Marie Curie : son action pendant et à l’issue de la Grande Guerre

Introduction

Marie Curie est née Marya Salomea Skłodowska à Varsovie le 7 novembre 1867, cadette d’une fratrie de 5 enfants, au sein du Royaume du Congrès. Ce territoire sous tutelle russe, fondé à l’issue du Congrès de Vienne en 1815 pour remplacer l’ancien Duché de Varsovie créé par Napoléon 1er , est alors le seul reste de l’ancien Royaume de Pologne disparu suite aux différents partages successifs par ses puissants voisins (Royaume de Prusse, Empires Russe et Autrichien), avant d’être tout bonnement annexé par la Russie en 1868.
Ses parents, issus de la petite noblesse polonaise tout à fait désargentée, assument le rôle d’enseignants : son père est professeur de Mathématiques et Physique, formé à l’université de St-Pétersbourg, tandis que sa mère dirige un pensionnat pour jeunes filles de bonne famille.
Ils donnent à leurs enfants une excellente éducation, ouverte vers les sciences, les lettres et même le sport. Sa petite enfance est marquée par la mort de sa sœur Zofia en 1876 du typhus, puis deux ans plus tard, par celle de sa mère de la tuberculose. Ces pertes successives l’éloignent de la foi catholique dans laquelle elle avait été élevée par sa mère très pieuse.
Marya accomplit une brillante scolarité et obtient son diplôme de fin d’études secondaires en 1883. Or, étant une femme, elle ne peut s’inscrire dans l’enseignement supérieur russe. Ainsi, elle participe d’abord dès 1884 aux cours clandestins organisés dans le cadre de l’Université Volante de Varsovie. Cette organisation patriotique, ouverte aux femmes, a pour objectif de former l’élite d’une future Pologne renaissant de ses cendres. Elle y est notamment profondément marquée par le positivisme d’Auguste Comte, philosophie où science, progrès et humanisme sont intimement liés.
Fin 1885, avec l’accord de son père, elle passe « un pacte » avec sa sœur Bronia. Celle-ci part à Paris faire ses études (de médecine en l’occurrence) et Marya et son père l’aideront. Une fois ses études achevées, ce sera à Bronia d’aider Marya pour ses études à l’étranger. Ainsi, Marya devient gouvernante en province pendant 3 ans. Nourrie et logée, elle peut donc envoyer l’essentiel de ses économies à sa sœur. Après ces 3 années, elle revient ensuite à Varsovie, devient institutrice pour diverses familles fortunées, mais reprend surtout les cours de l’Université Volante. Aussi, grâce à un cousin qui fut l’assistant du grand chimiste Mendeleïev et dirigeant le Musée de l’Industrie et de l’Agriculture, elle commence à fréquenter un laboratoire et y effectue ses premières expériences.
En 1891, après avoir longtemps économisé et hésité à laisser seul son père, elle quitte sa chère Pologne et vient s’installer chez sa sœur à Paris. Cette dernière achève alors ses études de médecine et vient de se marier à un médecin d’origine polonaise également, Casimir Dluski. Marya francise son prénom en Marie et s’inscrit à la Faculté des Sciences. Rapidement, elle quitte l’aide matérielle que lui procurent sa sœur et son beau-frère, pour une mansarde plus calme et propice aux études. Grâce à un travail acharné (associant travail des sciences et perfectionnement de son français), elle sort première de sa licence ès sciences physiques en 1893 puis deuxième en 1894 pour sa licence ès sciences mathématiques.
Marie est chargée la même année de mener une étude sur les propriétés magnétiques des métaux et on lui conseille de rencontrer un jeune physicien reconnu qui vient d’y consacrer sa thèse, Pierre Curie. Ce dernier a notamment découvert avec son frère en 1880 l’effet piézoélectrique sur un cristal de quartz (propriété que possèdent certains corps qui se chargent électriquement lorsqu’ils sont soumis à une contrainte mécanique, et à l’inverse se déforment lors de l’application d’un champ électrique). De cette première entrevue naît progressivement leur amour. Après l’avoir longtemps convaincue de rester en France, ils se marient civilement en juillet 1895. De leur union naissent Irène en septembre 1897 et Eve en décembre 1904.

 

Marie Curie : son action pendant et à l’issue de la Grande Guerre

« La grande catastrophe qui s’est déchaînée sur l’humanité, accumulant des victimes en nombre effrayant, a fait surgir par réaction le désir ardent de sauver tout ce qui pouvait être sauvé, d’exploiter à fond tous les moyens pour épargner et protéger les vies humaines. »
Marie Curie, La radiologie et la Guerre, 1921, extrait conclusion.
L’Institut du Radium est enfin terminé… Cette grande idée est finalement devenue réalité et Marie Curie a de grands projets. Mais le destin choisit pour elle car la mobilisation générale est décrétée le 2 août 1914 et l’Allemagne déclare la guerre à la France le lendemain.
Presque tous les hommes partent à la guerre… Elle se retrouve seule dans son laboratoire avec M. Regot, son mécanicien, réformé pour cause de grave cardiopathie. Dans son entourage sont mobilisés son neveu, Maurice Curie, Jean Perrin, Paul Langevin, André Debierne ou Claudius Regaud (directeur du Laboratoire de Radiophysiologie de l’Institut du Radium)…
Comme beaucoup de femmes, elle décide de s’engager dans la guerre et notamment dans la prise en charge des soldats blessés de son pays d’adoption. D’ailleurs, elle autorise dès le début des hostilités sa fille Irène à en faire de même. En effet, dès le premier août 1914, elle écrit à ses filles en vacances en Bretagne.
En effet, si certes elle n’a jamais fait de recherches sur les rayons X à proprement parler, elle, pour qui leur découverte par Röntgen avait changé la vie, leur consacre des cours à la Sorbonne et connaît leurs applications médicales, décisives pour la prise en charge des blessés de guerre. Comme elle l’écrit plus tard dans son rapport à l’issue de la guerre : « Les rayons X offrent un moyen puissant pour l’examen des blessés et des malades au point de vue chirurgical et au point de vue médical. Ils permettent de découvrir les projectiles qui ont pénétré dans le corps et d’en déterminer la localisation exacte en vue de leur extraction.
Ils permettent de mettre en évidence les fractures mêmes celles qui sont peu apparentes à l’extérieur, d’en préciser la nature et les particularités et de suivre les phases de leur guérison. Ils permettent d’examiner l’état des organes internes : poumons, tube digestif, foie et de découvrir les lésions de ces organes et d’en préciser la nature. Pendant les opérations chirurgicales qui ont pour but l’extraction des projectiles, ou bien le nettoyage d’un foyer de fracture, ou encore la réduction et le redressement de fragments d’os après fermeture de la plaie, les rayons X permettent de guider l’opérateur à la manière d’une vision directe ; d’où l’augmentation considérable de la sécurité et du succès des opérations et la diminution du nombre d’opérations dont le résultat est manqué ou médiocre. Les rayons X sont employés comme moyen de traitement de cicatrices vicieuses et de nombreuses affections : maladies de la peau, arthrites, névrites, cancers superficiels et profonds.
Au total, il n’est pas douteux que l’emploi de rayons X sauve la vie à de nombreux blessés et malades en permettant leur examen rapide et complet ; à d’autres, il épargne des infirmités ou de longues souffrances ; à tous, il donne plus de sécurité et plus de chances de guérison rapide : la valeur humanitaire de cette méthode d’examen est donc considérable ».
Aussi, dans le contexte de la guerre, elle n’oublie pas l’utilité militaire de la radiologie, car « même en cas de blessures non graves, les projectiles et les esquilles sont des causes de suppuration qui prolongent pendant des mois le séjour de soldats dans les hôpitaux. » Or, l’ « examen rapide de ces blessures légères, suivi d’interventions immédiates a permis de récupérer un grand nombre d’hommes et de les renvoyer aux armées, ce qui a été extrêmement important dans une guerre aussi longue. Il n’était pas rare de voir des hommes à leur 5e ou 6e passage dans les hôpitaux » [6]. Aussi évoque-t-elle le fait que « l’examen par les rayons X est d’utilité courante comme moyen d’information pour les commissions de réforme où ils permettent d’éviter les injustices et les abus, et pour les conseils de guerre dans le cas d’accusations de blessures volontaires ».
Bref, l’intérêt de la radiologie pour la prise en charge des blessés est majeur, tant au point de vue médical que militaire. Il est donc inconcevable pour elle de se passer de ce nouvel outil.
Ainsi, avec le soutien de l’Union des Femmes de France (instance de la Croix Rouge), elle obtient du Ministère de la Guerre dès le 12 août 1914 l’ordre de faire l’inventaire du matériel radiologique disponible et de monter des services radiologiques pour le Service de Santé (Annexe 5). Après avoir dressé très rapidement la liste des appareils et matériel nécessaires, sa première action est de « réaliser des installations radiologiques pour les hôpitaux en utilisant les appareils qui se [trouvent] sans emploi dans les laboratoires ou bien chez des médecins mobilisés » [6]. Elle réussit donc à établir en août et septembre plusieurs postes radiologiques dont le fonctionnement est assuré par du personnel bénévole, composé notamment de professeurs et ingénieurs de l’Université faisant office de manipulateurs, formés par elle dans son laboratoire selon les indications du Dr Béclère.
Et c’est ainsi que se déroule son extraordinaire engagement pour sa patrie d’adoption durant cette guerre mondiale. En effet, par la suite, avec le soutien de l’Union des Femmes de France et surtout financier du Patronage National des Blessés, elle ne cesse de répondre aux appels de différents médecins afin au mieux de venir installer un poste radiologique et d’y former « sur le tas » médecins et manipulateurs (avant la création plus tard d’écoles spéciales). Au pire, elle vient avec sa voiture radiologique, la voiture E, y apporter un secours urgent, avant d’y revenir installer un appareil radiologique pérenne. Le déroulement d’une mission typique est expliqué dans cet extrait ci-dessous de la Radiologie et la Guerre « Avisée d’un besoin pressant, la voiture radiologique part pour son service, emportant son matériel complet et sa provision d’essence. Cela ne l’empêche pas de se déplacer à la vitesse de 50 kilomètres à l’heure quand l’état de la route le permet. Le personnel se compose d’un médecin, d’un manipulateur et d’un chauffeur, mais dans une bonne équipe chacun fait plus que son métier. Voici la voiture rendue à destination [….]. On descend les caisses et les appareils et on les porte dans la salle où l’on s’en servira. Le chauffeur prépare le groupe [électrogène] ou la dynamo, et établit […] la communication avec les appareils que le manipulateur dispose dans la salle. Avec l’aide d’infirmiers on pose aux fenêtres les rideaux noirs apportés par la voiture […]. Le manipulateur et son chef […] choisissent la disposition des appareils, […] ils assemblent les pièces démontables […], installent l’ampoule et la soupape, établissent les connexions […]. Un signe au chauffeur: voici la dynamo en fonctionnement et l’on envoie un courant d’essai dans l’ampoule […]. On prépare l’écran radioscopique, et toute sorte de petits accessoires […] : papier, crayons, gants et lunettes de protection, fil à plomb; on dispose à l’abri des rayons les plaques et châssis et on place dans le cabinet de photographie les bains qu’on a apportés; quelquefois le cabinet lui-même doit être préparé avec des rideaux. Enfin tout est prêt. Si l’on n’a pas eu de déboires, […] l’installation a pu être faite en une demi-heure. Il est rare qu’elle demande une heure.
C’est le moment de se mettre au travail avec les médecins et les chirurgiens de l’hôpital ou de l’ambulance. On apporte les blessés sur des brancards ou bien l’on fait venir ceux qui sont moins atteints. On fait les examens radioscopiques, on prend des clichés, quelquefois on opère sous les rayons. Un aide inscrit toutes les observations. Cela dure autant qu’il est nécessaire, […] seul importe le souci d’achever la besogne […]. Enfin, la tâche est finie. On emballe le matériel dans les caisses, et l’on retourne à son port d’attache, pour recommencer le même jour ou bien le lendemain. On comprend facilement que dans ces conditions de travail, une équipe radiologique pouvait acquérir une expérience considérable ainsi que l’habitude de «se débrouiller», faire face à toutes les éventualités… ».

Epilogue

A l’issue de la Guerre, Marie Curie relance l’Institut du Radium qui a pour objet d’étudier la radioactivité et ses applications médicales. Toutefois, devant la faiblesse de moyens dont l’Institut dispose, et l’impossibilité de financements par une France ruinée par la Grande Guerre, ses recherches se retrouvent fortement ralenties. C’est pourquoi, sur demande du Service de Santé, elle continue durant quelques années à organiser l’enseignement des manipulatrices, mais aussi de certains militaires américains, et à préparer les substances radioactives nécessaires à la Curie-Thérapie pour le Pr Regaud.
En 1920, elle fait la connaissance d’une certaine Miss Meloney (Missy) dans son laboratoire.
Entre Marie Curie et la journaliste américaine naît une grande amitié qui dure jusqu’à sa mort.
En mai 1921, Marie accepte de faire une tournée aux Etats-Unis organisée par Missy. Elle s’y rend avec ses filles, et, grâce à l’argent de nombreux donateurs, particulièrement des féministes américaines dont Marie est une icône, elle reçoit à la Maison Blanche des mains du Président Américain Harding 1 gramme de Radium.
D’ailleurs, elle ne cesse de voyager à travers le monde (Europe, Amérique du Nord et du Sud…) afin d’obtenir des fonds pour le développement de l’Institut du Radium, utilisant sa notoriété pour augmenter les financements que ne pouvait que difficilement lui procurer une nation française exsangue. Elle participe également à de nombreuses conférences scientifiques et reçoit diverses récompenses à l’étranger dont de multiples titres de docteur honoris causa.
Elle devient également en 1922 membre de la Commission Internationale de Coopération Intellectuelle de la jeune Société des Nations à Genève, dans laquelle elle fonde tant d’espoirs…
Le Pavillon Curie de l’Institut du Radium reprend donc progressivement ses recherches avec notamment André Debierne, Irène Curie et une foule de jeunes chercheurs (et chercheuses) de toutes nationalités dont un certain Frédéric Joliot, qui devient son gendre en 1926.
Les propriétés anti-cancéreuses des rayonnements ont été décrites rapidement après leur découverte mais la maîtrise de leur usage demeure balbutiante. D’ailleurs, dès la fin de la Guerre, elle écrit un rapport concernant cette question (Annexe 17). Aussi, elle contribue avec enthousiasme, par la reprise de ses recherches fondamentales mais aussi surtout par la poursuite de la préparation des substances radioactives destinées à la curiethérapie, au développement du laboratoire de Radiophysiologie du Pr Regaud qui poursuit ses recherches pour les malades atteints de cancer, suscitant de grands espoirs :
« Ce premier Service national de Radiumthérapie n’a pu être abandonné à la fin de la guerre.
Il a, au contraire, pris un développement nouveau, sous la direction de M. le Dr Regaud, directeur du Laboratoire Pasteur de l’Institut de Radium […]. Ainsi se trouve constituée en germe la Section de Radiumthérapie de l’Institut du Radium. […] Les progrès de la radiumthérapie s’affirment chaque jour plus sûrs et plus importants. […] L’une des plaies les plus terribles de l’humanité, le cancer, cède toujours davantage à la technique de plus en plus perfectionnée des applications du radium venant compléter ou remplacer les ressources de la chirurgie. On peut dire avec certitude que si la victoire n’est pas encore entière, la lutte, néanmoins, se poursuit avec des avantages de plus en plus complets et fréquents; la guérison est obtenue dans bien des cas, et à défaut de la guérison, une amélioration vient soulager les souffrances et faciliter la vie des malades. La cruelle maladie n’est pas encore réduite à l’impuissance, mais elle est efficacement combattue, et tous les espoirs sont permis.
A l’Institut du Radium incombe la tâche de hâter cette évolution par la constitution d’une section du radiumthérapie modèle, bénéficiant du travail patient de ses Laboratoires,—par des progrès constants de sa technique et de son information biologique,—par son enseignement, […] destiné à répandre largement les connaissances précises sans lesquelles la pratique de la radiumthérapie n’est qu’une erreur et un danger,—par ses travaux de recherche pure, source de découvertes nouvelles susceptibles de porter de nouveaux fruits.
Ainsi l’Institut du Radium aura à remplir un rôle social important, s’ajoutant à sa tâche purement scientifique, pour le plus grand bien de notre pays» [7]. On voit bien qu’elle réaffirme l’importance du rôle scientifique, médical, pédagogique et social de l’Institut du Radium, et ce d’autant plus que ces recherches ont pour finalité le traitement du cancer.
Le laboratoire du Pr Regaud de l’Institut du Radium poursuit donc ses études et permet d’entrevoir les premières guérisons. Claudius Regaud et Marie Curie créent en 1920, grâce notamment au soutien financier du Baron Henri de Rothschild, la Fondation Curie reconnue d’utilité publique dès 1921, puis un dispensaire pour soigner les malades du cancer dès la fin de l’année suivante. L’équipe du Pr Regaud prend en charge entre 1919 et 1935 plus de 8000 patients. De ce fait, leur centre acquiert un immense prestige amenant ce dernier à recevoir plus de 200 médecins stagiaires du monde entier. Elle soutient également, en lien avec le Pr Regaud et avec l’appui de M. Godart, la création de plusieurs instituts de lutte contre le cancer (15 centres régionaux dont le célèbre Institut du Cancer de Villejuif), où la radiothérapie et la curiethérapie sont mises en application dans le cadre de recherches médicales.
Fin juin 1934, son état de santé de santé se dégrade rapidement. On lui diagnostique une leucémie très certainement radio-induite. Elle s’éteint le 4 juillet 1934 à l’âge de 67 ans, au sanatorium de Sancellemoz en Haute-Savoie.
Comme à la mort de son mari, de nombreux témoignages de sympathie et de soutien affluent du monde entier pour saluer l’œuvre majeure accomplie par Marie Curie (dont la touchante lettre de Niels Bohr, ou celles du Président Roosevelt et de la Reine des Belges en Annexe 18). Elle est inhumée auprès de son mari au cimetière de Sceaux, dans l’intimité.
Comme le prononce le Pr Regaud, « Mme Curie peut être comptée parmi les victimes à longue échéance des corps radioactifs, que son mari et elle-même ont découverts » [1]. Elle a en effet eu une cataracte précoce qui la laisse très malvoyante malgré 4 opérations, plusieurs radiodermites (notamment aux mains), des acouphènes et des atteintes hématologiques aboutissant à cette leucémie. Si certes ses recherches l’ont amené à manipuler des substances radioactives, une part très importante de l’irradiation dont elle fut victime et qui finit par l’emporter, comme d’ailleurs sa fille Irène plus tard, ou de nombreux autres anonymes radiologues et manipulateurs, eut lieu pendant leur engagement pour la France auprès des blessés de la Grande Guerre.
Enfin, son dernier ouvrage, Radioactivité, sorte de testament scientifique achevé peu de temps avant sa mort, est publié à titre posthume en 1935, quelques mois seulement avant la remise du Prix Nobel de Chimie à Irène et Fréderic Joliot-Curie pour leur découverte de la radioactivité artificielle.

Conclusion

Passionnée, brillante, persévérante, Marie Curie est la première personne à recevoir deux Prix Nobel et la seule femme. Elle est la première scientifique reconnue par ses pairs, et la première femme à professer en Sorbonne. Elle nomme la radioactivité et en est la pionnière, ouvrant la voie à de nombreuses recherches qui révolutionnent les sciences, posant les bases de ce qui engendre également plus tard un bouleversement de la vie quotidienne (énergie nucléaire, médecine nucléaire…). Aussi refuse-t-elle, en total accord avec la pensée de Pierre, de breveter ses découvertes (dont la méthode de production du radium), ce qui aurait pu les délivrer de problèmes chroniques d’argent, particulièrement au début de leur carrière. En effet, cette position aurait été contraire à leurs principes et leur attitude désintéressée, car cela aurait considérablement ralenti les premières recherches, notamment médicales avec les premiers protocoles de « radium-thérapie ».
Par son émancipation et sa formidable carrière, par son engagement pendant la guerre, elle devient l’icône des féministes, même si l’on ne peut probablement pas dire qu’elle en fut une elle-même. Car si elle était fière de sa réussite et de son ascension au sein du monde scientifique, elle se heurte, dans cette société assez conservatrice, à une élite scientifique et politique encore très dominée par les hommes, se montrant, notamment avant-guerre, parfois misogyne et même quelquefois xénophobe face à cette étrangère (même si toutefois beaucoup d’autres respectaient son génie). La parfaite illustration étant bien sûr cette dure année 1911 marquée par le refus de l’Académie des Sciences puis l’affaire Langevin. De même, elle n’est pas décorée après la Guerre malgré son action décisive ayant contribué à la survie de milliers de blessés…
Toutefois, l’Académie de Médecine a su lui faire honneur en lui proposant en 1922 de rejoindre ses rangs, pour son action essentielle dans l’essor d’une certaine révolution médicale (radiodiagnostic et lutte contre le cancer), via son rôle dans la genèse de la radiothérapie et surtout de la curiethérapie, mais aussi bien sûr pour l’organisation et le développement exponentiel du Service Radiologique pendant la guerre. L’Académie lui rend également un brillant hommage suite à son décès (Annexe 19).
Mais le plus bel hommage est probablement celui de « la Patrie Reconnaissante » quand, en même temps que Pierre, ses cendres sont transférées en avril 1995 au Panthéon selon la volonté du Président François Mitterrand (pour l’anecdote, dans un cercueil plombé de peur des radiations), sous les yeux de sa fille Eve, alors âgée de 90 ans, et du Président polonais Lech Walesa. Marie Curie devient alors la première femme à figurer, pour ses propres mérites, parmi les « Grands Hommes ».
« Notre société, où règne un désir âpre de luxe et de richesse, ne comprend pas la valeur de la science. Elle ne réalise pas que celle-ci fait partie de son patrimoine moral le plus précieux, elle ne se rend pas non plus suffisamment compte que la science est à la base de tous les progrès qui allègent la vie humaine et en diminuent la souffrance. » Marie Curie, Pierre Curie (Payot, 1924).
« Madame Curie, est de tous les êtres célèbres, le seul que la gloire n’ait pas corrompu. » Albert Einstein.

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Table des matières

Introduction
Marie Curie : son action pendant et à l’issue de la Grande Guerre
Epilogue
Conclusion
Annexes
Bibliographie / Iconographie

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