Microcrédit et microleasing en milieu rural

Madagascar est encore classé parmi les pays les plus pauvres malgré des ressources naturelles abondantes capables d’alimenter la croissance économique, surtout dans les domaines alimentaires et agricoles. Cette pauvreté se manifeste surtout en milieu rural qui concentre plus de 70% de la population. Le secteur Agricole (agriculture, élevage et pêche) est le principal pourvoyeur de valeur ajoutée, le principal gisement d’emplois et l’un des principaux fournisseurs de devises, mais aussi, il contribue à la sécurité alimentaire du pays et des ménages.

Les rendements des activités en milieu rural restent stagnants et insuffisants tant au niveau de la production qu’au niveau de la qualité par le manque de financement. Ce dernier est encore dominé par les tontines et les diverses formes de crédit informel à des taux usuraires. Le manque d’accès au financement reste alors une contrainte forte du développement des activités économiques rurales.

De ce fait, les priorités des gouvernements qui se sont succédés, étaient axées à trouver des solutions afin d’accroître la production du secteur primaire par le biais de son financement. La politique gouvernementale a adopté des politiques de réforme du secteur financier. Dans le cadre de cette politique, une stratégie nationale de la microfinance était mise en œuvre et se proposait de rassembler les acteurs concernés autour d’actions jugées capables de répondre aux attentes (renforcement et développement du secteur).

APPROCHE THÉORIQUE ET CONCEPTUEL 

Les bases théoriques constituent des références et donnent les directives correspondant aux actions à entreprendre. Vu que l’objet de la science économique se rapporte aux activités de production et de reproduction, le capital y joue un rôle essentiel. Mais pour qu’il y ait production, il doit y avoir un investissement.

L’investissement

La décision d’investissement s’observe sous deux volets : microéconomique et macroéconomique. Mais elle peut aussi s’étudier selon différentes tendances théoriques.

Conception empirique et microéconomique

Du point de vue empirique et microéconomique, la décision d’investissement tient compte de différents motifs et de diverses contraintes. Un investissement a pour fin la recherche de profit, la possibilité d’autofinancement, le prestige, l’accroissement du pouvoir de l’entreprise, les possibilités d’accès au marché financier, l’effet d’imitation, … . Mais en général, les modèles théoriques privilégient le seul motif de rentabilité, en tenant compte du coût d’opportunité et la préférence pour le présent. Au sens étroit, l’investissement est l’acquisition de biens de production. L’investissement s’oppose à la consommation immédiate, c’est-à-dire à la satisfaction des besoins par l’utilisation et éventuellement la destruction des biens et services. L’investissement peut aussi avoir l’objectif de capacité ou d’expansion dans la croissance des capacités de production et peut être un investissement de substitution pour la modernisation. Enfin, le terme « investissement » concerne le plus souvent le capital fixe, c’est-à-dire créer ou acquérir des biens de production ou d’équipement. L’investissement est alors l’acte qui permet d’accroître le capital, et l’effort d’investissement est mesuré par le taux d’investissement.

Aspects macroéconomiques de l’investissement

L’investissement est une composante déterminante de la demande globale selon l’approche keynésienne. Ainsi, l’étude des variables macroéconomiques revient à la théorie keynésienne.

L’efficacité marginale du capital

Pour J.M. Keynes dans « La théorie générale de l’emploi et du taux d’intérêt de la monnaie (1936) », l’investissement courant est « l’addition à la valeur de l’équipement résultant de l’activité productrice de la période ». L’incitation à investir dépend, d’une part, de la courbe de la demande de capital et, d’autre part, du taux d’intérêt. Le taux d’intérêt n’exerce pas vraiment une modification sur la structure de l’investissement. La variation de l’investissement est fonction de la demande effective. Les investissements sont supposés faiblement élastiques par rapport aux taux d’intérêt.

L’efficacité marginale du capital, exprimée en pourcentage, est un taux de rendement par rapport au coût. L’entrepreneur tente d’évaluer la valeur moyenne du bénéfice actualisée qu’il peut atteindre et de la dispersion des résultats possibles dans son investissement. Keynes insiste sur l’importance du rôle des croyances au moment de la décision d’investir. En situation d’incertitude, l’évaluation des recettes escomptées est liée aux anticipations et à l’épargne économique.

Investissement, croissance et instabilité de la croissance

Il n’y a croissance économique que si l’investissement courant est supérieur à l’épargne de la période précédente. Cependant, la stabilité de la croissance économique ne dépend pas du niveau d’investissement mais des variations de celui-ci. Dans le modèle d’Harrod-Domar (1947), l’investissement est, à la fois, stimulant de la demande et moyen d’extension des capacités de production. Lorsque les anticipations des investissements conduisent l’économie à une expansion (ou récession), le rythme de l’investissement s’accélère jusqu’à la barrière du plein-emploi (ou chômage croissant).

A long terme, le taux de croissance de l’investissement doit assurer la compatibilité entre le taux de croissance garanti (rapport du taux d’épargne et le coefficient marginal du capital) et le taux de variation de la population active (taux de croissance naturelle).

Les déterminants de l’investissement

La décision d’investissement est fonction de plusieurs facteurs observés et analysés par l’agent économique.

Le coût relatif des facteurs

Selon la théorie néoclassique, un producteur rationnel n’investit que dans la mesure où il compte retirer un profit. Par exemple, lorsqu’un agent économique acquiert un bien d’équipement, il évalue la contribution de ce bien au produit de son activité, c’est-à dire, sa productivité marginale relative à son coût.

L’investissement et les préférences intertemporelles

Dans « La théorie de l’intérêt (1930) » d’Irving Fisher, la décision d’investir consiste à établir une préférence intertemporelle, donc à quantifier la valeur du temps. Ce qui signifie la renonciation à une satisfaction immédiate pour une satisfaction future. La décision d’investir est alors assimilée à un arbitrage entre plusieurs projets. Le producteur choisit d’investir s’il peut obtenir un taux d’actualisation au moins égal au taux d’intérêt, c’est-à-dire une valeur actualisée nette positive. Plus le taux d’intérêt réel est élevé, plus le producteur est sélectif dans ses projets.

Investissement et épargne

Certains théoriciens rattachent l’investissement à l’épargne. L’épargne est alors conçue comme la condition préalable à l’investissement. Ainsi, elle est à mobiliser afin d’être affectée vers des emplois productifs.

Conception néoclassique

Pour les néoclassiques, le taux d’intérêt est déterminé sur le marché des capitaux en fonction de l’offre (ou de l’épargne) et de la demande de fonds prêtables (investissements). La hausse du taux d’intérêt diminue les investissements. Ainsi, l’investissement est une fonction décroissante du taux d’intérêt. L’agent économique étant rationnel, il cherche toujours à maximiser son profit en minimisant ses coûts. La théorie néoclassique priorise d’abord l’offre (épargne) avant l’investissement. Cependant, pour qu’il y ait investissement, il faut mobiliser à priori l’épargne (épargne rurale). L’information joue un rôle très important dans la relation « Investissement-Epargne », car l’agent économique agit en fonction des informations qu’ils obtiennent.

Conception keynésienne

Keynes admet l’existence de l’épargne. Pour lui, le revenu des ménages est affecté à la consommation et le reste à l’épargne. L’épargne est alors une variable explicative de la croissance. L’approche keynésienne repose sur la propension marginale à épargner (épargne sur le revenu). Le niveau d’épargne que constitue un agent économique est lié à son revenu : plus le ménage possède un niveau de revenu élevé, plus sa capacité à épargner est grande.

Cependant, « les décisions des agents économiques ne sont que partiellement rationnelles et marquées par des esprits animaux. Une grande part de nos activités positives dépend d’un optimisme spontané plutôt que d’une prévision mathématique, qu’elle soit morale hédoniste ou économique » . De plus, l’épargne est fonction des besoins et des préférences, de l’éducation et de la conception des choses.

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Table des matières

INTRODUCTION
Partie I – THÉORIES ET GÉNERALITÉS
Chapitre 1 – APPROCHE THÉORIQUE ET CONCEPTUEL
Section 1 – L’investissement
Section 2 – L’asymétrie d’information et le rationnement de crédit
Chapitre 2 – L’ÉCONOMIE RURALE DE MADAGASCAR
Section 1 – Les potentialités
Section 2 – Les contraintes
Section 3 – Les objectifs visés par le développement rural
Chapitre 3 – LA MICROFINANCE A MADAGASCAR
Section 1 – Politique et Stratégie Nationale
Section 2 – Les Intervenants
Section 3 – Analyse de l’accessibilité des microfinances à Madagascar
Partie II – MICROCRÉDIT ET MICROLEASING
Chapitre 1 – LE MICROCRÉDIT
Section 1 – Généralités
Section 2 – Caractéristiques du microcrédit
Chapitre 2 – LE MICROLEASING
Section 1 – Généralités
Section 2 – Caractéristiques et différentes formes de Microleasing
Partie III – ÉTUDE D’IMPACT
Chapitre 1 – PRÉSENTATION DE L’ETUDE DE CAS
Section 1 – Caractéristiques de la population
Section 2 – Caractéristiques des crédits CECAM
Chapitre 2 – MICROLEASING ET DÉVELOPPEMENT RURAL
Section 1 – Impacts sociaux
Section 2 – Impacts économiques et financiers
Chapitre 3 – MICROCRÉDIT ET DÉVELOPPEMENT RURAL
Section 1 – Impacts sociaux
Section 2 – Impacts économiques et financiers
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE

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