Morphologie des ixodidaes (tiques dures/ hard ticks)

Morphologie des ixodidaes (tiques dures/ hard ticks)

Les ixodidaes sont nommées du fait de la présence d’une plaque dorsale dure appelée carapace dure. Leurs morphologies varient suivant le stade de développement .

Morphologie des adultes : mâle et femelle 

En générale, les tiques dures ont un corps ovalaire; tête prolongée d’un rostre équipé de deux chélicères.

Une tique se divise en deux grandes parties. D’une part, la tête appelée aussi le capitulum est généralement dépourvue d’antennes, mais avec trois pièces buccales composées de chélicérates, les pédipalpes sur la face dorsale et le rostre pourvu des denticules, disposé sur la face ventrale. D’autre part, le corps ou l’idiosoma porte une plaque sclérifiée dite scutum, qui lui sert de bouclier articulaire protecteur ; une paire d’ocelles (organes photosensibles qui lui servent de détecteurs d’hôtes); sillons et festons sur sa face dorsale. A la face ventrale, elle est équipée de gonopore, l’orifice anal, une paire de stigmate, des sillons anaux antérieurs ou postérieurs selon les genres de tiques et quatre paires de pattes, comportent six articles (coxae , trochanter, fémur, genou, tibia et tarse I, II) conclus par une ventouse et deux griffes permettant à la tique de se déplacer sur presque tous les supports. Les tarses sont des organes sensoriels, sensibles aux vibrations, aux taux de CO2 et intervient dans la détection de l’hôte.

● Particularités morphologiques du mâle
Elle est de petite taille. La plupart a des plaques sclerifiées ad-anale mais, tous est dépourvue d’aire poreuse.

● Particularités morphologiques d’une femelle
Elle est de grande taille si gorgée de sang. Elle a d’aire poreuse (organe sensoriel qui lui sert à la détection de mâle et à la communication entre les tiques).

Morphologie des argasidaes (tiques molles/ soft ticks)

Les Argasidaes, appelés aussi tiques molles sont de tiques dépourvues de carapace dure (= tégument mou), caractérisées morphologiquement par un rostre avec peu ou pas de denticules. Le capitulum non terminal se situe antero-ventralement. C’est pourquoi, les repas sont plus bref, nombreux et rapides pour les nymphes et les adultes, mais aucun pour les larves. Elles peuvent piquer les mammifères (carnivores, homme) en l’absence de leurs hôtes habituels (oiseaux). Elles se trouvent en général à proximité du lieu très fréquenté par les animaux et dans des milieux endophiles. Ils s’accouplent au sol. La femelle prend plusieurs repas rapides (15-60 mn) sur l’hôte, et pond au sol 20 à 150 œufs de grande taille. Elles peuvent jeûner jusqu’ à 5 ans. Les tiques molles sont le réservoir de Borrelia, des fièvres récurrentes et de nombreuses Arbovirus .

Morphologie de Nuttalliellidae 

La Famille de nuttalliellidae est peu connue. Elle est représentée par une seule espèce : nuttalliella namaqua. La morphologie est intermédiaire entre celles des tiques molles et tiques dures. Elle mesure environ 3,5 millimètre et elle est souvent retrouvée en Afrique du Sud .

Anatomie de tiques
Les organes internes de tiques sont:
– Système nerveux possédant des ganglions nerveux
– Appareil circulatoire : Cœur
– Appareil respiratoire : composé de stigmates, trachées s’abouchant à un stigmate.
– Appareil digestif : pharynx aspirant, œsophage, estomac et nombreux caecums.
– Appareil excrétoire possédant deux tubes de Malpighi, s’abouchant à l’anus
– Appareil reproducteur : gonopore (orifice génitale ou organe de copulation) .

Tropisme d’hôtes
La sélectivité des tiques envers leurs hôtes est variable. Elle rencontre trois types de cycles :
– Le cycle monotrope résulte d’une même sélectivité dans le choix de l’hôte.
– Le cycle di trope concerne les tiques dont, la sélectivité des pré- imagos est différente (plutôt des petits mammifères, oiseaux, reptiles) et de celle des adultes (plutôt des grands mammifères).
– Le cycle télotrope voit les pré-imagos, se gorger sur les vertébrés disponibles (ils sont ubiquistes) si les adultes se gorgent plutôt sur les grands mammifères (ils sont sélectifs) .

Reproduction 

A ce stade, le dimorphisme sexuel est généralement net, plus développé en face dorsale chez la femelle dont, le tégument doit rester souple, se distendre pour une prise de sang maximale afin d’élaborer ses œufs. Les adultes mâles et femelles se reproduisent avec l’intervention de nombreuses phéromones. Elles permettent le rapprochement des sexes, l’accouplement des tiques et le début du repas des femelles. Il existe des phéromones de rassemblement ou phéromones de regroupement (substances hydrosolubles issues de la digestion du sang) et des phéromones sexuelles (dérivés phénoliques volatiles 2,6 dichlorophénol). Ils attirent le mâle vers la femelle et stimulent la reproduction. Il y a aussi des phéromones d’agrégation/attachement. La reproduction s’effectue le plus souvent sur l’hôte pendant le repas, et parfois au sol pour certaines espèces. Les femelles tombent de l’hôte, cherchent une infractuosité ou un micro habitat favorable pour se cacher et se préparent pendant 48 à 72 heures pour leur ponte. Puis, elles plient leur extrémité antérieure qui se fend dorsalement au niveau du capitulum pour pondre plusieurs dizaines à plusieurs centaines de milliers d’œufs par ponte, agglutinés et protégés par une cire lipidique (synthétisé par l’organe de Gêné). Ce nombre varie selon l’importance du repas, la taille, le genre de tiques, l’humidité et la température de son environnement. La ponte dure un à deux jours pour certains tiques, 24 à 40 jours pour d’autres  et entraine leur mort. En effet, une femelle n’effectue qu’une seule ponte avant sa mort. Le mâle peut rester 50 à 80 jours sur l’hôte en s’accouplant à nouveau avec d’autres femelles avant sa mort. Il prend un peu de sang et  assure la croissance et la fécondité des œufs, car les œufs pondus par les femelles sans mâle ne seront pas éclos .

Croissance

Après la mort de la femelle, l’incubation dure 60 à 100 jours. Les œufs éclosent et donnent des petites larves à partir de l’embryogénèse. Le temps d’incubation varie selon la température, l’espèce, humidité. Le taux d’éclosion est très élevé en saison de pluies (90%) mais, il y a beaucoup de mortalité rapide en saison sèche . Le changement brusque de température peut aussi tuer les œufs. Les larves sont capables de survivre plusieurs mois dans l’environnement sans se nourrir jusqu’à ce qu’elles parviennent à s’accrocher à un hôte et y prennent leur premier repas sanguin . Elles se gorgent principalement sur les rongeurs ; secondairement sur les oiseaux, des reptiles . La fixation est aussi possible sur les lapins, le chien, le porc, les ruminants, les petits ruminants. La durée de gorgement varie de 7 à 10 jours. Après quoi, les larves gorgées se détachent plutôt dans l’après-midi sur terre. Elles muent en 30 jours pour devenir des nymphes semblables à des adultes mais, de taille réduite. Une fois encore, les nymphes doivent se fixer en passage de l’hôte pour absorber de sang et se déplacent vers un site de prédilection . Après gorgement, qui dure de six jours en moyenne et détachement l’après-midi, la mue finale s’effectue. La métamorphose se fera en 4 à 6 semaines en saison froide et 12 à 20 jours en région chaude . Les adultes immatures se dissimulent au sol en attente d’activation. Elles sont inactives en saison sèche (4 à 6 mois). Elles sortent de quiescence après augmentation de l’humidité, le mâle d’abord, la femelle après et ils cherchent un hôte après un temps de repos et la maturation pour pouvoir sucer du sang.

Nourriture
En phase parasitaire (sur l’hôte), tous les stades (larves, nymphes et adultes) se nourrissent du sang. La larve se nourrit plutôt du sang des petits animaux. La nymphe se nourrit sur des animaux petits ou moyens mais, les adultes se nourrissent surtout sur des mammifères. Le repas des adultes est plus long par rapport à celui des larves et nymphes. Au cours de cette période, elles se fixent d’abord sur l’hôte par les chélicères qui leur servent de fixation, puis par enfoncement de l’hypostome denté qui perfore l’épiderme. Ensuite, la sécrétion de cément 10 à 30 minutes après fixation (céments primaire et secondaire, par les acini salivaires de type II et III). Le cément est constitué de glycoprotéines qui se polymérisent au contact de l’air, formant une résine qui emprisonne et maintient le rostre dans la plaie. Après, le repas ; il se divise en deux phases : la phase lente (7 jours) et la phase rapide (24 à 48 heures) en alternance de succion/excrétion avec absorption de 4 000 mg de sang (adaptation corporelle à la prise d’un gros volume liquidien: distension de l’exo cuticule et osmorégulation). La salive est de constitution complexe et variable dans le temps. Elle renferme des substances vasoactives (prostaglandines), des substances anticoagulantes (mucoprotéines), des agents cytolytiques (protéases, estérases), et des agents chimiotactiques (histamine, sérotonine). Enfin, la fin du repas : Osmorégulation par excrétion de liquide dans la plaie, involution des glandes salivaires (acini de type I, synthèse d’un facteur Tick Salivary Gland Degenération Factor) .

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Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : RAPPELS
I- Définition
II- Classification de tiques
III- Morphologie des tiques
III.1- Morphologie des ixodidaes (tiques dures/ hard ticks)
III.1.1- Morphologie des adultes : mâle et femelle
III.1.2- Particularités morphologiques de la nymphe
III.1.3- Particularités morphologiques de la larve
III.2- Morphologie des argasidaes (tiques molles/ soft ticks)
III.3- Morphologie de Nuttalliellidae
IV- Anatomie de tiques
V- Biologie de tiques dures (IXODIDAE)
V.1- Cycle évolutif de tiques
V.2- Différentes types de cycle
V.3- Tropisme d’hôtes
V.4- Reproduction
V.5- Croissance
V.6- Nourriture
V.7- Biotope = habitat =localisation
V.7.1- En phase parasitaire
V.7.2- En phase libre
VI- Mode de transmission
VI.1- Mode de transmission des tiques vers l’hôte ou entre les hôtes
VI.2- Mode de transmission des agents pathogènes
VI.2.1- Transmission des agents pathogènes vers les tiques
VI.2.2- Transmission des agents pathogènes vers l’hôte
VII- Facteur favorisant le développement de tiques
VII.1- Facteurs physiques : Température, Hygrométrie
VII.1.1- Température
VII.1.2- Hygrométrie
VII.2- Facteurs climatiques : pluviométrie
VII.3- Couverture de végétation
VIII- Manipulation de tiques
VIII.1- Technique de prélèvement
VIII.2- Conservation
VIII.3- Culture
IX- La description ; la différenciation, la répartition géographique, l’hôte et les effets pathogènes des principales tiques dures
IX.1- Genre : BOOPHILUS
IX.2- Genre : RHIPICEPHALUS
IX.3- Genre : AMBLYOMMA
IX.4- Genre : HYALOMMA
IX.5- Genre : HAEMAPHYSALIS
X- Importance de tiques
X.1- Importance médicale : les tiques ont un double rôle pathogène
X.1.1- Rôle pathogène direct
X.1.2- Rôle pathogène indirect
X.1.2.1- Babesiose ou piroplasmose
X.1.2.2- Theileriose
X.1.2.3- Anaplasmose
X.1.2.4- Cowdriose ou heart water ou ehrlischiose
X.1.2.5- Fièvre Q
X.1.2.6- Paralysie à tiques
X.1.2.7- Dermatophylose ou streptotricose
X.2- Impact économique
X.3- Importance hygiénique
XI- Lutte contre les tiques
DEUXIEME PARTIE : METHODES ET RESULTATS
I- METHODES
I.1- Caractéristiques de la zone d’étude
I.1.1- Délimitation géographique de la zone d’étude
I.2- Caractéristiques physiques
I.2.1- Relief
I.2.2- Climat
I.2.3- Hydrographie
I.2.4- Démographie
I.2.5- Source économique
I.3- Choix du lieu d’étude
I.4- Type de l’étude
I.5- Période de l’étude
I.6- Choix de la population d’étude
I.7- Taille de la population d’étude
I.8- Méthodologie de la réalisation de l’étude
I.8.1- Elaboration de fiches d’enquêtes et fiches de prélèvements
I.8.1.1- Élaboration de fiches d’enquêtes
I.8.1.2- Fiche de prélèvements
I.8.2- Enquête proprement dite
I.8.3- Collecte des échantillons suivis de la préparation des tiques prélevées
I.8.4- Examen au laboratoire et traitement des données
I.8.4.1- Examen au laboratoire
I.8.4.2- Traitement des données
I.9- Limite de l’étude
I.10- Considération éthique
II- RESULTATS
II.1. Répartition des bovins infestés par les tiques par Fokontany
II.2- Identification de tiques
II.2.1- Identification de tiques après l’observation au microscope binoculaire
II.2.2- Répartition des tiques
II.2.2.1- Répartition de tiques selon les genres
II.2.2.2- Répartition de tiques selon l’espèce
II.2.2.3- Répartition de tiques sur le corps de l’animal
II.2.2.4- Répartition de tiques selon le stade du développement
II.2.2.5- Répartition de tiques selon la saison
II.2.2.6- Répartition de tiques selon le sexe
II.2.2.7- Répartition et infestation de tiques par fokontany
II.2.2.8- Infestation de tiques par animal
II.2.2.9. Répartition de tiques selon le mode d’élevage
II.3. Résultat d’analyse statistique
II.3.1- Répartition des animaux selon les catégories
II.3.2- Répartition des animaux selon les genres et le sexe des tiques
II.3.3- Répartition des animaux selon les races
II.3.4- Evolution du nombre des tiques
II.3.4.1- Evolution du nombre des tiques selon la race
II.3.4.2- Evolution du nombre de tiques selon les périodes
II.3.4.3- Evolution du nombre de tiques selon la région anatomique des bovins
II.3.4.4- Evolution du nombre de tiques selon les catégories des bovins
II.3.5- Relation entre les modalités
II.3.5.1- Interaction entre la saison et le genre de tiques
II.3.5.2- Interaction entre la catégorie des bovins et le genre de tiques
II.3.5.3- Interaction entre la race des bovins et le genre de tiques
II.4. Résultats de l’enquête
II.4.1- Population d’étude
II.4.1.1- Population d’étude par fokontany
II.4.1.2- Eleveurs enquêtés dans les fokontany visités
II.4.2- Résultats zootechniques et sanitaires
II.4.2.1- Races de bovins exploités dans cette commune
II.4.2.2- Mode d’élevage des bovins
II.4.2.3- Répartition du troupeau
II.4.2.4- Stabulation
II.4.2.5- Alimentation
II.4.2.6- Élevage des prédateurs de tiques
II.4.2.7- Détiquage des bovins
II.4.2.7.1- Fréquence de détiquage
II.4.2.7.2- Produits utilisés
II.4.2.8- Maladies des bovins
II.4.2.9- Période d’activité de tiques
TROISIEME PARTIE : DISCUSSION
I- Discussion des résultats de l’identification de tiques
II- Discussion des résultats d’enquête
III- Discussion concernant le déroulement de l’enquête
IV- Proposition des solutions pour lutter contre les tiques
IV.1- Concernant les docteurs vétérinaires ou les techniciens d’élevage
IV.2- Concernant les éleveurs
IV.2.1- Mesure classique
IV.2.2- Amélioration de la conduite d’élevage
IV.3- Concernant les méthodes de lutte contre les tiques
CONCLUSION

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