L’impact de la Pulvérisation Intra-Domiciliaire sur la Proportion de Consultation pour Paludisme

Le paludisme est la maladie parasitaire la plus répandue dans le Monde [1]. Chaque année environ un million de personnes meurent du paludisme dans le monde, et 90% de ces décès surviennent en Afrique sub-saharienne [2]. Les enfants de moins de cinq ans payent le prix le plus fort avec un décès toutes les trente secondes [3]. A Bla, selon le rapport du Système Local d’Information Sanitaire (SLIS ,2011) le paludisme représente 41,80% de toutes les consultations externes [4]. Il est la première cause de décès chez les enfants de moins de cinq ans et aussi la première cause d’anémies chez les femmes enceintes. [4] Le paludisme est endémique à Bla avec une intense transmission au cours de la saison pluvieuse [4]. Subséquemment, nous observons une extrême variabilité de la situation épidémiologique selon les faciès éco-climatiques [5] En 1998, l’OMS a lancé l’initiative « Roll Back Malaria » (faire reculer le paludisme) dont l’un des piliers est la lutte anti-vectorielle. En effet, la lutte anti-vectorielle est l’une des composantes des stratégies globales de lutte antipaludique préconisées par l’OMS et adopté par le PNLP. Elle est essentiellement basée sur l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée de rémanence (d’action) (MILD) et de la pulvérisation intra domiciliaire (PID).Cette PID est appliquée dans les districts sanitaires de Koulikoro, de Bla depuis 2008 et de Baraouli depuis 2009 par le PNLP en collaboration avec USAID dans le cadre du projet « US Président Malaria Initiative ». En nous basant sur toutes investigations faites pour lutter contre le paludisme nous avons jugé nécessaire de voir ce que cette pulvérisation intra domiciliaire qui a commencée à BLA depuis 2008 donne comme résultat. C’est dans cet ordre idée que le présent travail à été entrepris dont l’objet est : l’impact de la pulvérisation intra domiciliaire sur la proportion de consultation pour paludisme dans le district sanitaire de Bla (de2003 à 2012).

GENERALITES

Définition

Le paludisme (palu : marais) ou malaria (= mauvais air) est une parasitose due à des hématozoaires du genre Plasmodium, transmise à l’Homme par la piqure des moustiques femelles du genre Anophèles. La présence du parasite dans le sang entraîne une maladie fébrile hémolysante. Il existe quatre espèces plasmodiales pathogènes pour l’Homme : Plasmodium falciparum, Plasmodium ovale, Plasmodium malariae, Plasmodium vivax. Une cinquième espèce, Plasmodium knowlesi, a été récemment décrite comme infectant l’Homme [6] Les principaux vecteurs du paludisme rencontrés au Mali sont Anophèles gambiae s.l. et ceux du groupe Anophèles funestus [7]. An. gambiae s.l se compose d’An. arabiensis et des trois formes chromosomiques d’An. gambiae s.s dénommées : Bamako, Mopti et Savane [7]. Les trois formes chromosomiques ont été regroupées en deux formes moléculaires M et S [8,9]. Dans les zones où les différents taxa vivent en sympathie avec An. funestus, la transmission du paludisme se déroule selon un système de «relais » où les formes chromosomiques Bamako, Mopti, Savane plus An. arabiensis et souvent An. funestus assurent de façon séquentielle le rôle de vecteur majeur [8].

les facteurs de limitation ou d’extension du paludisme

C’est chez l’Homme que se manifeste la maladie. Elle dépend de plusieurs facteurs parmi lesquels l’âge, l’immunité et l’état nutritionnel. Les facteurs environnementaux tels que la température, la pluviométrie et l’altitude sont aussi des facteurs favorisants. Les variations de la température influencent beaucoup la transmission. Les températures inférieures à 18°c et celles supérieures à 35°C arrêtent le cycle sporogonique.

Elle a aussi une influence sur la durée du cycle sporogonique. La pluie augmente le nombre de gîtes larvaires. Elle influence la productivité des gîtes en anophèles. Les fortes densités de moustiques sont observées en saison des pluies. Au dessus de 1500 m d’altitude dans certaines zones la transmission devient instable ou disparaît parfois ; c’est le cas de l’Afrique centrale [10].

lutte contre les vecteurs du paludisme

Il existe deux principales méthodes : La lutte anti-larvaire et la lutte contre les moustiques adultes.

lutte anti-larvaire
Les larves peuvent être détruites au niveau des gîtes, soit par l’introduction de prédateurs (Gambusia affinis, Poecilia reticula, Bacillus thurigiensis israelensis), soit par l’élimination et ou la modification du biotope ou encore par l’épandage de larvicide (Temephos ®, Fenitrothion® etc.) mais aussi par l’utilisation de régulateurs de croissance (Diflubenzuron®, le Methoprene et le Pyriproxyfen®) [11].

Lutte contre les adultes
Il existe plusieurs méthodes de lutte chimiques parmi lesquelles les moustiquaires imprégnées d’insecticides et la pulvérisation intra-domiciliaire (PID) ou (Indoor Residual Spraying, IRS) en anglais. Cette dernière est une technique de lutte anti-vectorielle qui consiste à pulvériser de l’insecticide liquide sur les murs intérieurs et des toits des habitations et autres structures (magasins, étables, latrines, écoles, lieux de culte, etc.). Le but visé par la PID est la réduction de la morbidité et de la mortalité dues au paludisme. Les objectifs spécifiques étant la réduction de la densité et de la longévité des vecteurs avec comme conséquence la réduction de la transmission. L’effet irritant de certains insecticides (DDT, pyréthrinoïdes, certains carbamates), incite les anophèles à quitter plus ou moins rapidement les surfaces traitées. Ainsi, en 1965, il a été admis qu’il était impossible d’obtenir l’arrêt de la transmission par le DDT dans les savanes humides holo-endémiques d’Afrique de l’Ouest à cause de la résistance des vecteurs dans les années d 1960 [12].Elle a été la principale méthode de lutte de la campagne pour l’éradication du paludisme des années 1950 et 60. Elle a contribué à l’élimination du paludisme dans de nombreuses régions du monde et à sauver des milliers de vies humaines. La PID a contribué au contrôle ou à l’élimination du paludisme en Afrique du Nord, en Afrique australe et dans les Iles de l’océan indien (Maurice, Réunion) [13].

Par contre, la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne n’ont pas été inclus dans le programme d’éradication. Des «zones pilotes» ont été crées dans certains pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Liberia, Nigeria, Sénégal, Togo), du Centre (Burundi, Cameroun, Sao Tomé & Principe) et de l’Est (Kenya, Tanzanie). D’excellents résultats ont été obtenus dans certaines «zones pilotes» (Sud Cameroun, Liberia, Sao Tomé & Principe, Kenya) mais dans la plupart des cas, la transmission n’a jamais été interrompue suite essentiellement aux comportements des vecteurs et/ou à leur résistance aux produits utilisés [14, 15]. Plus tard, la PID a permis une réduction notable de la mortalité générale à Garki dans le Nord Nigeria et de réduire des flambées épidémiques liées au développement de la riziculture au Burundi [13].

En dépit de son coût onéreux, elle reste très efficace contre les adultes de moustiques. Ainsi, en décembre 2006, 15 autres pays ont bénéficié à travers l’USAID, un financement de l’Initiative présidentielle de lutte contre le paludisme (PMI). PMI, mis en œuvre par RTI International, vise à réduire de 50 % les décès dus au paludisme en protégeant par des interventions préventives et des traitements, 85 % des groupes les plus vulnérables, dont les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans. Le PMI finance quatre interventions éprouvées: le traitement avec des antipaludéens efficaces ; la distribution de moustiquaires traitées à l’insecticide ; le traitement préventif intermittent contre le paludisme pendant la grossesse ; et la pulvérisation à l’insecticide de l’intérieur des maisons pour tuer les moustiques qui causent le paludisme [3].

Ces pulvérisations ne peuvent être employées avec succès que lorsque :
➤ La majorité des vecteurs est endophile ;
➤ La population vectrice est sensible aux insecticides choisis ;
➤ Une fraction importante des maisons ou de la structure située dans les aires opérationnelles offre des surfaces pulvérisables [11].

Les insecticides utilisés en santé publique doivent présenter une totale sécurité pour:
➤ Les habitants des maisons traitées en particulier pour les enfants qui peuvent absorber les produits qui ruissellent sur les murs ou tombent sur le sol ;
➤ Les operateurs et les mélangeurs doivent porter des équipements adéquats, et avoir une formation sur la manipulation des insecticides. On évalue la toxicité des insecticides par leur dose létale (DL50), orale nasale ou dermique. Le DDT a rarement provoqué des accidents aigus si ce n’est par l’absorption volontaire [16]. Les pyréthrinoïdes présentent une grande sécurité d’emploi malgré quelque paresthésie locale et passagère. Les accidents demandent une thérapie spécifique par atropine et les oximes pour les organophosphorés et l’atropine seule pour les carbamates.

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Table des matières

I -INTRODUCTION
II-OBJECTIFS
III-GENERALITES
IV-METHODOLOGIE
V-RESULTATS
VI-COMMENTAIRES ET DISCUSSION
VII-CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
VIII-REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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