LES SYNERGIES DES MÉLANGES PYRÉTHRINOÏDES PLUS ORGANOPHOSPHORÉS

LES SYNERGIES DES MÉLANGES PYRÉTHRINOÏDES PLUS ORGANOPHOSPHORÉS

Les méthodes de lutte

Depuis les années 1950, plusieurs méthodes ont été testées et validées sur les cultures cotonnières d’Afrique de l’Ouest pour lutter contre un large spectre parasitaire comprenant cinq Lépidoptères carpophages {H. armígera, Earias spp., Dipampsis imtersi (Rothshild) Cryptcphlebia leuœtreta (Meyrick) et Pectinophora gxsypidla (Saunders)), trois Lépidoptères phyllophages (Syilepte demgzta Fabricius, A nonis flaza Fabricius et Spodcptera litteralis (Boisduval)), le puceron (Aphis gossypii (Glover), la mouche blanche Berrisia tabaà (Gennadius) et l’acarien Pdyphagjtarsonemus lotus (Banks)). Les cultures associées (Parsons, 1939 ; Reed, 1965), les plantes pièges (Fang et al, 1989), les lâchers d’entomophages, ont donné des résultats variables suivant les pays (Boumier et Peyrelongue, 1973, Michael, 1989, Camerone et Valentine, 1989). La résistance variétale (Pauly et Vaissayre, 1980) et les techniques culturales (Cauquil, 1985) ont permis de réduire l’intensité des infestations. L’utilisation des entomopathogènes (bacculovirus, Bt) a aussi donné des résultats prometteurs (Montaldo, 1991), mais cette technique n’a jamais été développée en Afrique de l’Ouest, pour des raisons de coût, d’efficacité ou de condition d’utilisation. Pour des raisons de coût et d’efficacité contre l’ensemble du spectre parasitaire, une lutte chimique raisonnée a été utilisée en Afrique de l’Ouest depuis le début des années 1960 (Angelini et Vandamme, 1965 ; Angelini et Couilloud, 1976 ; Cauquil, 1981 ; Angelini et al. 1982). En règle générale elle était basée sur : un programme calendaire de 4 à 6 traitements foliaires appliqués dès le début de la floraison tous les 14 jours avec des appareils à pression entretenue (60 1/ha) ou à piles (10 1/ha) simples à utiliser, faciles à entretenir et peu coûteux, des insecticides chimiques ciblés à des doses minimales efficaces, des mélanges d’insecticides permettant un contrôle global du spectre parasitaire, des formulations insecticides homologuées, solubles dans l’eau, conditionnées en boites métalliques et dosées par traitement et par unité de surface cultivée. Cette méthode de lutte intégrait également : des techniques culturales telles que le labour des parcelles pour éliminer les chrysalides enfouies dans le sol (Wilson, 1983), les semis précoces pour éviter les fortes infestations en fin de campagne et la coupe des cotonniers après récolte pour éviter les infestations sur les repousses en début de saison des pluies (Cauquil, 1985) ; des caractères variétaux comme la pilosité pour contenir les populations de jassides sans recourir à l’usage de la lutte chimique (Pauly et Vaissayre, 1980). Cette protection raisonnée de la culture cotonnière a continuellement été améliorée par l’utilisation de nouveaux produits et des techniques d’application plus efficaces, la prise en compte des zones parasitaires, de l’évolution du spectre parasitaire et aussi par la formation des agriculteurs. Mais surtout, pour diminuer l’impact des insecticides sur l’environnement et le coût de la protection, des programmes de traitements sur seuils d’infestation ont été élaborés, adaptés et développés dans tous les pays cotonniers d’Afrique de l’Ouest et du Centre (Ochou et Vaissayre, 1989 ; Deguine éta l, 1993 ; Deguine et Ekukole, 1994 ; Nibouche et a l, 1998 ; Silvie et al, 2001).

L’historique de la lutte chimique

 En raison de l’organisation des filières nationales en matière d’achat, de distribution et d’utilisation des insecticides et du fonctionnement en réseau des équipes Recherchedéveloppement des sociétés cotonnières, il est possible de retracer l’historique de la lutte chimique en culture cotonnière qui a globalement été la même pour tous les pays francophones d’Afrique de l’Ouest au cours des quarante dernières années. A partir des données de la Côte d’ivoire (sources Q D T et QRAD) on peut distinguer quatre grandes périodes : La période 1960-1976 est caractérisée par l’utilisation massive d’organochlorés (75%) principalement du DDT (7 kg m.a./ha/campagne) seul ou plus généralement associé à l’endrine, à Pendosulfan et/ou aux organophosphorés (méthyl-parathion et monocrotophos). Le nombre moyen de traitements par hectare était de 5,4 avec une quantité moyenne épandue de 11,3 kg m.a./ha/campagne. La période 1977-1985 est caractérisée par la disparition de Pendrine et de l’endosulfan remplacés par des organophosphorés en mélange avec du DDT et la réduction des quantités d’organochlorés utilisés (de 65% en 1977 à 6% en 1985) remplacés progressivement par des pyréthrinoïdes (de 5% en 1977 à 25% en 1985). Les pyréthrinoïdes se limitaient à trois molécules : deltaméthrine, fenvalérate et cyperméthrine. Ces insecticides ont toujours été utilisés en mélange avec des organophosphorés (35% en 1977 à 69% en 1985). De nouveaux OPs ont été homologués : le triazophos, le profénofos et le chlopyriphos-éthyle. Le nombre moyen de traitements par hectare était de 5,7 avec une quantité moyenne épandue de 4,6 kg m .a./ha/ campagne. La période 1986-1997 est caractérisée par l’utilisation exclusive de mélanges pyréthrinoïdes plus organophosphorés. Les organophosphorés représentent en quantité plus des 3/4 des insecticides utilisés. De nouveaux pyréthrinoïdes ont été homologués mais rarement utilisés (cyfluthrine, alpha-cyperméthrine, cyhalothrine et esfenvalérate). Le nombre moyen de traitements par hectare était de 5,8 avec une quantité moyenne épandue de 1,7 kg m a./h a/ campagne. La période 1998-2001 est caractérisée par le retour de l’endosulfan utilisé seul en début de campagne. La quantité d’endosulfan appliquée à l’hectare et par campagne (1,4 kg/ha) représentait plus de la moitié de la quantité totale de matières actives utilisées. Cinq autres produits ont été utilisés : deux pyréthrinoïdes (cyperméthrine et cyfluthrine) et trois organophosphorés (profénofos, diméthoate et chlorpyriphos-éthyle). Le nombre moyen de traitements par hectare était de 6 avec une quantité moyenne épandue de 2,5 kg m a./ha/ campagne. La culture cotonnière étant de très loin la plus grosse utilisatrice de pesticides en Afrique de l’Ouest, une partie des insecticides qui lui sont destinés sont détournés pour protéger les autres cultures notamment la tomate, le haricot et le gombo. Mais autant les insecticides sont sous-dosés sur le coton pour des raisons évidentes d’économie, autant ils sont abondamment utilisés sur les cultures maraîchères à forte valeur ajoutée. L’absence d’organisation et de suivi dans ces systèmes de culture en expansion rend impossible l’évaluation des quantités épandues.

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Table des matières

LISTE DES ARTICLES E N ANNEXES
1..IN TR O D U C TIO N
1.1. La Noctuelle H elicoverpa armigera
1.2. Les méthodes de lutte
1.3. L’historique de la lutte chimique
1.4. Le suivi de la sensibilité de H. armigera aux insecticides
2. LA RÉSISTANCE DE H . ARMIGERA AUX PY RÉTH RIN O ÏD ES
2.1. Définitions
2.2. Les souches15
2.3. Le diagnostique de la résistance
2.4. Une résistance croisée aux autres pyréthrinoïdes
2.5. L’évolution saisonnière
2.6. La répartition géographique de la résistance
2.7. La résistance croisée aux autres familles chimiques
2.7.1. Le D D T 2.7.2. L’endosulfan
2.7.3. Les organophosphorés.
2.7.3. Les autres familles chimiques
2.8. D iscussion
3. LES MÉCANISMES DE RÉSISTANCE AUX PY RÉTH RIN O ÏD ES
3.1. Introduction
3.2. Des indicateurs du mécanisme de résistance
3.2.1. La résistance croisée au D D T
3.2.2. La résistance croisée aux autres pyréthrinoïdes
3.2.3. Les synergistes
3.3. La dégradation enzymatique
3.3.1. Les oxydases
3.3.2. Les glutathion-S-transférases.
3.3.2. Les estérases
3.4. Le suivi du mécanisme de résistance chez les populations de terrain
3.5. La répartition de la résistance dans une population de terrain
3.8. D iscussion
4. LES SYNERGIES DES MÉLANGES PYRÉTHRINOÏDES PLUS
ORGANOPHOSPHORÉS
4.1. Introduction
4.2. La méthode d’analyse
4.3. Les insecticides seu ls
4.4. Les mélanges synergisant
4.4.1. La toxicité des mélanges
4.4.2. Les interactions entre pyréthrinoïde et organophosphoré
4.5. L’effet synergique du mélange deltaméthrine plus triazophos
4.6. D iscussion
5. L’ANTI-RÉSISTANCE
5.1. Introduction
5.2. La méthode de quantification du triazophos o x o n 5.3. Le dosage du triazophos oxon
5.4. D iscussion
6. LA GESTION DE LA RÉSISTANCE
6.1. Introduction50
6.2. La stratégie de gestion de la résistance en culture cotonnière
6.2.1. Les alternatives aux pyréthrinoïdes
6.2.2. Les mélanges synergisant.
6.3. L’impact de la gestion de la résistance
6.3.1. L’évolution de la résistance
6.3.2. Les infestations de H. am igra
6.3.2. Le coût de la résistance
6.4. Les traitements sur seuils
7. CONCLUSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES
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PHOT O S

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