MUTATION DE L’OCCUPATION DU SOL

Quelques définitions

                Multiples sont les études de conceptualisation et d’analyse de processus de l’étalement urbain, la périurbanisation, l’occupation du sol et ses mutations. Pour mieux éclaircir, citons quelques définitions qui ont rapport avec ce sujet. D’abord, l’Urbanisation, c’est « le processus de concentration de population et des activités dans des agglomérations de caractère urbaines ».
La Périurbanisation : Un phénomène qui désigne l’étalement centrifuge de la ville en couronnes dites périurbaines, autrement dit « étalement urbain » circulaire autour de la ville centre. C’est aussi pour désigner l’éparpillement des processus d’urbanisation au milieu rural. C’est-à-dire l’effet d’éclatement et le phénomène de l’extension de la ville vers sa périphérie. Dans le contexte global, cette périurbanisation est caractérisée par une augmentation des interactions de la population, accompagnée d’une élévation de la production économique, une diversification et une extension des domaines d’activité, souvent par la spécialisation de l’industrialisation, et est due au fait de la position en proximité des centres urbains.
Le phénomène consécutif de la périurbanisation est la Rurbanisation : Au milieu du XXème siècle, des ouvrages parlaient sur ce terme comme le mécanisme d’urbanisation rampante de l’espace rurale, d’imbrication des espaces ruraux et des zones urbanisées périphériques qui s’organise autour du noyau de l’habitation rural, sans créer un nouveau tissu continu. Selon Rodrigues, ce phénomène est comme: « le retour des citadins à la campagne ». L’analyse de Mendras H. dans le livre de Bauer G. intitulé « La rurbanisation ou la ville éparpillée » témoigne bien ce phénomène, qui, par définition, correspond à la diffusion dans l’espace rural de forme d’habitations, d’infrastructures et d’activités en rapport avec le mode de vie urbain. Ce concept de rurbanisation a évolué pour donner naissance dans les années 80 au concept de périurbanisation. On parle aussi du Banlieue. Etymologiquement, c’est la juxtaposition du terme « ban et lieue », pour désigner le territoire d’une lieue autour d’une ville sur lequel s’étendait le ban. En outre, c’est le territoire urbanisé qui entoure la ville. Ainsi, le territoire sur lequel s’exercela domination de la ville urbanisé sous l’influence de la ville par débordement des cités et habitats. La Commune Rurale d’Ankadikely Ilafy avec sa situation en fait partie. A part cela, l’Agglomération : c’est l’ensemble formé par la ville et ses banlieues. L’Agglomération de la ville d’Antananarivo est composée de la CUA et les 31 Communes périphériques, y compris la Commune Rurale d’Ankadikely Ilafy (CRAI).

Phase de la documentation

                 Afin de bien cerner le travail, il est nécessaire d’entamer la démarche par une phase de recherche documentaire qui est en rapport avec le thème et la zone d’étude. Cette étape s’est faite à travers des recherches sur le web, auprès de divers centres de documentation dont la bibliothèque de la mention Géographie, la cartothèque du département, la Bibliothèque Universitaire d’ Antananarivo, auprès de la Commune Rurale d’Ankadikely Ilafy ainsi que les institutions publiques et privées. Donc, des références bibliographiques ont été utilisées : Des auteurs comme GEORGES (P) 1960, « Précis de Géographie urbaine », collection PUF, Paris, 279 p. Ce livre indique que le fait urbain est presque en tout pays, au rang de modèle bénéficiant, au premier chef de l’évolution économique et sociale contemporaines. Ainsi, sur l’histoire des villes, sur les conditions de leur localisation, sur les plans et les formes dûment classés et catégorisés. L’auteur insiste aussi dans ce livre sur tous ce qui est lié au développement des villes, à l’évolution du peuplement, au rôle et aux aspects du travail urbain. Puis, de DERRUAU (M) 1969, « Nouveau précis de géographie humaine », Armand Colin, Paris, 240 p. Dans ce livre, l’auteur traite de la formation, des tendances et de l’objet de la géographie humaine. Il parle de la géographie de la population, puis les genres de vie, les mécanismes et systèmes économiques. L’étude de la géographie agraire et des activités non agricoles occupe plus de la moitié du livre en prenant l’exemple des aménagements agraires de la zone méditerranéenne de l’ancien monde. Chaque fois que cela est nécessaire, l’auteur expose et discute les principales théories en présence. L’auteur définit d’abord le milieu par son climat et évoque les cultures en terrasses, l’insalubrité des plaines, les caractéristiques des terroirs et les possibilités d’aménagement. En complément, on s’est aussi informé sur des thèses et mémoires à savoir la thèse de OLISOA Felana, en 2012, « Mutation des espaces périurbain d’Antananarivo: population, habitat et occupation du sol », avec ses 359 pages. Elle démontre les aspects socio-démographiques et spatiaux des espaces périurbains avec une étude de comparaison des trois Communes Rurales situé à la périphérie immédiate de la ville d’Antananarivo : Tanjombato, Sabotsy Namehana et Ambohimangakely. Elle peut servir des bases scientifiques à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques de développement de l’agglomération d’Antananarivo. La fonction industrielle et commerciale commence à se délocaliser dans ces périphéries, entraînent de nombreux changements, ainsi la mutation. Cette mutation est visible non pas seulement à l’accroissement démographique mais aussi le changement dans le paysage. Outre, cette thèse analyse le déroulement, la manifestation et les enjeux de cette mutation qui caractérisent les espaces urbains : population,  habitat et occupation du sol. Par la suite, des publications parues dans des Revues et des Annales géographiques qui sont rapports avec notre sujet ont été consulté à savoir la « Revue de Madagascar, Janvier – juillet 1966 », et le « Revue de Madagascar, Juillet- Décembre 1983 », FLSH, Laboratoire Géographie. Dans cet ouvrage, dans la page p 65-104, RAMAMONJISOA (J) analyse: « L’Extension urbaine de Antananarivo : nouveaux visages », et la morphologie urbaine, dans le cadre de l’étude du schéma directeur du grand Antananarivo. On remarque que le tissu urbain est dense autour du noyau et se relâche à la périphérie, soit à cause de l’existence des rizières, soit à l’urbanisation tardive mais s’accélèrent surtout vers l’Est et le Nord-Est, Ankadikely Ilafy y compris. Afin d’acquérir plus de connaissances, des dictionnaires sont utilisés pour la recherche des définitions et des explications, comme le « Dictionnaire de Géographie », de BOURGEAT (S)-BAUD (P)-BRAS (C), collection Hatier, Paris 1985, 315p. Celle de GEORGE (P), aussi, « Dictionnaire de Géographie», collection PUF, Paris 1970, 540 p. « Encyclopédie Universalis », Tome II, 1996, 2024 p. et « Les mots de la géographie » dictionnaire critique de Roger BRUNET, FERRAS (R) et Thiery (H), collection Dynamique du Territoire, 1993, 517 pages. Enfin, les documents stratégiques de la Commune Rurale d’Ankadikely Ilafy servent de référence, à savoir, le « Plan Communal de Développement » 2005- 2016, 102 p., la « Monographie de la Commune » en 2017, 45 p., OPCI/ FIFTAMA, « Analyse des risques des Communes », Antananarivo 2004, 54 p. Ces documents sont riches en informations à propos de la Commune. Il met en exergue notre terrain de recherche, dont le cadre physique, la population, la structure organisationnelle de la Commune, ainsi que les activités principales de la population. Cette phase de documentation est complétée par celle des travaux de terrain.

Défaillance de la sécurisation foncière

                  Jusqu’à nos jours, l’insécurité foncière est encore un problème courant, et presque vu dans divers lieux à Madagascar, y compris la CRAI. Le système foncier est en déséquilibre et cela induit différents problèmes pour la Commune et sa population. Dans cette zone, bon nombre de propriétaire ne dispose d’aucune pièce justificative de son droit de propriété alors que la population ne cesse de s’accroître d’où le risque élevé de conflit foncier comme des conflits entre les propriétaires individuels et les entreprises tel le cas d’Antanandrano (les civiles contre l’entreprise TELMA en 2016), et à Manazary (civiles contre l’entreprise SEIMAD depuis 2015). Dans la CRAI, de nombreux terrains sont encore des domaines de l’Etat ou desterrains privés non titrés. Parfois, des paysans les aménagent en pensant qu’ils ont le droit d’usage. Donc l’occupation est illicite à cause de la méconnaissance de la procédure légale à suivre en vue de l’acquisition des terrains quasi- généralisés dans la CRAI, cette ignorance de la procédure d’immatriculation foncière résulte du fait que des paysans ne se sentent pas inquiété dans la jouissance de leur parcelle qui a débuté depuis des générations et transmise de père en fils. D’autre part, certains paysans, ignorant la procédure à suivre et/ou les avantages procurés par l’immatriculation foncière, préfèrent se mettre à l’abri de leur bas niveau intellectuel en restant attaché à leurs coutumes et traditions. De plus, la préparation des dossiers rencontre des difficultés : lourdeur des procédures pour la régularisation des terrains, lenteurs administratives, lointain des bureaux de domaine. On constate aussi l’existence de plusieurs intermédiaires, comme les Mpanera, qui profitent de l’ignorance des propriétaires surtout les paysans. Tout cela entraîne des conflits fonciers. L’enquête auprès du bureau de Conseil Communal affirme que les 70% de réclamations reçues (Fitarainana) sont des problèmes fonciers et ce n’est que 30% celle des sociaux. Il existe différents cas qui cause d’autres contraintes comme le non-respect des droits fonciers, par exemple selon la loi, chaque propriétaire doit laisser 50cm comme voie de servitude10. Il y a aussi la double vente qui est causée par les « Mpanera » ou même la famille propriétaire, ils vendent deux fois un même terrain, cause de conflits fonciers. La limite de l’efficience des interventions des autorités locales sur le contrôle de légalité favorise aussi la multiplication des litiges fonciers sous plusieurs formes à partir de la mise en place des réseaux chargés de « falsification » des terrains dont les situations sont encore en cours de régularisation. En raison de la difficulté des procédures et la lenteur administrative, la majorité des situations des propriétés dans la Commune se trouve dans cette condition.

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Table des matières

INTRODUCTION GENERALE
PREMIERE PARTIE : CONCEPT, DEMARCHE DE RECHERCHE ET PRESENTATION DE LA COMMUNE
CHAPITRE 1 : CADRE CONCEPTUEL ET DEMARCHE DE RECHERCHE
1.1. Cadre conceptuel
1.1.1. La mutation
1.1.2. L’occupation du sol
1.1.3. Quelques définitions
1.2. Démarche de recherche
1.2. 1. Phase de la documentation
1.2.2. Travaux d’enquêtes sur terrain
CHAPITRE 2 : PRESENTATION DE LA CRAI
2.1. Evolution historique dans le temps et dans l’espace
2.2. Les éléments physiques
2.2.1. Un climat tropical d’altitude
2.2.2. Ressources naturelles : Végétation dégradée et espace traversé par la rivière Mamba
2.2.3. Un relief typique des Hautes Terres Centrales
CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE
DEUXIEME PARTIE: URBANISATION DE L’ESPACE RURAL
CHAPITRE 3 : DYNAMISME SOCIO-ECONOMIQUE DE LA CRAI
3.1. LA CROISSANCE DE LA DEMOGRAPHIE
3.1.1 Mouvement naturel de la population: une croissance naturelle effective
3.1.2. Apport du mouvement migratoire sur l’accroissement naturel
3.1.3. Evolution rapide de la démographie d’Ankadikely Ilafy
3.2. Occupation du sol de la Commune en évolution
3.2.1. Organisation d’occupation partielle du terrain de la Commune
3.2.2. Comparaison de l’occupation du en 2005 et 2015
CHAPITRE 4 : DYNAMISME DES SECTEURS D’ACTIVITES ECONOMIQUES
4.1. Un Secteur primaire encore maintenu
4.2. Un Secteur secondaire implanté
4.3. Un Secteur tertiaire dynamique
CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE
TROISIEME PARTIE: LES CONTRAINTES ET PERPESCTIVES DE DEVELOPPEMENT DE LA COMMUNE RURALE
CHAPITRE 5 : PROBLEMES DE GESTION FACE A CETTE MUTATION
5.1. Inégale occupation de l’espace
5.2. Défaillance de la sécurisation foncière
5.3. Equipements sociaux encore insuffisants
CHAPITRE 6 : PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT DE LA COMMUNE
6.1. Les projets en cours dans la CRAI
6.2. Les points à améliorer
6.2.1. Le social, l’économie et la gestion de l’espace
6.2.2. Une politique d’aménagement du Territoire nécessaire
CONCLUSION DE LA TROISIEME PARTIE
CONCLUSION GENERALE
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXE

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