L’Etalement urbain, un phénomène de société

L’Etalement urbain, un phénomène de société 

Afin de comprendre le phénomène d’étalement urbain, nous avons tout d’abord effectué un travail de recherche bibliographique. Nos différentes lectures nous ont permis de réaliser un état de l’art de ce sujet, qui est présenté dans cette première partie. Nous étudions dans un premier temps l’étalement urbain de façon générale, au travers des différentes définitions et représentations qui lui sont données. Nous étudions ainsi l’évolution des surfaces urbanisés en périphérie des villes, dans les espaces dits périurbains. Ces espaces en pleine mutation sont au cœur du phénomène d’étalement urbain. Nous nous attachons donc à les décrire et à étudier leur évolution au fil du temps. Nous nous intéressons ainsi aux différents facteurs qui ont provoqué l’étalement urbain et qui ont favorisé son évolution. Nous expliquons ensuite pourquoi ce phénomène est critiqué, et le fondement de ses critiques, pour ensuite comprendre les politiques publiques qui tentent d’y mettre un frein.

Un phénomène difficile à définir et à représenter 

L’étalement urbain est un phénomène complexe et difficile à définir, mais pourtant bien réel. Cette expression désigne le phénomène de développement des surfaces urbanisées en périphérie des villes. Cet avancement de la ville se fait aux dépens des zones naturelles, agricoles et forestières. Les villes empiètent donc plus généralement sur les espaces ruraux, pour donner naissance à des espaces construits dont la densité est de plus en plus faible lorsque l’on s’éloigne du cœur des villes. Ils sont généralement caractérisés par une certaine monotonie paysagère et une standardisation des différents éléments urbains (voies, maisons basées sur le modèle pavillonnaire, etc.). Mais ce mode de développement de la ville implique une mobilité individuelle importante. Celle-ci nécessite la construction d’infrastructures de transports qui contribuent à leur tour à l’étalement urbain, en créant de nouvelles opportunités résidentielles. Ce phénomène est donc autoentretenu, et, la progression de l’urbanisation peut devenir extrêmement rapide. Si le terme d’étalement urbain est apparu récemment, les villes se sont cependant toujours développées et la croissance urbaine a pu prendre différentes formes au cours de l’histoire. Les villes se développent et augmentent leur taille par la conquête de nouveaux espaces, entrainant l’apparition d’espaces suburbains autour d’elles mêmes. Ces extensions urbaines développent des liens structuraux forts avec la ville et finissent par y être intégrées, et donc par faire partie intégrante de la ville.

Cette croissance urbaine a particulièrement pris de l’importance au cours des 19ème et 20ème siècles. De nombreuses activités se localisent en périphérie des villes car il y est plus facile de s’implanter que dans le centre (entrepôts et activités générant des nuisances). À la suite de la révolution agricole, une grande population quitte les champs pour aller en ville chercher un emploi que leur offre la révolution industrielle. Ces événements accélèrent ce phénomène de croissance qui va par la suite aboutir aux premières banlieues  . À cela s’ajoutent plusieurs éléments : l’amélioration des transports, qui permet à des populations aisées de vivre dans un endroit calme et proche de la ville sans en subir les désavantages (encombrements,…), et l’amélioration des conditions de vie, notamment après la seconde guerre mondiale, qui a suscité une augmentation de la demande en surface habitable. Les habitants quittent alors les centres des villes pour aller habiter dans des couronnes de plus en plus éloignées. Mais, cette suburbanisation a des conséquences sur le caractère fonctionnel de la ville. En effet, de plus en plus de personnes habitent un endroit différent de celui où elles travaillent. Les lieux de travail, de résidence, des loisirs et des achats sont alors éloignés les uns des autres, et la voiture est le seul moyen permettant de les joindre. De plus, les centres-villes sont des espaces attractifs pour les activités, ce qui entraine une perte de logements au profit de bureaux . Mais on observe également des conséquences sociales dues à cette suburbanisation : une différenciation sociale entre les nouveaux espaces résidentiels apparait : les ménages les plus aisés s’éloignent vers les communes périphériques pour jouir d’un cadre de vie agréable tout en étant proche de la commune centre pour profiter de ses équipements, tandis que les autres se retrouvent dans des espaces de relégation, plus difficilement accessibles et qui sont caractérisés par leurs nuisances . Ces différenciations vont s’amplifier, et, dans les années 70, on assiste à une rupture du mode de croissance de la ville. Celui-ci change radicalement, on passe d’un développement suburbain à un développement périurbain. Ce dernier se caractérise par une forte dispersion de l’habitat dans des espaces auparavant qualifiés de ruraux, où les nouveaux venus importent un mode de vie urbain . Cette progression est plus consommatrice d’espace, du fait de l’essor de la maison individuelle qu’elle induit, et occasionne une croissance importante de la mobilité. On associe à cette périurbanisation le phénomène d’étalement urbain. Il se produit une sorte d’éparpillement de la ville, comme si elle se projetait dans le milieu rural et éclatait en morceaux .

Ce sont Bauer et Roux qui ont mentionné en premier ce phénomène, dans les années 70, en introduisant le terme de rurbanisation. Ils définissent une zone rurbaine comme proche de certains centres urbains et subissant l’apport résidentiel d’une population nouvelle, d’origine principalement citadine. Ils différencient cet espace de la banlieue en ajoutant qu’une zone rurbaine est caractérisée par la persistance d’un espace non urbanisé dominant, alors que la banlieue est totalement contigüe à la ville Pour eux, la rurbanisation résulte donc du déploiement et de la dissémination des villes dans l’espace. Ce terme de rurbanisation a été peu a peu remplacé par celui de périurbanisation. Pour Beaujeu-Garnier , ce terme définit mieux l’espace qui est autour de l’agglomération, et qui n’est pas encore englobé par l’espace urbain.

Par la suite, différents travaux ont été effectués afin de définir de manière objective cet espace périurbain, et de tenter de le cartographier. Une première cartographie a été réalisée en 1994, en considérant l’espace périurbain comme un espace qui est situé autour des villes et soumis à leur influence directe. Ainsi, 425 cantons avaient été retenus, autour de 134 agglomérations. Cette cartographie comprend toutes les unités urbaines de plus de 50.000 habitants ainsi qu’une sélection d’agglomérations comprises entre 25.000 et 50.000 habitants. Cinq critères, selon l’étude, distinguent les espaces périurbains: densité de population médiane par rapport au pays, proportion d’espace non urbanisés significative, forte proportion de constructions neuves, distance à la ville, et proportion d’actifs migrants alternants qui dépasse 50% du total. Il résulte de cette étude différentes catégories d’espace périurbain : le secteur périurbain en crise qui est marqué par une forte présence agricole et une faible croissance démographique, et doté d’une densité de population proche de 500 habitants par km² ; le secteur périurbain en forte croissance est lui moins densément peuplé (350 habitants par km²) et l’activité économique y est prospère ; le secteur périurbain à agriculture bien structurée, caractérisé par une densité nettement plus faible que les deux précédents, la croissance démographique est soutenue et l’agriculture occupe les 2/3 de l’espace ; et le secteur périurbain à agriculture faible, qui enregistre un accroissement démographique soutenu mais dans lequel l’avenir de l’agriculture semble précaire.

Au total, selon l’étude précitée : ” La métropole moderne a éclaté hors des faubourgs de la cité, elle est multipolaire, quadrillée par des réseaux de transports, habitée par des populations beaucoup plus mobiles, mais la transformation de ces franges découle de processus similaires à ceux qui ont produit des banlieues au XIXe siècle. Toutefois, une différence subsiste, c’est le fait que le tissu bâti ne progresse plus par continuité et que les espaces concernés n’ont aucune chance d’être, à terme, complètement urbanisés ” .

L’INSEE a par la suite complété cette étude en affinant les critères pour proposer une définition plus complète du périurbain. L’INSEE propose un zonage en aires urbaines, qui repose sur la distinction entre l’espace à dominante urbaine et l’espace à dominante rurale, d’une part, et sur les concepts d’aires urbaines composées de pôles urbains, de couronnes périurbaines et de communes multipolarisées, d’autre part. L’INSEE évalue ainsi à 9 millions le nombre d’habitants vivant dans les espaces périurbains en 1990 (sur 57 millions d’habitants), et soulève que cette part de population a augmenté de 50% de 1982 à 1990. Plus de 80% de ces ménages vivent dans des maisons individuelles, et leurs logements ont pour près de 40% été construits après 1974  . Mais il est difficile de décrire précisément ces différentes couronnes qui composent une aire urbaine. B. Kayser définit la première couronne comme étant en continuité avec la ville centre, la deuxième en fonction du degré d’achèvement de l’urbanisation et la troisième couronne comme étant celle de l’affrontement entre les formes urbaines et une société rurale encore active. Cette troisième couronne serait celle que l’on appelle le périurbain, elle serait discontinue et diffuse, la construction urbaine localisée et limitée si bien qu’elle ne submerge pas tout l’espace et ne progresse pas sur un front d’urbanisation.

Les facteurs de l’étalement urbain 

Le phénomène dont il est ici question est donc celui de la périurbanisation, qui a débuté en France au début des années 1970. Alors que l’urbanisation était, avant cette période, organisée et concentrée autour des centres, elle a pris une toute autre forme, entrainant sa dilution dans l’espace. On peut identifier plusieurs causes à cette évolution, qui a entrainé ce que l’on appelle aujourd’hui l’étalement urbain. Le choix résidentiel est le plus souvent évoqué pour expliquer ce phénomène. Le désir d’accession à la propriété et le besoin d’espace et de nature en sont des facteurs indéniables. Ils ont mené à la création de nouvelles zones résidentielles en périphérie des zones urbaines. La vie y est idéalisée, un sentiment de sécurité se dégage de ses espaces plus calmes et plus proches de la nature, tout en gardant une atmosphère de petite ville. Ces idées se combinent avec le désir d’une maison individuelle. Elles correspondent aussi à un rejet de la ville et de ces désagréments : le bruit, la pollution, la concentration horizontale et verticale dans les banlieues . De plus, il se produit au même moment un dégoût des grands ensembles, qui renforce le goût pour la maison individuelle. Le facteur économique intervient pour renforcer l’attractivité de la maison individuelle en périphérie : plus on s’éloigne du centre, plus le prix du terrain et de la construction diminue. L’accroissement se fait donc principalement par des maisons individuelles, car les contraintes de constructions sont beaucoup plus limitées dans ces espaces périphériques qu’en ville. Ce constat est également valable pour les entreprises, les entrepôts et les centres commerciaux. Les activités disposent de plus d’espace en périphérie pour s’implanter (bâtiments et parkings). Elles choisissent donc de s’implanter près des accès extérieurs de la ville, où les réseaux routiers les rendre accessibles autant pour les citadins que pour les habitants des campagnes. Au-delà de ces facteurs, c’est surtout l’influence des politiques d’aménagement qui est à l’origine de ce phénomène. En effet, les années 1970 se sont caractérisées par une crise importante en termes économiques et sociaux. Les questions portent sur la qualité de l’habitat et des grands ensembles que la population commence à rejeter. Il en a résulté une forte attente des français en matière de logement. L’Etat a alors réagit par une politique favorisant l’accession à la maison individuelle, en opposition aux opérations de logements sociaux collectifs qu’il soutenait jusque là. L’Etat a alors édicté des règlements restrictifs pour freiner les constructions verticales (faible COS qui empêche de bâtir en hauteur) et qui permettent de limiter la densité des nouvelles constructions (instauration du plafond légal de densité). Il favorise également le financement des logements sous forme de lotissements en périphéries par sa politique foncière et fiscale, notamment en aidant les ménages à accéder à la propriété (loi du 3 janvier 1977 avec les prêts d’accession à la propriété). Ensuite, la politique de décentralisation menée par l’Etat a également eut une grande importance sur cette phase qui a marqué l’urbanisme. En effet, les compétences en matière d’urbanisme et de gestion du territoire étant passées entre les mains des maires, ceux-ci vont s’en servir afin d’attirer des populations sur leur commune et ainsi pouvoir y développer les activités (commerces,…). Il n’existe donc pas de véritable stratégie de territoire à échelle intercommunale et chaque commune peut se développer comme elle le souhaite, ce qui favorise le mitage du territoire et la dilution de l’urbanisation. Ce constat est d’autant plus vrai que la plupart des communes semblent privilégier une répartition de l’offre résidentielle plutôt que sa concentration. En effet, lorsque les routes sont déjà présentes, le logement diffus ne nécessite pas d’aménagement et de coûts supplémentaires pour la commune, au contraire du logement en zone déjà urbanisée qui nécessite parfois de repenser l’aménagement du centre du village et qui occasionne des travaux qui perturbent la circulation et la vie au sein même de ce centre.

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Table des matières

INTRODUCTION
I. L’ETALEMENT URBAIN, UN PHENOMENE DE SOCIETE
A. UN PHENOMENE DIFFICILE A DEFINIR ET A REPRESENTER
B. LES FACTEURS DE L’ETALEMENT URBAIN
C. LES EFFETS NEGATIF DE L’ETALEMENT URBAIN
D. LE PAVILLONNAIRE : UN CHOIX DES MENAGES
E. CONCLUSION
II. ETUDE DE L’ETALEMENT URBAIN SUR LE TERRITOIRE TOURANGEAU
A. CHOIX D’UNE ZONE D’ETUDE REPRESENTATIVE
B. ETUDE DE L’ETALEMENT URBAIN SUR LA ZONE D’ETUDE
C. CONCLUSION
III. L’OUTIL D’EVALUATION DE L’ETALEMENT URBAIN
A. QUELS SONT LES CRITERES D’EVALUATION?
B. L’OUTIL D’EVALUATION
C. APPLICATION A QUATRE QUARTIERS RECENTS DE LA COMMUNE DE ST-CYR-SUR-LOIRE
D. NOTATION DES QUARTIERS
E. L’OUTIL APPLIQUE AUX QUARTIERS
F. LES ORIENTATIONS DES DOCUMENTS D’URBANISME DE TOURS CONCERNANT L’ETALEMENT URBAIN
G. CONCLUSION
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
TABLE DES ILLUSTRATIONS
TABLE DES MATIERES
ANNEXES
A. AIDE A LA COMPREHENSION DES LEGENDES
B. THEMES 2011/2012 CONCOURS INTERNATIONAL ARTURBAIN.FR
C. RECAPITULATION DE L’ETALEMENT URBAIN COMMUNE PAR COMMUNE
D. CARTE NOMS DES COMMUNES DU TERRITOIRE
E. LEGENDE CORINE LANDCOVER
F. ORIGINE PARCELLAIRE DES QUARTIERS
G. DESSERTE DES QUARTIERS
H. PROXIMITE DES COMMERCES ET DES SERVICES
C. AIDE COMPREHENSION LEGENDES
E. THEMES 2011/2012 CONCOURS INTERNATIONAL ARTURBAIN.FR

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