Perception et representation par les acteurs locaux et les usagers des enjeux s’exerçant sur le cher canalise et non canalise

Le Cher est une rivière prenant sa source dans la commune de Merinchal, dans le département de la Creuse (23) et confluant avec la Loire à Villandry, en Indre-et-Loire (37). Situé au cœur d’un axe touristique majeur, à proximité de la vallée de la Loire classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco, il est ponctué de sites à forte renommée touristique tel que le château de Chenonceau. Canalisé à partir de 1828 pour permettre la navigation commerciale entre Tours et Saint-Aignan, cette portion a été équipée de barrages mobiles à aiguilles1, qui constituent aujourd’hui un patrimoine architectural fluvial rare. En revanche, ces ouvrages soulèvent une problématique de continuité écologique. D’après la législation européenne et française, cette rivière devrait être en bon état écologique en 2015 et permettre la libre circulation des poissons migrateurs amphihalins et des sédiments. Le Cher est une rivière domaniale de l’État. Sa partie canalisée a été concédée pendant 50 ans au Conseils Généraux d’Indre-et-Loire (37) et Loir-et-Cher (41) qui en ont eux mêmes confié la gestion au Syndicat du Cher Canalisé. Le 26 Juillet 2005, la concession entre l’Etat et les Conseils Généraux a pris fin. Le Syndicat du Cher Canalisé a continué d’assurer la gestion de la rivière par délégation directe de l’Etat. Cette gestion s’opère dans le cadre d’une autorisation temporaire (AOT)2, actuellement valide jusqu’au 31 décembre 2013. Une solution durable est attendue, autant pour la domanialité que pour la gestion de cette rivière. Les différents acteurs concernés ont donc initié en 2012 un travail de réflexion quant aux perspectives d’avenir concernant la domanialité et la gestion du Cher .

PERCEPTION, REPRESENTATION ET CONTEXTE GENERAL DU TRAVAIL

Les notions de perception et représentation

La perception est une représentation mentale individuelle du monde extérieur qui se réalise à travers la formation d’une « image de l’environnement ». Elle est, individuellement et spontanément, un lien entre un signal physique sensoriel (cinq sens) et une traduction de celui-ci cognitivement3 (LYNCH, 1969). La perception peut être définie comme un enregistrement subjectif du réel, qui est une traduction immédiate d’une sensation .

La représentation est une interprétation du réel. Elle a une fonction « d’appropriation des informations » influencée par divers facteurs (LYNCH, 1969). Chaque individu se représente des faits en fonction de ses influences propres (ses besoins, son vécu, sa culture,…) mais également en fonction de son environnement physique et social (Figure 2). La société et les images qui y sont diffusées vont avoir des conséquences sur les représentations. Un individu aura une représentation liée au contexte social qui l’entoure et aux idées qui y sont émises, mais également au lieu et aux conditions dans lesquels il se trouve. Ainsi, une représentation trouve sa source dans la saisie de ce que l’on voit et perçoit et dans la manière de se l’approprier. C’est donc une construction à la fois individuelle et collective, qui, en termes d’appropriation des informations, et contrairement à la perception, se conçoit davantage sur le long terme.

Perceptions et représentations appliquées au cas d’étude de l’eau

De manière plus appliquée au sujet d’étude, l’eau fait l’objet de nombreux aménagements mis en place via des choix politiques qui rendent compte d’intérêts économiques corrélatifs à une forme de développement. Mais ces choix s’appuient également sur des représentations sociales acceptables, historiquement et culturellement marquées. Depuis les années 1960, l’eau ou « ressource nature » subit de fortes pressions, de par les contraintes accrues qui s’exercent sur les ressources naturelles ou encore l’évolution des modes de vie. D’une part, les acteurs d’un territoire se doivent de considérer l’eau non plus comme seule ressource mais comme un milieu de vie. Chaque individu devrait se la représenter comme tel. Cette représentation sera reprise par la loi sur l’eau de 1992, dans laquelle l’eau est définie comme un patrimoine commun de la Nation. Sa protection, sa mise en valeur et le développement de la ressource utilisable, dans le respect des équilibres naturels, sont d’intérêt général. D’autre part, la tâche est d’autant plus difficile dans le domaine de l’eau que celui-ci révèle une complexité des rapports de la société à la nature, qui ont à voir à la fois avec des intérêts économiques, des cadres juridiques, des enjeux politiques, des relations psychanalytiques, des différences culturelles ou encore des besoins psychologiques. Cela se traduit par une complication pour les décideurs. Il y a pour eux une nécessité d’avoir une multiplicité de savoirs et une responsabilité accrue dans les choix à faire. Les rapports de l’homme à cet élément de son environnement ne s’établissent pas de manière « objective ». Ils se différencient en fonction de la perception et de la représentation que la personne se forge à travers son travail, son expérience, ses valeurs, ses attentes, et sa sensibilité pour certains attributs environnementaux. Il est donc nécessaire d’identifier les perceptions et les représentations dans le domaine de l’eau, puis d’en mesurer l’importance relative par rapport aux autres dimensions psychologiques et contextuelles. Celles-ci tiennent un rôle essentiel de support ou de frein à l’entente et la compréhension des acteurs concernant la mise en place de plan de gestion durable.

Le rôle de la perception et de la représentation dans l’objectif d’établir des solutions de gestion pérennes (PUECH D., POINT P., 1999) 

En tant que patrimoine commun de la Nation, il ne faut pas seulement gérer la ressource en eau comme la gestion d’un capital, il s’agit également de lui assurer une certaine pérennité. Au-delà d’être une simple ressource, l’eau est un élément structurant d’une culture de sens pour l’individu et est donc un facteur d’identité pour chacun. Parallèlement au développement de la perception du caractère multidimensionnel de l’eau, une prise de conscience des limites de la gestion de cet élément a émergé avant les années 2000, d’où la nécessité de la mise en place d’un nouveau mode de gestion. Effectivement, pour ce cas particulier, il semblerait que les modèles de gestion classiques ne suffisaient pas à trouver une gestion globale à long terme. Pour parvenir à développer cette gestion globale, il est nécessaire que les acteurs concernés aient une représentation de l’eau clairement définie avec notamment une parfaite connaissance du jeu des droits et des obligations de chacun. Ainsi, ils seraient alors davantage en mesure d’avoir toutes les cartes en mains pour faire des choix pertinents. Ensuite, la négociation, la confrontation de critères de natures différentes liés aux représentations et aux intérêts de chacun est inévitable. L’objectif étant de trouver un compromis globalement acceptable par tous. La gestion de l’« objet patrimonial eau » procède donc d’un arbitrage qui ouvre la voie vers une gestion durable de l’eau. Réunir et décider des conditions d’une gestion durable de l’eau s’avère une tâche délicate. Si l’évolution des représentations sociales de l’eau depuis plusieurs décennies semble propice à une telle perspective, l’aspect opérationnel et les modalités pratiques à mettre en place restent des aspects laborieux. D’après PUECH D. et POINT P. (1999), malgré les limites des plans de gestion passés, l’évolution des perceptions et des représentations des acteurs et l’impulsion de la directive cadre sur l’eau permettent de considérer que l’on se tourne actuellement vers une gestion durable de l’eau.

Les outils de mesure des perceptions et représentations 

L’entretien : le support principal de recueil du discours des personnes interrogées 

L’opportunité du recours à l’enquête par entretien
Pourquoi utiliser l’entretien plutôt que le questionnaire ? L’enquête en sociologie contient quatre principaux types de productions de données : la recherche documentaire, l’observation, le questionnaire et l’entretien. Ces méthodes s’inscrivent dans des démarches méthodologiques différentes et produisent donc des données différentes :

✦ La recherche documentaire permet de disposer d’outils permettant la conception de procédés et l’analyse de données récoltées ;
✦ L’observation, inhérente à un travail sur un territoire, permet de déceler des impressions et des ressentis;
✦ Le questionnaire provoque une réponse ciblée ;
✦ L’entretien fait construire un discours.

Ainsi, les données recueillies dans l’entretien ne sont pas uniquement fabriquées par la question, même s’il existe un certain processus interrogatoire durant l’entretien, mais sont plutôt le prolongement d’une expérience concrète (BLANCHET A., GOTMAN A., 2005). La question d’accroche proposée permet d’orienter l’entretien vers une thématique tout en laissant libre le champ du discours développé, et n’instaure pas un système de question-réponse comme peut le faire une enquête par questionnaire. Le choix entre questionnaire et entretien réside donc essentiellement dans le type de données recherchées.

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Table des matières

Introduction
1. Perception, représentation et contexte général du travail
1.1 Les notions de perception et représentation
1.2 Les outils de mesure des perceptions et représentations
1.3. Le secteur d’étude
1.4. Le panel d’acteurs gravitant autour de la rivière
1.5. Une rivière soumise à une forte pression liée aux multiples enjeux qui s’y exercent
2. Méthodes de recueil et d’analyse des données
2.1 Les entretiens : le choix des outils
2.2 Utiliser des photographies pour stimuler d’autres enjeux ou représentations de ceux-ci
2.3 La sélection des acteurs
2.4 Le traitement des données
3. Résultats
3.1 Analyse des perceptions et des représentations des enjeux
3.2 Analyse de la hiérarchisation des enjeux
3.3 Analyse de la remise en question éventuelle du classement des enjeux
3.4 Synthèse des résultats : vers une confirmation de l’hypothèse
4. Discussion
4.1 Regard critique sur cette méthode de recherche
4.2 Des différences de perceptions et de représentations illustrées par les résultats : retour sur l’hypothèse
4.3 Pistes de travail
Conclusion
Bibliographie
Tables des matières
Table des figures
Table des tableaux
Table des annexes

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