Matzenheim, une commune périurbaine morcelée

Un positionnement stratégique

Au cœur de la plaine rhénane 

Localisation géographique 

La commune de Matzenheim se situe au sud du département du BasRhin (67) en région Alsace, frontalière avec l’Allemagne.

Elle se localise à 26 km au sud de Strasbourg, métropole régionale comptant près de 285 000 habitants intra-muros ; et à 21 km au nord-est de Sélestat, sous-préfecture d’environ 20 000 habitants. De plus, elle se trouve à mi-chemin entre Benfeld et Erstein (4km), chefs-lieux de cantons. La commune, baignée par l’Ill occupe donc une place centrale dans la plaine d’Alsace, entre le Rhin à l’est et les Vosges à l’ouest.

Depuis 1994, elle adhère à la Communauté de Communes de Benfeld et environs (COCOBEN), structure regroupant onze communes et plus de 17 000 habitants. Celle-ci est présidée par le maire de Matzenheim : Michel KOCHER.

Accès 

Grâce à sa position centrale, la commune est bien desservie par les infrastructures de transport, aussi bien routières que ferroviaires. En effet, elle se situe à proximité immédiate de la départementale 1083, axe majeur supportant un trafic de 36 000 véhicules par jour. Celle-ci permet une liaison rapide et gratuite vers Strasbourg au nord (22 minutes) et Sélestat au sud (20 minutes). De plus, Matzenheim a un accès direct sur la ligne ferroviaire, reliant les principales agglomérations de la région et notamment StrasbourgColmar-Mulhouse.

Cependant, la présence de ces axes de transport majeurs, qui permettent de rallier facilement la métropole strasbourgeoise ; contribuent au morcellement du territoire communal.

Sous l’influence de l’agglomération strasbourgeoise

Le phénomène de la périurbanisation… 

Depuis les années 1970, ce phénomène consistant à s’installer à la périphérie des villes et de préférence dans un habitat pavillonnaire ; tend à se généraliser. Cette tendance a en effet été favorisée par une politique d’accession à la propriété, ainsi que par l’amélioration des dessertes routières autour des grandes villes. La population qui s’y installe recherche alors un cadre de vie de qualité, avec une proximité de la nature, l’éventuelle présence d’un jardin ; et souhaite éviter les nuisances de la ville, telle que la promiscuité par exemple. Mais ce phénomène peut également résulter de contraintes, comme des coûts du foncier très importants au centre-ville et qui semblent plus accessibles dans cet espace périphérique. La périurbanisation peut donc se définir comme « une densification des territoires, situés de plus en plus loin du cœur de la ville. » (Source : PHILIPPE, Julien.- Analyse critique de la pertinence de l’aire urbaine pour étudier l’étalement urbain). Mais où se situe la limite de ce territoire périurbain ? Afin d’étudier plus précisément ce phénomène, l’INSEE s’est attaché à définir différentes notions :

➤ « L’unité urbaine est une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions), et comptant au moins 2 000 habitants. Sont alors considérées comme rurales, les communes qui ne rentrent pas dans la constitution d’une unité urbaine.
➤ Le grand pôle urbain est une unité urbaine offrant au moins 10 000 emplois, et qui n’est pas située dans la couronne d’un autre pôle urbain.
➤ L’aire urbaine est un ensemble de communes, d’un seul tenant et sans enclave ; constitué par un pôle urbain et par des communes rurales ou unités urbaines, dont au moins 40% de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans les communes attirées par celui-ci.
➤ La couronne périurbaine recouvre l’ensemble des communes de l’aire, à l’exclusion de son pôle.
➤ L’espace périurbain est l’ensemble formé par la couronne périurbaine et les communes multipolarisées ; correspondant à des communes ou unités urbaines dont au moins 40 % des actifs résidents travaillent dans plusieurs aires urbaines, sans atteindre ce seuil avec une seule d’entre elles ». (Source : Site de l’INSEE, onglet Définitions et Méthodes. Consulté en mai 2012, tiré de http://www.insee.fr).

L’espace périurbain est donc associé à de nombreuses migrations pendulaires ; engendrant alors des effets négatifs à la fois sur l’environnement mais aussi sur le budget des ménages, du fait de la hausse du prix du carburant. Tous les territoires sont touchés, à des échelles plus ou moins grandes ; l’Alsace tout particulièrement…

Appliqué au pôle strasbourgeois

En Alsace, l’influence des pôles urbains sur le territoire est particulièrement sensible. En effet, les huit grandes aires urbaines régionales couvrent les trois quarts du territoire réunissant ainsi 1,5 million d’habitants, soit 87% de la population alsacienne. Moins d’une commune sur dix se situe alors en dehors de l’aire d’influence d’un pôle, contre une sur cinq en France métropolitaine (hors aire urbaine de Paris). La région se distingue en outre par l’importance de son espace périurbain, qui ne cesse de croître. Il recouvre actuellement 60% du territoire ; et regroupe près de 35% de la population, contre 26% en France métropolitaine (hors aire urbaine de Paris). Ce phénomène s’explique par l’armature urbaine de l’Alsace ; constituée d’un maillage de pôles urbains, qui se succèdent le long des principaux axes de communication. Strasbourg constitue le cœur de l’aire régionale la plus importante. Son influence est sensible à la fois dans tout le département du Bas-Rhin, mais également en Allemagne. L’aire urbaine regroupait en 2008, 757 600 habitants et 244 communes pour sa seule partie française, soit plus d’un tiers de la population régionale. Ces données la placent neuvième aire urbaine la plus peuplée de France. Le seul pôle de Strasbourg concentre quant à lui 450 400 personnes dans 11% de la surface de l’aire, ce qui le classe quatrième pôle le plus dense de France. (Source des données chiffrées : FRYDEL, Yves (INSEE Alsace).- « Les grandes aires urbaines structurent l’espace alsacien»). De plus, l’agglomération strasbourgeoise est considérée comme l’une des plus mobiles, en raison d’un réseau de voies rapides développé et de transports collectifs relativement performants. Ainsi, la quasi-totalité de l’aire urbaine est accessible depuis Strasbourg en moins d’une demi-heure.

Cette mobilité permet d’expliquer les phases d’extension successives « en tâches d’huile » qu’a connues l’aire urbaine strasbourgeoise. Dans les années 1990, la couronne périurbaine s’est d’abord développée vers l’ouest, puis vers le sud en direction d’Erstein et de Benfeld. Elle a ainsi englobé la commune de Matzenheim. Depuis 1999, elle s’est également étendue vers le sud-ouest., incluant désormais les pôles de Molsheim et Obernai.

La préfecture alsacienne a en outre approuvé en 2006 le SCOT de la Région de Strasbourg (SCOTERS), rassemblant 138 communes. Il a pour objectif de veiller au développement équilibré de son territoire. Pour ce faire, il classe Matzenheim dans la catégorie des communes bien desservies par les transports en commun et ayant donc vocation à avoir un développement soutenu.

● Matzenheim est donc une commune périurbaine typique, placée à proximité des grands axes de communication, qui morcèlent son territoire. Le périurbain étant souvent associé à la notion de commune dortoir, la dynamique de Matzenheim va donc être étudiée.

Une commune dortoir ?

A l’attractivité avérée 

La commune de Matzenheim a vu sa population plus que doubler en l’espace de trente ans, notamment en deux principales phases ; pour atteindre 1 512 habitants en 2010.

Cette augmentation de population est essentiellement due à l’arrivée massive de nouveaux habitants, recherchant les avantages du périurbain ; d’où un solde migratoire quasi continuellement positif. De plus depuis 1975, le solde naturel est également positif ; avec un taux de natalité qui est récemment reparti à la hausse. La population est donc relativement jeune et se compose essentiellement de couples avec enfants. Ainsi, la taille des ménages (2,8 personnes par ménage) reste donc plus élevée que la moyenne départementale (2,4 personnes par ménage).

Cependant, la classe des 15 à 29 ans est légèrement déficitaire à Matzenheim. Ceci peut s’expliquer par un départ des jeunes pour effectuer leurs études, mais aussi par une inadéquation du parc de logements. En effet, l’habitat est essentiellement de type grandes maisons individuelles en accession à la propriété, bien que le nombre d’appartements progresse fortement sur la commune. Matzenheim s’impose donc depuis plusieurs années en tant que commune attractive. Mais ce dynamisme démographique sollicite en parallèle davantage les différents réseaux de la commune, et en particulier les infrastructures routières.

Au dynamisme persistant 

Une part importante d’actifs… 

La population matzenheimoise, relativement jeune est également dynamique. En effet, la population active représente les trois quarts de la population communale, soit 731 personnes. De plus, les actifs ayant un emploi constituent 70% de la population.

Le chômage reste donc assez restreint et touche plus particulièrement les femmes et les jeunes .

Travaillant essentiellement hors de la commune 

En 2008, 232 emplois étaient recensés sur le ban communal, soit moins d’un emploi pour trois actifs occupés. En raison de cet important déficit d’emplois, Matzenheim souffre de nombreuses migrations pendulaires. En effet, à peine 10% des actifs habitent et travaillent dans la commune. Ce chiffre est d’ailleurs en recul par rapport à 1999. Une grande partie de la population se déplace donc quotidiennement, essentiellement en direction de Benfeld, d’Erstein et de l’agglomération strasbourgeoise.

Il est alors primordial pour Matzenheim de maintenir une dynamique économique sur son territoire ; au risque sinon de se transformer en commune dortoir, n’ayant qu’une fonction résidentielle.

Mais des activités économiques maintenues sur le territoire 

La commune compte tout de même plus de 40 entreprises, dont la moitié travaille dans le secteur du commerce, transports et services divers. Ainsi, la société Transports Routiers d’Alsace est la plus importante en termes de salariés, car elle dénombre une cinquantaine de camions. Les emplois sont essentiellement concentrés dans la zone d’activité de la commune, qui s’étend sur près de 3,5 hectares, et dont le développement est souhaité par la municipalité. En effet, son extension de 2 hectares supplémentaires est inscrite dans les orientations du PLU, qui est en cours d’élaboration. De plus, quelques commerces et services de proximité dynamisent le bourg, par leurs présences au cœur de l’entité villageoise. S’y trouvent en effet une boulangerie, un café-bar-restaurant, un salon de coiffure, un  salon de toilettage, une banque ; ainsi que des services médicaux tels qu’une pharmacie, un médecin, un dentiste et trois kinésithérapeutes.

L’activité agricole est elle aussi encore très présente sur la commune avec pas moins de 11 exploitations, cultivant près de 389 hectares. En outre, près d’un exploitant sur cinq est âgé de moins de 40 ans, signe d’un dynamisme dans ce secteur. La culture de céréales domine sur le territoire ; mais le maraîchage émerge actuellement, avec notamment des systèmes de ventes directes à la ferme.

● En raison de son positionnement périurbain ; Matzenheim attire de plus en plus de population, effectuant de nombreuses migrations pendulaires et sollicitant ainsi davantage les infrastructures de transport. Toutefois, la commune conserve un dynamisme qu’elle se doit de préserver, tout comme son patrimoine…

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Table des matières

INTRODUCTION
Matzenheim, une commune périurbaine morcelée
I. Un positionnement stratégique
1. Au cœur de la plaine rhénane
2. Sous l’influence de l’agglomération strasbourgeoise
II. Une commune dortoir ?
1. A l’attractivité avérée
2. Au dynamisme persistant
III.Un patrimoine singulier
1. Un bourg et deux lieux-dits
2. Au cadre de vie de qualité
Un centre bourg mal défini, dédié à la circulation automobile
I. Pratique de l’espace
1. Des déplacements dominés par la voiture
2. Des espaces publics désorganisés
II. Des difficultés en partie connues par la commune
1. Le projet de voie de liaison
2. Sous réserve de la résolution des contraintes
Vers la mise en valeur du centre bourg, par l’amélioration des circulations douces
I. Vers la fin de la suprématie de la voiture
1. Par une réorientation de la circulation
2. Libérant de l’espace pour les mobilités douces
3. En utilisant pleinement l’atout gare
II. Vers la réappropriation des espaces publics
1. Par la création de zone de rencontre
2. Par l’aménagement d’une véritable place centrale
III.Vers l’embellissement du paysage urbain
1. Par l’apport de végétation au sein des espaces minéraux
2. Par la rénovation du mobilier urbain
CONCLUSION
REFERENCES

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