Les vaccins vectorisés utilisés en vaccinologie 

Les vaccins vectorisés utilisés en vaccinologie 

Identification du virus

L‟identification du virus dans les prélèvements est réalisée par des méthodes classiques de diagnostic de laboratoire (Diallo et al., 1995). L‟immunodiffusion en gélose est une technique facile à mettre en oeuvre et qui donne des résultats rapides sous 48 heures. Cependant, elle est peu sensible et peut mener à des erreurs de diagnostic entre la peste bovine et celle des petits ruminants (Diallo et al., 1995). Les techniques d‟immunofluorescence sont spécifiques avec l‟utilisation d‟anticorps monoclonaux. Le test d‟hémagglutination est une méthode rapide de détection des anticorps dans le prélèvement qui permet de différencier la peste bovine et de la peste des petits ruminants, car le virus de la peste bovine ne possède pas la propriété d‟agglutination des globules rouges. Le test ELISA d‟immunocapture (Libeau et al., 1994), basé sur l‟utilisation d‟anticorps monoclonaux, est une méthode rapide et sensible pour un diagnostic différentiel entre les deux pestes des ruminants. La PCR (Polymerase Chain Reaction), extrêmement sensible est la technique la plus utilisée à l‟heure actuelle, rapide, sensible et spécifique (Diallo et al., 2003 ; Forsyth & Barret, 1995). Elle est basée sur l‟amplification de l‟ADN complémentaire (ADNc) obtenu par transcription inverse de l‟ARN viral extrait des échantillons. L‟amplification est réalisée avec des amorces propres à chaque virus ce qui permet d‟obtenir un résultat spécifique (Diallo et al., 2003 : Ozhul et al. 2002 ; Tufan et al., 2006). Cette technique a été validée sur des prélèvements effectués sur des papiers buvards imbibés du sang de l‟animal à tester (Michaud et al., 2007)
L‟isolement viral reste le diagnostic de référence. Il permet de créer une banque de souches référencées. Cet isolement est réalisé sur des cellules de lignées primaires (cellules de rein ou de poumon de mouton pour la PPR) ou sur des cellules Vero (cellules de rein de singe vert). Depuis plusieurs années, des cellules exprimant le récepteur CD150 à leur surface sont utilisées pour l‟isolement et la multiplication des morbillivirus, notamment pour le CDV, MV et RPV (Tatsuo et al., 2001 ; Tatsuo et al., 2002 ; Lan et al., 2006). Le virus isolé est mis en évidence par immunofluorescence avec des anticorps monoclonaux spécifiques.

Tests sérologiques

D‟autre part, l‟organisation mondiale de la santé animale (OIE) a instauré, dans le cadre d‟échanges internationaux d‟animaux, le diagnostic sérologique. Deux types de tests peuvent être utilisés pour cette fin : la technique de séroneutralisation, technique assez lourde qui ne peut être utilisée en routine nécessitant des cultures cellulaires et avec un rendu de réponse allant jusque 10 jours (Rossiter et al., 1985) et les tests ELISA de compétition (Libeau et al., 1992 ; Libeau et al., 1994) qui sont basés sur l‟utilisation d‟anticorps anti-N ou anti-H de la PPR, ces derniers ayant une meilleure spécificité et une moins bonne sensibilité. Cependant, aucun de ces tests ne permet d‟effectuer une distinction systématique entre anticorps anti- Peste bovine et anti-PPR.

Traitement et prophylaxie

Prophylaxie sanitaire

Il n‟existe pas de traitement spécifique contre la peste des petits ruminants. L‟antibiothérapie n‟assure que la prévention contre les infections respiratoires qui peuvent se rajouter à l‟état de l‟animal déjà atteint En pays indemne, l‟importation d‟animaux sensibles en provenance de pays infectés doit être strictement interdite. Dans les pays d‟enzootie, les foyers déclarés doivent être éliminés rapidement, en interdisant la sortie des animaux. Ainsi, le contrôle de la PPR repose essentiellement sur des mesures sanitaires et préventives.
On dénombre, six principales mesures sanitaires à appliquer lors d‟apparition de foyers de PPR : Isolement des troupeaux infectés et des animaux malades au moins durant 45 jours En cas de foyers circonscrits en zone indemne, la solution la plus rapide et efficace reste l‟abattage et la destruction des cadavres des animaux infectés Incinération des carcasses et des produits dérivant des animaux infectés Mise en quarantaine des animaux avant introduction dans le troupeau Contrôle des animaux et des véhicules.Ces mesures permettent de recouvrer le statut indemne en quelques mois mais supposent l‟existence d‟un système de surveillance clinique passive efficace permettant de détecter les premiers foyers en un temps relativement court. Lorsque l‟infection a eu largement le temps de diffuser, seule la vaccination massive peut être envisagée.

Prophylaxie médicale

La prophylaxie préventive est basée essentiellement sur la vaccination. Sur le marché vétérinaire, plusieurs types de vaccins sont mis en pratique pour contrôler et prévenir contre la peste des petits ruminants. Succinctement, nous allons présenter des exemples de ces outils prophylactiques.
Devant l‟échec de vaccins à virus inactivés et des premiers travaux sur l‟atténuation des souches de PPR sur cultures cellulaires, le vaccin contre la peste bovine a longtemps été utilisé contre la peste des petits ruminants en raison des communautés antigéniques entre les deux virus (immunisation hétérologue). Cette utilisation est maintenant proscrite en raison du risque d‟interférence avec le dépistage sérologique pour la surveillance de la peste bovine (Lefèvre, 2003). Pour la protection des petits ruminants contre la PPR, il existe désormais des vaccins homologues atténués par passages successifs en culture cellulaire. Il existe plusieurs souches vaccinales, PPR Nigeria 75/1 co-développée par le CIRAD et l‟IAH de Pirbright (Diallo et al., 1989b) ou deux souches d‟origine indienne (Singh RP et al., 2009), toutes générant une immunité durable d‟au moins 3 ans après une seule injection, sur toute la durée de vie économique habituelle des petits ruminants (environ trois ans). Ils présentent un inconvénient majeur, leur sensibilité à la chaleur. Des essais de stabilisation thermique de ce vaccin ont été effectués et permettent d‟étendre la durée de conservation du vaccin à des températures inférieures ou égales à 25°C (Sarkar et al., 2003). D‟autre part ces vaccins ne permettent pas de différencier entre les infectés et les vaccinés ; d‟où la nécessité d‟un vaccin DIVA pour le contrôle de la PPR. Alternativement, des vaccins recombinants ont été développés. Ils sont thermorésistants et permettent de protéger contre plusieurs agents pathogènes. Des vaccins capripoxviraux recombinants pour les 2 glycoprotéines de surface H et F ont été produits et ont montré leurs effets protecteurs avec des doses minimales protectrices aussi faibles que 10 doses et 0.1 dose TCID50 respectivement (Diallo et al., 2002, Berhé et al., 2003).

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Table des matières

Remerciements 
Liste des abréviations 
Liste des figures et Liste des tableaux 
Introduction générale à la vaccinologie
Partie I : Synthèse bibliographique
Chapitre 1 : Introduction générale à la vaccinologie
I. Bases moléculaires et cellulaires de la réponse vaccinale
II. Les différents types de vaccins et leurs limites
II.1. Les vaccins vivants atténués
II.2. Les vaccins inertes
Chapitre 2 : Les vaccins vectorisés utilisés en vaccinologie 
I. Les vaccins recombinants vectorisés par des virus ARN
I.1. Les Influenza virus en tant que vecteurs
I.2. Les Rubella virus en tant que vecteurs
I.3. Le virus de la rougeole en tant que vecteur
I.4. Exemple d‟autres vecteurs
II. Les vaccins recombinants vectorisés par des virus ADN
II.1. Les adénovirus
II.2. Les poxvirus
III. Les capripoxvirus
III.1. Classification
III.2. Distribution géographique des capripoxviroses
III.3. Etiologie (Structure, Cycle viral)
III.3.1. Structure
III.3.2. Cycle viral
III.4. Interaction hôte-virus
a. Tropisme cellulaire
b. Réponse immunitaire induite par les capripoxvirus
III.5. Pouvoir pathogène et manifestation clinique
III.6. Diagnostic de l‟infection
III.7. Traitement et Prophylaxie
III.8. Exemple particulier du vecteur capripoxvirus KS1
IV- La Fièvre de la Vallée du Rift 69
IV.1. Historique de la FVR 69
IV.2. Classification 70
IV.3. Epidémiologie et répartition géographique
IV.4. Etiologie du virus de la fièvre de la vallée du Rift
IV.4.1. Structure du virus
IV.4.2. Cycle viral
IV.5. Réaction immunitaire et physiopathologie
IV.6. Pouvoir pathogène et manifestations cliniques
IV.6.1. Chez l‟animal
IV.6.2. Chez l‟homme
IV.6. Diagnostic de l‟infection par le virus de la FVR
IV.7. Traitement et prophylaxie
IV.8. Contrôle de la maladie
V. La Peste des Petits Ruminants
V.1 Historique de la PPR
V.2 Classification et répartition géographique
V.3. Etiologie du virus de la PPR
V.3.1 Structure du virus
V.3.2. Cycle viral
V.4. Physiopathologie
V.4.1 Interactions virus et cellules
V.4.2 Eléments de pathogénie
V.5. Pouvoir pathogène et manifestations cliniques
V.6. Diagnostic de l‟infection par le virus de la PPR
V.7. Traitement et prophylaxie
Cadre et Objectifs 
Partie II : Enquête séroépidémiologique PPR et FVR en Tunisie
1. Matériel et Méthodes
2. Résultats

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