequel le latin classique et le latin vulgaire dialoguaient de manière continue. Ainsi, à la bipartition classique qui distingue les cultures à oralité primaire et les cultures à oralité secondaire, où l’écriture prévaut par rapport à la langue parlée, nous pouvons également ajouter un troisième type de répartition : les cultures à oralité mixte, où l’influence exercée par l’écriture reste externe et partielle, mais toujours bien présente. Zumthor considère les premiers textes romans comme étant de type mixte, et dans lesquels des parties du discours déjà prononcées étaient mises par écrit, dans le but d’être prononcées à haute voix. Selon lui, l’écriture ne constituait qu’une « étape provisoire de la voix » (Zumthor, 1987).
Dans le cas particulier de la langue écrite à l’époque du latin vulgaire, le latin classique représentait un système linguistique déjà utilisé auparavant et jouissant d’un prestige transversalement approuvé par l ’ensemble de la société. Le latin vulgaire ne doit cependant pas être considéré comme une forme utilisée exclusivement à l’oral. En effet, il était initialement employé dans des textes écrits pour décrire une réalité concrète et quotidienne et pour transcrire de manière graphique un style typique de sermo rusticus (registre intermédiaire proche de la langue parlée et caractérisé par un langage particulièrement simple). Vers le XIIème siècle, certains écrits laïcs, principalement notariaux,  commencent à émerger aux côtés des textes ecclésiastiques. La plupart des traces de latin vulgaire que l ’on retrouve dans les manuscrits de cette époque apparaissent dans des espaces textuels blancs, dans les parties marginales de textes latins plus amples et plus complexes. Cette période historique était caractérisée par une dilexie plutôt que par une diglossie (Mancini, 1993)71. Dans les documents laïcs, le notaire insérait très souvent quelques courts extraits en vulgaire dans les « parties fixes » du texte latin, afin d’être certain d’être compris par le destinataire qui ne possédait pas nécessairement les mêmes connaissances de la langue latine classique. La structure était donc similaire à celle des documents précédents uniquement transcrits en latin, mais contenait deux référents linguistiques, deux lectures et deux systèmes de transcription. Nous retrouvons des conversions graphématiques dans les glossaires vulgaires, qui, en guide de lecture, étaient accompagnées d’une série de règles précises de transposition orale : par exemple, le mot populaire archaïque gallo-roman <formaticum> (pour caseum) repris du vulgaire italien, était transcrit avec le suffixe latin <-aticum> mais était prononcé /adʒə/. L’écriture des groupes graphématiques était donc effectuée en latin, mais le référent phonique était en langue romane, puisque l’objectif principal de ces textes était de solliciter la mémoire du lecteur lors de la déclamation à haute voix (ibid.). Cette caractéristique sémiotique et le multigraphisme diffus de l ’époque72 montrent très clairement le type de relation qui existait entre écriture et oralité. Les deux systèmes symboliques, graphique et phonétique, étaient pratiquement indépendants, et le signe graphique ne fournissait pas – comme aujourd’hui – d’indications rigoureusement contraignantes. La langue écrite fonctionnait donc comme un simple « potentiel », dont la « mise à jour acoustique » pouvait varier d’un lecteur à l’autre.

Le phonème latéral en latin

Le phonème latéral /l/ existait déjà dans le système consonantique latin80. Il n’avait pas de fonction semi-vocalique, mais uniquement une fonction semi-consonantique. Il ne pouvait donc pas constituer une syllabe en soi et est resté inchangé lors du passage au vulgaire florentin, à la fois en position initiale qu’à l’intérieur du mot, tout comme pour /d/, /m/, /n/, /r/ et /f/ (Patota, 2007)81 :
LĔNTŬ(M) > lento (lent).
MŪLŬ(M) > mulo (mul).
Il se retrouve en revanche en position finale, confirmant une fois de plus le phénomène de troncation consonantique qui a caractérisé le latin tardif par rapport au latin classique.

Facteurs de changements linguistiques

Aspect articulatoire

Le parcours évolutif de la latérale palatale italienne est étroitement lié à l’un des plus importants changements phonétiques survenus à l’époque de la langue vulgaire : le phénomène de la palatalisation. Ce processus articulatoire constitue en effet un parfait exemple de relâchement des mécanismes physiologiques qui survient au sein d ’un système linguistique au cours des siècles. Dans notre étude de cas spécifique, ce phénomène a été à l ’origine de la plupart des innovations consonantiques en langue romane, encore présentes dans le système phonologique de l’italien actuel. Les trois néopalatales (sifflante, latérale et nasale) du sous-groupe des affriquées italiennes découlent de ce phénomène. La production et l’institution ultérieure de néophonèmes du vulgaire sont la conséquence directe de la tendance naturelle à réduire l ’effort articulatoire et du changement de rôle de l ’accent à l ’intérieur d’un mot.
Une palatale est un phonème dont le point d’articulation est situé au milieu de la voûte palatine (Genot, 1998). Durant l’évolution du latin parlé à l’époque médiévale, le relâchement articulatoire a entraîné deux types de phénomènes de palatalisation :
de type direct, lorsqu’un phonème présentait un point d’articulation différent dans l’espace buccal et devenait ensuite palatal, en déplaçant le point d’articulation à proximité de la voûte palatine ; par contact, lorsqu’un phonème palatal, dans la plupart des cas /j/ (mais également les voyelles /i/ ou /e/), en situation de contact avec des phonèmes non palataux, produit un décalage articulatoire, en rapprochant le deuxième phonème vers son propre point d’articulation.
Cette deuxième modalité co-articulée de palatalisation peut constituer un processus purement phonétique ou atteindre une reconnaissance phonologique dans le temps, comme cela s’est effectivement produit avec les affriquées et les deux consonnes palatales /ʎ/ et /ɲ/ en italien.
Nous pouvons affirmer que le yod a joué le rôle de protagoniste principal dans les deux mécanismes de palatalisation concernant le phonème latéral.
Selon Tekavčić (1974), il existait déjà des cas de palatalisation précoce en latin classique, mais c’est durant la période tardive que leur nombre et l’utilisation du groupe « consonne + /j/ » ont considérablement augmenté. En effet, le deuxième phénomène de palatalisation s’est produit dans la plupart des cas en langue vulgaire (conséquence directe du processus évolutif du yod semi-vocalique). En latin classique, il existait déjà un yod primaire, à la fois en position initiale et interne du mot, comme dans JAM, JŎCŬ, MAJŬ 89. Mais ce n’est qu’après l ’affaiblissement du système vocalique de type « quantitatif » que la fréquence de /j/ a considérablement augmenté en latin.

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Table des matières

Chapitre 1 Le culte de l’écriture
1.1 Langue/s et culture/s
1.1.1 Langue écrite et culture
1.2 Analyser l’écriture
1.2.1 Correspondance phonémique et autonomie
1.2.2 Théories sur les origines, le développement et la classification des systèmes d’écriture
1.2.3 Différences entre oralité et écriture
1.2.4 Langue-pont et langue-mur
1.3 Prééminence de l’écriture sur l’oralité
DEUXIÈME PARTIE Phonème et graphèmes de la consonne spirante latérale palatale voisée en italien
Chapitre 2 Diachronie de l’italien oral et écrit
2.1 Le passage du latin à l’italien
2.1.1 Principaux changements phonologiques
2.2 Évolution du rapport entre prononciation et écriture
Chapitre 3 Le phonème latéral palatal
3.1 Le phonème latéral en latin
3.2 Facteurs de changements linguistiques
3.2.1 Aspect articulatoire
3.2.2 Aspect psychologique
3.2.3 Aspect socioculturel
3.3 Principales caractéristiques des latérales
Chapitre 4 Histoire et problématiques des graphèmes de la latérale palatale
4.1 Le système scriptural italien
4.1.1 Des origines à la révolution du XVIème siècle
4.1.2 Grammairiens et correcteurs
4.1.3 Propositions de réformes graphiques du XVème siècle à nos jours
4.2 Définition et problématiques des graphèmes
4.3 Variables diachroniques, diatopiques et diastratiques
4.3.1 Solutions graphiques dans le florentin et le toscan
4.3.2 Solutions graphiques dans d’autres écrits vulgaires
4.3.3 Le processus de toscanisation d’un point de vue diastratique et diatopique
4.4 Les propositions de réformes orthographiques
Chapitre 5 Correspondance entre phonème latéral palatal et graphèmes
5.1 Les conditionnements phonétiques régionaux dans la production écrite de la latérale palatale
TROISIÈME PARTIE Interprétation phonosémantique de la latérale en italien
Chapitre 6 Des sons aux phonèmes
6.1 Rapport entre sens et forme dans les unités minimales de la langue
6.1.1 Phonosymbolisme et pré-sémantisme des phonèmes
6.2 La hiérarchie des phonèmes : d’une vision statique à une vision dynamique
6.2.1 L’espace buccal et la motivation sensorielle des mouvements articulatoires
6.2.2 La hiérarchisation universelle des phonèmes
6.3 Les traits pré-sémantiques des consonnes en italien
6.3.1 Le pré-sémantisme des phonèmes latérales
6.4 Hypothèse phonosémantique des consonnes latérales dans le système pronominal italien
QUATRIÈME PARTIE L’interaction entre phonème et graphème dans l’enseignement-apprentissage de la latérale palatale en italien L2
Chapitre 7 Oralité et écriture dans l’acquisition phonologique d’une L2
7.1 La profondeur orthographique
7.2 Lire et reconnaitre en L1 et L2
7.3 Le contexte de la recherche
7.3.1 Modèles de référence
Chapitre 8 Étude expérimentale
8.1 Motivation, conception et objectifs de notre recherche
8.1.1 Les L1 des sujets
8.1.2 Principales problématiques
8.2 Expérience perceptive de discrimination audiovisuelle
8.2.1 Méthode
8.2.2 Résultats
8.2.3 Perspectives de recherche
Chapitre 9 Graphèmes et phonèmes dans une nouvelle approche didactique
Conclusion
Bibliographie

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