Mise en place d’un protocole d’étude de la capacité reproductive des femelles potamocheres

Structure sociale

Le potamochère est un animal grégaire. Il vit en groupes familiaux dont la taille varie, selon les auteurs et l’espèce, de 2 à 15 individus. En Afrique du Sud, Seydack a observé des groupes de P. larvatus de 2,5 individus en moyenne, alors qu’au Nigéria, la taille des bandes de P. porcus est en moyenne de 10,5 animaux. Des groupes de 30-60 animaux de cette même espèce ont même été observés en Guinée et en République démocratique du Congo.

Le groupe se compose d’une unité familiale, avec le couple parental (mâle et femelle alpha) et la dernière portée voire la portée de l’année précédente. Les juvéniles sont souvent deux fois plus nombreux que les adultes (Vercammen et al, 1993). Ils quittent le groupe à l’âge de 1,5-2 ans, la fratrie pouvant alors constituer un groupe temporaire. En période de rut, ils se sépareront pour chercher à s’accoupler (Seydack, 1990). La dynamique du groupe reflète la saisonnalité de la reproduction mais elle peut également être conditionnée par la disponibilité alimentaire. Seydack (1990) a mis en évidence, chez P. larvatus, des scissions dans des groupes familiaux lors de période de disette, dans le but d’éviter la compétition alimentaire.

Comportement social et territorial

Les groupes familiaux acceptent rarement la présence d’un individu étranger à la bande. D’après Seydack, chez le P. larvatus, la femelle alpha est le plus souvent garante de l’intégrité du groupe : c’est elle qui se montre la plus agressive à l’égard des nouveaux venus, sauf s’il s’agit de juvéniles ou d’un mâle reproducteur potentiel. Pour Maberly (cité dans Kimmel, 1998a), c’est au mâle dominant que revient le rôle de protéger le groupe.

Les potamochères sont des animaux territoriaux. Groupes familiaux ou individus solitaires occupent ainsi un territoire dont les limites sont matérialisées par un marquage odorant et visuel et dont l’exclusivité est défendue contre les intrus. Les femelles sont particulièrement intolérantes à l’intrusion d’individus dans leur territoire (Seydack, 1990), mais il semble que la défense du territoire soit assurée par le mâle dominant dont la confrontation avec un intrus peut se solder par un combat (Kimmel, 1998a).

Il existe aussi des individus nomades, souvent des subadultes ayant quitté le groupe familial, à la recherche d’un territoire libre qu’ils pourront occuper.

Les interactions sociales sont régies par une communication olfactive, auditive et visuelle. Les mâles possèdent une glande olfactive au niveau de la lèvre supérieure au-dessus de la canine avec laquelle il marque les troncs d’arbre en frottant leur lèvre. Des glandes existent également au niveau des pieds : leurs orifices s’ouvrent sur la face palmaire des doigts 2 et 5 des pieds antérieurs et postérieurs et au milieu de la sole, uniquement au niveau des membres postérieurs. Ces glandes sont présentes chez les mâles et les femelles. En grattant le sol, ils déposent un stimulus visuel et olfactif. Accompagné des fèces et de l’urine, ces marquages sont destinés à signaler et à asseoir la présence d’un groupe ou d’un individu dans un territoire.

L’apparence, en particulier, la couleur du pelage, la présence et la taille des protubérances crâniennes chez les mâles sont des stimuli visuels traduisant le sexe, l’âge et le rang de l’animal. Enfin, la communication auditive comprend une série de vocalisations, utilisées pour maintenir la cohésion du groupe, donner l’alarme et exprimer une menace.

Les interactions peuvent être de plusieurs types et diffèrent suivant le sexe des individus. Chez P. larvatus, les mâles se jaugent mutuellement à travers les signes distinctifs de leur rang : protubérances crâniennes, couleur de la tête, taille du corps, crinière dorsale érectile. Cette évaluation mutuelle peut donner lieu à des face-à-face d’intimidation mais aboutit très rarement à un combat, sauf en cas de compétition pour l’accouplement.

Plusieurs mâles peuvent ainsi cohabiter à condition que la hiérarchie soit établie entre eux. Celle-ci est maintenue par des attitudes de dominance du mâle alpha (coup de tête, charge, claquement de mâchoires…) et de soumission des dominés (qui baissent la tête, reculent ou se couchent), qui s’expriment notamment lors de la prise alimentaire. Les femelles sont beaucoup plus agressives que les mâles. Elles n’instaurent pas de relation hiérarchique entre elles: soit elles s’évitent, soit l’interaction aboutit en une agression physique. Les femelles alpha peuvent également être agressives envers des intrus mâles non dominants, pour la défense de leur territoire. Les potamochères sont monogames. Le couple dominant est le seul à se reproduire au sein du groupe. Les liens entre, mâle et femelle d’une part et, entre parents et progéniture d’autre part se prolongent souvent après le sevrage. Les 2 parents assurent l’éducation des petits mais il est à noter que le père s’implique particulièrement dans les soins parentaux, il reste d’ailleurs parfois plus longtemps avec sa portée que la femelle.

Les filles de la femelle alpha peuvent également s’occuper des jeunes de la portée. Ces soins alloparentaux ne sont pas systématiques et semblent avoir un déterminisme hormonal (Seydack, 1990).

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Mots-Clés : Viande de brousse, Gibier, Potamochère (Potamochoerus porcus), Enquête socioéconomique, Elevage, Gestion de la faune, Gabon, Makokou.

Table des matières

LISTE DES FIGURES
LISTE DES TABLEAUX
LISTE DES ABREVIATIONS
LISTE DES ESPECES CITEES
INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE
I CONTEXTE LOCAL : SPECIFICITE DU MODE ALIMENTAIRE, IMPORTANCE DE LA VIANDE
DE BROUSSE ET PLACE DU POTAMOCHERE
I.1 Présentation du Gabon et de la région de Makokou
I.1.1 Généralités sur le Gabon13
I.1.2 La région de Makokou
I.2 Spécificité du mode alimentaire
I.2.1 Apport et disponibilité en protéines et en lipides
I.2.2 Origine des denrées alimentaires
I.3 Importance de la viande de brousse
I.3.1 Importance socioculturelle
I.3.2 Importance alimentaire
I.3.3 Importance économique
I.3.4 Impact écologique
I.3.5 Cadre législatif et institutionnel
I.4 Place socioéconomique du potamochère
I.4.1 Importance socioculturelle
I.4.2 Importance économique
II LE POTAMOCHERE : CONNAISSANCES ECOLOGIQUES ET BIOLOGIQUES
II.1 Classification, aire de répartition et description morphologique
II.1.1 Classification et aire de répartition
II.1.2 Description morphologique
II.2 Données écologiques et éthologiques
II.2.1 Habitat
II.2.2 Structure sociale
II.2.3 Comportement social et territorial
II.2.4 Activités
II.3 Alimentation
II.4 Reproduction
II.5 Performances zootechniques
II.6 Thermorégulation
II.7 Pathologie
II.7.1 Maladies infectieuses
II.7.2 Maladies parasitaires
III L’ELEVAGE D’ESPECES SAUVAGES AU GABON : CADRE LEGISLATIF, TYPES D’EXPLOITATION ET EXEMPLE D’UN ELEVAGE PILOTE DE POTAMOCHERES
III.1 Cadre législatif
III.2 Les différents types d’élevage
III.2.1 Elevage extensif
III.2.2 Elevage intensif
III.3 Exemple de l’élevage pilote de potamochères à Bakoumba, Gabon
III.3.1 Mise en place
III.3.2 Résultats
DEUXIEME PARTIE
I ENQUETES DE CONSOMMATION ET ENQUETES SOCIOECONOMIQUES
I.1 Objectifs généraux des enquêtes
I.2 Enquête de consommation auprès des foyers
I.2.1 Objectifs
I.2.2 Protocole
I.2.3 Traitement des données
I.2.4 Résultats
I.2.5 Discussion sur la méthode
I.3 Enquêtes socioéconomiques auprès des commerçants de viande de brousse et
des restaurateurs
I.3.1 Objectifs
I.3.2 Protocole
I.3.3 Traitement des données
I.3.4 Résultats
I.4 Discussion
I.4.1 Place de la viande de brousse dans la consommation des foyers de Makokou
I.4.2 Place du potamochère dans la consommation des foyers de Makokou et
dans la vente de gibier
I.4.3 Perception de l’élevage de gibier et du potamochère en particulier
I.4.4 La filière viande de brousse à Makokou
I.4.5 Extrapolation du cas de Makokou
II MISE EN PLACE D’UN PROTOCOLE D’ETUDE DE LA CAPACITE REPRODUCTIVE DES FEMELLES POTAMOCHERES
II.1 Objectifs du protocole
II.2 Matériel et méthode
II.3 Résultats
II.4 Discussion et suivi du protocole
III ETUDE PARASITOLOGIQUE SUR LES MYIASES SINUSALES DU POTAMOCHERE
III.1 Objectifs de l’étude
III.1.1 Objectifs principaux
III.1.2 Objectifs spécifiques
III.2 Matériel et méthode
III.2.1 Echantillonnage
III.2.2 Examen des crânes et des larves
III.3 Résultats
III.3.1 Prévalence
III.3.2 Nombre de larves par animal et localisations anatomiques
III.3.3 Description des larves
III.3.4 Obtention et description de la forme adulte
III.3.5 Identification de l’espèce et description de son cycle
III.3.6 Rôle pathogène
III.3.7 Perspectives
DISCUSSION
I INTERETS ET FREINS A L’ELEVAGE DE GIBIER AU GABON
I.1 Intérêt alimentaire et économique
I.2 Intérêt écologique et scientifique
I.3 Intérêt du gibier par rapport aux animaux domestiques
I.3.1 Adaptation à l’environnement
I.3.2 Possibilités de diversification de l’exploitation
I.4 Les freins a l’élevage de gibier au gabon
I.4.1 Frein culturel
I.4.2 Frein économique
I.4.3 Frein technique
II LE POTAMOCHERE EST-IL UN BON CANDIDAT A L’ELEVAGE ?
II.1 Atouts et inconvénients du potamochère pour l’élevage
II.1.1 Structure sociale et comportement
II.1.2 Régime alimentaire
II.1.3 Performances zootechniques
II.1.4 Infrastructures
II.1.5 Bilan
II.2 Choix du type d’élevage
II.2.1 Elevage intensif ou extensif ?
II.2.2 Elevage villageois ou à grande échelle?
II.2.3 Cas de Makokou
III PROPOSITIONS POUR UNE GESTION DURABLE DE LA RESSOURCE EN GIBIER
III.1 Amélioration de la législation en matière de chasse et de commerce de 
gibier
III.1.1 Réglementation de la chasse
III.1.2 Réglementation du commerce de viande de brousse
III.2 La gestion des ressources par l’aménagement du territoire
III.2.1 Les parcs nationaux du Gabon, enjeux écologiques et économiques
III.2.2 Zones tampons
III.2.3 Concessions de chasse et gestion participative
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES
ANNEXE I
ANNEXE II
ANNEXE III
ANNEXE IV
ANNEXE V
ANNEXE VI
ANNEXE VII
ANNEXE VIII
ANNEXE VIII

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