L’integration des diffrents mediums dans une photographie

L’intervention dans le champ photographique.

Georges Rousse est un artiste qui termine son intervention par l’acte photographique.Auparavant il travaillait en tant que photographe professionnel d’architecture : photographe dans le sens où il était placé derrière un appareil qui capte l’image réelle et la lumière. Il photographiait des paysages sous l’importante influence des grands personnages de la photographie du XX e siècle (Alfred Stieglitz, Ansel Adams…etc). À ce moment là de sa carrière, il n’intervenait pas dans le paysage, il était en retrait face à son travail. L’espace photographié était l’œuvre en soit, sans retouche, sans intervention qui aurait pu modifier la réalité de ce qu’on nous présentait tel quel.
Le sujet du paysage étant primordial dans le travail de Georges Rousse, il semble nécessaire de contextualiser la place que celui-ci occupe dans la peinture et la photographie.
Le paysage a été présent dès la mise en route de la photographie, et à travers cette mouvance, ce tout nouveau médium vient se heurter à une autrediscipline traitant la question du paysage réaliste : la peinture. Celle-ci a toujours eu pourbut la représentation la plus sincère possible du réel, la copie fidèle, sans aucune trace de subjectivité de la réalité. On peut observer que jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, le paysage pictural ne fait acte que de fond décoratif à un sujet plus important. Sous l’impulsion des Romantiques il devient un sujet à part entière.
Lorsque la photographie prouve ses qualités techniques en démontrant qu’elle peut exécuter un portrait extrêmement fidèle et sans faille de la réalité, on observe une césure entre les peintres qui adoptent ce nouveau médium révolutionnaire pour faire évoluer leur travail mais aussi le faciliter grandement et ceux qui, au contraire, vont essayer de prouver que le but premier de la peinture n’est pas d’imiter fidèlement la nature (comme le fait si bien la photographie), mais de rendre une émotion subjective face à cette réalité. La peinture va alors évoluer vers quelque chose de nouveau. La photographie quant à elle, a apporté une multitude de questions sur la place qu’elle occupe dans le monde : les artistes se sont emparés d’elle dans leur travail et en ont fait une nouvelle formed’expression artistique. Georges Rousse n’a pas mêlé à proprement parlé tous ces médiums sur un seul et même support, il a travaillé la question de l’articulation entre ces différents types d’expression artistique : la peinture, la sculpture et l’architecture se retrouvent toutes trois confrontées à la photographie qui dicte les lignes à tracer, les zones à peindre ou à sculpter, les murs à percer afin d’obtenir une forme qui donnera un élan dynamique à l’espace architectural.
Avant de lier tous ces médiums ensemble, Rousse travaillait sur la photographie d’architecture, sous l’influence d’Eugène Atget (1857-1927). Il a formé son regard sur la rue et l’architecture grâce à lui. La ville est en constante évolution, les espaces incertains ont toujours suscité une curiosité des photographes. Les photographes “urbains” se sont penchés sur les endroits aux ambiances bizarres, les coins de rue cachés. Alain Mons dans son ouvrage L’ombre de la ville distingue deux types d’espaces : le premier est celui du ventre de la ville, qui inclus les bas fonds, fondateurs de toutes les cités. C’est le germe d’une ville, là où elle s’est enracinée. Le deuxième espace concerne le hors-bord de la ville, plus communément appelé “périphérie”. Il implique les bretelles d’autoroutes, les no man’s land ainsi que les lieux désertés de banlieues. C’est un bout de ville en friche. Cet espace est tout de même lié au centre de la ville mais celui-ci y est absent et apparaît comme inaccessible. Ce lieu éparpillé et peu organisé dans son ensemble est un des principal support de réflexion de certains artistes, car c’est aussi à cette périphérie des villes, des espaces inachevés, abandonnés que la rencontre entre le système urbain et le cahot social et esthétique semble marquée. Les photographes extra-urbains viennent perturber la vision des citadins, qui se sont mis en tête que les plus beaux monuments à voir devaient être ceux qui attirent tous les regards. Par leur démarche, ils mettent en avant lamisère sociale, ou même architecturale de ces lieux désaffectés et si peu organisés. Les photographies réalisées dans ces lieux apportent un témoignage poignant et font remonter à la surface une ville dissimulée aux aspects déroutants. Une curiosité semble animer ces photographes de l’invisible. Georges Rousse fait partie de ce groupe de photographes. Ils remettent en cause une société désaxée qui dissimule ses mauvais côtés. Georges Rousse a toujours eu ce penchant pour les villes et les lieux architecturés en ruine. Son travail repose avant tout sur cet axe. L’architecture est le témoin des différentes constructions au fil des siècles, elle constitue un trésor historique à elle seule.
Un bâtiment qui élève son regard sur la ville gardeles traces des évènements, il est alors le témoignage du développement de la cité. L’architecture est le manuscrit d’un lieu, elle porte un passé fort et plein d’histoire. Georges Rousse s’est rapidement tourné vers les lieux abandonnés, pour une simple raison : il était nettement plus libre d’intervenir sur l’architecture. En intervenant dans des lieux délaissés et en périphérie des villes, il travaille in situ, et se rapproche de la mouvance du Land Art .
Si certains photographes et peintres ont toujours essayé de se rapprocher le plus fidèlement possible de la nature, d’autres au contraire, ont voulu directement intervenir dessus par divers moyens. Cette décision d’intervenir dansle champ photographique est le tournant majeur dans la carrière de Rousse (il n’abandonne pas la photographie, au contraire, au lieu d’être simple spectateur de ce qui se déroule sous son œil de photographe, il décide de changer les rôles et de devenir l’acteur de ce qui résultera sur la photographie finale).

Le choix du lieu

La spiritualité.

Georges Rousse a toujours été passionné par l’architecture, lorsqu’il décide de s’engager physiquement dans son œuvre, il choisit des lieux désaffectés, voués à la destruction ou en vu d’une réhabilitation. Des endroits où il n’y a plus âme qui vive mais qui sont chargés d’histoire. Ces bâtiments en général périphériques à la ville, sont une source de créativité pour lui. Toute une mise en place s’articule dès le moment où celui-ci a décidé de s’implanter, un temps soit peu, dans cet espace qu’il affectionne particulièrement. Cette attirance des lieux abandonnés remonte à son enfance, dans les temps d’après-guerre où les bâtiments encore debout portent les cicatrices des mutilations du paysage suite aux bombes et affrontements multiples. Toute sa démarche va s’articuler en fonction de l’espace qui motivera son œuvre. Tout lieu est chargé d’un passé historique fort, constitué par ceux qui l’ont construit, habité, transformé et détruit ou laissé à l’abandon pour diverses causes (politiques, économiques, climatiques, sociologiques…). La continuation de son histoire n’est plus envisageable étant donné qu’il sera détruit ou réhabilité dans un futur proche. Dans tous les cas, son histoire passée sera archivée pour en construire une toute nouvelle repartant plus ou moins de zéro. L’intervention de Rousse avant la disparition du lieu peut être vue comme un dernier hommage à celui-ci, un élan d’espoir pour un renouveau tout proche, une projection de couleur et de vie dans ce qui a été, ce qui n’est plus. Le projet « est de mémoriser des lieux, et, dans ce contexte,les interventions que je commets déterminent ma place dans la société en tant qu’artiste. Ces lieux sont les vecteurs de ma propre expression.
Ils sont pour moi une façon d’être au monde». Rousse évolue dans un lieu abandonné comme le ferait un peintre avec sa toile ou un sculpteur avec son marbre. L’artiste se laisse imprégner par l’âme du lieu pour y trouver ses propres marques et s’y installer petit à petit.

La lumière

Les critères d’inspiration ne se résument pas à une quête d’un espace où pourrait s’exprimer la spiritualité. Avant d’être un architecte et un peintre, Rousse est un photographe.
Un photographe qui a commencé en tant qu’architecte, et qui au fil des années, en est arrivé à l’expression artistique. Il a toujours eu cet œil de photographe en quête d’une luminosité parfaite. On distingue trois périodes dans sa vie qui s’articulent toutes autour de la photographie (et donc de la lumière) : la première période fut la pratique de la photographie comme loisir, et ce, à partir du noël de ses 9 ans où on lui offre un Brownie Flash Kodak (une série fabriquée par la marque Kodak, un modèle bon marché). La seconde période photographique est marquée par le professionnalisme. Rousse commence des études de médecine à Nice et décide finalement d’apprendre chez un professionnel les techniques de prise de vue et de tirage en vue de créer son propre studio de photographe d’architecture.
Cette passion le fait très vite pratiquer la photographie à plein temps en tant que professionnel. C’est en décidant d’intervenir dans le champ de ses photographies qu’il entame sa troisième période de photographe, mais cette fois-ci du côté artistique. En résumé, Rousse a toujours été un photographe depuis son plus jeune âge, et cet aspect n’est pas à négliger dans ses choix artistiques. Il a l’œil d’un photographe. Un photographe cherche toujours l’ambiance lumineuse d’un espace, puisque« photographie » en grec signifie « écriture de la lumière » (Photo-: lumière, clarté/ -graphie : qui écrit, qui aboutit à une image).
En plus de l’esprit des lieux, de la méditation qu’un espace dégage, il faut que la lumière remplisse les conditions du photographe. En fait, tout le choix et la trame de son travail se font sous l’œil photographique. La lumière joue un rôle déterminant tout au long de la création de l’œuvre. Christine Brignet dans son article « Traversées et Vertiges : la lumière de l’œuvre dans le travail de Georges Rousse » compare la lumière à un matériau à transformer, à déployer. C’est celle-ci qui, au moment de la prise photographique permet l’empreinte sur une surface sensible. C’est ce qui explique pourquoi l’artiste lui accorde une place primordiale. Il arrive que dans certains lieux désaffectés, Rousse perce un plafond ou un mur pour créer un puits de lumière afin d’obtenir ce qu’il désire. Ainsi, la lumière est un facteur décisif depuis le début (choix du lieu) jusqu’à la fin de l’œuvre (cliché photographique). Georges Rousse ne l’emploie que sous sa forme initiale et naturelle (il n’utilisera jamais de lumière artificielle) et lorsqu’il choisit de travailler dans des lieux sombres, il emploie la peinture phosphorescente. Le pigment phosphorescent est très récent dans son travail, il commence à l’utiliser dans lesannées 2000. Par ce procédé, la lumière ne vient plus de l’architecture mais de la peinture même, qui se dévoile dans ses formes et dévoile l’espace qui l’entour. « J’utilise des pigments phosphorescents de telle sorte que c’est maintenant la peinture qui éclaire la photographie comme elle a pu éclairer les esprits à certains moments de son histoire».
L’installation Toulouse 2003 (Figure 2, vol. II, p.2) illustre bien ce propos de l’artiste. Le 21 septembre 2001, la ville de Toulouse subit une explosion. C’est l’entrepôt de stockage de 350 tonnes de nitrates venant de l’usine AZF. L’université du Mirail qui se trouvait à proximité est complètement dévastée. Georges Rousse intervient un an après la catastrophe. Il va réaliser plusieurs installations dans différents endroits du bâtiment. Celle qui nous intéresse ici se situe sous l’amphithéâtre de l’université (qui peuts’apparenter à un abri antiaérien, et qui fait donc référence à l’intervention militaire en Irak de l’époque). L’artiste peint le mot Paix en peinture phosphorescente. Ce mot apparaît seulementquand les spots de la pièce s’éteignent.
La lumière ne vient plus de l’espace mais de la peinture elle-même, c’est un renversement de situation. La peinture éclaire la photographie alors que d’habitude, c’est l’espace qui fournit la lumière. De plus, même dans le noir total, le mot brille encore et apparaît comme une lueur d’espoir dans un monde de violence. Il raisonne comme une proclamation. Georges Rousse a réinvesti ce sous-sol d’amphithéâtre en prenant en compte l’histoire du lieu et en protestant contre la violence des choses dans le monde entier. Pour cette intervention, il a décidé d’employer la couleur verte, le vert qui est la couleur complémentaire du rouge si souvent utilisé dans ses autres travaux (comme la série des embrasures, lieu d’incandescence et de régénération du soleil que Rousse a peint entièrement de rouge cinabre pour symboliser le soleil). Le rouge qui évoque une boule de feu est oublié ici, pour un vert éclatant et doux à la fois. Cette couleur propre à une nature verdoyante contraste parfaitement avec le noir de la pièce. On remarquera que l’utilisation du mot fait partie des différents types d’expressions que l’artiste traite avec l’espace. En effet, le mot vient se heurter à la conscience collective.

LE NOMADISME DE GEORGES ROUSSE

La photographie, la trace de l’installation

Ce qui fait vivre l’œuvre de Rousse dans le temps, c’est la photographie. Il ne restera que le cliché final, car le bâtiment sera détruit ou réhabilité, et l’installation disparaitra avec. Quelque fois même, l’œuvre disparaît avant le lieu : c’est le cas de Bercy 1985 (Fig. 11, vol. II, p. 8). Dans un bâtiment délaissé, il dessine une « architecture virtuelle », comme il les appelle, à la craie blanche directement appliquée sur le mur. Cette forme de croix qui donne l’impression d’être en trois dimensions disparaît sous une pluie torrentielle (après que le cliché final ait été pris). Cette pluie vient perturber l’espace que l’artiste avait scrupuleusement mis en place tout au long de son travail. La craie est un matériau fragile, qui ne résiste pas aux intempéries. Rousse fait perdurer cette matière si friable au travers de la photographie finale. Elle fait acte de mémoire : « La photographie c’est la mémoire ; elle mémorise les choses, les gens, les lieux, les paysages. C’est ainsi du moins que je l’utilise. Pour moi, la photographie est l’outil de mémoire».
Dès le début de son travail, il sait pertinemment que le lieu dans lequel il va peindre, sculpter, photographier n’a pas de futur proche. C’est là quetout l’équilibre se fait entre l’espace peint et la photographie. En la mémorisant, la photographie rend l’installation éternelle, elle l’élève au rang d’œuvre d’art. Une dimension sacrée vient se poser sur les œuvres de Georges Rousse, elles reprennent un peu le caractère rarissime d’un objet venu tout droit de l’antiquité.
On ne pourra jamais revoir, autre que sur cette photographie, ce qu’il y avait dans cet espace. Le médium photographique a donc tous les pouvoirs, tout s’articule autour de lui. Les autres médiums sont des moyens utilisés en vu d’une fin. On distingue alors deux espaces : l’espace plastique (qui est le lieu où Rousse a dessiné, peint, sculpter une forme) et l’espace photographique , qui n’apparaît qu’une fois que la photographie finale ait été tirée. Cet espace photographique est le résultat d’un cadrage sur l’espace plastique. Il éternise les choses en gardant la trace. La solidarité qui s’instaure entre l’architecture, la peinture et la photographie est suffisamment forte pour établir un réel équilibre et doter l’œuvre d’une autonomie dans le champ artistique. L’espace plastique est éphémère mais aussi éternel du point de vue photographique. L’acte artistique et tout le processus qu’il implique prend corps dans la photographie. Il y a un double « ça a été là » dans le travail de Rousse, premièrement pour le bâtiment et son histoire, et deuxièmement pour les traces peintes, dessinées, sculpturales que seule la photographie garde en mémoire éternellement. La photographie conduit toute l’œuvre de l’artiste. Elle est présente avant même le choix du lieu. C’est en cela qu’elle est importante, elle est le germe de toute une réflexion sur son utilisation artistique. Elle est le résultat de ce
que l’artiste veut nous montrer, nous faire savoir.Le dernier cliché est primordial, il fusionne les arts entre eux, ne faisant plus qu’un avec la photographie. C’est un moment qui clos cette relation entre l’artiste et l’espace. Cet acte photographique met un terme définitif à l’intervention sur l’architecture. Il produit le déclic et permet à Georges Rousse d’en arriver à son but : établir une relation étroite entre l’espace, la peinture, la photographie et lui-même. Si l’on visite un endroit investi par l’artiste, on pourra ressentir comme un manque. Il y aura quelque chose d’inachevé qui se présentera sous nosyeux. Comme l’on pourrait le ressentir dans un atelier d’un peintre où se trouve un tableau en cours de création. Il manque la dernière étape qui est la photographie. Et cette photographie se développe dans un environnement spécial : à chaque nouvelle intervention, Georges Rousse doit reconstituer un atelier. Si l’on entre dans un lieu investi par Rousse, l’installation qui se dresse devant nos yeux n’est pas l’œuvre, elle est le squelette d’une intervention, c’est son atelier temporaire.

L’atelier de l’artiste

Quand il était photographe de profession, l’atelier de Georges Rousse était déjà
mobile, car il était spécialisé dans la photographie d’architecture et se déplaçait et aménageait
des appartements témoins qu’il photographiait pour des dépliants publicitaires. Lorsqu’il a
commencé sa carrière artistique, le lieu est devenuà la fois son atelier de peinture mais aussi
son studio de photographe.

Le voyage

Georges Rousse est un artiste nomade, qui traverse le monde entier avec un seul bagage sur son dos : sa volonté d’arpenter des lieux délaissés pour y apporter quelque chose de nouveau, une nouvelle histoire, une nouvelle couleur, une nouvelle forme, un nouveau symbole. Il aime aller à la rencontre des gens, c’est pour lui un enrichissement de réflexion qui nourrit abondamment son travail et développe sa perception de l’espace. Le voyage permet à chaque fois une rencontre avec une nouvelle culture et donc un impact sur sa vision des choses. Georges Rousse ne s’arrête pas sur des modèles de production définitifs, l’apport de ses racines vient se confronter à celui des nouvelles découvertes.
Son goût pour les voyages vient de la profession deson père qui était dans l’armée, et qui donc, était régulièrement amené à se déplacer. Au début, les lieux abandonnés aux alentours de Paris étaient faciles d’accès, mais ils ont très vite été squattés, ou même balisés, murés, protégés de toute pénétration clandestine. Le voyage est pour lui un aspect de son travail très important. Lorsqu’on lui demande s’il est peintre, architecte, sculpteur ou photographe, il répond qu’il préfère le statut d’artiste nomade , voyageur. Il n’aime pas s’imposer une étiquette. Le voyage est un des murs porteurs de son œuvre. Le terme d’artiste nomade est en harmonie avec son expression artistique, c’est un thème qui laisse entrer toutes les catégories diverses et variées d’art sans en mettre une particulièrement en avant. Voir de nouveaux paysages, faire de nouvelles rencontres, cohabiter avec une culture tout à fait étrangère, sont des facteurs déterminants dans l’imaginaire de l’artiste. Ils nourrissent sans cesse sa créativité, ils remplissent sa mémoire d’images, de paroles, d’actes… bref, de souvenirs aussi bien visuels, tactiles et même auditifs. Ces souvenirs qui seront activement sollicités lors d’un chantier. Sans cette notion de découverte, l’œuvre de Rousse n’existerait pas. C’est à force de chercher de nouveaux espaces architecturés sur lesquels intervenir que l’artiste a été conduit à se déplacer à travers le globe terrestre. Il pratique un art qui n’a pas de lieu fixe. Tous les endroits peuvent devenir son atelier. « La création artistique et le voyage sont deux dimensions de ma vie totalement indépendantes qui se nourrissent l’une de l’autre. Je voyage pourcréer, autant que je crée pour voyager».
Rousse fait preuve d’un équilibre parfait dans l’ambivalence de ces deux ressources. Il a voulu mettre en évidence cet apport du voyage dans son expression artistique par l’utilisation de cartes et de plans. Pour lui, une carte est une vision verticale du paysage, donc une nouvelle manière de regarder celui-ci. C’est aussi une nouvelle façon d’intervenir sur l’espace architectural et de rapporter une trace de ses treks dans des contrées où la nature domine.
L’emploi de la carte est en rapport direct avec la mémoire de son voyage. Cette démarche peut être rapprochée de celle employée par les artistes intervenant dans la nature, les artistes du Land Art . Georges Rousse admet volontiers avoir été influencé par Hamish Fulton (né en 1946) qui est un artiste « marcheur ». Hamish Fulton effectue depuis les années 1970 des marches, qu’il appelle Artistic Walks , il ne laisse aucune trace dans le paysage après son passage. L’art de Rousse contient cette notion d’absence de trace sur le paysage lui-même puisque toutes ses interventions sont détruites et ne subsistent qu’au travers de la photographie.

L’INTEGRATION DES DIFFRENTS MEDIUMS DANS UNE PHOTOGRAPHIE

Décloisonnement des arts

La première chose que Georges Rousse fait lorsqu’il investit un lieu, c’est choisir l’endroit exact où se situera tout au long de la manœuvre, l’appareil photographique. C’est le point focal. L’élément phare de toute l’intervention. Le dessin et l’aquarelle sont utilisés pour mettre en place un début de conception de l’espace.Rousse les utilise afin de concrétiser la réalisation de son projet. Ces projets sur papier entrainent le développement de la fiction et la concrétisation des évènements. C’est à ce moment précis que l’artiste va trouver quelle forme s’adaptera le mieux aux contraintes physiques de l’architecture du bâtiment. Avec le dessin et l’aquarelle, il a une bien meilleure perception de l’espace qui l’entoure. L’aquarelle lui permet aussi de travailler sur les transparences et donc sur la lumière. Lorsqu’il dessine, Rousse pense à la luminosité du lieu. La plupart du temps,il se base sur le cliché photographique, pris lors de son repérage, qu’il transpose en dessin sur papier avec des couleurs (qui apportent volume et luminosité). Ce travail préparatoire amène la perspective, le volume, les différents plans, la couleur et la lumière. Il est essentiel dans le bon déroulement du projet. Il permet aussi à l’artiste de mieux se familiariser avec le lieu. Le choix du coloris de la forme se fait aussi à cette étape du travail. En effet, c’est à ce moment là qu’il va décider si le rouge par exemple, convient à un espace précis. Si ce n’est pas le cas, un processus de recherche de la bonne tonalité va s’opérer jusqu’à ce que l’artiste juge que la couleur soit parfaitement en adéquation avec le lieu.
Le dessin est chez Georges Rousse un des moteurs essentiels de son travail. Et lors de certaines expositions on tente de le faire savoir. Par exemple, du 19 novembre au 30 décembre 2011, la galerie Claire Gastaud à Clermont-Ferrand présentait l’exposition « Georges Rousse, Photographies et dessins », un rassemblement de différentes œuvres photographiques mais aussi de plusieurs aquarelles préparatoires. Ce n’est que depuis quelques années que l’artiste accepte de les exposer parce-qu’elles font partie de la technique employée pour aboutir aux photographies finales.

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Table des matières
INTRODUCTION
Partie I
GEORGES ROUSSE PHOTOGRAPHE EN QUÊTE D’ARCHITECTURE
1.1.L’intervention dans le champ photographique
1.2.Le choix du lieu
Partie II
LE NOMADISME DE GEORGES ROUSSE
2.1.La photographie, la trace de l’installation
2.2.L’atelier de l’artiste
2.3.Le voyage
2.4.La construction d’un patrimoine architectural photographique
La photographie, comme élément d’expression
Partie III
L’INTEGRATION DES DIFFRENTS MEDIUMS DANS UNE PHOTOGRAPHIE
3.1. Décloisonnement des arts
3.2. La déconstruction mentale et l’anamorphose
3.3. Le mouvement interne
Partie IV
ENJEUX PHOTOGRAPHIQUES
4.1. Le virtuel dans les photographies de Georges Rousse
4.2. Le rapport au sacré
4.3. Les photographies de Georges Rousse et l’exposition
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE

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