L’indexation thématique dans les sources documentaires sur l’art contemporain

Entre l’information contenue dans les livres, les périodiques, les bases et banques de données, et les outils documentaires créés, internes ou externes, s’intercale le travail d’indexation dont nous retracerons ici les principes généraux. Mais l’objet majeur de cette partie sera de repérer comment les produits documentaires existants répondent aux questions sur les thèmes, ce qui en retour permettra d’évaluer les méthodes d’indexation mises en œuvre pour retrouver cette information particulière.

Pour avancer dans la prospection, on reprendra les divisions traditionnelles de la documentation qui range dans la catégorie des documents primaires ceux qui présentent « une information en principe à caractère original », et dans la catégorie des documents secondaires ceux qui comportent « des données signalétiques ou analytique sur des documents primaires ». Dans notre domaine, on regroupera donc les livres, les catalogues d’expositions et les périodiques dans les documents primaires (chap. 1, 2, 3) et les répertoires bibliographiques dans les secondaires (chap. 4). Cependant, si cette distinction a le mérite, pour notre propos, d’organiser des chapitres, elle ne rend pas compte totalement du phénomène étudié, à savoir l’insertion dans les documents primaires d’instruments (les index intégrés) qui eux aussi comportent des données signalétiques sur une information primaire, et qu’on serait donc en mesure, si on s’en tenait à leur nature, de ranger dans les documents secondaires. Malgré ce paradoxe, on suivra les divisions établies car elles ont l’avantage de se référer à une forme de typologie identifiée qui permet de resituer l’indexation dans ses différents contextes éditoriaux. On abondera même dans ce principe en séparant les outils informatisés (chap. 5) qu’on aurait pu ranger dans les deux catégories de documents en question.

INDEXATION MATIERE ET THEMATIQUE ARTISTIQUE 

L’objectif premier de l’indexation matière est de permettre à un utilisateur de retrouver, grâce à des termes, ou des signes intermédiaires, créés par un indexeur, un document ou une référence à propos d’un sujet donné . Ceci suppose plusieurs opérations pour l’indexeur, qu’on décrira brièvement, en relevant dans la présentation schématisée de la chaîne indexatoire (le document, l’analyse, les indexats), les paramètres intervenant dans les résultats de l’indexation. Nous rechercherons ensuite les liaisons entre thème documentaire et thème artistique .

PRINCIPES GENERAUX DE L’INDEXATION 

L’UNITE DOCUMENTAIRE 

Si l’on examine l’unité documentaire, plusieurs cas se présentent. Il peut s’agir d’un seul document (un article, un ouvrage, une image) ; d’un ensemble répondant à la notion de « recueil factice » (un dossier, une collection, un lot d’images) ; d’une partie d’un document (le chapitre, le passage, un sous-dossier, une sélection de titres, une sélection d’images). Selon les éléments qui composent l’unité documentaire, les « choix » de l’indexeur, qu’ils soient libres ou contrôlés, varieront nécessairement en profondeur : en quantité et spécificité. Pour ne prendre qu’un exemple : un fichier matières comportant des références à des chapitres d’ouvrages, présentera des solutions d’accès plus nombreuses à ces ouvrages qu’un fichier qui n’aurait réservé qu’une vedette matière pour chacun (quantité), mais on peut aussi établir des vedettes matières en fonction d’un objectif précis, indexer, par exemple, ce qui se rapporte à la géographie dans un livre d’Histoire (spécificité). Le temps consacré à l’indexation influera fortement sur la profondeur d’indexation selon l’unité documentaire choisie .

LE SUJET

Concernant le sujet, on ne peut poser l’équation réversible « 1 sujet = 1 vedette matière », car un sujet pourra être représenté par plusieurs vedettes matières. L’indexeur devra donc choisir un ou plusieurs termes significatifs, qui représenteront chaque sujet de l’unité traitée, en prévoyant un spectre raisonné des questions sur ce même sujet. Les termes choisis constitueront les réponses potentielles aux interrogations de l’utilisateur. Cette phase est cruciale, elle met en jeu les facultés de compréhension, les représentations du savoir et la spécialisation de l’indexeur, mais aussi sa disponibilité, ses intentions et l’image qu’il se fait des utilisateurs, le tout, plus ou moins conditionné par la structure où il exerce, la contrainte temporelle, sa position professionnelle et la reconnaissance de son travail.

Une étude des procédures pratiques de cette activité avec des groupes d’indexeurs différents, a démontré que la finesse de l’indexation résultait de la compétence et de l’indexeur et du public . De manière plus triviale on pourrait identifier les deux « stratégies », évoquées dans cette étude, avec « l’indexation en série » et « l’indexation artisanale ». La première correspondant à l’idée institutionnelle d’une vulgarisation encyclopédique, la deuxième misant sur l’adaptation de l’objet aux besoins affirmés et connus de « clients connaisseurs » .

LA VEDETTE MATIERE

L’indexeur devra, également, garantir une forme de cohérence de l’information secondaire composée par les vedettes et à cette fin l’organiser en système : la liste, systématique ou alphabétique, qui devra prévoir une succession, continue ou discontinue, des vedettes et les renvois des termes rejetés vers les termes choisis. Cette organisation pourra être commandée par une liste contrôlée pré-existante ou par un thésaurus qui établira des formes, des coordinations et des hiérarchies des termes retenus.

La nécessité de recourir à une codification syntaxique préalable des vedettes imposera certaines contraintes de transcription. La contrainte majeure réside dans l’adoption de modèles à la fois logiques et compréhensibles pour l’utilisateur. L’indexeur devra penser, en particulier, au contexte de réception de l’indexation sans compliquer à loisir les possibilités de codification. Mais malgré la recherche de simplicité dans les transcriptions, on ne pourra éviter les chaînages de termes et les symbolisations (par des signes typographiques, en particulier), des rapports du général au spécifique, du contenant au contenu, du principal au secondaire… etc. Quel que soit le souci de clarté et de simplification, l’utilisateur devra, de son côté, s’adapter à une logique d’interrogation qui ne lui est pas forcément familière.

Il suffit d’évoquer ici les cas de questions (et de réponses) trop larges ou trop étroites qui manquent leur cible par défaut d’adéquation entre les termes des questionneurs et les termes que l’indexeur aura choisis. Ainsi, si rien ne lui indique que les livres généraux relatifs aux artistes français entre 1970 et 1980 sont classés sous France, art contemporain, 1970-1980 et non pas directement à Art contemporain ou à Artistes, l’utilisateur en conclura qu’aucun document ne répond à sa question. De même, une question générale portant sur l’objet dans l’art qui ne « sortirait » pas, directement ou par renvoi, ce qui se rapporte au Nouveau réalisme, déboucherait sur une réponse incomplète, l’utilisateur n’ayant pas forcément le réflexe de compléter sa recherche au nom de ce mouvement artistique.

THEME DOCUMENTAIRE ET THEME ARTISTIQUE 

« On conçoit […] l’importance du thème dans la communication documentaire. Il est le lieu de rencontre privilégié entre celui qui cherche l’information et celui qui la détient » rappelle Jacques MANIEZ . Nous l’envisagerons sous un double aspect car un seul mot renvoie ici à deux réalités emboîtées ; celle des thèmes, au sens documentaire, censés représenter eux-mêmes des thèmes intéressant les contenus des œuvres. Partant de la définition du thème documentaire « domaine d’intérêt choisi pour regrouper entre eux des descripteurs » , on recherchera si ces domaines d’intérêt recouvrent également les thèmes artistiques. Non pas les thèmes qui se rapportent à l’art en général : enseignement de l’art, musée, sociologie de l’art, restauration, tableau, sculpture…etc., qui désignent, au premier degré, ce qu’on entend par thème documentaire, mais ceux qui appartiennent à ce que l’Histoire littéraire, en particulier, rassemble sous la notion de thématique. C’est cette dernière qu’il faut maintenant définir, parce qu’il ne suffit pas de renvoyer à son acception dans le champ des études littéraires pour éclairer ce que représente le thème en arts plastiques. Par un étrange retournement, les auteurs qui réfléchissent sur la thématique en littérature se réfèrent souvent au modèle documentaire du catalogue matières .

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Table des matières

INTRODUCTION
PREMIÈRE PARTIE QUESTIONS PRÉLIMINAIRES SUR LA DOCUMENTOLOGIE ET LA DOCUMENTATION THÉMATIQUE EN ART CONTEMPORAIN
1. DOCUMENTATION, DOCUMENTOLOGIE ET SCIENCES DE L’INFORMATION
2. LA DOCUMENTATION AU SERVICE DE L’HISTOIRE DES ARTS PLASTIQUES CONTEMPORAINS
DEUXIÈME PARTIE L’INDEXATION THÉMATIQUE DANS LES SOURCES DOCUMENTAIRES SUR L’ART CONTEMPORAIN : ANALYSE DES OUTILS
1. INDEXATION MATIÈRE ET THÉMATIQUE ARTISTIQUE
2. L’INDEX THEMATIQUE DANS LES DOCUMENTS PRIMAIRES : LES LIVRES SUR L’ART
3. INDEXATION THÉMATIQUE ET CATALOGUES D’EXPOSITIONS
4. LES INDEX THÉMATIQUES DANS LES REVUES D’ART CONTEMPORAIN
5. L’INDEXATION DANS LES DOCUMENTS SECONDAIRES
6. L’INDEXATION DANS L’INFORMATIQUE DOCUMENTAIRE APPLIQUEE AUX OEUVRES CONTEMPORAINES
TROISIÈME PARTIE DE LA THEMATIQUE DES OEUVRES A L’INDEXATION THÉMATIQUE : ETUDES ET APPLICATIONS AU TEXTE ET A L’IMAGE
1. DESTINATION
2. PRÉALABLES A L’INDEXATION THÉMATIQUE DU TEXTE ET DE L’IMAGE
3. L’INDEXATION THEMATIQUE APPLIQUÉE AUX TEXTES SUR L’ART CONTEMPORAIN
4. LA REPRODUCTION DES ŒUVRES D’ART : QUESTIONS GENERALES
5. ANALYSE ET INDEXATION DES REPRODUCTIONS
6. INDEXATION THÉMATIQUE APPLIQUÉE A L’IMAGE
CONCLUSION
TABLEAUX
BIBLIOGRAPHIE
SOURCES
INDEX DES NOMS PROPRES ET COLLECTIVITÉS
INDEX DES TITRES ET SUJETS
ANNEXES

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