MAJUNGA,une grande ville comorienne de madagascar

L’étude de la migration comorienne dans le Nord-Ouest de Madagascar (Majunga), dont les rapports avec l’intérieur ont toujours été particulièrement intimes, nous amène à voir les rapports entre Comoriens et Malgaches dans la communauté majungaise. Majunga, chef lieu de la province du même nom, appelée aussi capitale du Boina constitue une terre d’accueil. 47,5% des habitants de la ville sont des migrants, c’est-à-dire qu’ils ont déjà vécu ailleurs avant de s’y implanter. Les trois quarts des résidents se déclarent appartenir à des ethnies qui ne sont pas de la province. Malgré l’importance de la population de confession chrétienne, la ville est considérée comme fortement islamisée (31% des musulmans des sept grandes villes malgaches s’y trouvent). D’autre part, 8,4% de la population locale se déclarent de la religion traditionnelle mais les faits montrent que ce chiffre est bien en-deçà de la réalité.

Devant cette situation de concentration massive dans la ville de Majunga, les problèmes liés à la migration sont nombreux et celui de la démographie est très important. La migration comorienne, connue depuis la période des Sultans batailleurs aux Comores qui recrutaient souvent des mercenaires malgaches, s’est accrue pendant la période coloniale. Les jeunes comoriens se rendaient à Madagascar dans l’espoir de trouver du travail que leurs îles surpeuplées ne pouvaient guère leur fournir. Numériquement faibles par rapport à l’ensemble des habitants de Majunga, les Comoriens, pour la plupart métissés, adoptés, naturalisés malgaches ou conservant leur nationalité d’origine, jouent un rôle important dans l’évolution socio-économique des zones de la côte occidentale du pays surtout.

Critères retenus pour le choix des enquêtes

Critère d’implantation

Les critères d’implantations ont beaucoup influencé notre choix du terrain. Les comoriens ont connu Madagascar bien avant la colonisation (pendant la période des Sultans batailleurs aux Comores et pendant les incursions malgaches aux Comores), mais l’implantation des immigrants comoriens à Majunga remonte à la période de la colonisation. Il existe des familles comoriens qui se sont fondées depuis cette époque et qui n’envisagent nullement de retourner dans leur pays d’origine. Ils ont fondé des familles à Majunga et se sont naturalisés malgaches. Cette implantation très ancienne est un facteur non négligeable sur notre choix du terrain.

Par notre mère FATIMA Darkaoui qui est née à Majunga, à l’hôpital de Mahabibo l’année 1960, nous sommes « Malgache ». Ce facteur d’appartenance, nous a donné des sentiments d’amour pour cette province de Majunga et a donné, dans un large, notre choix sur la ville de Majunga, ville que nous avons également choisi dans le cadre de notre Mémoire de Maîtrise. A cela s’ajoute la concentration des Comoriens dans des quartiers spécifiques et les raisons de cette concentration.

Critère de regroupement des familles 

Le critère de regroupement de famille fascine également. Abattoir, AmbalavolaAmbalavao, Morafeno, Ambovoalanana et Ambondrona sont des quartiers où se concentrent des Comoriens. En privilégiant, les enquêtes dans ces localités, nous pouvons savoir les raisons fondamentales qui ont poussé les Comoriens de s’y installer. Ainsi, il y a des vocations relevant de leurs conditions économiques, éducatives et culturelles mais surtout il y a la nostalgie et la sécurité qui marquent beaucoup leurs intentions. Sur cette perspective, nous avons essayé d’évaluer la population comorienne dans ces quartiers. Mais, il ne faut pas oublier que l’étude démographique permettant d’individualiser les régions en Afrique n’est pas une tâche facile. C’est ce qui permet à Karl Marx de penser qu’on peut développer un pays si on arrive à suivre l’évolution de la démographie par rapport à l’économie du pays. Or, ce domaine de statistique fait défaut dans les pays en voie de développement à tel point que même les archives n’existent pas et lorsqu’ils existent, ils possèdent une marge d’erreur très important. Pire encore lorsqu’il s’agit de faire des recensements, car les paysans peuvent toujours donner des fausses informations par crainte que le fait de dire la vérité risque de les desservir.

Critère de tailles de ménages 

Pour pouvoir nous intégrer dans la communauté comorienne de Majunga, dans leur mode de vie, nous avons choisi en premier lieu les ménages. C’est en fonction de la taille de ménage qu’on choisissait les personnes à enquêter (ménage de 5 à 6 individus). Le but était de savoir leur mode de vie, leur influence dans la communauté, le nombre de pièce par personne ainsi que leur fonction dans la société. Mais parfois, il nous arrivait d’enquêter des ménages individuels ou à 2 personnes pour mieux comprendre aussi les raisons de leur sollicitude sinon le refus de la solidarité.

Critère professionnel

Dans ce critère, nous avions réparti notre tâche d’enquête selon le secteur d’activité et surtout selon :

• Le secteur d’activité :
Pour le secteur primaire, nos cibles favorites étaient les agriculteurs et les pêcheurs étant donné que ce sont les secteurs d’activités clés des Comoriens de Majunga. L’objectif était de savoir le fonctionnement de leurs activités, leur revenu mensuel, les cultures préférées pour les agriculteurs, les outils utilisés, les modes de vente voire leur contribution à l’épargne. Pour le secteur secondaire, nous n’avons pas trouvé des personnes à enquêter étant donné la faillite de la plupart des usines clés à Majunga (SOTEMA par exemple). Par contre le secteur tertiaire, nous avons pu repérer quelques Comoriens ou métis dans l’administration de la région Boeny. Ils ont pu bénéficier des statuts malgaches grâce à leur appartenance maternelle. Ils ont donc le privilège de travailler dans des secteurs mieux placés.
• L’âge :
Ce sont surtout les personnes âgées qui nous intéressaient car elles sont capables de nous fournir d’informations qui reflètent beaucoup à la réalité (40 à 65 ans). Mais il fallait que la personne ait résidée à Majunga depuis au moins dix ans.

Choix du sujet

Un domaine économique très important

Le thème de notre recherche s’intitule « Majunga, une grande ville comorienne de Madagascar ». Ce thème entre dans le cadre de la migration, un domaine ayant un impact économique important. La migration est une branche de la géographie humaine mais qui s’intègre dans la géographie humaine/économique. Elle s’intéresse aux modes de vie des migrants, leurs coutumes, leurs pratiques sociales, etc. A noter que les travaux antérieurs réalisés dans le cadre de mini mémoire de licence, de certificat de Maîtrise et de Mémoire de Maîtrise ont été toujours concentrés dans le domaine socio-économique à savoir : l’approvisionnement en poisson dans la localité de Mirontsy, les problèmes de l’habitat dans les pays sous-développés, la climatologie et la contribution géographique à l’étude des marchés de Majunga. En fait, la ville de Majunga n’est pas un terrain d’étude nouveau pour nous. Et si nous avons choisi ce thème, c’est de pouvoir participer à l’amélioration de l’économie de cette région mais aussi de pouvoir dégager des ressemblances notoires (qui sont connus) concernant le domaine de la démographie dans les pays sous-développés et qui font défaut pour l’amélioration des conditions de vie dans les pays africains où même les archives ne sont pas souvent disponibles.

Un domaine peu investi

Il est frappant de constater que la migration comorienne ne soit pas dans les archives officielles. Pourtant les Comoriens ont côtoyé Madagascar bien avant la colonisation. Sur ce, nous nous sommes intéressés de concentrer nos efforts sur ce domaine resté dans l’obscure jusqu’à présent. Nous avons pensé pouvoir contribuer sur ce domaine en passant dans des bureaux des Fokontany de Majunga. Malheureusement ces bureaux ne possèdent aucun renseignement pouvant nous aider dans cette affaire. Pire encore, même dans le bureau interrégional de statistiques de Majunga, il n’y a pas des données concernant les phénomènes migratoires des Comoriens à Majunga. Des estimations qui semblent à priori loin de la réalité sont réalisées en moyenne tous les 5 ans. Or, une réorganisation dans la commune urbaine de Majunga pourrait contribuer à remédier les problèmes économiques qui frappent cette région.

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Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : METHODOLOGIE ET DOCUMENTATION
Chapitre I Approche méthodologique et limites
I. 1. Critères retenus pour le choix des enquêtes
I.1. 1. Critère d’implantation
I. 1. 2. Critère de regroupement des familles
I.1. 3. Critère de tailles de ménages
I. 1. 4. Critère professionnel
I. 2. Choix du sujet
I. 2. 1. Un domaine économique très important
I. 2. 2. Un domaine peu investi
I. 3. Collecte des données
I. 3. 1. Enquête orale par entretien
I.3.1. 1. Enquête par observation directe
I.3. 1. 2. Discussions
I.3. 1.3. Entretiens avec les chefs-responsables des Fokontany
I. 4. Enquêtes écrites (fermées)
I. 5. Documentation
I. 5. 1. Recherche bibliographique
I. 5. 2. Traitement de données
I.5. 2. 1. Dépouillement des fiches de renseignements et interprétation des données
I. 5. 2. 2. Dressage des tableaux et élaboration des cartes
I. 5. 2. 3. Rédaction proprement dite
I. 6. Limites de la recherche
I. 6. 1. Moyens financiers limités
I. 6. 2. Manque de documents de référence
I. 6. 3. Absence des données fiables
Chapitre II : Les résultats de la documentation
II. 1.Ouvrages généraux
II. 2. Ouvrages spécialises à notre champ d’étude
II. 3. Revues, rapports, collectes et articles
II. 3. 1. Revues
II.3.2. Rapports
II. 3. 3. Colloques
II. 3. 4. Articles
II. 4. Bibliographies commentées
II. 4 .1. Rémy C. 1985, contribution à l’analyse des données démographiques imparfaites des pays africains, 403 pages
II. 4. 2. CHAUVET J. 1977, Tradition et modernisme dans les quartiers de Sarh, in les cahiers d’outre-mer, Institut scientifique, Bordeaux, 92 pages
II. 4. 3. URBAIN F. 1933, L’archipel aux sultans batailleurs, 177 pages
DEUXIEME PARTIE : SITUATION HISTORICO-ECONOMIQUE DES COMORIENS ET LEURS ACTIVITES A MAJUNGA
Chapitre III : Les résultats de premières enquêtes
III. 1. Principales causes des mouvements migratoires vers Madagascar
III. 2. Désastres politico-économiques pendant la période des Sultans batailleurs
III. 2. 1. Une histoire très ancienne et douloureuse
III. 2. 2. Une société fondée sur l’aristocratie
III. 3. Une forte croissance démographique dans un archipel fini
III. 4. Proximité de la Grande île et des îles Comores
III. 5. Attraction des activités économiques à Madagascar, en particulier à Majunga
III. 6. Mouvement migratoire lié à la colonisation
Chapitre IV : les Activités socio-économiques des comoriens à Majunga
IV. 1. Un groupe complexe et religieux
IV. 2. La pratique religieuse, un moyen de survie pour certains Comoriens
IV. 3. L’agriculture et la pêche, deux domaines d’analphabètes
IV. 4 Le gardiennage, facteurs d’attachement familial ou religieux
IV.5. Le petit commerce, une activité favorable pour les Comoriens
IV 5. 1. Le secteur informel
IV.5. 2. Le secteur formel
IV.6 situation de sous-emploi
IV.6. 1. Le mode de recherche d’emploi
IV.6. 2. Le type d’emploi recherché
IV.6. 3. Conditions de travail et prestations des travailleurs dépendants
IV.6. 4. Structure et dynamique des emplois
CONCLUSION

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