L’insertion professionnelle et son rapport avec l’estime de soi

La notion d’estime de soi

Tel que cité par Moreau (2001), donner une définition de l’estime de soi peut paraître simple. Cependant, on s’aperçoit, en explorant la littérature, de la complexité de ce concept. Les dictionnaires définissent généralement l’estime de soi comme étant un sentiment favorable eu égard à l’opinion que l’on a de son mérite et de sa valeur. Le Dictionnaire actuel de l’éducation, pour sa part, parle de l’estime de soi comme de la valeur qu’un individu s’accorde globalement; ce qui fait appel à la confiance fondamental e de l’ être humain en son efficacité et en sa valeur (Duclos, 2004).
Lorsqu’on aborde le sujet de l’estime de soi dans la littérature scientifique, on se retrouve alors devant une multitude de termes utilisés de façon plus ou moins synonyme (Jendoubi, 2002) : conscience de soi, perception de soi, concept de soi, représentation de soi, identité personnelle et image de soi. Tel que démontré par Jendoubi (2002, p.8), la conscience de soi décrit les processus psychologiques permettant d’organiser l’ensemble nommé « Moi », alors que la perception de soi met l’accent sur les mécanismes qui entrent enjeu lorsqu’on perçoit l’objet de façon visuelle, tactile ou kinesthésique. Le concept de soi tend à faire du « Moi », un objet construit et animé par une dynamique inconsciente, alors que la représentation de soi désigne une opération dont le résultat peut être la perception de sa propre personne, jouant un ensemble de rôles donnés. L ‘identité personnelle est un système de représentations et de sentiments de soi (individualité), alors que l’image de soi renvoie à l’ensemble des idées qu’un individu a de lui-même, y compris son rôle, ses traits de caractères et son corps (Argyle, 1994 cité par Jendoubi, 2002, p.8).

Les composantes de l’estime de soi selon Duclos (2004)

Selon Duclos (2004), il existe quatre composantes de l’estime de soi: le sentiment de confiance, la connaissance de soi, le sentiment d’appartenance à un groupe et le sentiment de compétence.

Le sentiment de confiance

Le sentiment de confiance est un préalable à l’estime de soi, sachant qu’il faut d’abord ressentir et vivre ce dernier pour être disponible à réaliser des apprentissages qui vont nourrir l’estime de soi (Duclos, 2004). Développé dès l’enfance, ce sentiment fait référence à la régularité des soins et à la présence stable des adultes vivant autour de l’individu. Sans ces éléments, un sentiment d’insécurité psychologique peut survenir et ainsi brimer graduellement l’attitude de confiance. Les adultes peuvent, par exemple, avoir un dédain pour leur métier, mais le pratiquer quand même par besoin de sécurité. On peut ainsi souhaiter une permanence d’emploi ou accepter de réprimer ses rêves et ses ambitions véritables pour combler ce même besoin (Duclos, 2004).

La connaissance de soi

La connaissance de soi fait référence au concept de soi. Grâce à ses expérimentations et aux apprentissages qu’il réalise, grâce aux réactions des personnes de son entourage, l’enfant apprend à connaître son milieu et sa propre personne (Duclos, 2004, p.94). Il en est de même pour l’adulte, sachant que c’est au cours des expériences que l’on devient capable de se définir. Le concept de soi est lié à l’ensemble des perspectives et des croyances qu’une personne a d’elle-même, ainsi aux attitudes qui en découlent. La connaissance de soi ou le concept de soi se transforme peu à peu en un sentiment d’identité, à partir duquel se développe l’estime de soi (Duclos, 2004).
L’estime de soi est alors une composante importante du concept de soi et, selon Bernier (1995), c’est elle qui teinte en quelque sorte l’attitude et les sentiments entretenus envers soi-même. Il s’agit alors de la perception que les individus ont à leur propre égard. Selon Côté (1994) cité par Caron (1995, p.15), il devient difficile de parler d’estime de soi sans faire référence à ce concept et cette perception que l’on a de soi-même, sachant que l’estime de soi, c’est en quelque sorte la motivation des gens à s’ actualiser davantage en fonction de cette vision que l’on a de soi, ce «Soi» perçu avec des conceptions.

Le sentiment d’appartenance à un groupe

En tant qu’individu vivant en société, nous avons besoin de sentir que nous appartenons à un groupe. Selon Duclos (2004), l’estime de soi sociale ou la valeur qu’une personne s’attribue sur le plan social se développe donc par la socialisation et se concrétise ainsi par l’appartenance à un groupe. Il se manifeste donc certaines attitudes et certains comportements qui pourront être des indices quant au bon sentiment d’appartenance des enseignantes et ainsi à une bonne estime de soi (Duclos, 2004, p.153) : communiquer facilement avec les autres, être détendu en groupe, capable de partage et d’entraide, capable de sensibilité sociale et de générosité, capable de suggestions d’ idées pouvant servir au groupe ou encore de responsabilités au sein de ce groupe, etc.
L’être humain éprouve le besoin fondamental de faire partie d’un groupe ou d’une organisation et tel que cité par Dubois (2005, p.51), en satisfaisant ce besoin, le sentiment d’appartenance à un groupe devient alors un facteur important d’équilibre psychologique. Selon Schutz (1974), cité par Dubois (2005, p.54), les gens matures satisferont leur besoin d’inclusion et leur sentiment d’appartenance en adoptant des comportements d’interdépendance à l’opposé des gens immatures qui adopteront des comportements de dépendance ou contre-dépendance qui se traduisent par le rejet devant la peur et même la critique de l’organisation. L’estime de soi constitue alors le fondement psychologique de cette capacité à entrer en relation et est ainsi essentielle pour acquérir ce sentiment d’appartenance à un groupe.

Le sentiment de compétence

Favoriser un sentiment de compétence s’avérera également une caractéristique importante à l’égard d’une bonne estime de soi. Tel que cité par Duclos (2004), le développement d’un sentiment de compétence ne relève pas de la magie, car c’est par l’entremise d’activités stimulantes ou de défis à sa mesure que la motivation naîtra. Duclos (2004) illustre très bien la formation de ce sentiment et ainsi de l’estime de soi : L’estime de soi est alors tributaire des expériences passées. Il existe ainsi des signes observables qui permettront de vérifier ce bon sentiment de compétence (Duclos, 2004, p. 197) : capacité à se souvenir de ses réussites passées, l’anticipation du plaisir face à une activité, manifestations de fierté face à ses réussites, capacité à prendre des initiatives et des risques calculés, reconnaissance et acceptation de ses erreurs, etc. Se sentir compétent, c’est être capable d’entrer à l’intérieur de soi-même, de s’évaluer et de s’attribuer ce qui nous appartient, ce que l’on a acquis et ce qui nous constitue et ainsi être capable de s’arrêter sur ce que l’on possède comme connaissances, comme aptitudes et comme habiletés (Martin, 1998, p.4). Le sentiment de compétence est donc le reflet de ce que l’on perçoit de sa personne et de l’estime que l’on s’ accorde, mais ce sentiment, tel que mentionné par Martin (1998), peut également provenir de l’appréciation donnée par les autres qui font partie de notre environnement. En effet, la personne a besoin de sentir qu’elle exerce une influence sur son environnement, de voir qu’ elle progresse, mais également que ses faits et gestes ont un impact sur ce dernier. Selon les chercheurs Caillé (1998) et Edmon et Picard (1984), cités par Martin (1998, p.11), les expériences gratifiantes et positives perçues par les autres amèneront l’individu à répéter l’expérience vécue, mais également à se donner du crédit pour ce qu’ il a réalisé.

L’insertion professionnelle

Il existe plusieurs définitions de l’insertion professionnelle ayant des concepts similaires ou différents. Selon Trudel (2000), il apparaît plutôt complexe de la définir. La variété d’hypothèses, de modèles et de «contre-modèles» de l’insertion professionnelle vient aussi de différences de postulats et d’épistémologies entraînant des conceptions fort divergentes (Diambomba, Perron et Trottier, 1995). Il existe plusieurs conceptions de l’insertion professionnelle, puisque chaque enseignant possède des aspirations, des valeurs et des buts différents; les contraintes extérieures (échecs et réussites) pouvant également changer nos projets de vie. Cependant, selon la Fédération des syndicats de l’enseignement, même si on ne peut en déduire de consensus sur les diverses étapes de l’insertion en enseignement, sur leur appellation et leurs caractéristiques, une recension écrite de rapports de recherches ou d’ expériences sur le sujet permet de dégager un certain portrait commun des débuts de carrière dans la profession de même que des éléments d’ analyse et de réflexion qui en découlent.
Martineau et Ndoreraho (2005, p.1) citeront Martineau et Vallerand (2005) pour établir une définition de l’insertion professionnelle, soit celle qui découle d’une expérience de vie au travail impliquant un processus d’adaptation et d’évolution chez le nouvel enseignant et qui se produit lors des débuts dans la profession. Cette période conduirait alors à l’acquisition de nouvelles connaissances professionnelles, et ce, dans la continuité de la fom1ation initiale et le début de la formation continue.
Demers (1996, p.21) cite Trottier et Hardy (1988) pour définir l’insertion professionnelle comme étant la transition du statut d’étudiant jusqu’au premier emploi, apparaissant comme la période qui commence avec la fin des études à temps plein et la sortie du système scolaire, et ce, incluant la poursuite des études à temps plein et le début de la recherche d’emploi ou de l’exercice d’une occupation. La fin de la période de l’insertion professionnelle coïncide alors avec le moment où l’individu qui a un emploi durable n’envisagera plus de modifier, de façon provisoire, sa situation professionnelle.

L’identité professionnelle

Selon Caron (1998), l’identité professionnelle du nouvel enseignant se bâtit, se définit et se précise au fur et à mesure que celui-ci s’insère dans sa communauté de pratique. C’ est en s’y impliquant comme membre que se construit l’identité professionnelle. Chamberland (1996) ajoute que pour comprendre l’identité professionnelle des enseignants, il ne suffit pas de les situer simplement dans leur tâche. Si l’enseignant n’arrive pas à avoir une vue plus large de son être professionnel, il ne peut améliorer son existence, ni libérer son identité de pressions ou de manipulations dont il ne se rend même pas compte. L’identité professionnelle représente alors la partie de soi investie dans la profession ou étroitement liée à elle (Ouellette, 1984). Cependant, plusieurs auteurs y vont de leur interprétation de cette réalité. En tenant compte de ces diverses conceptions, on pourrait définir l’identité professionnelle comme étant cette partie de la personne qui se réalise à travers le cheminement professionnel, partant des considérations impliquées dans le choix professionnel, jusqu’au maintien d’un équilibre professionnel bien au-delà de ce choix.
Holland, Gottfredson, et Power (1980) cités par Ouellette (1984), ont d’ailleurs trouvé une relation significative et positive entre l’identité professionnelle et certaines variables de la personnalité telles que le sens d’organisation personnelle, la confiance en soi, la disposition à être actif et la compétence à prendre sa vie en main.

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Table des matières

INTRODUCTION
CHAPITRE 1 :LA PROBLÉMATIQUE 
1.1 Position du problème 
1.1.1 L’estime de soi
1.1.2 L’insertion professionnelle et son rapport avec l’estime de soi
1.1.3 L’identité professionnelle et l’estime de soi
1.2 La question de recherche 
CHAPITRE II :LE CADRE CONCEPTUEL 
2.1 La notion d’estime de soi
2.1.1 Les composantes de l’estime de soi selon Duclos (2004)
2.2 L’insertion professionnelle 
2.2.1 Le modèle macroscopique d’Allard et Ouellette (1995)
2.3 L’identité professionnelle 
2.3.1 La théorie des 12 facteurs de changement de Côté et Darsigny (1999)
CHAPITRE III :LA MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
3.1 Le type de recherche (cadre épistémologique)
3.2 La méthode de collecte des données: l’entrevue semi-structurée
3.3 L’échantillonnage 
3.4 Le déroulement des entretiens
3.4. 1 La préparation
3.4.2 Le déroulement
3.5 Le questionnaire 
3.6 La stratégie d ‘ analyse des données 
3.7 Les limites
CHAPITRE IV :LA PRÉSENTATION DES RÉSULTATS ET DISCUSSION
4.1 L’estime de soi
4.1. 1 La basse estime de soi
4.1.2 La haute estime de soi
4.2 Le sentiment de confiance 
4.2.1 Les attitudes et situations favorables au sentiment de confiance
4.2.2 Les attitudes et situations qui ébranlent le sentiment de confiance
4.3 La connaissance de soi
4.3.1 Les caractéristiques et habiletés personnelles des participantes
4.3.2 Les compétences et habiletés à acquérir eu égard à la connaissance de soi
4.3.3 Les éléments et situations pouvant nuire à la connaissance de soi
4.3.4 Les éléments ou situations pouvant aider à la connaissance de soi
4.4 Le sentiment d’appartenance
4.4.1 Les attitudes manifestées pour favoriser le sentiment d’appartenance
4.4.2 Les difficultés rencontrées dans l’acquisition du sentiment d’appartenance
4.4.3 Les améliorations pouvant être apportées dans l’acquisition du sentiment d’appartenance
4.5 Le sentiment de compétence
4.5.1 Les plus grandes fiertés vécues en phase d’ insertion professionnelle
4.5 .2 Les difficultés rencontrées pour développer le sentiment de compétence
4.5.3 Les compétences à acquérir à l’égard du sentiment de compétence
4.6 Les éléments de synthèse de la discussion des résultats 
CONCLUSION

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