L’intérêt de l’approche biopsychosociale dans le cadre du traitement des patients souffrant d’une incapacité

Les cervicalgies

Les cervicalgies se définissent comme des douleurs localisées au niveau du cou. En règle générale, elles cessent en quelques jours ou quelques semaines. Néanmoins, en fonction de son étiologie, elles persistent dans le temps jusqu’à devenir chroniques. Parmi les différentes causes possibles, nous pouvons citer la mauvaise posture, l’arthrose ou le traumatisme. Ces douleurs peuvent prendre naissance dans les multiples éléments constituant le segment du rachis : muscles, tendons, ligaments, nerfs, etc. Elles peuvent parfois irradier et diffuser dans l’épaule ou le bras, c’est ce que l’on appelle plus communément les névralgies cervico-brachiales.

Le rachis cervical est une zone topographique de la colonne vertébrale sujette à de nombreuses douleurs au cours de notre vie. Une revue systématique étudiant l’épidémiologie des cervicalgies rapporte que cet ensemble de pathologies possède une prévalence annuelle variant de 15 à 50 % selon les études. Le taux moyen se situe aux environs des 37 % [1]. La population concernée se compose aussi bien de personnes sédentaires (employés de bureau) que de personnes actives ou sportives, souvent soumises à des contacts physiques, à une charge de travail importante, et un stress régulier. Il est à noter que les femmes y sont plus disposées que les hommes. En effet, il est démontré dans les recommandations cliniques des cervicalgies par la Haute Autorité de Santé (HAS) que les femmes possèdent une faiblesse musculaire du plan profond ainsi qu’une posture en antépulsion par rapport aux hommes [2]. Ces prédispositions amènent à justifier cet écart.

La cervicalgie représente également un fardeau socio-économique et personnel important. Presque la moitié de tous les individus connaitront un épisode douloureux cliniquement important [1]. L’impact physique et psychologique est souvent sous-estimé. En termes d’incapacité, les statistiques ne sont pas non plus négligeables. La cervicalgie se positionne à la quatrième place pour les causes d’années perdues en raison d’une invalidité, derrière les lombalgies, les dépressions et les arthralgies [1]. Elle est donc l’une des principales affections donnant naissance à des douleurs chroniques. Cependant, elle ne reçoit qu’une fraction du financement de la recherche consacrée aux lombalgies [3].

Le « whiplash » cervical 

Définition et étiologie 

Le « whiplash » se nomme plus communément en français sous le terme populaire de « coup du lapin » ou « coup de fouet cervical ». Il permet de caractériser les blessures d’accélérationdécélération décrivant des mouvements de flexion/extension de la colonne cervicale. Il rappelle la manière dont on tuait les animaux à la campagne avant de les manger, notamment les lapins, à savoir d’un coup sec à la base de la nuque afin de leur briser le cou, reproduisant un mouvement d’hyperextension. Ce terme est apparu au début du XXe siècle. Il a été inventé pour la première fois en 1928 par un orthopédiste californien, Harold Crowe [4]. Plus tard, cette entité sera modifiée pour englober également une collection de symptômes. On parlera de troubles associés au coup du lapin, ou « whiplash associated disorders (WAD) » [5]. Ce nouveau terme est issu en 1995 du groupe scientifique de la «Quebec Task Force (QTF) » au Canada, regroupant un ensemble d’experts pluridisciplinaires. Le coup du lapin est souvent décrit comme un exemple de maladie induite par la société ce qui a pour objet de nombreuses controverses. Néanmoins, les troubles physiques et psychologiques qui en découlent sont bien présents [6]. Une multitude de symptômes apparaissent après le traumatisme. Le premier est bien entendu la douleur et l’inconfort cervical. De nombreux facteurs peuvent influencer l’étendue et l’emplacement de l’atteinte, tels que les spécificités de l’accident et l’état de la colonne vertébrale du patient. Nous pouvons retrouver également des maux de tête avec des céphalées cervicogènes. Les systèmes oculaire et auditif peuvent aussi être atteints avec des pertes de vision et des douleurs oculaires, des acouphènes, des étourdissements et des pertes auditives. Enfin des douleurs articulaires de l’articulation temporo-mandibulaire, des pertes de mémoire et de concentration peuvent se manifester [7]. Les pathologies lésionnelles les plus fréquemment retrouvées à la suite d’un « whiplash » sont les entorses cervicales, qui se définissent littéralement comme une atteinte d’un ou de plusieurs ligaments au niveau du cou. Il existe trois degrés de gravité. L’entorse dite légère se distingue par un étirement des ligaments. On parle plus généralement de « foulure ». L’entorse modérée est également décrite par un étirement mais accompagnée d’une rupture partielle des ligaments. Enfin, l’entorse grave définit la rupture complète ligamentaire, avec plus ou moins un arrachement osseux au niveau de son enthèse. L’entorse survient lorsqu’un mouvement brusque entraine une torsion articulaire au delà des amplitudes physiologiques. Il s’agit bien entendu d’un traumatisme cervical qui apparait lors d’une modification brutale de vitesse. Ces mécanismes seront détaillés ultérieurement dans la partie biomécanique. Elle est traditionnellement diagnostiquée à la suite d’un accident de la route. Elle se manifeste généralement lors d’un impact du véhicule par l’arrière. À noter qu’elle peut également survenir par d’autres mécanismes lésionnels, comme dans un accident sportif lors d’un plaquage au rugby, où l’impact physique peut provoquer un coup du lapin, mais également lors d’une chute après le plaquage, où l’atterrissage au sol sur le haut du corps provoque la blessure. En somme, elle peut se déclencher lors d’un plongeon, des violences physiques ou autres traumatismes.

Biomécanique du mouvement

Rappels anatomiques

La colonne vertébrale se compose d’un axe rachidien que l’on peut diviser en trois zones. La zone cervicale totalise 7 vertèbres de petite taille. La zone thoracique dénombre 12 vertèbres qui font partie intégrante de la cage thoracique avec les côtes. La zone lombaire compte 5 vertèbres de gros volumes. Le rachis cervical assure la liaison entre le crâne et le thorax. D’un point de vue neurologique, il relie l’extrémité céphalique avec le reste du corps. Ce segment protège ainsi des structures nerveuses comme la moelle spinale (anciennement appelée moelle épinière). De ce fait, les altérations majeures du « whiplash » (grade III et IV) peuvent engendrer des atteintes neurologiques pouvant aller jusqu’à la tétraplégie. L’intérêt du diagnostic clinique est avéré. Nous distinguons plusieurs rôles essentiels de la colonne cervicale. Elle possède une fonction de mât et une fonction de ressort encaissant des contraintes réparties dans les articulations et les disques intervertébraux. Elle permet aussi le positionnement de la tête et des organes sensitifs par rapport à l’espace environnant et le maintien du regard à l’horizontale. Il s’agit de la portion du rachis la plus mobile ce qui en fait la portion la plus vulnérable notamment en traumatologie. Les mouvements excessifs allant au-delà des amplitudes physiologiques peuvent donc se créer plus aisément, comme dans la cinésiologie du mouvement du « whiplash ». L’empilement des vertèbres est rectiligne si nous l’observons de face, mais est concave en arrière si nous le regardons de profil. C’est ce qui détermine la lordose cervicale. Elle est spécifique de la fonction bipède comme la lordose lombaire. Les vertèbres cervicales peuvent se diviser fonctionnellement en deux parties :
✪ Les cervicales supérieures : C1 appelée Atlas et C2 appelée Axis.
✪ Les cervicales inférieures : de C3 à C7.

Les cinq vertèbres inférieures se décrivent d’avant en arrière avec un corps de forme rectangulaire. Le foramen vertébral forme un triangle isocèle à base antérieure. Les pédicules sont obliques en arrière et en dehors. Les processus articulaires postérieurs (zygapophysaire), encore appelés facettes articulaires, ont une surface articulaire inférieure et supérieure. Ces surfaces sont planes, la supérieure regarde en arrière et en haut. Durant le mouvement d’extension, les facettes sus et sous-jacentes se mettent en contact et limitent le déplacement. Ainsi, une amplitude plus grande engendrant une hyperextension comme dans le « whiplash » peut léser les articulations postérieures. Les lames sont longues mais peu hautes. Le processus épineux quant à lui est assez court, triangulaire et bifide à son apex. Le processus transverse possède une courte gouttière, concave vers le haut, ce qui le rend également bifide. Il est né de deux racines qui vont délimiter le foramen transverse. Ce foramen n’existe qu’au niveau cervical, lieu de passage de l’artère vertébrale . Ces deux processus sont le siège des accroches musculaires .

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Table des matières

1 INTRODUCTION
1.1 Les cervicalgies
1.2 Le « whiplash » cervical
1.2.1 Définition et étiologie
1.2.2 Classification
1.3 Biomécanique du mouvement
1.3.1 Rappels anatomiques
1.3.2 Cinésiologie du mouvement
1.4 Notion de douleur chronique
1.5 La rééducation
1.5.1 Les recommandations actuelles
1.5.2 L’approche biopsychosociale
1.6 L’incapacité
1.7 Hypothèse théorique
1.8 Pertinence et objectifs de la revue de littérature
2 METHODE
2.1 Critères d’éligibilité
2.1.1 Schémas d’études
2.1.2 Population
2.1.3 Intervention
2.1.4 Comparateur
2.1.5 Critères de jugement
2.2 Méthodologie de recherche des études
2.2.1 Sources documentaires investiguées
2.2.2 Équation de recherche utilisée (mots clefs)
2.3 Méthodologie d’extraction et d’analyse des données
2.3.1 Méthode de sélection des données
2.3.2 Évaluation de la qualité méthodologique des études sélectionnées
2.3.3 Extraction des données
2.3.4 Méthodes de synthèse des résultats
2.3.5 Conflits d’intérêts
3 RÉSULTATS
3.1 Description des études
3.1.1 Diagramme de flux
3.1.2 Études exclues
3.1.3 Études incluses
3.2 Risques de biais des études incluses
3.3 Effets de l’intervention sur le(s) critère(s) de jugement
3.3.1 Approche comportementale VS placebo
3.3.2 Approche comportementale VS aucun traitement
3.3.3 Approche comportementale VS exercices
3.3.4 Exercices avec approche comportementale VS exercices
4 DISCUSSION
4.1 Analyse des principaux résultats
4.1.1 Approche comportementale VS placebo
4.1.2 Approche comportementale VS aucun traitement
4.1.3 Approche comportementale VS exercices
4.1.4 Exercices avec approche comportementale VS exercices
4.2 Applicabilité des résultats en pratique clinique
4.2.1 Population étudiée
4.2.2 Intervention étudiée
4.2.3 Comparateurs étudiés
4.2.4 Critère de jugement utilisé
4.2.5 Balance taille d’effet/contrainte
4.3 Qualité de preuves
4.4 Biais potentiels de la revue
5 CONCLUSION
6 BIBLIOGRAPHIE
7 ANNEXES

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