L’identification d’un trauma ou la perception d’un fracas

Une seconde vague

Considérée comme un processus, la résilience peut, sous certaines conditions concerner chacun et chacune. À l’instar du processus du deuil, la construction de la résilience suit des étapes précises. Glenn Richardson développe un modèle de résilience en terme de processus (figure 2).
Le présupposé est que chaque individu vit dans un état relatif d’homéostasie ou zone de confort (RIPPH 2011 p.38). Un événement inhabituel vient bousculer cet état d’équilibre. Il peut s’agir d’un accident personnel ou celui d’un proche, ou encore d’un événement collectif auquel l’individu ne parvient pas à s’adapter en utilisant les facteurs de protection personnels et environnementaux. Il y a alors perturbation de l’équilibre sur le plan biopsychosocial qui induit un effondrement des capacités d’adaptation. De cet état de discontinuité, l’individu sollicite ses propres ressources aussi bien personnelles qu’environnementales. Le retour à la zone de confort peut être considéré comme du coping (de l’ordre de la pseudorésilience) et non de la résilience proprement dite 6.
« Parallèlement, cette conception de la résilience met l’accent sur l’utilité d’un care giving (souvent traduit en français par tuteur de résilience 7) soutenant le processus de résilience de ceux censés en manquer » (TISSERON 2014 p.4). En tant que travailleur social, la notion du tuteur de résilience est la source même de mes réflexions sur l’accompagnement en interrogeant les enjeux de la posture professionnelle. C’est en cela que les propos de Serban Ionescu sont un complément nécessaire à l’exploration de la résilience dans la mesure elle ne peut avoir lieu en dehors des interactions avec les autres, sans des mentors, des tuteurs ou des réseaux de soutien social. C’està- dire que si la résilience caractérise une personne qui a surmonté un événement à caractère traumatisant, c’est : « parce qu’elle est le résultat d’un processus interactif entre la personne, sa famille et son environnement. » (IONESCU 2011 p.3) Historiquement, il faut remonter aux programmes d’intervention des années 1960 et 1970 visant, notamment, à endiguer les effets de la pauvreté chronique aux États-Unis. Ainsi les projets Milwaukee et Abécédaire sont d’abord pensés et conçus comme des programmes de prévention et ce n’est qu’à partir des années 1990 que différentes publications ont commencé à s’intéresser à la résilience, notamment : « à la promotion, à la construction, à la stimulation, à l’amélioration ou à l’augmentation de la résilience des enfants et des adultes vivant des situations pouvant avoir des conséquences sur leur santé mentale. Ont été ainsi élaborées des techniques et des programmes visant à aider des individus ou des groupes à faire face et à se sortir, le mieux possible, de situations traumatisantes et de l’adversité. » (IONESCU 2011 p.11)
De cet héritage de la prévention, la résilience amène d’autres considérations essentielles. Selon Serban Ionescu, il y a une résilience naturelle distincte d’une résilience assistée (2011 p.9). Ainsi pour ce professeur de psychopathologie 8, l’intervention d’un professionnel est avant tout proactive cherchant à mettre en évidence et à développer les potentialités des personnes dites à risque. L’intervention doit donc se centrer sur l’individu tout en impliquant sa famille, son environnement ; en se focalisant sur les compétences 9 et les forces 10 sans oublier la souffrance et en évitant de stigmatiser les personnes à risque en ciblant les actions.
L’adjectif assisté renvoie au care-giving, le professionnel ne faisant que seconder, accompagner le sujet dans le processus de construction ou de renforcement de la résilience ; « le sujet lui-même reste aux commandes » (IONESCU 2011 p.11). La résilience naturelle n’est pas vraiment définie, si ce n’est par la négative : « Dans la vie de tous les jours, de nombreuses personnes ne disposent pas d’une relation qui puisse les aider à dépasser leurs difficultés, ou l’adversité qu’elles rencontrent.
La psychothérapie offre aussi un cadre propice (en particulier, émotionnellement sécure) – dont ces personnes ne disposent pas dans leur vie quotidienne – pour se centrer sur leurs problèmes. » (IONESCU 2011 p.20)
Aussi, il est essentiel de se poser la question du potentiel de développement pré-servé qui doit permettre à la personne résiliente de se confronter à elle-même dans le temps de la rencontre qu’elle se donne dans un cadre professionnel (un care-giving) ou dans son entourage (un tuteur de résilience). Comme je l’aborde au chapitre suivant en proposant une définition de la résilience (POURTOIS & al. 2012), ce potentiel de développement préservé est une des conditions de la résilience. Il est, en d’autres mots, de l’ordre de la vulnérabilité dans la mesure où la personne résiliente ne peut accueillir la présence de l’autre (thérapeute ou non) sans qu’elle ait au fond d’elle-même un soupçon d’espoir, une croyance qu’elle peut s’en sortir, qu’elle n’est pas que victime.

Une troisième vague

La résilience est considérée comme une force où « chacun construit sa résilience, et on ne sait jamais comment elle va se manifester chez une personne à un moment donné. Du coup, nous devons accepter que les chemins empruntés par certaines personnes sur la voie de leur construction puissent surprendre, voire choquer. Cela ne devrait pas nous étonner » (TISSERON 2014 p.5)
L’auteur fait usage de la métaphore de la régénération végétale à la suite d’un incendie de forêt. La vie qui renaît prend la forme d’espèces végétales plus diversifiées et parfois inattendues. C’est bien ce que je peux observer avec la population de personnes cérébrolésées du foyer dans lequel je travaille. Ainsi, combien de fois n’ai-je pas entendu de la part d’un proche dire avec surprise qu’il ne la connaissait pas comme ça, qu’il n’était plus la même personne… et que ces transformations sont la source d’interrogations entre l’avant et l’après-accident. Je serai amené à en reparler dans le cadre des entretiens avec les proches.
La résilience à la différence du coping qui est une réponse au stress, n’est pas un retour à ce qui a été (la zone de confort selon Richardson, figure 2). Elle amène à une transformation de la personne qui est alors dite résiliente si elle peut se percevoir comme allant bien compte tenu du chemin parcouru. C’est cette subtile et essentielle différence entre le bien-être promu par notre société de consommation (et du spectacle) comme un droit au bonheur et l’être-bien pleinement responsable et reconnaissant de ce qui est et ce qui advient. Cet allant 11 serait-il le temps propre de la résilience qui fait du fracas un événement constructif du néo-développement de la personne traumatisée ? Une question que j’aborderai dans ce qu’il est convenu d’appeler l’après-coup de la résilience et qui se rapproche, à mon avis, au mieux de cette notion de force qu’Ionescu (2011 p.12) définit comme : « la capacité à performer presque parfaitement dans une activité donnée. »

Une quatrième vague

Dans la continuité des travaux de Glenn Richardson, Serge Tisseron propose une quatrième approche. « Après la résilience définie comme une qualité, puis comme un processus et enfin comme une force, la signification du mot est aujourd’hui élargie jusqu’à devenir le paradigme d’une « nouvelle renaissance » centrée sur des pratiques collaboratives et envisagées dans ses composantes à la fois sociales, économiques, psychologiques et même politiques. » (2014 p.7) Il est désormais possible de parler de « ville résiliente » ou « d’entreprise résiliente » ou dernièrement (novembre 2015) de « résilience communautaire » à propos de la réponse sociale aux menaces terroristes. L’organisation collective s’inscrit comme condition des résiliences individuelles et, au dire de l’auteur, la résilience ne concerne plus la seule phase de reconstruction après un événement traumatique. Elle s’articule en quatre moments :
1) Se préparer au traumatisme
2) Résister au traumatisme
3) Se reconstruire
4) Consolider
Ces quatre moments évoqués par Serge Tisseron (2014 pp.7-8) ouvrent un débat qui est loin d’être clos et qui a le mérite de poser des questions essentielles quant à l’usage de la résilience aujourd’hui. Aborder la question de la préparation au traumatisme, c’est ouvrir le débat de la prévention qui renvoie à un des piliers qui participe de la genèse de la résilience. Comment considérer l’expérience résiliente du traumatisme ou d’une adversité dans une vision proactive et préventive ? Cette interrogation sur le : « se préparer au traumatisme » réapparaît dans l’analyse des entretiens sous la catégorie : Le bagage ou l’a priori de la douleur.

La résilience : une définition

La résilience est devenue, depuis les années nonante, une notion à la mode qui recouvre des réalités différentes selon les courants de pensée qui la traversent.
Comme le relève Boris Cyrulnik : « À partir des années 1980, on a assisté à une explosion de publications sur la résilience, en psychologie surtout, mais aussi en biologie, en sociologie, en linguistique et anthropologie. Ce concept, étonnamment bien accueilli sur tous les continents témoignait probablement du désir d’en finir avec le misérabilisme des théories de l’époque et du déterminisme fixiste des stéréotypes. » (IONESCU 2011, préface, p. XV) Ainsi Serban Ionescu (2011 p. XIX) parle de 4’641 documents, dont 1’023 thèses de doctorat, qui abordent le sujet de la résilience figurant dans la principale base de données en psychologie (PsycINFO – août 2010).
C’est la raison pour laquelle, j’ai fait le choix, après diverses lectures, de prendre pour guide l’ouvrage de Jean-Pierre Pourtois, Bruno Humbeek et Huguette Desmet, Les ressources de la résilience (2012) 12. Cette approche psychologique de la résilience me permet en cours de développement d’intégrer des réflexions puisées chez d’autres auteurs. Par ailleurs, la démarche inductive-déductive privilégiée par les auteurs offre une cohérence certaine dans la méthodologie développée dans ce travail de Bachelor. Le choix de l’analyse par théorisation ancrée découle d’ailleurs de la lecture du livre de Jean-Pierre Pourtois & al. (2012).
La définition scientifique de la résilience intègre quatre conditions nécessaires et suffisantes que nous explicitons plus en détail par la suite :
1. L’identification d’un trauma ou la perception d’un fracas 13 ;
2. La mise en place de stratégies de résistance ou de désistance ;
3. Un potentiel de développement préservé ;
4. Une propension à un épanouissement original

L’identification d’un trauma ou la perception d’un fracas

Le trauma est une agression du vivant. Plus particulièrement il représente sur le plan psychique les effets de ce que Michel Delage nomme l’adversité : « L’adversité qualifie une situation dont la dimension hostile pour des organismes vivants ou des personnes est clairement objectivable. Toutefois, cela ne préjuge en rien de la réaction de ces organismes ou de ces personnes. » (DELAGE & CYRULNIK 2010 p.344) Autrement dit, c’est la nature même de la réaction à cette agression qui va définir le traumatisme. Si des capacités de résistance ou d’adaptation se mettent en place, on parle de stress alors que si cette mise en place n’est pas effective, on emploie le terme de traumatisme.
Michel Delage revient dans sa conclusion de cet ouvrage collectif sur la distinction qui fonde le processus de résilience : « Peut-être faut-il distinguer une résilience adaptative parce que les mécanismes en jeu s’organisent autour de réactions positives au stress, et un processus de résilience post-traumatique qui suppose, au-delà de l’adaptation ou en lieu et place de celle-ci, des changements d’une autre nature parce qu’ils consistent en une modification dans l’organisation du vivant, d’un système familial, et à des transformations de l’activité mentale. » (DELAGE & CYRULNIK 2010 p.344)
La question essentielle est celle posée par la relation entre le monde intérieur (Innenwelt) et le monde extérieur, dans le sens d’environnement (Umwelt) ; plus particulièrement de la dynamique du lieu qui produit ou reproduit du sens. C’est tout le débat que provoque le psychanalyste John Bowlby 14 dans les années 1950 en déclarant dans un rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) que: « pour se construire un enfant a besoin de tisser un lien avec un adulte » (CYRULNIK & DUVAL 2006 p.8). Le concept d’attachement
13 Laplanche et Pontalis (2014 pp.499-503) considèrent le « trauma ou traumatisme (psychique) » comme un « événement de la vie du sujet qui se définit par son intensité, l’incapacité où se trouve le sujet d’y répondre adéquatement, le bouleversement et les effets pathogènes durables qu’il provoque dans l’organisation psychique. » Anciennement utilisé en médecine et en chirurgie : le terme trauma, du grec : blessure, désignait une blessure avec effraction, tandis que traumatisme était plutôt réservé aux conséquences sur l’ensemble de l’organisme d’une lésion résultant d’une violence externe. Ces deux termes tendent à être utilisés en médecine de façon synonymes.
Comme je l’ai déjà signifié, plus en amont dans ce travail, les termes traumatisme et fracas (ou tsunami) sont, au regard de la résilience, synonymes ; ils appartiennent à des univers différents. Le premier est davantage de l’ordre du médical alors que le second, relève du langage de la personne prise dans une situation d’adversité, à l’instar du proche que j’ai rencontré dans la cadre de mes entretiens développé par la suite remet en question l’approche de la psychanalyse pour laquelle les faits réels n’ont aucune influence déterminante sur le psychisme. Ainsi le refoulement des pulsions sexuelles chez l’enfant est à l’origine de ses angoisses ; ce qui explique l’amnésie des premières années de vie. Ce déterminisme intrapsychique ne laisse aucune place aux effets d’une séparation réelle ou autres actes de maltraitance versus de bientraitance. Serban Ionescu 15 pose à sa manière un regard critique sur les enjeux intrapsychiques de la résilience amenant à distinguer la vraie résilience de la pseudorésilience.
Ces deux concepts s’appliquent aux personnes qui, pour avoir vécu une situation traumatisante, réussissent et se comportent de manière compétente. « L’utilisation du concept de vraie résilience est réservée aux personnes dont le fonctionnement intrapsychique – qui témoigne de la flexibilité, d’une intégration des processus psychiques et de maturité – est cohérent avec la compétence externe.
La pseudorésilience, phénomène égaré dans la masse des travaux concernant la résilience, s’associe, quant à elle, à une organisation rigide de la personnalité. » (CYRULNIK & DUVAL 2006 p.31). James Anthony, psychanalyste américain, qui semble être à l’origine de cette distinction, cite l’exemple de Meursault, personnage- narrateur de L’étranger de Camus en tant que prototype du pseudorésilient : il y a une illusion de puissance, d’immunité au stress et de bien-être.
Cette réflexion sur la pseudorésilience renvoie à définir, aussi, la résilience par la négative. Elle n’est ainsi pas une accommodation qui désigne « un syndrome d’adaptation caractérisé par le silence symptomatique » (POURTOIS & al. 2012 p.13) Ce concept a été mis en avant dans le contexte particulier de l’inceste. L’enfant abusé peut développer des stratégies pour répondre à la violence traumatisante de la situation tout en occultant une partie essentielle de ses besoins et mettant ainsi en péril son épanouissement. Dans le cas de l’accommodation, la personne endosse le rôle de victime, n’étant plus ni auteur ni acteur de sa vie. Elle serait au regard de la cartographie proposée par Glenn Richardson (figure 2) de l’ordre de la réintégration avec perte.
La résilience n’est pas non plus une motivation à l’accomplissement qui expliquerait une réussite sociale et économique chez un individu suite à un événement traumatisant réduisant l’épanouissement à sa seule dimension cognitive. « La motivation à s’accomplir sous-tend davantage un projet d’action qu’une projection plus générale dans l’agir que suppose la notion de propension à un épanouissement original. » (POURTOIS & al. 2012 pp.14-15)
Dans le même ordre d’idée, le concept de coping, développé par Richard Lazarus, comme une réponse possible au stress, peut être considéré comme une pseudorésilience.
Le coping est compris ainsi « comme une transaction cognitive entre l’individu et son environnement, dans une situation spécifique. […] Richard Lazarus et ses collaborateurs ont aussi mis l’accent sur l’évaluation, à deux niveaux, de la situation : le premier concerne le caractère de celle-ci (dangereuse, menaçante, constituant un défi) et le risque qu’elle représente pour l’individu ; le second porte sur les ressources disponibles pour faire face à la situation respective. »

La mise en place de stratégies de résistance ou de désistance

Le second critère mis en avant par Jean-Pierre Pourtois et ses collègues exprime l’idée suivante : « La force que le sujet oppose à son enlisement dans le gouffre que représente pour lui le vécu traumatique l’amène alors à résister ou à se désister à la tentation de s’y anéantir complètement. » (2012 p.9)
Le concept de résistance tel qu’il est défini par Jean-Pierre Pourtois & al. (2012) traduit les capacités stratégiques d’une personne à réduire l’influence du trauma sur son développement en annulant ou en diminuant les effets délétères qu’il provoque. « À travers ce mécanisme, le sujet maintient son potentiel de développement en l’état où il était avant l’exposition au trauma. […] Il ne crée cependant pas une trajectoire de nouveau développement » (pp.18-19)
À l’inverse, le concept de désistance traduit chez une personne traumatisée un processus de désinvestissement, de désintérêt, voire d’indifférence, d’une partie de son développement psychosocial. « Un sujet qui n’accorde peu ou pas d’importance à son épanouissement affectif peut par exemple, en réaction à un trauma, continuer à négliger cette modalité de construction de lui-même pour surinvestir encore davantage les sphères cognitive et sociale en faisant reposer sur celles-ci l’ensemble du processus de reconnaissance identitaire dans lequel il s’engage. » (POURTOIS & al. 2012 p.19) Ainsi une telle trajectoire est dite désistante sur le plan affectif. Elle ne peut s’ouvrir sur un développement nouveau, car l’individu, pour se préserver, occulte une partie de sa personnalité qui le fragiliserait.
La désilience, c’est l’impossibilité de se nourrir d’espoir : « les voies nouvelles empruntées par l’individu l’amènent le plus souvent à concevoir toute relation humaine sur le mode de l’assujettissement ou de la soumission. La négation de l’altérité que provoque cette posture interdit à terme toute forme d’émancipation. » (POURTOIS et al. 2012 p.21). L’individu n’est plus maître de sa vie et ne peut élaborer et adhérer à des projets dans le futur qui font sens. De manière commune, c’est la ritournelle de la personne qui baisse les bras en se répétant que de toute façon quoi qu’elle fasse rien ne change et ne changera.
D’un point de vue sociétal la désilience participe de l’exclusion à l’instar de la clochardisation, des SDF (sans-domicile-fixe) ou, sans être aussi radicale, des chômeurs de longue durée qui ont perdu tout espoir de retrouver leur place sur le marché du travail. Cette réflexion sur l’axe résilience / désilience pose la question du regard de l’autre, ici de la société et de la production normative : de l’inclusion versus exclusion, de l’autonomie versus dépendance.

Un potentiel de développement préservé

« Le troisième critère suppose que le sujet ait pu, malgré le fracas, préserver, au moins partiellement, son potentiel de développement. Le processus de résilience implique en effet que le fracas ne constitue pas un obstacle définitif au-delà duquel toute forme d’individuation et d’épanouissement deviendrait inconcevable parce que l’idée d’évolution individuelle aurait perdu son sens. » (POURTOIS & al. 2012 p.9).
Si la notion de développement recouvre le mouvement de se déployer, d’enlever une enveloppe, de croître, elle pose, plus en amont, la question du fondement de l’identité, du substrat, qui va permettre à la personne résiliente de prendre son envol. En d’autres mots : Qu’est-ce qui fait que je vais prendre mon envol ? Qui je suis pour aller-être ? C’est sans doute la question qui m’a taraudé tout au long de cette réflexion sur le thème du traumatisme et de la résilience. Elle est au centre de l’entretien, je dirai qu’elle l’initie, car comment comprendre que le proche ait répondu à la rencontre en me dévoilant, dans le partage, un pan de son histoire douloureuse 18.
La résilience, son explicitation conceptuelle, a ouvert des portes déjà entre-ouvertes dans Le vestibule. Michel Hanus (2006), dans une approche psychanalytique, amorce une réponse qui m’amène à la notion de vulnérabilité. Dans l’expérience, un événement traumatique n’est, en premier lieu, perçu que dans son versant négatif. Entrer en résilience, c’est découvrir que ce même événement ou sa répétition du même ordre peut m’amener dans un autrement de moi-même. C’est ce que Michel Hanus nomme l’après-coup 19 du traumatisme, qui sans en changer la réalité en modifie la perception et le sens. « Une expérience pénible au départ, lors de sa survenue, peut-être vécue après coup comme révélateur de potentialités positives. […] En effet, la résilience se joue dans la répétition des traumatismes. Le premier est fondateur, le second est révélateur. » (2006 p.190) C’est-à-dire que la souffrance ne disparaît pas pour autant dans le processus de la résilience, c’est dans la relation à la souffrance qu’il y a transformation. Un aller-être, pour employer les mots dits dans Le vestibule, un mode de connaissance de l’ordre du souci de soi et que recouvre la notion de vulnérabilité. Autrement dit, la résilience se construit dans la blessure (le vulnus de vulnérabilité) comme une expérience de vie reconnue qui est une promesse, une espérance 20 suggérant un potentiel préservé. Et du point de vue de l’accompagnement professionnel, autant d’ailleurs dans le domaine social que médical, cette reconnaissance de la vulnérabilité est primordiale. L’interjection : « ce n’est pas grave ! » doit être bannie, car elle évite le  face à face à la souffrance. Elle est de l’ordre de la distance et non de la proximité (n’est-elle pas exprimée le plus souvent pour se rassurer plutôt que pour rassurer ?) entravant le travail en profondeur de la résilience.

Une propension à un épanouissement original

Afin d’évaluer l’épanouissement original qui donne le sens même au processus de résilience, Jean-Pierre Pourtois et Huguette Desmet se réfèrent au modèle des douze besoins psychosociaux (figure 5) qu’ils ont élaboré dans une recherche précédente (1997).
« Cet instrument est un référentiel spéculatif à partir duquel il devient possible d’évaluer la manière dont le sujet parvient à exprimer ses besoins affectifs, cognitifs, sociaux et conatifs en vue de se constituer une identité à travers les processus d’affiliation, d’accomplissement, d’autonomie et d’idéologie qui favorisent l’épanouissement et l’inscription au sein d’une communauté humaine avec laquelle le sujet partage un ensemble de valeurs. » (POURTOIS & al. 2012 p.10). En tenant compte des divers besoins d’un individu, le modèle rend compte à la fois de la complexité de son identité et des enjeux que recouvre la résilience ne pouvant être de l’ordre d’une accommodation ou d’une motivation à l’accomplissement dans la mesure où le développement de la personne ne se fait pas sur l’ensemble des quatre domaines.
Dans un raisonnement inverse, une personne fracassée serait non résiliente si, sur le plan affectif elle éprouve un sentiment d’insécurité, de rejet et de désespérance ; si sur le plan cognitif, elle s’interdit toute évolution, prise dans une attitude continue de passivité et d’indifférence ; si sur le plan social elle s’isole et se déstructure ; enfin, si sur le plan conatif, elle adopte des postures de désocialisalisation, d’avilissement et d’irréalisme. Le schéma d’involution psychosociale (figure 6) rend compte de ce « naufrage relationnel dans lequel peut s’engager celui qui, s’envisageant dans un environnement dérégulé et perçu comme insensé, a perdu le sentiment d’évidence naturelle de vivre. » (POURTOIS & al. 2012 p.12) « Ainsi envisagée, la notion de résilience post-traumatique ne désigne plus seulement la réaction immédiate à la découverte de la blessure, mais fait référence aux effets qui s’inscrivent durablement dans la manière dont le sujet, au-delà de l’épreuve, se représente le monde et y inscrit son sentiment d’exister. » (POURTOIS & al. p.12) En adoptant la définition proposée par les auteurs de l’ouvrage Les ressources de la résilience, je peux appréhender le phénomène de résilience dans sa complexité et dans son mouvement. Ainsi, sa manifestation s’inscrit dans une temporalité qui en détermine le sens et modifie la forme.
La représentation schématique (figures 3 & 4) considérée dans sa dynamique fournit un modèle compréhensible des trajectoires personnelles très diverses et à chaque fois unique. « Le développement de l’individu lorsqu’il subit une épreuve peut s’arrêter (désistance), se maintenir (résistance), repartir négativement (désilience) ou reprendre un nouveau développement émancipatoire (résilience). » (POURTOIS & al p.30) L’itinéraire résilient n’a rien de linéaire suivant une voie pré-tracée où il suffit de suivre les étapes définies par une logique procédurale (relative au processus). C’est en cela que de telles trajectoires sont discontinues, faites de ruptures, de crises et de développement où les plis et les replis se dévoilent dans la substance même de l’épreuve. En accord avec l’idée de l’après-coup développée par Michel Hanus (2006), s’il y a une logique, elle est itérative, comprise comme un processus fait de boucles dont le retour oblitère la douleur du traumatisme suggérant alors une autre relation possible à l’événement. Le schéma proposé par Richardson (figure 2) efface, en quelque sorte, la qualité événementielle de l’acte de présence à soi et au monde pour reprendre les mots de Cynthia Fleury (2015 p.9) amenés au début de L’exploration théorique.

La résilience : éléments de synthèse

Dans ce dernier chapitre, il ne s’agit pas d’apporter une conclusion au débat sur ce qu’est ou n’est pas la résilience. Je suggère de garder la porte entre-ouverte et de profiter de cette entre-ouverture théorique, et quelque peu psychologisante, pour appréhender le matériau recueilli au cours de mes entretiens avec les proches de personnes cérébrolésées.
Les éléments de synthèse devraient m’amener à forger des outils pour expliciter le sens contenu dans les témoignages et me mettre sur le chemin de nourrir des réponses à la problématique posée dans ce travail de Bachelor : Comment la résilience d’un personne (un proche) peut-elle générer une posture spécifique de l’accompagnement. Pour ce faire, je me suis inspiré de l’analyse américaine (SWOT) mise en place par Michel Manciaux (2006) et des auteurs 21 ayant participé à la rédaction de l’ouvrage : La résilience : résister pour se construire.
Le sigle SWOT signifie Strengths – forces, Weaknesses – faiblesses, Opportunities – opportunités et Threats – risques. La dynamique de la matrice est articulée selon les deux axes forces/faiblesses et opportunités/risques. L’analyse SWOT est utilisée par les milieux économiques pour manager une situation et définir une stratégie optimale. Dans le cas présent, le choix de cet outil est avant tout pour donner un cadre structurant à la dynamique de la résilience dans un souci de ne pas en réduire la complexité.

Introduction

Le retour est, à différents points de vue, le mot clef de cette partie consacrée à l’enquête, à l’entretien, à la rencontre de l’autre, de celle ou de celui qui se donne à être dans la proximité de la douleur. Considérant ma problématique, l’expérience du terrain doit m’amener à réfléchir sur cette posture spécifique qu’est l’accompagnement. À élaborer une critique dont les enjeux sont les conditions d’une possibilité de connaissance et ses limites.
Dans une démarche méthodologique inductive, l’entretien est ce qu’il y a de plus précieux car il est un échange et un partage d’une expérience humaine. Il est déjà de l’ordre du retour, puisque le récit que le proche me donne à entendre est à la fois un retour dans le temps et, par le travail de la mémoire, un retour à la genèse des épreuves traversées. Le témoignage est alors un chemin qui se construit dans le temps de l’entretien.
L’analyse qualitative, dont le versant théorique est explicité dans la partie méthodologique, avec sa rigueur, m’amène à mon propre retour, à celui de l’origine du dire et l’explicitation du sens comme retenu dans l’événement raconté. C’est ce travail laborieux qui est présenté dans la seconde partie du Retour d’enquête : la modélisation. Tout en utilisant les éléments théoriques relatifs à la résilience, devenus des outils d’analyse, je propose ma propre compréhension de l’accompagnement dans le fracas.

Les entretiens

Comment je me suis préparé aux entretiens ? Je les ai effectués entre la mi-février et le début mai 2015. En parallèle, mes investigations sur la résilience m’avaient fait découvrir les travaux de Pourtois & al. (1997, 2002, 2010, 2012) construisant une véritable colonne vertébrale à ma recherche autant du point de vue de la matière que de la démarche. J’adoptais alors une démarche inductive, définissant ainsi ma posture de chercheur et la place de ma subjectivité (cf. la partie consacrée à la méthodologie).
Avec ces lectures, je faisais le lien avec mes compétences d’ethnographe 5. Je pouvais ainsi aller à la rencontre de l’autre dans une écoute qui lui permet de prendre sa place et valorise ses connaissances propres. J’ai tout à apprendre de lui pour autant que chacun des protagonistes puisse y appréhender ce pour quoi il ou elle est présente à l’autre. La rencontre est de l’ordre de la scène et non du spectacle.
Et ce qui se joue au cours de l’entretien est un tout unique. Il ne peut se répéter.
Éventuellement aller à la recherche de précisions par la suite reste possible, mais l’essentiel est dit dans l’ici et maintenant de l’entretien. Ce qui n’empêche pas la mise en place d’un cadre, déjà présent lors de la prise de contact par la ou le neuropsychologue. Il traduit en quelques mots ce que je souhaite de la rencontre avec le proche : le récit des épreuves que cette personne a traversées suite à l’accident. Je souhaite qu’elle me parle d’elle, de sa propre expérience. C’est ce que je me permets de préciser au début de la rencontre tout en parlant de ma propre expérience qui est professionnelle. L’objectif est de créer un climat de partage en exposant mon questionnement et l’orientation de ma démarche. Il est envisageable, au cours de l’entretien, que j’évoque d’autres difficultés auxquelles je dois faire face dans l’accompagnement de personnes cérébrolésées au Foyer. Il n’y a donc pas de questionnaire préétabli. Dans cette préparation à l’entretien, il y a une seule et unique question que je pose à chacun des proches. Elle est relative à ce que j’ai appelé le bénéfice de la résilience dans mon journal de bord en février 2015 : est-ce que vous aimeriez être la femme que vous avez été avant l’accident ? Elle est pour moi de l’ordre du face à face avec soi-même et investi la sphère de la connaissance, de l’accident comme souci de soi. J’ai pu observer que ce n’est pas moi qui décide d’amener cette question, mais elle s’impose d’elle-même à un moment donné de l’entretien. Peut-être pour valider une confiance réciproque, une proximité reconnue et partagée ?
Quelques précisions viennent renforcer le cadre de l’entretien. Discussion et accord de l’enregistrement de l’entretien. Je m’engage à n’utiliser les témoignages que dans le cadre de ma recherche 6. Aucun nom ne figure sans l’assentiment de la personne concernée. Toujours dans le respect de la confidentialité, je suis attentif à faire en sorte que l’on ne puisse identifier la personne qui émet les verbatim retranscrits.
Par ailleurs, je précise au proche qu’il peut à tout moment décider d’interrompre l’entretien. Et compte tenu de la douleur des épreuves abordées, je vérifie à plusieurs reprises si pour mon interlocuteur ou interlocutrice les choses se passent bien ou si nous devons faire une pause. Une pause qui sera appréciée dans chacune des situations 7. Je répète également la durée de l’entretien que j’avais annoncé lors de mon premier contact téléphonique. Entre une heure et une heure et demie. De manière générale, les entretiens ont duré près de deux heures.
La transcription à partir de l’enregistrement s’est faite dans les trois jours qui ont suivi la rencontre. Par expérience, j’avais planifié le temps de ce travail qui est laborieux même si aujourd’hui l’informatique facilite grandement l’écoute des entretiens et leur transcription.

Journal d’analyse des données

Les extraits de mon journal traduisent mon analyse en acte du matériau d’entretien. Elle suit les étapes proposées par Pierre Paillé (2006, 2007 et 2008) et abordées dans la partie méthodologique de ce travail de Bachelor. Ce qui suit est avant tout de l’ordre du second niveau (catégorisation) avec la mise en place des thèmes dans le but de faire émerger les catégories. L’aboutissement de ce niveau d’analyse a été placé en annexe. Par faute de place d’une part et, d’autre part, parce que le document représente une phase intermédiaire peu pertinente dans une lecture finale de ce travail. Ce qui n’enlève rien à son importance et qui pour le chercheur constitue
la phase la plus laborieuse de mon travail d’analyse ; près d’un mois de réflexion et d’aller-retour.

07.11.15

Depuis 3-4 jours je suis pris dans l’analyse des données. Je lis et relis les verbatim de mes quatre entretiens et formule des énoncés. L’énoncé est de saisir l’essentiel de ce qui est dit. Les mots choisis sont parfois identiques à ceux de l’entretien et parfois, ils cherchent à en reproduire le sens en utilisant d’autres termes. Cette première passerelle de transcription-traduction est fragile. Je m’efforce de rester dans un lien proximal au matériau comme si je veux éviter de faire des vagues afin de ne pas troubler l’eau ; c’est le dire du proche, son expérience racontée avec ses mots qui ne sont pas les miens mais en passe de le devenir. Techniquement, j’ai construit un premier tableau à trois colonnes :
yy Référence : y figure le nom du proche : abrégé de deux lettres qui ne sont pas ses initiales ;
yy Verbatim : c’est le je du proche ; c’est ce qui a été dit au cours de l’entretien ; à l’exception de mes propres mots, parfois l’intitulé de mes questions. Je suis parti d’une première transcription effectuée directement quelques jours après l’entretien enregistré. Lors de l’élaboration de cette colonne, j’ai réécouté certains passages de l’enregistrement. yy L’énoncé : est de l’ordre de la traduction, on passe de la langue du proche à celle de l’enquêteur. C’est une mise en tension et fait passer un courant qui est de l’ordre de la production de sens : que veut dire l’auteur, que se cache-t-il derrière les mots, les phrases prononcées avec telle ou telle émotions. Je cultive la jachère ; tout peut être possible.
Je ne ressors pas indemne d’une telle relecture, je me replonge dans ces moments partagés avec le proche. Le chemin de la douleur est comme une victoire de la vie sur la mort. Il y a d’abord un combat entre les deux ; i.e. qu’ils sont séparés et personnifiés par le médical versus le proche ou sa famille. Où est le TCC ?
Dans le cri, dans la folie, dans l’irréel, dans l’animal ou l’inhumain… au-delà de ce couple vie-mort ? En avançant sur le chemin, elles, la vie la mort, redeviennent fréquentables jusqu’à ce que la rencontre devienne envisageable (elle a un visage) et fasse sens pour le proche et la personne cérébrolésée comme une promesse d’un déplacement, d’un dépassement… Tous les deux peuvent redevenir acteurs et auteurs de leur destinée.

08.11.2015

Ce matin, j’ai terminé la colonne « énoncés ». Je reste confronté à la difficulté d’aller soit vers un résumé, soit vers une production de sens. Et lorsque j’emprunte la voie d’une production de sens, je suis déjà dans une mise en relation informelle des différentes expériences avec le souci de ne pas gommer leurs spécificités. Comment poursuivre ? Par une mise en relation tout en restant ancré dans une approche proximale du matériau ?
De la transposition au réarrangement : je crée une 4ème colonne : Thèmes. Le thème ou unités thématiques, évoque une dimension qualitative du contenu et n’est pas de l’ordre d’un résumé ni d’un simple extrait. Il traduit une volonté de faire émerger ce qui est mis en avant, exprimé par l’interlocuteur ou l’interlocutrice dans le temps de l’entretien. Elle est pour moi de l’ordre du questionnement du matériau, de l’initiation à l’explicitation. Son aboutissement devrait être la dénomination des catégories.
Il répond à un processus qui pour moi doit être englobant ; je cherche à dénoter ce dont il est question au regard de l’extrait du récit et de son ensemble. Les entretiens sont encore traités chacun pour soi. Une fois chaque énoncé étiqueté d’au moins un thème, je peux alors réorganiser les extraits en les regroupant. Je sors du temps du récit et j’arrange le matériau en fonction des thèmes tout en gardant le lien horizontal entre Verbatim-Énoncés-Thèmes.
Il y a donc deux manipulations, la première est liée à l’émergence du thème. Il se peut que le même énoncé évoque deux thèmes différents. L’extrait est ainsi dédoublé et parfois réduit en fonction du lien avec le thème. Un second voire un troisième passage de l’ensemble du matériau est nécessaire pour évaluer les liens horizontaux et ajuster la terminologie des thèmes. C’est un premier resserrement et je le perçois comme un premier niveau d’interprétation relativement lâche. Je sais déjà que les thèmes choisis feront l’objet d’un remaniement, consolidation ou éclatement. La seconde manipulation est purement technique, le tableau me permet d’un coup de clic de regrouper les lignes en fonction des thèmes, puis je refais une lecture de l’ensemble en dédoublant le matériau en fonction des thèmes. Tout est mouvement dans un espace confiné suivant une rigueur que l’analyse m’impose. Les thèmes apparaissent selon un ordre alphabétique pour des raisons pratiques et ce n’est que dans la phase ultérieure (la modélisation : troisième niveau d’analyse) que les catégories devraient s’organiser selon un sens qui leur est propre 8.

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Table des matières
1. Introduction
1.1 Motivation première : comment le changement ?
1.2 Le vestibule
1.3 Problématique et méthodologie
1.4 L’exploration théorique et retour d’enquête
1.5 Le Foyer de Champsec
2. Le vestibule
2.1 Pourquoi le vestibule ?
2.2 Autrement, le temps de la rencontre
2.3 Autrement, la résilience
2.4 Autrement, l’accompagnement
2.5 Autrement, la proximité
2.6 Autrement, mon terrain
3. Problématique
4. Méthodologie
4.1 Introduction
4.2 Les outils méthodologiques
4.3 L’analyse qualitative par théorisation ancrée
4.3.1 Définition
4.3.1.1 Attitude versus posture
4.3.2 Les trois niveaux d’analyse
4.3.2.1 Premier niveau d’analyse : récit phénoménologique
4.3.2.2 Deuxième niveau d’analyse : catégorisation
4.3.2.3 Troisième niveau d’analyse : modélisation
5. E Explploration théorique
5.1 Introduction
5.2 La résilience : naissance d’une approche
5.2.1 Un point d’histoire
5.2.1.1 Une première vague
5.2.1.2 Une seconde vague
5.2.1.3 Une troisième vague
5.2.1.4 Une quatrième vague
5.3 La résilience : une définition
5.3.1 L’identification d’un trauma ou la perception d’un fracas
5.3.2 La mise en place de stratégies de résistance ou de désistance
5.3.3 Un potentiel de développement préservé
5.3.4 Une propension à un épanouissement original
5.4 La résilience : éléments de synthèse
6.Retour d’enquête
6.1 Introduction
6.2 À la rencontre des proches
6.3 Les entretiens
6.4 Journal d’analyse des données
6.5 Résultats d’analyse
6.5.1 Le basculement ou la vie du fracas
6.5.2 L’espérance ou l’expérience du manque
6.5.3 La proximité ou l’être affecté
6.5.4 Le retour ou l’expérience de la limite
6.5.5 Bagage ou l’a priori de la douleur
6.5.6 La vulnérabilité comme un aller-être
6.5.7 Le journal ou le travail de la mémoire
6.5.8 Le souci de soi ou comment prendre soin de son humanité
6.5.9 L’entourage ou la nécessité d’appartenance
6.5.10 La scène de la vie ou la scène de vie ?
6.5.11 Scénographie de la résilience
7. S Synthèse et perspectives
7.1 En guise de synthèse
7.1.1 La proximité de la posture professionnelle
7.2 Perspectives
7.2.1 D’un point de vue individuel
7.2.2 D’un point de vue institutionnel
7.3 Les biais de la recherche
7.3.1 Concernant l’objet d’investigation
7.3.2 Concernant le choix de l’échantillon
7.4 Critiques et limites du rapport
7.5 Bilan d’apprentissage
7.6 Épilogue
Bibliliographie
Annexes
Annexe 1 : Modèle de la résilience selon Richardson

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