L’ouverture d’un espace de dialogue sur la sexualité avec la famille

Recueil et analyse des données

Le guide d’entretien a été élaboré à partir des données de la littérature dans le respect des lignes directives COREQ afin d’obtenir une analyse des données qualitatives la plus caractéristique possible. Il explorait 5 thèmes : l’abord de la population adolescente, la vision et l’abord de la santé affective et sexuelle par les CCEF, les circonstances dans lesquelles elles abordent ce sujet, les thèmes les plus fréquents et les difficultés rencontrées. Chaque entretien a été réalisé individuellement dans le lieu choisi par l’interviewée. Après explication des objectifs de l’étude et recueil du consentement écrit, les enquêtrices enregistraient l’entretien au moyen d’un dispositif numérique. Les deux premiers entretiens, intégrés à l’étude, ont permis d’évaluer la grille d’entretien et de l’ajuster. Les entretiens se sont poursuivis jusqu’à saturation théorique des données. Les entretiens étaient anonymisés et retranscrits dans leur intégralité en respectant le langage oral sur le logiciel de traitement de texte Word®. L’ensemble des propos retranscrits constituant le verbatim de l’étude a été proposé à la relecture à chacune des interviewées. Toutes n’ont pas souhaité relire leur entretien. Les données retranscrites ont été analysées au fil de l’eau pour identifier les unités minimales de sens afin de les classer en catégories puis thèmes permettant une approche inductive par théorisation ancrée. Une triple lecture des entretiens et de leur codage par les enquêtrices et la directrice de thèse a été effectuée permettant une triangulation afin d’augmenter la validité interne de l’étude.

La rencontre des CCEF avec les adolescents

Les CCEF travaillaient avec « une population plutôt large » (CC1), notamment adolescente. Les interventions auprès des adolescents étaient collectives dans des structures scolaires et extrascolaires ou individuelles dans le cadre des consultations dans les CPEF ou les plannings familiaux. Les encadrants scolaires et les professeurs initiaient la demande d’intervention des CCEF pour assurer des séances d’éducation à la vie affective et sexuelle : « Les partenaires avec lesquels on travaille […]. Ça va être des éducateurs, des infirmiers, des infirmières, ça peut être […] des enseignants, […] des animateurs […]. » (CC6). Ces séances pouvaient se dérouler dans le cadre d’un projet d’établissement, en milieu scolaire ou extrascolaire. Les interventions en milieu scolaire étaient préparées au préalable par les CCEF avec l’équipe scolaire afin de cibler les demandes des adolescents. Après présentation de leur rôle et du déroulement de la séance, elles laissaient les groupes se constituer par affinité, en petit effectif. Généralement, les groupes étaient non mixtes au collège et mixtes au lycée afin de favoriser l’échange, mais certaines CCEF laissaient le choix. Elles intervenaient seules ou en binôme avec l’infirmière scolaire, mais l’intégration d’une tierce personne pouvait leur sembler compliquée.

Elles utilisaient différentes techniques pédagogiques pour initier le dialogue avec le groupe : « Parfois je démarre sur un brainstorming […] Ça m’indique un peu aussi ce qu’ils ont dans la tête. […], parfois moi je sors une situation […] Si le groupe est très silencieux, […] les cartes vont venir en support pour faire parler. » (CC12). Elles pouvaient aussi « partir de leurs questionnements, de ce qui leur vient à l’esprit quand on parle de sexualité pour pouvoir rebondir avec eux sur ce qu’ils disent et leur apporter des informations un peu peut-être plus justes et plus claires pour eux » (CC1), ou des demandes spécifiques de l’établissement scolaire : « en 5ème, on nous sollicite pour faire souvent puberté et adolescence » (CC2). Elles insistaient sur l’importance d’échanger en groupe, avec la possibilité de libérer un espace de parole individuel en fin d’animation. Intervenir en groupe nécessitait néanmoins de s’adapter à la dynamique et à la maturité de celui-ci : « c’est vraiment un savoir-faire d’aborder les sujets de la vie sexuelle et affective avec les adolescents […]. Ce sujet peut générer de l’agitation, de la gêne » (CC9).

En fin de séance, un bilan permettait de recueillir de façon anonyme les avis des adolescents. Globalement, ceux-ci y portaient un intérêt et étaient satisfaits d’avoir « eu un temps d’échange », pouvoir « s’exprimer », être « considérés aussi tout simplement, en tant qu’ado avec une sexualité. » (CC6). Les CCEF y voyaient un moyen de libérer un espace de parole extérieur aux cadres familiaux et scolaires, dénué de charge affective ou d’attente : « C’est d’autant plus intéressant de se dire que voilà y a des professionnels qui sont là, et y a pas cette charge affective […], y a pas les projets qu’il peut y avoir, inconscients, ou plus ou moins conscients, ce qu’on voudrait que notre adolescent devienne. […] c’est le tiers qui fait que ça passe autrement.» (CC9). Ces séances en milieu scolaire constituaient parfois une première approche de la vie affective et sexuelle pour les adolescents, « pour un peu poser les choses et mettre des mots sur ce qu’ils sont en train de vivre » (CC12). La confidentialité et la neutralité permettaient d’échanger sur leurs représentations et de les rassurer : « Nous, on vient de l’extérieur, donc y a une certaine neutralité. » (CC9). Inversement, les entretiens individuels étaient axés sur la personne, en partant de ses propres questionnements. La possibilité de mener plusieurs entretiens avec l’adolescent permettait de respecter son rythme, pour aborder des sujets plus difficiles. L’adolescent était souvent accompagné par son entourage et les CCEF prenaient le temps de les accompagner, notamment les parents, qui pouvaient exprimer une inquiétude sur leur parentalité : « j’ai eu des larmes d’une maman une fois, qui voyait sa fille grandir et ça faisait beaucoup d’émotions pour elle […], elle avait peur de pas être à la hauteur dans sa place de maman. […] Elle avait besoin d’être rassurée » (CC7).

L’abord de la santé affective et sexuelle par les CCEF

Les CCEF délivraient des messages de prévention en écho aux questionnements des adolescents sur les craintes d’une grossesse ou d’une IST : « Les ados […] c’est souvent contraception, dépistage, test de grossesse éventuellement IVG. » (CC3). De même, dans cette période de transformations physiques, les CCEF répondaient aux multiples questionnements autour du corps, « qui n’en finit pas de changer » (CC5) et rappelaient « l’anatomie, la physiologie, le développement, les règles, la puberté » (CC11), souvent mal connus des adolescents, en prenant soin de se détacher des normes véhiculées par la société. Lors des interventions scolaires, elles adaptaient les thèmes abordés selon l’âge et la maturité des jeunes : « en 5ème, on va être […] sur la puberté, […] 4ème, on est vraiment dans les relations affectives. Et puis en 3ème […] vraiment sur les questions concernant les premières fois. » (CC12). Cependant, les CCEF abordaient davantage les interrogations des adolescents sur la relation à l’autre, les sentiments.

Ce sujet paraissait à toutes essentiel, que la relation soit familiale, amicale ou amoureuse : « On a des questions aussi sur l’amour, comment on sait qu’on est amoureux. » (CC10), « D’autres qui viennent euh pour parler du chagrin d’amour […], d’autres qui viennent pour parler des relations avec les parents, quand ça va mal. » (CC6). Elles insistaient également sur l’importance de travailler avec l’adolescent les notions de respect et de consentement, notamment avec les jeunes filles : « Quand on est en relation à l’autre, je parle avec mon corps qui a des désirs, des envies, des pulsions, des besoins ; mais je parle aussi avec mon coeur, qui a des émotions, des ressentis […] et puis j’ai aussi une tête, un cerveau, qui a intégré des valeurs, une culture, une histoire familiale. […] C’est ce qui permet de donner son vrai consentement » (CC13). Elles mentionnaient l’existence des lois relatives à l’acte sexuel et évoquaient assez systématiquement toute forme de violence, notamment sexuelle et incestuelle : « J’avais accueilli un jeune […] pour qui ça posait souci parce qu’il voulait faire l’amour avec d’autres copains, et puis il voulait avec son frère à la maison […] là c’était de dire ce qui était autorisé, ce qui n’était pas autorisé. […].

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Table des matières

RESUME
INTRODUCTION
MÉTHODES
1. Constitution de l’échantillon
2. Recueil et analyse des données
3. Réglementations
RÉSULTATS
1. Population
2. La rencontre des CCEF avec les adolescents
3. L’abord de la santé affective et sexuelle par les CCEF
4. La perception des CCEF sur les représentations des adolescents
5. Les difficultés rencontrées par les conseillères
DISCUSSION
1. Forces et limites de l’étude
2. L’ouverture d’un espace de dialogue sur la sexualité avec la famille
3. Une approche centrée sur la dimension affective et légale de la sexualité
4. La perception des CCEF sur les représentations des adolescents
5. Une rencontre avec les adolescents difficile à mettre en oeuvre
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
LISTE DES TABLEAUX
TABLE DES MATIERES
ANNEXES

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