Molluscum contagiosum chez l’enfant

Le molluscum contagiosum est une tumeur cutanée bénigne décrite pour la première fois par Thomas Bateman en 1814.L’origine virale du molluscum contagiosum a été découverte par Juliusberg en 1905. Il s’agit du Molluscipoxvirus qui est un virus à ADN de la famille Poxvirus, de la sous famille Chordopoxvirinae[1]. Comme leur nom l’indique, les molluscums contagiosums sont très contagieux, se rencontrent essentiellement chez l’enfant de 03 à 16 ans et dont la transmission se fait le plus souvent par contact cutané direct avec une personne infectée, dans les lieux publics (les piscines scolaires) ou par des vecteurs indirectement souillés par des personnes infectées (serviettes de bain…) [8]. Les études portant exclusivement sur les MC sont rares. En Afrique, au Burkina Faso une étude rétrospective faite dans un service de Dermatologie en milieu tropical, sur une période de 2 ans, le MC occupe la tête de liste des dermatoses virales [3]. À la nouvelle -Guinée, la prévalence est de 1.9% au niveau des montagnes, ou le temps est plus frais et moins humide, alors qu’au niveau des régions plus basses, la prévalence varie de 3,35% à 4,35% [5]. En Amérique une étude à Alaska suggère que la propagation de l’infection était liée au contact interhumain étroit, plus que d’autres facteurs, particulièrement climatiques ou hygiéniques [6]. La période d’incubation est de deux à trois semaines [2]. Le diagnostic est essentiellement clinique se présentant sous forme de papules ou nodules avec une ombilication centrale laissant soudre une substance blanche crayeuse. Bien que le diagnostic soit aisé, en zone tropicale d’autres affections peuvent simuler un MC à savoir l’histoplasmose, les cryptococcoses, et les penicellioses. Dans sa forme profuse il est impératif de chercher un terrain dysimmunitaire notamment l’infection à VIH et constitue souvent la circonstance de découverte de cette dernière.

DISCUSSION

Nous rapportons une étude portant sur les aspects épidémiologiques, cliniques et thérapeutiques rencontrés en consultation chez l’enfant, avec recueil prospectif des données sur une période de 05mois, du premier août 2020 au 31 Décembre 2020, dans le service de Dermatologie-vénéréologie à l’Hôpital Aristide le Dantec de Dakar, l’Institut d’hygiène sociale et le Centre national hospitalier d’enfants Albert Royer.

Apport de ce travail

Il s’agirait à notre connaissance de la première étude au Sénégal qui s’intéresse aux principaux aspects épidémiologiques cliniques et thérapeutiques rencontrés chez l’enfant permettant d’élaborer une démarche diagnostique et établir un traitement adéquat en consultation de dermatologie.

Limites de l’étude 

Notre étude était multicentrique d’une durée courte coïncidant avec une situation épidémiologique particulière (COVID 19), ce qui explique la réduction de la fréquentation des patients au niveau des structures sanitaires.

Données socio-démographiques 

Age 

Le MC est un motif de consultation assez fréquent en dermatologie pédiatrique, les enfants en bas âge représentent la catégorie la plus vulnérable de cette pathologie. L’âge moyen de notre population d’étude était de 4,48 ans (± 2,24), Ce qui rejoint l’étude de Katibi et al qui a rapporté un âge moyen de 4,7 ans (± 4,1) dans leur population d’étude portant sur 419 patients âgés de moins de 18 ans [8]. Toutefois, Fofana et al, dans leur série de 5149 enfants âgés de moins 15ans, ont noté un âge moyen de 8 ans ± (5,7) [9]. Afsar et al, sur une population de 539 patients âgés de moins de 18 ans, ont noté un âge moyen de 5,32 (±4,75) [11]. Dans une autre étude faite à l’hôpital d’enfant de Rabat (Maroc), la tranche d’âge la plus touchée était de 2 à 8 ans [12], contre 2 à 5 ans dans la série du Benyoussef[13]. Ces résultats rejoignent ainsi les données de la littérature mondiale en particulier dans les pays en voie de développement [13].

Sexe 

Une légère prédominance masculine a été notée dans notre série avec un sexratio de 1,38. Ce même constat avait été rapporté par l’étude marocaine de Benyoussef et de Allelouch avec des sexes ratio respectifs de 1.39 et de 1.36. Cependant dans l’étude Américaine réalisée par Matis W.L et al on notait une répartition quasi identique entre les deux sexes [16].

Facteurs de risque

Baignade dans la piscine
Contrairement aux résultats des autres séries la notion de baignade est souvent rapportée comme facteur favorisant à la survenue des MC. En effet, dans les pays développés, un pic d’incidence plus tardif est observé chez les grands enfants fréquentant les piscines [21].

Promiscuité
La promiscuité reste un facteur favorisant la dissémination du virus ce qui explique aussi l’incidence la plus élevée chez les enfants des écoles coraniques ou d’internats [21]. Ce facteur était observé chez 14% de nos malades ce qui concorde avec l’étude du Benyoussef où plus que 56% des cas fréquentait les crèches et les cités d’internats [22]. La promiscuité avait été noté également dans une étude africaine portant sur 302 patients, dans 34 % des cas [22]. Ce même constat était noté dans une proportion plus importante (68%) dans l’étude marocaine réalisée par Allelouch et al en 2015[22].

Aspects cliniques 

Dans notre étude, l’atopie était observée chez plus de la moitié des malades (52%). Cette fréquence des MC sur terrain atopique pourrait s’expliquer d’une part par l’écosystème des peaux atopiques qui expose aux infections virales et d’autre part par l’iatrogénicité. En effet l’utilisation des dermocorticoïdes au long cours favorise une immunodépression locale. Cette hypothèse avait été confirmée par une étude africaine objectivant que la majorité des cas (82%) des MC étaient associées à une dermatite atopique[15]. Le prurit observé chez nos malades serait expliqué par l’association avec l’atopie. Néanmoins tout patient présentant des MC, il est important de rechercher un terrain atopique. La durée d’évolution longue de 4 semaines en moyenne était probablement liée au caractère indolore des MC. Ce constat était noté dans plusieurs études notamment africaine et américaine [3 ;25]. Cependant une consultation précoce était notée dans certaines études probablement dû au caractère inesthétique des lésions à raison de la topographie aux zones affichantes. Concernant les formes cliniques, la forme papulonodulaire reste de loin la plus fréquente. Ainsi la majorité des lésions siégeait au niveau facial dans 98% des cas. Cette topographie faciale prédominante pourrait être liée au manuportage fréquent et à la fragilité de la peau. Ce résultat est concordant avec les données de la littérature [25]. Cependant dans d’autres études, la localisation élective du tronc était prédominante [25] [31].

Par ailleurs, une étude portant sur 72cas de MC réalisée au Maroc, avait objectivé une corrélation entre la topographie faciale et l’existence d’un terrain dysimmunitaire [31]. Dans les formes profuses, nous avons retrouvé 2 cas de MC associés à l’infection par le VIH ce qui concorde avec l’étude américaine objectivant que les formes multiples de MC étaient le plus souvent associées à un terrain dysimmunitaire [22]. De plus dans les formes profuses, le diagnostic différentiel se pose avec certaines affections opportunistes notamment l’histoplasmose et la cryptococcose. Cependant la substance blanche crayeuse lors de la pression d’un nodule est un argument de taille pour un molluscum contagiosum. Quant à la forme tumorale, observée dans 2 cas, son diagnostic est parfois difficile du fait de la similitude clinique avec les autres tumeurs cutanées tels que le kératoacanthome et l’épithélioma basocellulaire qui sont exceptionnelles chez les enfants. Dans les formes associées à l’infection par le VIH le curetage des lésions était impossible du fait de leur multiplicité. Ainsi un traitement par la potasse ou l’introduction du traitement antirétroviral permet une régression des lésions de MC.

Aspects thérapeutiques

Les traitements des MC sont mal codifiés le plus souvent réservés aux moyens thérapeutiques disponibles. Dans notre série, le curetage était le plus utilisé (76% des cas) en raison de son efficacité. Cependant la douleur engendrée est considérable poussant même certains parents à réfuter cette pratique. Dans la série marocaine de Benyoussef le curetage était également utilisé dans 100% des cas avec ou sans anesthésie et en association avec des antiseptiques locaux [31]. Cependant dans l’étude de Allelouch et al le curetage n’a été utilisé que chez 38% enfants [30]. Une antibiothérapie a visée préventive (macrolides) était le plus souvent associée au curetage. Plusieurs autres thérapeutiques locales par agents physiques peuvent être utilisés tels que la cryothérapie à l’azote liquide, l’électrocoagulation après anesthésie locale, et le laser co2. Cependant certains auteurs pensent que les complications inesthétiques sont considérables à savoir les brulures, les chéloïdes, et les pigmentations secondaires [31]. Il existe des traitements inoffensifs tels que l’hydroxyde de potassium à savoir le molutrex une solution dosée à 5% d’utilisation très facile allant de 1 à 2 applications par jour jusqu’à l’apparition d’une rougeur (habituellement de 2 à 10 jours). Il ne nécessite pas de rinçage. Il peut être utilisé sur le visage et le corps (hors contour des yeux et muqueuses) chez l’enfant à partir de 2 ans.

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Table des matières

INTRODUCTION
METHODOLOGIE
1. Objectifs de l’étude
1.1. Objectif général
1.2. Objectifs spécifiques
2. Cadre de l’étude
3. Patients et méthodes
3.1. Type et période d’étude
3.2. Population d’étude
3.3. Critères d’inclusion
3.4 Critères de non inclusion
4. Méthodologie
4.1 Déroulement de l’étude
4.2 La technique de collecte des données
4.3 La saisie et l’analyse des données
5. Aspects éthiques
6. Aspects financiers
RESULTATS
1. Etude descriptive
1.1. Profil socio-démographique des patients
1.2. Données épidémiologiques
1.3. Histoire de la maladie
1.4. Antécédents
1.5. Terrain
1.6. Itinéraires thérapeutiques
2.3. Caractéristiques de la lésion élémentaire
2.3.1.Taille des lésions
2.3.2. Nombre des lésions
2.2.3. Siège des lésions
3. Paraclinique
4. Les aspects thérapeutiques
5. Retentissement psychologique
6. Aspects évolutifs
7. Etude analytique
7.1 Relation entre l’atopie et le prurit
7.2. Relation entre la durée d’évolution et la présentation clinique
7.3. Relation entre formes profuses et la notion d’atopie
DISCUSSION
1. Apport de ce travail
2. Limites de l’étude
3. Données socio-démographiques
3.1 Age
3.2. Sexe
3.3. Facteurs de risque
4. Aspects cliniques
5. Aspects thérapeutiques
6. Aspects évolutifs
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
REFERENCES
ANNEXE

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