L’exercice du pouvoir par les femmes : existe-t-il un pouvoir au feminin ? 

Les représentations du pouvoir

S’ordonne autour de la figure impériale byzantine, tout un cérémonial de Cour, liturgique ou hiérarchique en harmonie avec l’organisation de la Jérusalem céleste.
L’empereur Constantin VII Porphyrogénète, définit ce cérémonial à travers un ouvrage divisé en deux tomes, le Livre des Cérémonies . Dans sa préface, l’auteur justifie son entreprise, qui selon lui est nécessaire puisqu’elle participe au prestige de la figure impériale. La codification du cérémonial était prête à disparaitre, elle était déjà négligée, ainsi il voyait par-là, un désordre aboutissant vers un mauvais gouvernement ; « Parce qu’il était négligé et, pour ainsi dire, mort [le cérémonial impérial], on voyait l’Empire vraiment sans parure et sans beauté.
De même, en effet, qu’on appellerait désordre un corps mal constitué et dont les membres seraient réunis pêle-mêle et sans unité, ainsi de l’état impérial, s’il n’était conduit et gouverné avec ordre. »
Ce texte a donc pour but d’imposer un ordre au sein du gouvernement, de définir la place de chaque individu à la Cour, de décrire le déroulement de toute sorte d’événement protocolaire.
Cette œuvre est aujourd’hui une source remarquable pour les historiens, elle offre un témoignage essentiel sur les différents protocoles mis en place à la Cour de Constantin VII Porphyrogénète, qui n’ont pas tant changé pour les XIe et XIIe siècles. De plus, ce texte nous permet également de voir la stratégie employée par l’empereur Constantin pour élever la figure impériale en tête d’une structure, d’une société elle aussi définie dans le Livre des Cérémonies.
L’impératrice se devait d’être présente aux côtés de l’empereur lors de ces cérémonies impériales en tant qu’épouse du souverain. Elle était présente lors des banquets officiels, mais seulement à la fin des repas. Il fallait qu’elle soit connue de tous, en cas de mort de l’empereur, elle pouvait prendre la régence, il était donc important que le gouvernement et les ambassades la connaissent.
Cette organisation si précise, est en quelque sorte une mise en scène du pouvoir ayant pour but de glorifier la figure centrale de l’empereur, et d’en faire un personnage d’ordre divin, sacré. Dans son article, l’auteur Marie-France Auzépy compare la personne de l’empereur, entouré des dignitaires de la Cour, avec le Christ au milieu des anges . Pour l’historienne Béatrice Caseau-Chevalier, « Les cérémonies ne font que mettre en scène la réalité du pouvoir ».
Le pouvoir à Byzance, se matérialise et se manifeste à travers des signes physiques comme des objets, des couleurs. Le but étant de faire du représentant impérial, un personnage d’ordre sacré.
Dans le monde oriental, Michel Balivet nous apprend que « gouverner c’est paraitre et l’espace du pouvoir est une sorte de théâtre » . L’utilisation d’objet ou de code est une technique pour symboliser le pouvoir et faire du souverain, un personnage d’ordre cosmique, d’intégrer une limite entre les hommes et lui, de la même manière que la limite entre l’homme et Dieu. On utilise ces insignes matériels pour renforcer la dimension spirituelle du pouvoir et faire du souverain un personnage presque divin, c’est pour cela qu’on ne voit jamais l’empereur ou l’impératrice sans sa couronne, ils entretiennent leur image.
L’empereur ou l’impératrice porte une couronne (stemma), signe hérité de la tradition antique (la couronne de laurier chez les Romains) symbole de puissance, de pouvoir, il en hérite lors du couronnement. Il en existe trois types : le Diadème, on sait qu’à sa naissance, Anne Comnène, fille de l’empereur Alexis Ier Comnène et de l’impératrice Irène Doukas, est honorée du diadème impérial. A travers cela, on tente de légitimer son héritage au trône, puisqu’elle est le premier enfant du couple, supposée donc première héritière. On lui offre le diadème impérial en même temps qu’on la fiance à Constantin Doukas, le fils de Michel Doukas, c’est une façon de les associer légitimement au trône . Il y a aussi la couronne à pendeloques, spécialité byzantine, souvent portée par l’Augusta, pour les femmes elle est ornée de triangles afin de la différencier de celle de l’empereur. La Tiare est un autre type de couronne, elle est surmontée de plumes de paon et portée par l’empereur lors de victoire . Il faut noter que c’est l’empereur lui-même qui couronne l’impératrice. Il existe également la chlamyde, à la différence des autres, celle-ci peut être portée dans une Eglise.
Les sources écrites et iconographiques nous permettent de connaitre les insignes du pouvoir.
Les pièces de monnaies sont les représentations iconographiques du souverain les plus nombreuses. Sur certaines pièces, le souverain est muni d’un sceptre, on connait trois types de sceptre : le spectre cruciforme, le labarum qui se différencie des autres car il se termine par un étendard carré et le sceptre long. Parfois il tient dans l’autre main le globe crucifère, représentant la terre, symbole du caractère universel de l’empire, et la puissance. La question se pose de savoir si ces représentations sont les mêmes pour les impératrices ? On retrouve la même sur une pièce de monnaie montrant l’impératrice Théodora Porphyrogénète .Sur le revers de cette pièce est représentée la dernière de la dynastie macédonienne, elle tient le globe crucifère de la main gauche et le sceptre impérial de la main droite. Au-dessus on peut y lire l’inscription « Theodora, Augusta ». Cette pièce imite les représentations d’un empereur, elle est munie des mêmes insignes impériaux du pouvoir qu’un souverain. Cette pièce date de la période où l’impératrice Théodora a exercé le pouvoir seule et avait hérité du titre masculin d’autocrator.
Comme nous l’explique Madame Auzépy, « La taxis définit l’emploi des insignes matériels du pouvoir, comme la Couronne, l’habit ou le trône, mais elle règle surtout la mise en scène du pouvoir impérial dans laquelle ces insignes jouent le rôle d’accessoires indispensables mais sans laquelle ils ne seraient rien ».
A l’issue de sa thèse en Avril 2001, l’historien Vasiliki Tsamakda, propose une analyse complète des miniatures illustrant les écrits de Jean Skylitsès issues de la chronique de Madrid, nous permettant ainsi d’émettre des remarques sur les costumes traditionnels des empereurs et impératrices, et d’analyser certaines cérémonies.A propos des couleurs, le pourpre est réservée à l’empereur et sa famille, et ce jusqu’à la fin de l’empire. La couleur initiale du pourpre, vient d’un coquillage provenant de la mer Rouge, le Murex, son origine remonte aux traditions antiques méditerranéennes. A partir du VIIIe siècle, la couleur pourpre va prendre de son importance, puisque l’empereur afin de légitimer les naissances impériales, fait naître sa descendance dans une chambre destinée à l’accouchement des enfants impériaux nommée Porphyra, recouverte de marbre rouge.
L’or est une couleur appartenant à l’empire, puisqu’elle représente la richesse, selon Marie France Auzépy, l’or ne sert qu’à impressionner.
Il est très difficile de trouver des sources protocolaires insistant sur les traditions cérémoniales et les exigences que ces cérémonies engendrent. A croire que depuis Constantin et son Livre des Cérémonies, l’activité officielle n’était pas régie par un protocole clairement défini.
Dans la tradition iconographique byzantine, le couple impérial est souvent représenté ensemble sur différent type de support. Les pièces de monnaie par exemple, sont utilisées par les souverains pour se faire représenter de manière à ce que leur image puissante soit diffusée dans tout l’empire. Les pièces de monnaies byzantines s’inscrivent dans la tradition romaine.
En effet, sur l’avers de la pièce l’on retrouve le plus souvent le portrait de l’empereur de face, et sur le revers, il y a le plus généralement des symboles chrétiens comme une vierge, une croix ou des inscriptions.
On conserve aujourd’hui quelques exemples pour illustrer notre propos, par exemple une pièce en or datée de 1071-78 retrouvée à Constantinople, représente à l’avers la Vierge de face, elle tient un médaillon du Christ sur sa poitrine, on y lit les inscriptions « Marie la Vierge, t’aide ». Au revers on retrouve le buste de l’empereur Michel VII Doukas et sa femme l’impératrice Marie d’Alanie. Ils sont séparés par une longue croix que l’on pourrait qualifier de sceptre impérial qu’ils tiennent tous les deux par la main. Ainsi Michel (à gauche) est visiblement supérieur à sa femme, car c’est lui qui pose la main le plus haut, il est le dirigeant suprême. Sur ce côté de la pièce, on peut lire les inscriptions suivantes : Michel et Marie.
On trouve d’autres iconographies traditionnelles représentant le couple impérial.

Le couple

Lors d’une naissance impériale, l’enfant est, le plus souvent, fiancé à un autre personnage important. D’un point de vue juridique, les fiançailles sont autorisées dès l’âge de sept ans . Les fiançailles ont souvent un but stratégique, comme unir une nouvelle dynastie à celle régnante afin de régler des conflits politiques, cela assure une présence proche du pouvoir. C’est le cas pour Anne Comnène, à sa naissance elle fut fiancée à Constantin Doukas, le fils de Michel Doukas et Marie d’Alanie, qui été associé au trône par l’empereur Alexis I er . En effet, afin de garantir une bonne entente avec Marie, il lui avait promit la place d’hériter pour son fils . Même si elles n’aboutissent pas forcément à un mariage, c’est le cas pour Anne et Constantin, les fiançailles jouent un rôle important dans la politique et sont les prémices de l’acte du marriage. Irène Doukas et Alexis Ier furent fiancés bien avant leur mariage vers 1070.
Lorsque des fiançailles avaient lieu avec des princesses étrangères, catholiques, venues d’Occident, elles changeaient leur nom. Par exemple lorsqu’Agnès de France arrive à Constantinople afin de se marier avec Alexis II Comnène en 1180, elle est rebaptisée Anne.
Il me semble important de rappeler les fondements du mariage afin de comprendre son utilité. D’un point de vue chrétien, le mariage doit être célébré à l’église, dans le but de fonder une famille. La femme, écartée de tout lieu public, est associée à l’éducation des enfants et des activités autour du foyer familial. L’aboutissement du mariage est donc de faire des enfants, et d’un point de vue impérial, c’est d’offrir une assurance dans l’héritage dynastique. Aux XIe et XIIe siècles, à Byzance, on se marie pour assurer une descendance.

Les aspects légaux

Dans cette partie, nous allons faire un bilan de la législation en vigueur concernant les femmes et notamment les impératrices aux XIe et XIIe siècles.

Statut juridique de l’impératrice dans l’exercice du pouvoir

D’un point de vue juridique, l’historienne Joëlle Beaucamp, spécialiste du statut juridique des femmes, atteste que les femmes n’ont légitimement pas le droit de représenter seule le pouvoir. « […] l’exercice par une femme du pouvoir impérial, n’est pas envisagée par le droit : l’impératrice présente dans les textes juridiques est la femme de l’empereur, et non l’impératrice régnante. »
Dans la société byzantine, comme nous l’avons déjà vu, les femmes sont toujours associées à leur mari, où un autre homme si elles sont veuves, comme leur fils par exemple. Comme nous l’avons déjà expliqué dans notre partie sur la titulature des impératrices, sans son mariage, l’impératrice ne peut, aux yeux de la loi, exercer le pouvoir, à l’exception de quelques impératrices comme Théodora Porphyrogénète ou Irène l’Athénienne.
Cette situation qui restreint l’impératrice dans l’exercice du pouvoir, fait écho à la place accordée aux femmes dans la législation byzantine.

Bilan juridique

Il est important de remettre en contexte le rapport du pouvoir avec les femmes d’un point de vue juridique. On sait que dans la société byzantine, les femmes ne jouissaient pas d’un statut avantageux pour s’épanouir dans le pouvoir.
Pour les périodes des VIe et XIe siècles, les sources juridiques attestent d’une société excluant les femmes de la sphère publique.
La richesse des sources juridiques conservées nous permettent de décrire le statut législatif des femmes à Byzance. Ainsi on remarque que les lois interdisent aux femmes d’exercer un rôle public, définissent en partie leur statut dans la société byzantine . On peut voir dans la législation du VIe siècle que les femmes ne peuvent pas exercer de magistrature ou sont inaptes à certaines charges de la cité par exemple. Pour Joëlle Beaucamp, l’exclusion des femmes dans le domaine public, atteste du fait que la femme ne peut pas endosser une responsabilité vis-à-vis d’autrui, de plus on ne conçoit pas qu’elle sorte de la sphère familiale, privée, qui est la sienne.
Elles sont associées à leur mari, et si elles sont veuves, elles doivent obtenir l’accord de leur père ou leur proche pour pouvoir se remarier . La place des femmes embrasse une position d’infériorité par rapport à son mari, un peu comme dans l’iconographie traditionnelle du couple comme nous l’avons vu précédemment. Il est reconnu comme une autorité, une puissance sur elle. Le mariage a permis à certaines femmes une ascension sociale. A la différence de l’Occident, où les femmes doivent impérativement se marier avec des hommes au rang inférieur, à Byzance, elles peuvent épouser des hommes au rang supérieur et ainsi accéder à des titres proches du pouvoir.
Dans le domaine judiciaire, la femme est également écartée, on limite leur recours aux tribunaux à leur propre défense et leurs seuls intérêts personnels. Au XIe siècle, les Synopsis Basilicorum Major impose aux femmes de ne pas émettre d’accusation criminelle excepté les meurtres de certains proches. Selon la volonté divine, les limites sont imposées par la nature, avec des aspects de soumission et de pudeur.
D’un aspect moral, les femmes ne doivent pas se mélanger aux hommes dans les espaces publics tout d’abord, car elles n’y en ont que très peu accès, c’est un lieu réservé aux hommes, mais également dans les espaces privés comme la maison par exemple.
Toutes nos sources nous informent la présence d’un espace réservé aux femmes dans l’enceinte du palais, le gynécée. Selon l’historienne Evelyne Patlagean, la présence des femmes dans un espace qui leur est réservé et leur ségrégation, donnent un premier principe général de découpage de l’espace domestique.

La valeur de transmission

La transmission c’est le fait de transmettre un bien à une autre personne de manière légale. Les femmes jouissent du droit de se former un patrimoine, elles peuvent posséder de biens grâce à leur dots ou à un héritage touché par sa famille.
Les femmes n’ont pas le droit d’intervenir dans la gestion de leur fortune, car celle-ci est placée sous l’autorité de leur mari. Cependant, lorsqu’une femme occupe une position sociale élevée pour faire valoir ses droits, rien ne lui empêche de jouer un rôle économique et de gérer sa fortune.
Les impératrices quant à elles, disposent de biens qui leurs sont propres, pouvant leur assurer une indépendance financière. Ces biens gérés par un personnel spécifique, étaient formés par les dons de l’empereur et les revenus de leur fondation . Certaine impératrice comme Irène Doukas, étaient issues de familles très riches, elles avaientt donc beaucoup d’argent, puisque c’était un devoir de doter sa fille lors d’un mariage.
Sur la dot, le mari n’a dessus que des droits limités même en cas de veuvage. Dans son article sur l’aristocratie byzantine, Michel Kaplan nous apprend qu’en cas d’abus de la part du mari, le tribunal peut forcer à rétablir la valeur initiale de la dot, ainsi la femme aura le droit d’administrer sa dot. La liberté de gestion du mari est largement limitée car il ne peut pas vendre des biens dotaux, la femme quant à elle ne peut pas vendre sa dot sans l’accord de son mari puisqu’elle fait partie du contrat de mariage.
Lorsque les empereurs se mariaient avec des princesses étrangères, celles-ci venaient avec leur dot composer de bijoux et de monnaie.
Les impératrices disposaient de biens matériels et en étaient indépendantes. Elles utilisaient leurs richesses pour faire des donations, entretenir leurs fondations religieuses. Béatrice Caseau-Chevalier nous apprend qu’ont été « retrouvé des tessères ou jeton de charité, qui portent le nom de l’impératrice donatrice. Cela permettait au bénéficiaire de toucher une ration de nourriture probablement dans le monastère ou l’institution de charité subventionné par elle ».

Les aspects sociaux

Au-delà du cadre institutionnel et législatif, les femmes de la Cour jouissent de certains privilèges qui ne sont pas dictés dans les lois, ce qui leur confère un tout autre statut.
Depuis la fin de la dynastie Macédonienne, la vie au palais prend une autre forme, notamment avec l’augmentation de la présence de l’aristocratie à la Cour. Les impératrices vont alors asseoir leur autorité, le palais devient un lieu de puissance et de jeu de pouvoir entres les femmes.

Définition de la Cour

A Byzance, la Cour se trouve au palais de Constantinople, accueillant divers personnalités de l’aristocratie, de la famille impériale ou encore des personnes travaillant au service de l’empereur. L’empire est centralisé autour de la capitale, comme le décrit si bien Béatrice Caseau-Chevalier, « les carrières se font à Constantinople, l’enseignement y est plus approfondi que partout ailleurs et les brillantes cérémonies sont sans équivalent dans le reste de l’Empire ».
Les souverains se trouvent au centre, rappelant l’invocation de la Cour céleste où les empereurs jouaient le rôle de Dieu. La famille impériale vit au palais, des appartements leurs sont réservés. Dans l’Alexiade, Anne Comnène nous informe que son père l’empereur AlexisI er avait fait installer sa mère et ses frères dans le palais supérieur, le Boukoléon, tandis que sa femme, l’impératrice Irène, alors tout juste âgée de quinze ans, résidait avec ses sœurs, sa mère et son père le César dans le palais d’en bas.
Depuis la dynastie macédonienne, cette période est marquée par une certaine liberté des femmes et des hommes dans l’enceinte du palais.
L’empereur Constantin Monomaque, installe ses maîtresses au palais, les traitant comme s’ils avaient le titre d’impératrice. Tout commença avec la nièce de sa femme, Marie Sklérène, qu’il fréquentait avant d’être empereur. Une fois au pouvoir il persuada l’impératrice, Zoé, de l’installer au palais afin de la protéger.

L’influence des femmes à la Cour et leur stratégie d’intégration au pouvoir

Leur droit étant limité par rapport à celui des hommes dans l’exercice du pouvoir, des femmes ont au cours des XIe et XIIe siècles, réussi à s’imposer au cœur du pouvoir impérial.
Pour y parvenir, elles ont mis en place des stratégies à la Cour dont le but était de s’approcher progressivement du pouvoir. « La vie facile et élégante de la capitale assurait une puissance d’attraction qu’on aurait tort de minimiser ».
L’objectif de ce chapitre est d’étudier les différentes stratégies mises en place par ces femmes au sein de la Cour impériale afin de comprendre comment elles arrivent à s’imposer sur le pouvoir de l’empereur.

Les stratégies matrimoniales

Cette partie est consacrée aux différentes stratégies matrimoniales qui permettent aux femmes de se rapprocher du pouvoir, et parfois d’en acquérir les rênes. Pour Elisabeth Malamut les alliances matrimoniales étaient, jusqu’au XIIe siècle, toujours une affaire d’Etat.
Elles servaient à « consolider le trône en associant les provinces à la capitale, puis les grandes familles au sommet de l’empire ».
Nous allons énumérer ici une série de mariages aristocratiques et impériaux issus d’alliances politiques, dont les sources relatent quelques détails, afin de mieux comprendre l’organisation de la société à la Cour et d’expliquer ces réseaux matrimoniaux. A partir du règne de Zoé la Macédonienne, le pouvoir est détenu par les grandes familles aristocratiques, ainsi par les alliances matrimoniales, les femmes accèdent à un nouveau statut. Cette stratégie leur garantit une position à la Cour et crée de nouveaux liens politiques. De plus, c’est l’occasion pour les femmes de s’affirmer dans un nouvel entourage.

Les mariages arrangés : une stratégie politique

Comme nous l’avons déjà souligné, à partir de la fin de la dynastie macédonienne, une lutte entre noblesse civile et militaire s’entretient, les Comnènes et les Doukas, se sont disputer le pouvoir pendant deux siècles. Voici l’analyse de l’historien Georgije Ostrogorski, sur ce nouveau contexte.

Alliances étrangères (dès le XIIe)

Ces stratégies matrimoniales ne s’arrêtent pas à l’Empire. A partir du XIIe siècle, elles se développent vers l’étranger afin d’affirmer encore plus son pouvoir au-delà de l’Empire.
Selon Béatrice Caseau-Chevalier « ce changement est probablement lié à la conscience de l’affaiblissement de l’Empire. Les Byzantins avaient autrefois cherché de l’aide auprès d’étrangers comme les Khazars, et, parfois, un empereur avait pu épouser l’un de ces princesses venues d’un peuple allié. Mais aux IXe et Xe siècles, on note un repli sur les alliances byzantines et une forte réticence à donner un mariage des princesses byzantines à des étrangers ».
Par exemple le fils de Constantin X, Michel VII, épouse Marie d’Alanie, fille du roi Bagrat Ier de Géorgie. A cette époque, les Byzantins attendaient l’aide de cette principauté caucasienne contre les Turcs. Jean II Comnène (1118-1143), le fils ainé d’Alexis Ier, épouse en 1146 Irène Prioska, une princesse hongroise. Fille du roi de Hongrie et de Croatie, Ladislaus Ier, à sa mort, elle est placée sous l’autorité de son cousin, Coloman de Hongrie . Cette union est utile afin de concilier une alliance diplomatique et politique avec l’empire byzantin.

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Table des matières
Avertissements 
Liste des abréviations
Introduction 
Chapitre I- La place de la femme dans la société et la Cour byzantine
I- Le cadre institutionel
II- Les aspects légaux
III- Les aspetcs sociaux
Chapitre II- Influence des femmes à la Cour et leur stratégie d’intégration au pouvoir 
I- Les stratégies matrimoniales
II- Influences et rivalités
III- Les réseaux à la Cour impériale
Chapitre III- L’exercice du pouvoir par les femmes : existe-t-il un pouvoir au feminin ? 
I- Le pouvoir légitime : étude de cas des deux soeurs macédoniennes
II- Le pouvoir partagé : les régences
III- Le pouvoir associé : étude de cas d’Anne Dalassène
Conclusion
Sources 
Bibliographie 
Annexes 
Glossaire

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